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La loyauté

Nous publions exceptionnellement aujourd'hui cette chronique de Norman Spector

Norman Spector   5 février 2008  Éthique et religion
Cet après-midi, je témoignerai devant le comité d'éthique de la Chambre des communes qui examine l'affaire Mulroney-Schreiber. Beaucoup de conjectures ont circulé dernièrement au sujet de ce que je dirai à cette occasion. Plusieurs anciens chefs de cabinet de premiers ministres québécois ont même publiquement demandé pourquoi j'ai choisi de ne pas garder le silence.
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  • Wabush - Abonnée
    5 février 2008 09 h 09
    Un chef de cabinet est un représentant politique
    Je ne comprends pas votre position Monsieur Spector. Pour moi, le jour où vous avez accepté de devenir le chef de cabinet de Brian Mulroney, vous avez cessé d'être un fonctionnaire et vous êtes devenu le représentant politique de Brian Mulroney. Si la politique partisane ne vous intéressit pas, vous n'aviez qu'à rester fonctionnaire. Brian Mulroney vous a fait confiance et vous lui devez un certain respect et une certaine loyauté.

    Sylvie Brousseau, Île d'Orléans
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  • Louis Lapointe - Abonné
    5 février 2008 09 h 35
    Corruption ou raison d'État?
    Bonjour M.Spector,

    Je vous cite : «Le Canada a pu glisser du 5e au 14e rang des pays les moins corrompus entre la fin de l'ère Mulroney et la fin des années du règne de Paul Martin.»

    Norman Spector, Le Devoir, le 5 février 2008.

    L'enquête de la GRC sur les présumées commissions illégales versées dans l'affaire Airbus, la venue de Jean Charest en politique provinciale, la menace de partition du Québec, la décision de la Cour Suprême sur la sécession du Québec, la loi sur la clarté, la démission-surprise de Lucien Bouchard et son embauche dans un grand cabinet d'avocats, le scandale des commandites et l'explosion de l'information spectacle à Radio-Canada sont tous des événements majeurs et concomitants dans l'histoire du Canada, survenus dans les cinq ans suivant le cataclysme référendaire de 1995, période pendant laquelle le Canada a glissé du 5e au 14e rang des pays les moins corrompus.

    __________

    « Alexis Martin raconte que son père (Louis Martin, ancien directeur des programmes d'information radio à la SRC, 1992-1997) avait subi des pressions «énormes» pendant les campagnes référendaires. «En 1995, soutient-il, il avait reçu des appels d'Ottawa, qui voulait faire rouler des têtes à Radio-Canada, compte tenu du résultat serré du référendum.»

    Paul Cauchon, Le Devoir, le 23 janvier 2008.

    L'embauche d'une multitude de mercenaires de l'information spectacle à la SRC, qui coïncide avec le début de l'ère post-référendaire, période pendant laquelle le Canada a glissé du 5e au 14e rang des pays les moins corrompus, n'est-elle pas une manifestation du compromis consenti par SRC pour diminuer la crédibilité de ses propres journalistes à défaut d'en éliminer certains?

    _____________

    Dans cinquante ans, les historiens qui auront l'avantage de bénéficier de la distance et du temps écoulé et qui pourront, par surcroît, accéder à des informations secrètes qui ne nous sont pas accessibles aujourd'hui, verront certainement un lien entre tous ces évènements. Ils y verront la volonté manifeste de l'establishment canadien d'empêcher la tenue d'un autre référendum sur la souveraineté du Québec et d'y bloquer toutes velléités d'indépendance coûte que coûte, l'unité canadienne étant un objectif suffisamment important pour qu'on enfreigne quelques règles, entache quelques réputations ou bouscule quelques carrières de premiers ministres.

    Qui avait-il derrière cette entente hors cours négociée entre Bryan Mulroney et le gouvernement fédéral? Pourquoi ces 2 millions de dollars versés à Bryan Mulroney en 1997 alors que l'enquête de la GRC n'a pris fin qu'en avril 2003, quelques jours après l'élection d'un gouvernement fédéraliste à Québec. Malheureusement, le plus important à son sujet ne pourra probablement jamais être dit ou écrit, donc ne sera ni vu, ni su de ses contemporains. C'est un héritage laissé à l'Histoire. Tout comme le scandale des commandites, il n'est pas sûr, non plus, qu'il entachera la réputation des principaux acteurs politiques qui y ont participé. À preuve, Sir Georges-Étienne Cartier est encore vu aujourd'hui comme un père de la Confédération canadienne, pas comme un patriote de 1837 qui a retourné sa chemise et profité de la construction du chemin de fer canadien pour s'enrichir aux dépens des contribuables. De là à faire un parallèle avec l'affaire Airbus, il n'y a qu'un pas. Dans le fond, l'affaire Airbus, c'est un peu comme le scandale du chemin de fer canadien 135 ans plus tard, un scandale fondateur du Canada moderne.

    Louis Lapointe
    Brossard
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  • dboissi - Abonnée
    5 février 2008 12 h 22
    Confusion des rôles
    Je suis entièrement d'accord avec la remarque de madame Brousseau qui précède. Monsieur Spector, votre charge de chef de cabinet de premier ministre était une charge éminemment et uniquement politique Vous n'étiez aucunement partie de la fonction publique qui, elle, était et reste gouvernée par des règles très strictes et précises. Les devoirs du fonctionnaire envers le citoyen sont très exigeants. C'est pourquoi, en contrepartie, on lui accorde une certaine sécurité d'emploi. Le chef de cabinet, comme tous les autres employés dits "politiques" oeuvrant dans les cabinets, est assis sur un siège éjectable. Sans vouloir juger de la pertinence de se taire ou de parler pour un ex-chef de cabinet, ce qui fait l'objet du débat, je suis d'opinion qu'il est tout simplement navrant de constater qu'un chef de cabinet, maintenant chroniqueur de journal sérieux, n'aie pas eu et n'aie toujours pas connaissance de cette distinction fondamentale dans les institutions parlementaires de type britannique.
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  • Raymonde Chouinard - Abonnée
    5 février 2008 16 h 09
    Crédibilité
    Vire le vent, vire la poche...comme on dirait en bon canayen.

    Probablement que M. Spector, en attendait plus de M. Mulroney qu'il n'en a reçu....!
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  • real@realo.ca - Abonné
    5 février 2008 16 h 17
    non
    je suis en total désacor avec Sylvie Brousseau, et Diane Boissinot. Si il y a eu quelque chose d'aparament illégale qui a été fait, il faut le dire. Je ne comprend pas pourquoi il en saurait être autrement.
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