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Musulmanes et féministes

Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec (à gauche) saluant Najab Boughaba et Samaa Elibyari (au centre), du Conseil canadien des femmes musulmanes, à l’occasion des travaux de la commission Bouchard-Taylor, hier, à Mon
Photo : Jacques Nadeau
Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec (à gauche) saluant Najab Boughaba et Samaa Elibyari (au centre), du Conseil canadien des femmes musulmanes, à l’occasion des travaux de la commission Bouchard-Taylor, hier, à Mon
Au fond, peut-on envisager et surtout défendre un féminisme avec foulard? La question taraude le coprésident Gérard Bouchard depuis le début des travaux de sa commission sur les accommodements raisonnables. Hier matin, il l'a donc posée franchement à Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

La militante féministe a répondu en rappelant qu'une des porte-parole de la fameuse Marche mondiale des femmes en 2005 portait le voile et que des religieuses catholiques militent au sein de sa fédération, malgré ses positions très claires en faveur de l'avortement.

«Oui, le féminisme prend plusieurs visages, et on les retrouve dans la Fédération», a poursuivi Mme Asselin, en ajoutant que le port du voile ne contrevient pas nécessairement au principe de l'égalité hommes-femmes. Contrairement au Conseil du statut de la femme, la Fédération n'a pas pris position sur le port de signes religieux par les employés de l'État.

Le Forum musulman canadien a défendu la même thèse que la FFQ, affirmant toutefois qu'«il faut cesser de semer les amalgames en liant le hijab à la question de l'égalité des hommes et des femmes». La représentante du Conseil canadien des femmes musulmanes a plaidé pour la même cause tout en déplorant l'incompréhension de quelques féministes d'ici en ce qui concerne certains traits culturels musulmans.

«Le Conseil du statut de la femme du Québec, en tant qu'organisme public, devrait concentrer ses efforts sur la discrimination à laquelle font face les femmes, dit son mémoire, par exemple, s'assurer que les femmes immigrantes ont accès à des emplois, promouvoir l'embauche de plus de femmes et de minorités dans la fonction publique, et encourager l'élection de plus de femmes à tous les niveaux gouvernementaux. Voici quelques-uns de vrais enjeux pour l'égalité des femmes.»

Ces échanges ont coloré l'ouverture de l'ultime semaine des travaux publics de la commission Bouchard-Taylor, consacrée aux organismes nationaux, ce qui inclut les syndicats et les partis politiques. Les audiences et les forums de citoyens se terminent cette semaine.

Le rapport définitif est attendu à la fin de l'hiver 2008.

Dans son propre document, le Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM, section Québec, fondé en 1982) a mis en évidence les discriminations induites par le port du voile notamment pour trouver et conserver un travail, la clé de voûte du succès de l'intégration. Une femme âgée de 21 ans a été embauchée comme caissière puis remerciée parce que «les clients ne veulent pas voir ça», c'est-à-dire son hijab. Une autre n'a pas été promue comme secrétaire dans un hôpital et a subi les remarques désobligeantes de ses collègues lui demandant d'enlever «cette nappe».

Selon des données révélées par le mémoire, les femmes musulmanes viennent maintenant au troisième rang (après les juives et les hindoues) sur 27 confessions pour le degré de scolarité. Par contre, elles détiennent le palmarès pour le chômage.

«S'il ne fallait faire qu'une seule chose, ce serait favoriser l'accès à l'emploi pour les femmes musulmanes, a résumé Mme Elibyari. En visant cet objectif, nous ferons de grands pas vers l'intégration et l'égalité avec, comme valeur ajoutée, le combat contre la discrimination. [...] Les femmes musulmanes aspirent au plus haut degré aux valeurs québécoises d'égalité et d'équité. Elles ne demandent pas mieux que d'être intégrées.»

C'est la faute au CV

Leurs fils et leurs maris aussi, comme quoi le foulard, féministe ou non, n'explique pas tout. Des études comparatives (Montréal, Toronto, Vancouver) présentées hier midi par l'Institut de recherche en politiques publiques de Montréal montrent qu'au Canada la situation s'est davantage détériorée pour les immigrants masculins de toutes origines (pas seulement musulmans) que pour les «cohortes féminines».

Pourtant, depuis les années 1960, la politique d'immigration du Canada ne retient plus de pays d'origine comme critère de sélection: elle se base uniquement sur le succès potentiel de l'insertion sur le marché du travail. «La détérioration a commencé avec les années 70, s'est renforcée dans les années 1980 et s'accentue depuis, a résumé Brahim Boudarbat, professeur à l'École des relations industrielles de l'UdeM, auteur de l'étude sur la Détérioration de la situation des nouveaux immigrants sur les marchés du travail québécois et canadiens. Par contre, si on compare les années 1990 à 1980, le Québec fait mieux. Il a mieux minimisé la détérioration.»

Pour expliquer cette situation, le professeur Boudarbat a appuyé sur la question de la faible reconnaissance de l'expérience acquise à l'étranger par les travailleurs immigrés. «Souvent, l'immigrant doit recommencer de zéro. Il est traité comme un débutant. Et s'il vient d'Afrique et qu'il y a travaillé, c'est souvent la pire combinaison possible.»

Une des solutions toutes simples consisterait à favoriser les immigrants qui ne posent pas de problèmes de reconnaissances des diplômes et des expériences, celle des étudiants venus au Canada pour poursuivre leurs études supérieures. Seulement, cette entourloupette bien trouvée ne préviendra pas contre les formes de discrimination touchant et de plus en plus les Arabes et les musulmans.

D'où l'importance des grandes balises pour protéger les droits. Hier matin, en ouvrant les débats, le Barreau du Québec a plaidé en faveur d'une modernisation «soit dans son langage, soit dans son interprétation» de la Charte québécoise des droits et liberté de la personne, adoptée il y a plus de 30 ans. Pour l'organisme de protection du public, il faut que Québec lance une grande campagne de renforcement de certains programmes existants (soutien scolaire, lutte contre le racisme, etc.) et des moyens d'information sur le droit à l'égalité et les accommodements raisonnables.

«Les Québécois ne respectent pas moins les chartes des droits que le reste des Canadiens, a déclaré le bâtonnier, Michel Doyon. La mécanique des accommodements raisonnables a d'ailleurs bien servi les Québécois victimes de discrimination et doit pouvoir continuer de les servir utilement, quel que soit le motif de discrimination, y compris la discrimination religieuse.»

Le bâtonnier n'a rien dit sur le foulard, féministe ou pas. Toutefois, selon lui, la charte québécoise aurait fort probablement permis de trancher en faveur du fameux kirpan à l'école, la décision de la Cour suprême la plus médiatisée (et critiquée) des dernières années, en partie à l'origine de la décision de créer la commission Bouchard-Taylor...






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  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 11 décembre 2007 07h40
    Jean Dorion est un con
    « Jean Dorion a fait la démonstration publique hier qu'il est indigne de représenter le mouvement nationaliste au Québec. C'est certainement pas ce genre de mauviette qui va mener notre peuple à l'indépendance »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mardi 11 décembre 2007 08h24
    La FFQ contre la laïcité ?
    « La laïcité est la séparation du pouvoir de l'État et le pouvoir de l'Église. L'État ne fait pas de religion et l'église ne fait pas de politique.

    La FFQ est un organisme social et politique. Le Conseil canadien des femmes musulmanes est un organisme religieux.

    Il y a une énorme différence entre une femme catholique ou musulmane qui milite au sein de la FFQ et une militante de la FFQ qui s'affiche comme faisant partie d'une religion (hidjab ou crucifix). C'est carrément une église qui se mêle des choses de l'État.

    Le peuple Québécois s'est prononcé clairement en faveur de la laïcité. La FFQ devrait dès maintenant commencer à en tenir compte ou demander un statut de religion reconnue.

    C'est l'un ou l'autre. »

  • Genevieve Fiset
    Abonnée
    mardi 11 décembre 2007 08h56
    une amie incomprise dans une société anti-religieuse
    « J'ai une amie musulmane qui étudie en médecine en Ontario. Elle a décidé suite à son mariage et par conviction religieuse personnelle de porter le hyjab alors qu'elle ne l'avait jamais porté auparavant. Ce n'est pas son mari, ni sa belle-famille qui l'a poussé vers ce choix. C'est réellement une décision personnelle.

    Elle m'a raconté que son père avait trouvé difficile qu'elle fasse ce choix (alors qu'il est lui-même musulman) mais qu'il l'a respecté dans sa démarche. Elle m'a dit toutefois que le regard, la façon d'agir envers elle de la part des autres l'a beaucoup blessée. Elle a été insulté à plusieurs reprises par des inconnus. Ses collègues de travail sont distants avec elle depuis. Certains patients ne veulent pas être traités par elle dans les hôpitaux.

    Elle m'a demandé pourquoi afficher sa foi était si difficile au Canada.

    Que répondre quand en tant que chrétienne catholique il est devenu tabou de parler de sa foi entre amis? Quand mes enfants n'ont plus le droit de recevoir au Québec l'enseignements chrétien catholique auquel moi et mes ancêtres ont eu le droit dans le passé autant dans les écoles publiques que privées? Qu'une formation obligatoire à l'Athéisme(le cours d'Éthique et culture religieuse)se prépare pour tous les enfants du Québec sous prétexte d'apprendre à "mieux vivre ensemble?". »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mardi 11 décembre 2007 09h23
    Fédération des femmes du Québec, Gérard Bouchard, Conseil du statut de la femme, Éthique, Femme, Québec (province)
    « Dans notre société, n'importe qui a droit de dire n'importe quoi n'importe quand en autant qu'il paye ses impots à temps et que ce ne soit pas diffamatoire.
    Cela dit, les propos de la FFQ et du barreau sont souvent en fonction de la protection de leur croissance de membres pour les unes et en fonction du potentiel de revenus pour l'autre.
    Le même raisonnement s'applique aux syndicats dont les règlements sont conçus par des fonctionnaires syndiqués.
    J'y vois des conflits d'intérêts plus que de l'objectivité.
    De son côté, la commission Bouchard Tayler cherche à imposer le multiculturalisme à tout prix en accusant de xénophobie les gens qui ne partagent pas ses idées. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 11 décembre 2007 09h23
    Mettre les voiles...
    « « Il en est d'autres dont le visage, beau de traits et d'expression, s'éloigne avec des joliesses et des coquetteries connues par une sensualité timide et farouche à la fois dans le regard; et sous cette sorte d'hypocrisie naturelle, qui est peut-être l'affirmation première de la pudeur, passe, tout à coup, comme un regard à travers le masque, l'éclair d'un brusque sourire, où éclate librement l'ardeur des sens. », Isabelle Eberhardt, Dans l'ombre chaude de l'Islam (1904). Elle désirait posséder ce pays (l'Algérie) mais ce fut ce pays qui l'a posséda.

    « Sous d'autres couleurs moins belles que ces simples voiles, où le corps se dessine encore, la passion s'offre dans les villes, et souvent si laide, si répugnante-la passion vorace qui veut la vie, qui veut perpétuer la vie par tous les recommencements. Plus haut, plus loin, sous les apparences de l'esprit, sous les sourires les mieux étudiés, dan les salons les plus corrects, comme ici près de la fontaine du désert, se trahira encore la violence d'un appétit qui enflamme les yeux, qui altère la voix, qui fait passer une ombre blanche sur les lèvres frémissantes... » C'était hier, encore aujourd'hui, ce jeu érotique nous vient de l'Islam. Eux, dans le quotidien de la vie, dans la justice et l'injustice des rapports humains, la sensualité se pare de mille formes. Nous, dans les cinémas clos ou les images de magazine (c'est arabe makhâzin, « dépôts », « bureaux »), dans les sites web pornographiques (mais là c'est grec, tiens donc?), dans les pubs, chez les jeunes filles pré-pubères croisées par centaine dans nos rues. De ces jeunes filles libérées de l'Occident qui n'ont pas « l'éclair d'un brusque sourire, où éclate librement l'ardeur des sens. » ni « une ombre blanche sur les lèvres frémissantes...»

    On nous parle de voile à savoir si c'est démocratique ou non? On veut s'autoriser de son ignorance qui fait violence à autrui : « Le bâtonnier n'a rien dit sur le foulard, féministe ou pas. » Le bâton nie ou non, reste à attendre la réponse. Avons-nous si peur de l'étrangeté à ce point et allons-nous devoir étouffer toutes traditions millénaires sous prétexte que la modernité met tout le monde, comme à l'armée comme dans les marchés, sous le même signe? Égalité, dit-on, non? Un verre de vin par jour pour les femmes, deux pour les hommes. Les femmes musulmanes peut-être sont-elles trop réelles sous le voile; les femmes occidentales peut-être ne sont-elles pas si réelles dans la représentation que l'on veut d'elles? Il est à remarquer que les femmes occidentales sont devenues une image avant tout (comme la Vierge Marie ou Marie couche-toi là), avant d'être une réalité, nue, dans notre lit. C'est l'image d'elle que nous aimons non leur réalité. Pour sur que dans ce sens le voile dérange comme s'il n'y avait plus de réalité, ni de vérité, à dévoiler. »

  • Doris Veillet
    Inscrite
    mardi 11 décembre 2007 09h37
    Reconnaissance à l'endroit des femmes et des hommes de tous les pays de la terre!
    « Bravo pour cette commission qui, à chaque intervention, ajoute un maillon à cette longue chaîne de notre humanisme créé au fur et à mesure que notre société canadienne et québécoise vit les changements!
    Je suis de celles qui accepte que les immigrants puissent trouver leur place dans notre société à tous les échelons. Je comprends qu'il soit difficile, lorsqu'on a tout quitté, de retrouver exactement ce que l'on recherche ici. Pourtant, depuis des lunes et des lunes, les Canadiennes, les Québécoises défraient, à même leurs taxes, le coût des organismes gouvernementaux permettant de nombreuses possibilités de trouver une solution valable pour les personnes instruites venant de tous les pays du monde, lorsque la question d'en «faire partie» s'impose.
    Là, ou pour moi, le bas blesse, c'est lorsque la différence s'accentue par des revendications de lieux de prière où il y a «obligation» de s'accroupir à heures fixes durant la journée ou encore du port de vêtements différents qu'il s'agisse de turban (porté même dans la Gendarmerie royale du Canada: les personnes appliquant pour ces postes le font aussi parce qu'elles savent qu'elles doivent en respecter l'uniforme, non?) au autre dictat religieux signifiant clairement que notre société canadienne, dans son ensemble, doit «plier» l'échine.
    Je ne comprends pas pourquoi on aspire aux mêmes postes, à la même égalité des chances d'avancement lorsqu'on ne «peut» pas en accepter les règles vestimentaires qu'elles soient ou non celles qui nous plaisent!
    À ce que je sache, les religieuses ursulines qui m'ont «construite» en m'enseignant les règles de bienséance, de civisme et de respect de l'autre ont enlevé leur lourd costume lorsque l'autorité de mon Église a présenté de nouvelles lois! Il est même difficile aujourd'hui, dans la société laïque, de différencier une religieuse d'une autre personne. Pourquoi en serait-il autrement des ressortissantes des autres religions, ici, au Canada, au Québec?
    Merci de m'avoir lue,
    Doris Veillette-Hamel
    Trois-Rivières »

  • Marie Dubois
    Inscrite
    mardi 11 décembre 2007 09h59
    Foulard islamiste et droits des femmes
    « Tant que sur cette terre il y aura des pays où une femme sera obligée de porter le voile sous peine d'être battue;
    tant qu'il y aura des endroits au monde où moi, malgré que je ne suis pas musulmane,je devrai porter ce voile sous peine de subir de la violence, je m'opposerai fermement à ce que le voile puisse être porté dans les institutions publiques au Québec. Trop de femmes sur notre planète présentement souffrent de ce qui leur est imposé par des règles religieuses : obligation de se voiler, interdiction de s'instruire, de sortir de leur maison sans être contrôlées, de conduire une voiture. Trop de femmes sont battues , lapidées, brûlées pour des questions de moralité!
    Peut-t-on ignorer cela pour avoir l'air bien accommodant? »

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 11 décembre 2007 10h10
    Et le maquillage???
    « On parle souvent du voile comme symbole d'opression des femmes.Mais une femme qui perd 30 minutes par jour à se cacher sous les maquillages est-elle plus libéré? Un femme qui perd une autre demi-heure par jour pour se cheveux, est-elle libérée.Un femme qui gaspille des fortunes en objets de mode est-elle libérée? Esclave de la mode ou esclave d'une religion, toutes deux ne sont pas libres.

    Une femme musulmane qui ne se maquille pas et avec son voile évite de perdre temps et argent pour ses cheveux n'est-elle pas plus libérée, si elle est égale à son mari à la maison? »

  • Hugues St-Pierre
    Inscrit
    mardi 11 décembre 2007 10h26
    S'afficher c'est militer
    « @genfiset
    Que répondre à cette amie qui trouve difficile d'afficher sa foi? Au Québec catho, les curés portaient la soutane, les nonnes la cornette et les frères...aussi. Le principe n'est pas sorcier, UN SIGNE OSTENTATOIRE, C'EST POUR MILITER. Un turban, une kipa, un hijab, un kirpan, ce sont toujours des moyens d'attirer l'attention de son entourage sur une religion (opium du peuple) que l'on cherche à amener en discussion pour convaincre: C'est pas bien de manger du porc, les jupes courtes, c'est indécent, les cheveux des femmes font penser aux poils... voyez?...
    Espace public laïc, et les femmes sans voiles subiront moins d'ostracisme, facile à comprendre? S'afficher, au Qc, Pucapab! »

  • Francine St-Pierre
    Inscrite
    mardi 11 décembre 2007 11h04
    Vous M. Noël, vous n'avez pas de coeur
    « Je pense exactement le contraire M. Noël. J'ai toujours trouvé que M. Dorion était un peu trop dogmatique et ennuyant, cantonné dans des positions un peu disons trop nationaliste pure laine et fermé aux autres réalités. Son intervention a démontré le contraire et je le félicite.

    Quant à vous, vous êtes le représentant parfait de ce que je ne veux pas pour mon pays le Québec. Et, en passant, un homme qui manifeste de l'émotion n'est pas une mauviette. Peut-être au contraire que c'est celui qui a peur d'en montrer et qui se replie sur lui-même et sa précieuse identité blanche, catho et pure laine qui est une mauviette. »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    mardi 11 décembre 2007 11h48
    signes re;ligieux
    « Avec la société laique ,la religon est désormais du domaine privé. Afficher quelques signes religieux devient suspect. Je ne suis pas toujours d'accord.Si je porte un foulard en tant que musulmane, je dérange, j'exprime la soumission...et si je porte une chaîne en or avec une croix, est-ce que je dérange aussi...devrais-je la laisser dans mes tiroirs? Si je
    m'habille à la mode super sexée, est-ce que je dérange?Quel message je laisse, celui peut-être d'une autre soumission, d'un autre esclavage? L'intolérance à tout ce qui est religieux est-elle justifiée? Notre société laique tolère bien des choses; le manque de bonnes manières, l'habillement super sexée des jeunes filles, le français mal écrit, le langage parfois vulgaire des humoristes, le manque de respect envers les aînés...et quoi encore? Raphaelle »

  • Frédéric Chiasson
    Abonné
    mardi 11 décembre 2007 13h51
    Hidjab nécessaire pour la pratique de l'Islam?
    « Il est dommage que les gens aient peur du hidjab à ce point. Mais en même temps, je ne comprends pas l'obstination de ces femmes à porter le hidjab pour une religion qui pourtant ne l'impose même pas!

    J'ai connu plusieurs femmes musulmanes très pratiquantes, faisant leurs prières en direction de La Mecque, ne prenant pas d'alcool mais ne portant pourtant pas le hidjab. J'avais une amie il y a quelques années qui pratiquait beaucoup de principes de la religion musulmane sans porter le hidjab, et qui faisait un doctorat en littérature sur la littérature érotique!

    Cela ne l'empêchait d'avoir des idées un peu simplistes de la religion chrétienne d'ailleurs : les églises chrétiennes sont mortuaires (qu'est-ce que la Chapelle Sixtine et les messes de Palestrina, de Bach, etc.?), et de la religion en général : la religion de l'Islam est meilleure car son livre n'a pas été modifié par d'autres écrivains, il est donc pur (alors nous devrions aussi à ce moment suivre les doctrines du Marquis de Sade, livre resté «pur» qu'elle étudiait sûrement au même moment!). Mais c'était génial de parler avec elle quand même car elle était ouverte au dialogue. Nous pouvions démystifier à ce moment nos croyances respectives sur les coutumes de l'autre, qu'elles soient de nature religieuse ou non.

    J'ai compris par la suite que la religion de l'Islam n'a rien de l'image d'une doctrine rigide que nous offrent certains imams et pays totalitaires. Elle est même d'une certaine manière très individualiste : chacun choisit ce qu'il veut suivre. Certains musulmans prennent de l'alcool, certains mangent même du porc. Beaucoup de musulmanes ne portent pas le voile.

    Personnellement, cela ne me dérange absolument pas de voir une femme voilée dans la rue, mais ça me dérangerait un peu plus de voir une femme voilée dans une fonction importante. Il y a des bonnes chances qu'elle le porte par choix, mais il y a aussi des chances qu'elle le porte aussi parce qu'il est imposé par sa famille et son mari. Il y a aussi des chances qu'elle le porte pour se distinguer d'une idée de la société québécoise à laquelle elle ne veut pas s'intégrer. Quelle serait l'influence de cette idée de la sociéte québécoise sur sa fonction?

    Le symbole du hidjab devient très ambigu. Le conseil des femmes musulmanes devrait se poser plusieurs questions. Est-ce qu'une femme musulmane est nécessairement une femme voilée? Que signifie réellement le voile pour elles-mêmes, pour les différents points de vue de la religion musulmane, mais surtout, pour les différents points de vue de la société québécoise?

    Questions très complexes. Mais je suis un peu perplexe face à la position de ces groupes de femmes musulmanes qui veulent porter le foulard partout dans toutes les institutions. Est-ce vraiment nécessaire de faire cette contestation pour porter un foulard, symbole de distinction? Pourquoi ne pas militer au contraire pour montrer que les musulmans et les québécois «de souche» ne sont en vérité pas si différents?

    Car cette contestation éveille, malheureusement et peut-être injustement, l'idée d'une société arabe agressive, intransigeante et violente, trois qualités rejetées en générale par la société québécoise. C'est cette idée de société arabe qui est malheureusement responsable de tous les préjugés envers les immigrants d'origine arabe et du haut taux de chômage de ceux-ci. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mardi 11 décembre 2007 16h28
    Jusqu'où peuvent mener les principes religieux!
    « Un homme est accusé du meurtre de sa fille qui ne portait pas le hidjab
    à 16h30 le 11 décembre 2007

    LA PRESSE CANADIENNE
    MISSISSAUGA - Un homme de 57 ans de Mississauga, en Ontario, a été accusé de meurtre en rapport avec le décès de sa fille de 16 ans, survenu lundi soir.

    Des amis d'Aqsa Parvez ont déclaré que celle-ci avait de fréquentes disputes avec son père parce qu'elle refusait de porter le hidjab, le foulard islamique.

    ********

    Quoiqu'on en dise, toutes les religions sont la domination de l'homme sur la femme.
    La domination psychologique entraîne souvent les dominés à respecter leur oppresseur.

    Je mets en doute le féminisme-islamisme. Il me donne l'impression de réussir l'impossible, c'est-à-dire, mettre au même point les deux pôles d'un aimant.

    Le féminisme est à l'opposé de la domination mâle et donc des religions et plus particulièrement, totalement à l'opposée de la religion islamique.

    Ce n'est pas la première fois qu'une femme meurt en voulant s'opposer aux contraintes religieuses. Et malheureusement, je crois que ce ne sera pas la dernière.

    Une fois de plus, on constate jusqu'où peuvent mener les "principes religieux"!
    Je crois même qu'en fouillant un peu, on pourrait trouver des femmes féministes qui luttent pour la pratique de l'excision (bon, je l'avoue, j'exagère un peu... mais parfois, il suffit de si peu pour exagérer!)

    Si les femmes musulmanes aspirent au plus haut degré aux valeurs québécoises d'égalité et d'équité et qu'elles ne demandent pas mieux que d'être intégrées, je crois que le geste d'enlever leur signe de soumission religieuse, serait un grand pas, en premier pour elle-même et en second, pour parvenir à une intégration plus harmonieuse. Mais, ont-elles cette liberté??
    Demandons-le à Aqsa Parvez!


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 11 décembre 2007 16h30
    @ M. Michaud
    « M. Michaud écrit : «Une femme musulmane qui ne se maquille pas et avec son voile évite de perdre temps et argent pour ses cheveux n'est-elle pas plus libérée, si elle est égale à son mari à la maison?»

    Je ne connais pas ça M. Michaud mais, ça a l'air que les femmes à voiles sont toutes bien maquillées et portent des bijoux en dessous comme celles qui n'en portent pas. Est-ce que vous avez fait une recherche sur la chose M. Michaud ? »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 11 décembre 2007 20h51
    @Francine St-Pierre
    « Jean Dorion est marié avec une Japonaise. Quant à moi, la modestie m'empêche de nommer toutes les étrangères qui sont passées dans ma vie.
    Bref, tout ça n'a rien de personnel.
    Dorion a montré hier qu'il était indigne d'être le chef des nationalistes au Québec.
    Ses propos sur la gardienne voilée était d'un ridicule consommé. D'avoir pensé que cette femme ne pouvait pas garder des enfants parce qu'elle était voilée et de le voir s'en excuser en larmes à la télé comme s'il avait un commis un crime contre l'humanité montre que le monsieur est incroyablement limité sur le plan intellectuel et scandaleusement faible. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mardi 11 décembre 2007 21h29
    Tant que des filles se feront tuer par leurs parents
    « Il faut interdire tout signe religieux en public et laisser ces ustensiles religieux dans les endroits spécifiques comme les temples, églises ou mosquées.
    Sauvons des vies en ne permettant pas au fils ou père d'imposer leurs signes religieux aux autres. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 12 décembre 2007 10h29
    @ Jacques Noel et Francine St-Pierre
    « M. Noel écrit de M. Dorion : «D'avoir pensé que cette femme ne pouvait pas garder des enfants parce qu'elle était voilée et de le voir s'en excuser en larmes à la télé comme s'il avait un commis un crime contre l'humanité montre que le monsieur est incroyablement limité»

    Daccord avec M. Dorion sur ça. M. Noel a montré en plus qu'il était un peu raciste avant d'être converti par cette musulmane si serviable. Quand à madame St-Pierre, si toutes les femmes pensaient comme elle, faudrait que nos politiciens se pompent un peu quand ils sont en public pour lâcher quelques petites larmes pour montrer leur côté délicat, ce qui prendrait beaucoup de pratiques à nos chers candidats, "principalement à M. Stéphane Dion qui veut montrer son fond à la télévision". En plus d'avoir à embrasser tout ce qu'ils rencontrent de bébés pour avoir une meilleure chance d'être élus. »

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