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La confession

Le cardinal Marc Ouellet aura réussi un grand coup médiatique avec la confession publique des fautes de l'Église catholique. De la part de cet homme conservateur qui adhère avec ferveur à tous les préceptes de son Église et de son pape, on n'attendait pas cet acte de repentance. Pour lui accorder l'absolution des fautes avouées, il faudrait être sûr de sa véritable contrition.
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  • Claude Lacaille
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 00h46
    Si on parlait aussi des péchés d'aujourd'hui
    « J'avoue avoir eu la tentation de réagir après l'intervention du cardinal Ouellet à la commission sur les accommodements. C'était pathétique de le voir rêver d'un retour aux années 30: un véritable croisé de la restauration venu sauver le Québec, le matamore de la laïcité intégriste! Son séjour prolongé à Rome l'a isolé de la réalité et il ne reposera que quand on l'y rappellera pour servir l'Église dans des sphères de pouvoir où il se sent à l'aise. Ce que je lui souhaite de tout coeur pour le bien de l'Église du Québec !

    L'Église a deux mille ans; en autant de temps, on accumule beaucoup de traditions. Aujourd'hui, l'Église doit déménager, sortir de ses temples et de ses oripeaux et venir habiter au milieu de peuples sécularisés qui n'ont pas une vision religieuse du monde et de la vie. Quand on déménage, on doit se défaire de ses vieilleries et les musées existent précisément pour conserver les trésors du passé. Une fois le grand ménage terminé, il faudra simplement s'asseoir avec l'évangile et essayer de le vivre radicalement aujourd'hui avec nos contemporains.

    J'ai toujours le coeur serré quand je vois à la télé ces cérémonies médiévales (ou pis de la cour impériale de Byzance) se perpétuer au Vatican; comme tout cela n'a rien à voir avec le Juif marginal que fut Jésus ni avec son évangile aux pauvres. Le cardinal, à l'exemple de Jean-Paul II confesse des péchés de l'Église dans le passé; mais qu'en est-il des péchés actuels dans une Église à pensée unique, autoritaire et imposée de Rome. Je demande à l'évêque de Québec : Église, qu'as-tu fait de ton Concile? Pourquoi le silence de plomb, le manque d'opinion publique, la disparition de la collégialité épiscopale, la mise à l'index de centaines de théologiens, la condamnation réitérée de la théologie de la libération, l'exclusion des personnes divorcées, homosexuelles sans oublier la fermeture totale à l'égalité entre hommes et femmes.

    Mais pourtant, je vois naître cette Église-hors-les-murs parmi les jeunes, les immigrés et les babyboomers qui se voient vieillir. C'est une Église pour le monde d'aujourd'hui, humble, discrète, fondamentalement laïque, sans exclusions, une Église-puits où viennent s'abreuver les humains et les brutes, reprenant ces paroles de la Sagesse: Venez à moi, vous tous qui avez soif et je vous donnerai une eau vive et gratuite.

    Claude Lacaille
    200, rue Meunier, app 7
    Trois-Rivières, Qc. G9A 5X6
    819 694 0135 »

  • Sylvain Poupart
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 01h04
    Éternel débat d'amour et de haîne.
    « Il fait bon de lire des propos réfléchis dans ce débat que
    semble vouloir entretenir la confrérie journalistique. Certes, vous voyez peut-être une stratégie dans l'acte du cardinal de vouloir créer un dialogue il en demeure pas moins qu'il s'agit d'un acte positif et, comme vous l'avez souligné, qui mérite d'être salué. Toutefois, votre lecture de la position du primat notamment en ce qui concerne la religion dans les écoles m'apparaît incomplète. Saviez-vous que, contrairement à un passé pas si lointain où l'on pouvait choisir entre enseignement moral ou religieux catholique ou protestant, à compter de l'automne prochain le nouveau cours d'éthique et religion sera obligatoire? C'est de cette liberté religieuse que parle Marc Ouellet en demandant que le cours soit optionnel et je ne vois pas comment ses propos font l'objet de tant de suspicion. Non, je ne pense pas que le primat de l'Église canadienne ne comprend pas la société québécoise, je crois plutôt que nous sommes sur la défensive et traînons stéréotypes et préjugés parce que nous avons désertés cette Église. En même temps, nous aimons bien l'a retrouver pour Noël ou pour une autre cérémonie qui nous replonge dans un passé qui parfois nous a enchanté et nous laissait le coeur léger. C'est sans doute à cela que sert le pardon ! »

  • Gérard-A. Lévesque
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 10h28
    Un prochain éditorial ?
    « Bonjour M. Descoteaux.

    Vous affirmez dans votre éditorial du jour que les choix pour faire de l'école un espace laïque correspondent au choix des citoyens. Or les données dont nous disposons nous assurent que même en 2003 2004 80,1% des parents des enfants du primaire ont opté pour l'enseignement religieux confessionnel. Le choix de ces concitoyens est non seulement un fait d'importance de par son aspect quantitatif mais aussi , et davantage, parce qu'il est fort significatif : les parents veulent naturellement ce qu'il y a de meilleur pour leurs enfants. Et quand ils posent un geste, leur choix est beaucoup plus sérieux que celui d'un citoyen qui se prononce abstraitement sur un qui ne le concerne pas immédiatement ou directement (ce dont sont souvent constitués en bonne partie les sondages).

    Le parent consciencieux ne peut pas non plus se laisser guider par des théories éducatives que l'on peut échafauder dans une vision abstraite et simplifiée de la réalité. Cette volonté d'un nombre important de parents en faveur d'une forme d'enseignement religieux confessionnel continue de se manifester, de façon organisée ou spontanée, dans les forums de citoyens de la commission Bouchard-Taylor. De nombreuses interventions font aussi ressortir les multiples faiblesses et carences d'un cours d'éthique et de culture religieuse, tel qu'il est constitué et devant s'adresser à des jeunes enfants. (Ayant été moi-même professeur d'éthique pendant plus de trente ans au niveau collégial, j'en aurais long à dire sur un tel cours, avec les nuances qui s'imposent dont entre autres choses, justement, l'âge de l'élève.)

    Il a été noté à plusieurs reprises lors de cette Commission que l'imposition par l'État de ce nouveau cours constitue un acte d'autoritarisme. Il y a donc là un autre signe que les citoyens, parents ou pas, n'ont pas l'impression qu'il s'agit là, comme vous semblez le prétendre, d'un choix voulu par les citoyens et qui fait consensus à l'intérieur de la société québécoise (Il s'agit pourtant de citoyens qui sont les premiers concernés.) Il semble même y avoir eu des manigances législatives et le mépris de la parole donnée pour arriver à instaurer ce cours par le biais de modification, si j'ai bonne mémoire, à la Charte québécoise.

    On répète à satiété que cette décision gouvernementale va à l'encontre de la liberté des parents qui devrait être assistée par l'État et non contrecarrée. Un intervenant au forum d'hier soir à Sherbrooke a même contraint Gérard Bouchard à concéder du bout des lèvres que l'imposition de ce cours va à l'encontre d'une disposition de la «Déclaration universelle des droits de l'homme» qui reconnaît aux parents la priorité dans le choix du genre d'éducation à transmettre à leurs enfants, cela incluant tant l'école publique que privée. (Suite à une brève recherche de ma part, il semble s'agir de l'aliéna 3 de l'article 26, du moins selon la version que j'ai de ce document.)

    À eux seuls, ces faits suffisent amplement à indiquer qu'il y a problème et non pas consensus. Quant à mon avis actuel sur cette question, il m'apparaît que, bien que le nouveau cours ait été conçu avec des intentions probablement fort louables, les inconvénients du moyen choisi sont suffisamment nombreux et sérieux pour que ce moyen soit rejeté dans sa forme actuelle. La fin ne justifie pas le moyen. Et nul démocrate ne devrait se satisfaire de la situation actuelle, même pas ceux qui ont conçu le cours d'éthique et de culture religieuse. Il m'apparaît évident qu'il y a encore matière à réflexion et que l'éditorial des journaux pourrait inviter nos dirigeants à s'y pencher davantage.

    Il faut souhaiter aussi que la Commission Bouchard-Taylor s'y arrêtera sérieusement car, somme toute, c'est à la recherche d'un accommodement raisonnable qu'on a conçu ce nouveau cours. À ce propos, j'ose espérer avoir l'occasion lors des présentations orales des mémoires à Montréal faire l'exposé de dix (10) principes et critères généraux qui peuvent à mes yeux servir à déterminer le caractère raisonnable ou déraisonnable d'un accommodement. Parmi eux, il en est un que mon mémoire stipule ainsi :

    « Seraient déraisonnables des accommodements que, par excès de complaisance, de rectitude politique ou pour tout autre motif, on accorderait de façon injustifiée à un individu ou à un groupe au détriment des intérêts d'autrui ou d'autres groupes. Cela serait d'autant plus déraisonnable et inéquitable si cette façon de faire avait pour conséquence de faire perdre, sans raison suffisante et sans leur accord, des acquis à des groupes majoritaires ou autochtones. »

    En vertu de ce critère qui vise à éviter la discorde entre les citoyens, le nouveau cours apparaît déraisonnable et inéquitable.

    Merci, monsieur Descoteaux, de votre attention.

    Gérard Lévesque »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 10h55
    Repentance d'apparence
    « J'ai quitté l'Église dont Marc Ouellet prend la défense. Mais je me souviens très bien que la condition requise à l'absolution des fautes avouées au confessionnal : la volonté ferme de ne pas recommencer. Nulle part dans sa lettre Marc Ouellet applique à son Église cette condition. Rien sur la mysoginie et l'homophobie d'aujourd'hui « bénies » par son grand patron chaque fois que l'occasion lui en est prêtée. En fait, si on lit sa missive du plancher des vaches, ce que Marc Ouellet réclame, c'est des locaux chauffés et propres où des fidèles catéchètes enseigneront sa religion catholique. Quelle économie pour une institution qui refile au Vatican une partie des revenus qu'elle tire de ses membres d'ici.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Robert Libersan
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 11h25
    Un homme dépassé
    « Mgr Marc Ouellet n'a d'éminent que son titre.Il ne vaut pas qu'on lui accorde de l'importance. »

  • Michel Coron
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 17h29
    Sunday School, Yes Sir
    « À mon humble avis, ce n'est pas tant la foi religieuse qui est en danger au Québec que le message ultramontain de Pie IX qui est en train de mourir de sa belle mort. Un des principes majeurs du Syllabus de 1864 consistait à unir l'Église et l'État au sein de l'École. Le dernier foyer de résistance à la laïcisation s'exprime à travers le texte du cardinal Ouellet.
    Malheureusement, le temps du pelletage religieux dans la cour d'école est terminé. En d'autres termes, au lieu de faire faire la catéchèse par des enseignants et des enseignantes fonctionnaires de l'Etat, il faudra bien que les membres du clergé et les parents se décident à se retrousser les manches et trouvent le temps d'envoyer leurs enfants à la "Sunday School". Évidemment, on risque de perdre beaucoup de joueurs à ce jeu-là. Mais je crois qu'il vaut mieux avoir affaire à des paroissiens convaincus qu'à des "ritualistes" de tout acabit qui considèrent le baptème comme un passeport pour l'éternité plutôt qu'un serment d'allégeance à la passion, la mort et la résurrection du Christ. Les meilleures armées ne sont pas les plus nombreuses. Voilà, je pense, ce qu'il faut lire entre les lignes. Et exclure la religion de l'École, c'est aussi exclure toute forme de retour du refoulé sous forme de bonbons empoisonnés.
    Que chacun cultive son jardin et les vaches seront bien gardées. »

  • Denis Jobin
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 00h16
    Étonnement - Denis Jobin
    « Étonnement

    Je suis souvent, et même presque toujours étonné par la réaction des gens, qu'ils soient journalistes, politiciens, analystes ou simples citoyens, suite à un événement ou une déclaration impliquant une personne publique.

    On tente toujours d'analyser, de décortiquer et même de déchiffrer ou de résoudre ce qui devrait tout simplement être pris au pied de la lettre. Pourquoi faut-il toujours trouver des motifs cachés, quand il n'y a rien derrière?

    La lettre du cardinal Marc Ouellet est certainement étonnante. On peut tenter d'en comprendre sa signification en n'en faisant une analyse détaillée. Mais on ne peut, sans avoir de raisons valables, dresser un procès d'intention à l'endroit du cardinal.

    C'est déjà très impressionnant et très courageux de sa part de faire une sortie comme il l'a fait. Il fait partie d'une organisation qui aura tôt fait de le réprimander sur son action. Et on peut ici «présumer» que je n'ai sans doute pas tort.

    Alors, pourquoi s'acharner sur lui comme ça? J'ai du mal à saisir la pertinence de toutes ces réactions très négatives suite à son texte.

    Aussi, comme toujours, je suis étonné que les gens en profitent pour s'égarer dans des discours qui n'ont rien à voir avec le sujet. Souvent, je trouve que les gens disent n'importe quoi, hors contexte. »

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