Lettres: Cosmopolitisme: langue et religion
Pierre Dubuc a certes raison de condamner le cosmopolitisme qui consisterait à noyer une facette importante de l'identité québécoise dans un melting pot créé par la non-intégration du flux migratoire («À propos du vivre ensemble», Le Devoir, le 13 décembre 2007). Par contre, contrairement à ce qu'il affirme, la position de l'écrivain Marco Micone («Nous, les Québécois», Le Devoir, le 28 novembre 2007) ne consiste pas à nier le français comme facteur de cohésion sociale au Québec et comme véhicule de communication publique. M. Micone indique plutôt que la langue ne peut pas être, comme il l'écrit, le «seul» critère de l'identité individuelle ou collective.
Nous ne savons que trop qu'un immigrant au Québec peut fort bien parler notre langue et rester imprégné d'une culture d'origine contraire aux valeurs québécoises, telle l'égalité des hommes et des femmes. Par contre, un vieil anglophone du Québec peut ne pas avoir appris à parler la langue de chez nous et être pourtant imprégné de la culture québécoise traditionnelle en étant par exemple, grâce à son appartenance au catholicisme, en faveur de la démocratie plutôt que pour la théocratie encore fort présente dans le monde.
Le cosmopolitisme que rejette M. Dubuc semble bien plus à rejeter dans le cas du cours projeté d'éthique et de culture religieuse. Ce cours d'État enlève aux parents, contrairement à nos moeurs et à la manière des pays dictatoriaux, un droit acquis des parents québécois de souche pour imposer à leurs enfants un programme où se noient les valeurs religieuses traditionnelles du Québec. Comme l'a montré Mario Dumont avec son pif coutumier et un exemple percutant tiré de ce cours, ce programme met sur un même pied «Pâques, Noël, Wesak, Id al-Fitr, Id al-Adha, Diwali et la naissance du gourou Nâmak».
Nous ne savons que trop qu'un immigrant au Québec peut fort bien parler notre langue et rester imprégné d'une culture d'origine contraire aux valeurs québécoises, telle l'égalité des hommes et des femmes. Par contre, un vieil anglophone du Québec peut ne pas avoir appris à parler la langue de chez nous et être pourtant imprégné de la culture québécoise traditionnelle en étant par exemple, grâce à son appartenance au catholicisme, en faveur de la démocratie plutôt que pour la théocratie encore fort présente dans le monde.
Le cosmopolitisme que rejette M. Dubuc semble bien plus à rejeter dans le cas du cours projeté d'éthique et de culture religieuse. Ce cours d'État enlève aux parents, contrairement à nos moeurs et à la manière des pays dictatoriaux, un droit acquis des parents québécois de souche pour imposer à leurs enfants un programme où se noient les valeurs religieuses traditionnelles du Québec. Comme l'a montré Mario Dumont avec son pif coutumier et un exemple percutant tiré de ce cours, ce programme met sur un même pied «Pâques, Noël, Wesak, Id al-Fitr, Id al-Adha, Diwali et la naissance du gourou Nâmak».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

