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Des catholiques qui s'ignorent

Christian Rioux   23 novembre 2007  Éthique et religion
Vue de l'étranger, la polémique qui entoure ce qu'il faut bien appeler la confession de Mgr Ouellet apparaît étonnante. Difficile d'imaginer en France ou en Allemagne un tel émoi autour de la repentance, somme toute assez normale, d'un responsable religieux. L'affaire semble d'autant plus étrange que cela fait déjà un certain nombre d'années que l'Église catholique a entrepris de s'appliquer à elle-même la médecine qu'elle avait réservée autrefois à ses seuls fidèles.
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  • Robert De Blois
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 08h30
    Un catholique malgré lui
    Oui et comme bien d'autres québécois, je suis catholique de naissance et d'éducation, et toute ma culture originale a été imprégnée de cette conception du monde et de son devenir.
    Mais en même temps, j'ai toujours trouvé cette religion fort passive et un peu trop fataliste vis à vis les possibilités d'une bonne compréhension et d'une bonne pratique des valeurs humanistes.
    Aussi, vous comprendrez que la lettre de ce cardinal un peu trop déconnecté à mon avis de son pays d'origine, et surtout de son évolution des 47 dernières années, me laisse non seulement plutôt froid, mais je dirais encore plus mal à l'aise, comme la réaction d'un homme libéré depuis peu et qui ne tient surtout pas à se faire faire la leçon par des personnages étrangers à sa propre culture, qui plus est, par un religieux archi conservateur, dont les traces vaticanes et intégristes dépassent un peu trop la soutane...
    C'est exact que la langue française et la religion catholique sont les deux fondements de notre identité canadienne française, mais ce n'est pas une raison pour accepter à mon sen de tels astuces purement stratégiques pour tenter d'opérer un certain retour en arrière, à une époque qui n'avait rien de poétique, mais tout d'un subordination éprouvante, pour ne pas dire purement imbécile.

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 09h12
    Amalgames...
    Mais non le titre parlait de Catholiques (« Lettre ouverte aux catholiques du Québec - «Pardon pour tout ce mal!») et comme on n'arrête pas de dire que le Québec a un héritage judéo-chrétien, le Monseigneur a mis tout le monde dans le même paquet. L'église ne vit pas dans le même temps que nous? C'est dire qu'elle vit dans un temps différent ou dans celui de Dieu? Dans ce dernier cas, l'apocalypse est déjà passée. Lorsqu'un être humain parle, il porte lui aussi des millénaires sur ses épaules. Un exemple très simple, si vous dites que vous êtes un hérétique, vous portez plus que 2500 ans d'histoires sur vos épaules puisque c'est grec et que cela démontre le choix (haeresis, en grec) de faire ce que bon vous semble. L'église n'aimait pas du tout ceux qui avaient la volonté du choix, de l'hérésie. Entre la culture et le nom de sa grand-mère, il y a la marge des humanistes.
    Comment ça faire la comparaison des souffrances? (« Les souffrances endurées par les Québécois dans les années 50 n'arrivent quand même pas à la cheville de celles des juifs, des Africains ou des Espagnols de l'époque franquiste »). Pensez-vous que nous allons inventer une balance à souffrance? « ...même pas à la cheville de... », c'est ridicule et irrespectueux. Aussi infime soit une souffrance, c'est plus qu'insupportable, c'est ignoble. En faire une comparaison, c'est n'avoir jamais compris et senti que nature et dignité humaine signifient.
    « ferveur religieuse » au Québec? Vous ne connaissez pas la Pologne. Je vous conseille d'y aller car c'est un pays formidable même si ça sent l'eau bénite à chaque coin de rue et l'antisémitisme à plein nez. Ou alors, lisez Gombrowicz, Witkiewicz ou Schulz. Il est vrai toutefois que lorsqu'on se promène de par la Province du Québec, il ya un fort relent de Lourdes (France) comme si on allait voir apparaître Bernadette à chaque virage moins les paralytiques.
    Non, ce ne sont pas le ONG qui remplacent les prêtres ni les écologistes. Ce sont ls journalistes qui sont devenus les vrais prêtres du 21ième siècle. Ils parlent avec leur cravate face à une caméra. Ils font comme les prêtres, ils font des sermons et parlent de vérité (voir la nécessité de l'information libre et tutti quanti...). Ils sont les seuls à ne pas faire d'amalgame et les seuls à poser des questions pour la vérité. Les médias ont leurs médiacres comme les églises ont leurs diacres. On nous fait la morale à tout les niveaux et nous parlent cuisine quand ça les arrange. Cet article le démontre.

  • Claude Guay
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 09h25
    Comme vous avez raison!
    Cher M. Rioux,

    C'est la première fois que j'ai l'occasion d'exprimer publiquement mon désaccord avec vous. Le problème, c'est que, pour cette fois, je pense comme vous. Pire encore, vous exprimez votre opinion avec la clarté et la simplicité requise. Est-ce du au fait de votre éloignement qui vous permet de prendre et de garder vos distances, d'aborder les sujets avec le regard neuf, curieux et étonné de l'étranger devant certaines coutumes locales? Sans doute. Tant mieux.
    Moi aussi, je trouve bizarre toute l'importance que les québécois (et, surtout, assez déplorablement, nos journalistes, même ceux de Radio-Canada) accordent au petit message d'un évêque quelconque, serait-il cardinal. Qu'attend-on pour débattre aussi sérieusement des idées du rabin ou de l'iman du coin?

    La plupart des québécois sont toujours, insidieusement, plus catholiques qu'ils ne le croient et leurs idées morales reposent encore sur les mêmes principes et les mêmes idées qu'il y a cinquante ans. Ce n'est pas anormal, car lorsqu'on quitte un bateau, il faut bien se raccrocher à quelque débris de celui-ci tant qu'on ne s'en est pas bâti un autre.
    L'église catholique nous a fourni pendant des siècles un encadrement conceptuel, politique et moral dont on ne peut pas se débarrasser d'un seul coup : Ce serait couper la branche sur laquelle nous sommes assis. Tout incroyant que je suis, je n'en continue pas moins d'utiliser le langage de mes pères et de penser à l'intérieur du système de pensée qu'ils m'ont inculqué. Nous avons eu raison de ne pas mettre le feu aux bâtiments (physiques et conceptuels) dont nous avons hérités: L'important maintenant, c'est de nous en rendre propriétaire et maître véritable, de les rénover de l'intérieur. C'est loin d'être fait! D'ailleurs, c'est toujours à refaire. "Rien n'est jamais acquis", chantait Brassens.

    Salut.

    Claude Guay

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 10h52
    Chrétiens, pas catholiques
    Les Québécois sont chrétiens, pas catholiques au sens de catholiques romains.

  • Thérèse Romer
    Abonnée
    vendredi 23 novembre 2007 11h14
    Oeil vif, parole percutante
    Comme si souvent, Christian Rioux a l'oeil vif, la parole percutante, et réussit à cerner avec justesse un paradoxe culturel ou social.
    C'est dire que j'ai aimé lire cet excellent texte -- qui m'amène aussi à approfondir ma propre pensée sur ce sujet au fond troublant des pardons ? excuses ? confessions... qui deviennent de mise aujourd'hui

    Thérèse Romer

  • Christophe Remond
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 11h35
    Une bel perspective
    Félicitations pour cet article qui est le plus consistant et le plus d'envergure sur la question de la déclaration du Cardinal Ouellet que j'ai lu jusqu'à présent. Non seulement la demande de pardon du Cardinal Ouellet prend un meilleur perspective à la lumière de l'histoire de l'Eglise mais j'ajouterai de la tradition biblique. Bien avant le christianime, le peuple juif a compris qu'il était le peuple de Dieu non en raison de sa vertu mais par la confession de ses péchés et de la miséricorde inépuisable de Dieu. Il était temps que les chrétiens s'y mettent. Il est regrettable que la lettre du Cardinal ne s'est pas limitée qu'à cette demande de pardon, étant donné son importance. J'espère seulement que ce réalisme spirituel se poursuivra.
    Ivan Marcil
    Montréal

  • Maurice Monette
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 11h50
    Les demi-vérités
    L'ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE ne veut pas reconnaître le PRINCIPE ÉVOLUTIF de la RÉINCARNATION de l'esprit/âme, selon les CONSÉQUENCES positives et/ou neutres et/ou négatives de leurs incarnations précédentes. Alors, en ce DÉBUT d'un NOUVEAU CYCLE CÉLESTE d'environ 2000 ans, NOUS assistons à l'ABOUTISSEMENT de l'APORIE intrinsèque de cette RELIGION.

    CELLE-CI a été promulguée après avoir pris CONSCIENCE de la VÉRITÉ que JÉSUS le NAZARÉEN avait voulu inculquer aux gens et ainsi, les ROMAINS étant CEUX qui avaient mis à MORT le PERSONNAGE CONTROVERSÉ, on s'est repenti en créant une ÉGLISE qui enseigne ses PRINCIPES de VIE. Mais, cette VÉRITÉ a été amputée de son SENS ÉVOLUTIF pour diverses raisons politiques, sociales et DOMINATRICES du CLAN ayant des RACINES LATINES.

    Comme NOUS sommes au DÉBUT d'un NOUVEAU CYCLE CÉLESTE d'environ 2000 ans, la même situation d'IMPASSE se répète. Mais, la $ociété Humaine $aine / $. H. $. ne veut plus embarquer dans ces jeux de pouvoir$ et VIVRE selon les PRINCIPES DIVINS d'AMOUR FRATERNEL de leurs PROCHES et moins proches, tels qu'était venu LES RÉVÉLER le CHRIST à cette ÉPOQUE lointaine.

    Donc, le CATHOLICI$ME est une RELIGION ayant des PRINCIPES MACHISTES et c'est pourquoi il LUI est difficile d'accepter de permettre à des esprits/âmes recouverts(es) d'un véhicule charnelle FÉMININ de divulguer les ENSEIGNEMENTS du SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST. Mais, pourtant, ce serait l'OCCASION IDÉALE pour surmonter cette demi-VÉRITÉ et permettre d'entammer un NOUVEAU CYCLE CÉLESTE d'une telle AMPLITUDE, avec la VÉRITÉ COMPLÈTE du PHÉNOMÈNE ÉVOLUTIF de la RÉ-incarnation.

    Aussi, sachant que chaque personne vient sur cette TERRE qui était encore d'ÉMERAUDE avant que la CUPIDITÉ règne sur les NATIONS, ce, depuis juin 1989 alors, il faudrait s'imprégner de ces PRINCIPES en espérant que l'APOCALYPSE que NOUS transcendons ne soit pas FINALE et que notre TERRE HUMAINE puisse continuer de servir de SUPPORT pour venir y acquérir toujours plus de MATURITÉ de l'esprit / âme...

  • Maurice Monette
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 15h41
    Quelques précisions
    Pour apporter quelques précisions à ma Réaction de 11:00 heures, voici les seules et uniques motivations que doivent avoir les esprits / âmes qui CHOISISSENT LIBREMENT de venir ICI-BAS pour améliorer leur LIGNE-de-VIE.

    NOUS acceptons d'essayer de "TRANSCENDER/SURMONTER" différentes ÉPREUVES de PASSAGE INCARNÉ, tantôt dans un corps physique/véhicule charnel de sexe MASCULIN, tantôt dans un corps physique / véhicule charnelle FÉMININ, pour apprendre à MAÎTRISER l'OUTIL qu'est le LIBRE-ARBITRE dont NOUS sommes tous & toutes NANTIS(ES) pour accéder à un plus HAUT NIVEAU de MATURITÉ.

    Cette MATURITÉ aurait normalement due permettre de FREINER les élans destructeurs qui ont été posés dans le seul BUT FUTIL de s'enrichir, sans penser aux conséquences que cette AVIDITÉ avait sur NOTRE BIOSPHÈRE mais, la CUPIDITÉ de l'espèce humaine lui fait croire que TOUT lui est permis pour faire de l'o$eille. Ainsi, nos BIOMES ont subis une DÉGÉNÉRESCENCE très SÉVÈRE, due à notre IMMATURITÉ de NOUS contenter du $tricte néce$$aire. Maintenant que TOUT ou presque est complètement détruit par notre IMMATURITÉ à s'imposer des LIMITES, NOUS continuons à crier à l'INJUSTICE et voulons toujours encai$$er plu$ d'argent en SUREXPLOITANT ce qui reste encore exploitable. Mais, qui est directement responsable de cette INCONSCIENCE RÉCURENTE...?

    La réponse est dans le MANQUE de MATURITÉ qui est l'APANAGE de l'ÉGLISE CATHOLIQUE qui n'a pas voulu reconnaître le CARACTÈRE PERPÉTUEL de l'INCARNATION des esprits / âmes pour acquérir de plus en PLUS de MATURITÉ. En occultant ce PRINCIPE, CELLE-CI a induit un vent de panique chez les gens et ces derniers(ères) se sont dits(es) qu'il valait mieux profiter de ce qui re$te avant de subir l'anéantissement final, avec pour conséquence que TOUT est SUREXPLOITÉ jusqu'à l'ÉPUISEMENT.

    Si l'ÉGLISE avait reconnu la VÉRITÉ de la RÉINCARNATION alors, les gens auraient compris que leurs comportements ont des effets sur les temps à venir et possiblement que les LIMITES aux EXPLOITATIONS humaines auraient été respectées. Mais, ce n'est pas ce qui a été appliqué et la BIOSPHÈRE a été menée à un EXTRÈME ÉPUISEMENT, par NOTRE CUPIDITÉ STUPIDE.

    L'humanité a besoin de savoir utiliser son LIBRE-ARBITRE pour savoir MAÎTRISER son AVIDITÉ mais, comme NOUS en sommes rendus(es) actuellement, le fait que la RELIGION CATHOLIQUE ROMAINE n'a véhiculées que des DEMI-VÉRITÉS est la PRINCIPALE CAUSE de la DÉCHÉANCE possiblement IRRÉVERSIBLE de notre TERRE HUMAINE.

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 21h55
    En plein dans le mille
    M. Rioux, votre chronique frappe en plein dans le mille en mettant en relation les nouvelles quotidiennes et le cycle millénaire de l'église catholique. Quand à la présence du catholicisme dans les racines québécoises, il suffit de rappeler que dans l'Acte de Québec de 1774, on ne parle pas de langue française, mais de religion "Roman Catholic". C'est une réalité inéluctable: le français n'aurais jamais survécu en Amérique du Nord sans la religion catholique: c'est une réalité historique.

  • Pierre Ducharme
    Abonné
    dimanche 25 novembre 2007 12h01
    Une texte réfléchi et mesuré
    M. Rioux nous a livré un texte réfléchi et mesuré sur un sujet sérieux et, qu'on soit d'accord ou non avec son analyse, il doit en être remercié. Certains chroniqueurs d'autres quotidiens auraient eu intérêt colle lui à réfléchir davantage avant d'écrire des textes qui démontrent surtout leur manque de culture.

    Les médias ont à l'unanimité dénoncé les Talibans, qui ont détruit les statues de Boudha d'Afghanistan. Peut-on éviter de se comporter comme eux et de renier notre passé sous prétexte que la religion y a occupé trop de place?

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