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La lettre de Mgr Ouellet aux catholiques - L'archevêque de Québec se trompe d'époque

Si le cardinal Marc Ouellet n'avait pas saisi pourquoi ses collègues de l'épiscopat ont opté pour l'évangélisation des Québécois d'aujourd'hui, et non pour la renaissance du Québec catholique d'hier, l'accueil controversé fait à sa «lettre ouverte» devrait lui être d'un précieux enseignement. Sa demande de pardon pour les «erreurs» passées a été généralement reçue avec scepticisme, et son offre de dialogue, avec un rappel de quelques failles présentes de l'Église catholique.
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  • Laurette Drouin
    Abonnée
    lundi 26 novembre 2007 01h18
    Enfin...
    Il était temps de faire comprendre en quoi le Vatican et son représentant attitré, Joseph Ratzinger, est à la source même d'un conflit qui n'est pas loin de ressembler aux crises anglicane et gallicane des siècles passés. Leclerc met bien en évidence la nature du problème qui se situe au niveau du Haut-Clergé nommé par Rome et qui ne peut d'aucune manière agir
    de façon autonome et responsable. Ce que vit présentement le Québec au plan religieux n'est pas loin de ressembler à la révolte protestante. Ce que les laïcs d'ici veulent avant tout, c'est de sentir que les efforts qu'ils font pour être écoutés soient sincèrement reconnus et acceptés par devant et par derrière.
    Merci à ce texte magnifique qui vient de clouer le cercueil d'un ultramontanisme moribond.

  • Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    lundi 26 novembre 2007 10h11
    Regardons les deux côtés de la médaille
    Nous avons des balances bizarres lorsqu'il s'agit de formation religieuse catholique. Lorsqu'il s'agit de défense du français contre un certain envahissement anglophone, on crée la loi 101 que bien des Québécois sont acharnés à défendre. Si l'on prône l'enseignement de l'anglais dans des écoles francophones, dès les premières années du primaire, on jette les hauts cris et on sort toutes les théories pédagogiques qui encouragent l'opposition à cette tolérance linguistique et au besoin d'une seconde langue dans notre contexte.
    Mais s'il s'agit de garantir une certaine qualité d'enseignement religieux dans les écoles, on ne voit plus les choses avec la même logique. On va instiller aux cerveaux enfantins des notions confondantes sur Dieu, leur des éléments de foi ou de croyances qui vont à l'encontre de la foi catholique et certains applaudissent tandis que d'autres réclament leur droit à la qualité du produit d'origine. Jean-Claude Leclerc qui normalement doit juger bien des événements et des conséquences, devrait sentir où le bât blesse. Mais on est en contexte de "politically correct"; il est malséant de revendiquer en faveur de la formation à la foi catholique dans un milieu fait pour donner une formation intégrale selon le choix des parents. Il est vrai que certaine clique a dépossédé les parents du choix que reconnaissait la Charte des Droits. On ne jure que par la Charte, mais si la Charte accorde des droits qui ne font pas l'affaire des laïcisants laicistes intégristes, ils magouillent pour faire châtrer la Charte. Et vivre la Charte devenu discriminatoire !

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    lundi 26 novembre 2007 12h52
    Sociologie des religions
    Les Québécois sont chrétiens, et non pas catholiques au sens de catholiques romains. Ils sont attachés à la tradition chrétienne d'amour, de partage, de pacifisme, mais pas dans un contexte d'obéissance aveugle aux idées passéistes de Rome.

    En ce qui concerne le cours d'éthique et culture religieuse, les heures prévues à cet effet sont des heures qui risquent d'être gaspillées sinon nuisibles. On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre ni leur sens critique.

    L'école primaire et secondaire doit se concentrer sur autre choses que des croyances plus ou moins raisonnables. Par exemple se concentrer sur la langue, les mathématiques, les sciences, l'histoire, l'éthique (pas la religion), le savoir-vivre, les habiletés artistiques, manuelles, sportives. L'étude de la sociologie des religions et des différents courants philosophiques pourra venir plus tard, pour ceux qui en ressentent le besoin comme adultes.

  • Claude Guay
    Abonné
    lundi 26 novembre 2007 13h44
    Quelle analyse intéressante
    M. Leclerc,

    Je suis un de ces laïc qu'on accuse de vouloir tout laïciser. Je suis donc du mauvais coté de la médaille dont il est question dans le commentaire de M. Gilles Beaudet sur votre article. En tant qu'athée, que laïc, que voltairien, que.... j'affirme que chacun a le droit de croire ce qu'il veut et que tous les croyants méritent le respect. Mais...

    Il y a quelques années de cela, quand ma fille ainée à commencer son école primaire, j'ai du lui dire que je ne souhaitait pas qu'elle suive les cours de religion parce que je considérais qu'on y enseignait des mensonges. Tu es libre, lui ais-je dit, de choisir l'enseignement que tu veux, mais je préfèrerais qu'on t'enseigne autre chose que ce que je considère comme mensonger. Certes, je n'affirmerai jamais que les croyants sont des menteurs, car ils croient sincèrement en ce qu'ils enseignent, mais ce n'est pas parce qu'on croit sincèrement à quelque chose que celle-ci est vrai.

    J'ai toujours éprouver de la réticence à devoir contribuer financièrement à l'enseignement de croyances que je ne partage pas. Mes valeurs et mes croyances personnelles , je les ai transmises, bien ou mal, à la maison avec les moyens que j'avais. Je n'ai pas demandé à l'état de transmettre ces croyances et ces valeurs à ma place et ce n'est pas son rôle. C'est d'abord et avant tout le rôle des parents.

    J'ai des amis sincères et honnêtes parmi les croyants. Ils savent ce que je pense et ils partagent avec moi l'essentiel , à savoir qu'une foi véritable ne s'impose pas, ne s'enseigne pas, ne se transmet pas, mais se développe peu à peu par la réflexion, par la prise de conscience, par l'intériorisation de son expérience personnelle, de son vécu à soi.
    J'admire donc tous ces catholique du Québec qui ont su, qui savent se remettre eux-mêmes et remettre leurs croyances en question. Les êtres humains sont toujours les mêmes, mais le monde a véritablement changé et c'est ce dont les catholiques d'ici me semblent avoir pris conscience. Je les en félicite, je ne peux que les encourager, même si je ne partage absolument pas leur foi et leurs croyances.

    Merci.

    Claude Guay

  • Yvon Bureau
    Abonné
    mardi 27 novembre 2007 14h59
    Peu crédible, Mgr Ouellet
    Mince crédibilité

    Cardinal Marc Ouellet,
    Québec

    Monsieur le Cardinal,

    Il aurait été tellement préférable de publier votre lettre et de rester à et au Québec, préférable aussi de demander uniquement pardon sans promouvoir l'enseignement religieux à l'école.

    Le niveau de crédibilité qui se dégage de votre lettre manque d'élévation. Dans l'univers du pardon et du dialogue, la pleine crédibilité est si nécessaire.

    Le dialogue avec le Québec doit se réaliser surtout avec l'Assemblée des évêques du Québec; baignant dans l'univers des croyances, cette communication demeurera laborieuse, car souvent loin de la raison, du réel et du raisonnable. Parler d'accommodements religieux raisonnables est un paradoxe.

    Je vous en prie, monsieur le Cardinal Ouellet, collaborez avec l'Assemblée des évêques du Québec pour l'arrivée en éducation du Programme d'éthique et de culture religieuse, en septembre 2008; le Québec aura un automne chaud et devra relever ensemble ce nécessaire défi. Enfin, que chaque religion offre dans ses lieux religieux des cours pour ses croyants.

    Je profite de cette lettre pour vous partager trois réflexions envoyées à la Commission Bouchard-Taylor.

    Chaque religion devrait s'occuper, encadrer et prendre soin efficacement des ses extrémistes fondamentalistes. Les différents intérêts en jeu ont à être bien identifiés et objectivement jugés.

    Chaque grande religion devrait faire au plus tôt un certain ménage dans ses livres dits sacrés. Elle devrait mettre grandement en garde et en réserve toute lecture et surtout toute utilisation extrémiste des versets ou des récits faisant la promotion de la violence, de la vengeance, de la haine, de l'élimination des opposants, de la supériorité ethnique, de l'inégalité entre homme et femme...

    Le Québec devrait se donner une Organisation des grandes religions (OGRQ), qui réunirait des représentants élus et reconnus par les membres de chacune des religions; cette organisation conseillerait le Gouvernement et serait consultée au besoin et lors de crise. Souhait ultime: que l'Organisations des Nations-Unis (ONU) aie une ORU : Organisation des Religions Unies. À cette même fin.

    Je vous remercie pour cette première et incomplète démarche de pardon. Je vous invite maintenant à la poursuivre avec l'Assemblée des évêques du Québec. Question de solidarité et de crédibilité.

    Recevez mes salutations,

    Yvon Bureau t.s.
    Québec (Québec)

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