Accommodements raisonnables - La CSDM veut interdire les lieux de prière à l'école
Photo : Jacques Nadeau
La présidente de la CSDM, Diane De Courcy, plaide en faveur de «l’accommodement réciproque», selon son expression.
Vampires, sorcières et démons en tous genres: le plus souvent, c'est l'Halloween qui pose problème dans les demandes d'aménagements à caractère religieux traitées par la Commission scolaire de Montréal (CSDM).
Une enquête récente faite auprès de 145 directions d'établissement scolaire révèle que les deux tiers des 894 dossiers de 2006-07 ont été acceptés. La majorité de ces demandes (557) provenait de parents d'élèves et le plus grand groupe (163) représentait les témoins de Jéhovah refusant que leur progéniture se déguise et participe aux monstrueuses festivités de la veille de la Toussaint.
Cette branche du christianisme refuse également de célébrer les anniversaires de naissance, y compris celui du petit Jésus à la Noël. La commission scolaire a finalement accordé aux Témoins 142 dérogations concernant la fête de l'Halloween.
«Nous sommes proactifs dans la gestion de cette diversité et nos actions sont préventives», a expliqué la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, en défendant son mémoire devant la commission Bouchard-Taylor, hier matin à Montréal. Son institution compte environ 106 000 élèves provenant de 193 pays, parlant 151 langues. C'est la société des nations et cet univers s'entend très bien, merci.
«Mon message au reste du Québec? L'accommodement raisonnable réciproque. Trouvons une façon de se parler. Trouvons une façon de se projeter dans le Québec de 2025 en se demandant dans quelle société nous voulons vivre avec toutes ces personnes qui viennent enrichir notre société de solidarité et d'entraide. Comme certains couples, essayons de faire des compromis.»
Après l'Halloween, le deuxième sujet d'importance des demandes d'exemptions pour les élèves de la CSDM concerne les sorties éducatives et le troisième, les cours de natation. Par ailleurs, quatre écoles de la commission scolaire ont reçu 44 demandes d'aménagement de lieux de prière, dont la moitié a été acceptée. «Jamais nous n'avons été contesté à la Commission des droits de la personne ou devant d'autres instances judiciaires, a noté la présidente. Le dialogue est la base de tout.»
La CSDM désire mettre fin à ces compromis en particulier. Elle recommande au gouvernement de légiférer pour «refuser d'accorder des lieux de prière dans les établissements d'enseignement public, considérant leur caractère laïque». De même, la CSDM dit clairement qu'il faut interdire par la loi le port de signes religieux (un voile facial par exemple) ne permettant pas l'identification des individus «tout au long du temps scolaire». Une autre des onze recommandations du mémoire demande de régler le problème des congés pour motif religieux en égalisant le temps de travail pour tous.
«Il faut revenir au statu quo ante, a résumé Mme De Courcy. Avant, tout le monde s'accommodait. Des jugements ont dilué les ententes. Le fait d'accorder des congés supplémentaires pour des motifs religieux devient un irritant.»
Pour le reste, la CSDM accommode, aménage et multiplie les bonnes ententes, par la négociation, dans un esprit de réciprocité, chacun y allant de compromis. Le foulard islamique? «Le port du hidjab ne constitue pas un sujet remarquable et ne soulève pas de débat», dit le document. Le kirpan? «C'est comme un petit crucifix», répond la présidente. Les demandes de viande halal dans les menus des cafétérias? Le compromis ajoute au menu des repas végétariens pour tous, musulmans pratiquants y compris.
Forum éclaté
Encore une fois, le forum des citoyens a permis l'expression de divers points de vue sur les réussites et les ratés de l'intégration au Québec. Près de 190 personnes étaient inscrites à l'exercice des échanges entre les citoyens sur les thèmes de la commission.
Les échanges ont paru plus éclatés, touffus et décousus que lors des exercices précédents. Il a été question du jazz à Montréal, de l'exploitation des mines dans le tiers-monde et un Métis casqué a même lancé aux francs-maçons un avertissement concernant le retour de la spiritualité amérindienne.
Un des fils rouges plus évidents de la soirée concernait toutefois la difficulté des immigrants à faire reconnaître leurs formations et leurs expériences professionnelles, souvent à cause de la fermeture des corporations professionnelles. «Intégration économique égale une bonne intégration sociale», a résumé un immigrant de Tunisie qui a galéré pendant deux ans après son arrivée à Montréal. «C'est un message très, très clair», a résumé le coprésident Charles Taylor en toute fin de soirée.
Les témoignages de solidarité, de tolérance et d'ouverture ont été beaucoup moins nombreux qu'au premier forum montréalais, la semaine dernière, dans le très multiculturel quartier Côte-des-Neiges. Un Québécois «de souche» a parlé d'une sorte de guerre des civilisations entre l'Occident et le monde musulman. «On n'en veut pas d'accommodements», a tranché Yvon Gariépy.
Pendant ce temps, quelques douzaines de manifestants scandaient des slogans contre la commission jugée «raciste» à la porte de la grande salle du Palais des congrès. Pour eux, l'exercice occulte les vraies questions en rapport à la pauvreté, la précarité, le profilage racial, la brutalité policière, la guerre, le capitalisme et le sexisme. Ils ont maintenu la pression pendant les deux heures des débats organisés à portes closes.
Les manifestants ont été expulsés du Palais des Congrès et trois d'entre eux ont été arrêtés.
Une enquête récente faite auprès de 145 directions d'établissement scolaire révèle que les deux tiers des 894 dossiers de 2006-07 ont été acceptés. La majorité de ces demandes (557) provenait de parents d'élèves et le plus grand groupe (163) représentait les témoins de Jéhovah refusant que leur progéniture se déguise et participe aux monstrueuses festivités de la veille de la Toussaint.
Cette branche du christianisme refuse également de célébrer les anniversaires de naissance, y compris celui du petit Jésus à la Noël. La commission scolaire a finalement accordé aux Témoins 142 dérogations concernant la fête de l'Halloween.
«Nous sommes proactifs dans la gestion de cette diversité et nos actions sont préventives», a expliqué la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, en défendant son mémoire devant la commission Bouchard-Taylor, hier matin à Montréal. Son institution compte environ 106 000 élèves provenant de 193 pays, parlant 151 langues. C'est la société des nations et cet univers s'entend très bien, merci.
«Mon message au reste du Québec? L'accommodement raisonnable réciproque. Trouvons une façon de se parler. Trouvons une façon de se projeter dans le Québec de 2025 en se demandant dans quelle société nous voulons vivre avec toutes ces personnes qui viennent enrichir notre société de solidarité et d'entraide. Comme certains couples, essayons de faire des compromis.»
Après l'Halloween, le deuxième sujet d'importance des demandes d'exemptions pour les élèves de la CSDM concerne les sorties éducatives et le troisième, les cours de natation. Par ailleurs, quatre écoles de la commission scolaire ont reçu 44 demandes d'aménagement de lieux de prière, dont la moitié a été acceptée. «Jamais nous n'avons été contesté à la Commission des droits de la personne ou devant d'autres instances judiciaires, a noté la présidente. Le dialogue est la base de tout.»
La CSDM désire mettre fin à ces compromis en particulier. Elle recommande au gouvernement de légiférer pour «refuser d'accorder des lieux de prière dans les établissements d'enseignement public, considérant leur caractère laïque». De même, la CSDM dit clairement qu'il faut interdire par la loi le port de signes religieux (un voile facial par exemple) ne permettant pas l'identification des individus «tout au long du temps scolaire». Une autre des onze recommandations du mémoire demande de régler le problème des congés pour motif religieux en égalisant le temps de travail pour tous.
«Il faut revenir au statu quo ante, a résumé Mme De Courcy. Avant, tout le monde s'accommodait. Des jugements ont dilué les ententes. Le fait d'accorder des congés supplémentaires pour des motifs religieux devient un irritant.»
Pour le reste, la CSDM accommode, aménage et multiplie les bonnes ententes, par la négociation, dans un esprit de réciprocité, chacun y allant de compromis. Le foulard islamique? «Le port du hidjab ne constitue pas un sujet remarquable et ne soulève pas de débat», dit le document. Le kirpan? «C'est comme un petit crucifix», répond la présidente. Les demandes de viande halal dans les menus des cafétérias? Le compromis ajoute au menu des repas végétariens pour tous, musulmans pratiquants y compris.
Forum éclaté
Encore une fois, le forum des citoyens a permis l'expression de divers points de vue sur les réussites et les ratés de l'intégration au Québec. Près de 190 personnes étaient inscrites à l'exercice des échanges entre les citoyens sur les thèmes de la commission.
Les échanges ont paru plus éclatés, touffus et décousus que lors des exercices précédents. Il a été question du jazz à Montréal, de l'exploitation des mines dans le tiers-monde et un Métis casqué a même lancé aux francs-maçons un avertissement concernant le retour de la spiritualité amérindienne.
Un des fils rouges plus évidents de la soirée concernait toutefois la difficulté des immigrants à faire reconnaître leurs formations et leurs expériences professionnelles, souvent à cause de la fermeture des corporations professionnelles. «Intégration économique égale une bonne intégration sociale», a résumé un immigrant de Tunisie qui a galéré pendant deux ans après son arrivée à Montréal. «C'est un message très, très clair», a résumé le coprésident Charles Taylor en toute fin de soirée.
Les témoignages de solidarité, de tolérance et d'ouverture ont été beaucoup moins nombreux qu'au premier forum montréalais, la semaine dernière, dans le très multiculturel quartier Côte-des-Neiges. Un Québécois «de souche» a parlé d'une sorte de guerre des civilisations entre l'Occident et le monde musulman. «On n'en veut pas d'accommodements», a tranché Yvon Gariépy.
Pendant ce temps, quelques douzaines de manifestants scandaient des slogans contre la commission jugée «raciste» à la porte de la grande salle du Palais des congrès. Pour eux, l'exercice occulte les vraies questions en rapport à la pauvreté, la précarité, le profilage racial, la brutalité policière, la guerre, le capitalisme et le sexisme. Ils ont maintenu la pression pendant les deux heures des débats organisés à portes closes.
Les manifestants ont été expulsés du Palais des Congrès et trois d'entre eux ont été arrêtés.
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