La Commission Bouchard-Taylor dans Côte-des-Neiges - La tolérance colore le premier forum montréalais
La flèche a frappé le centre et elle était attendue. La Commission Bouchard-Taylor tenait hier soir son premier forum montréalais dans le quartier Côte-des-Neiges, le plus multiethnique du Québec. Pendant près de deux heures, les citoyens y ont pris la parole à tour de rôle pour mettre en lumière les tensions et les rapprochements entre les immigrants et leur société d’accueil.
Alain Berger habite le quartier. «Je suis entouré de gens dont j’admire les valeurs», a dit le jeune homme en parlant de son coin du monde où vivent des dizaines de milliers de personnes venues d’une centaine de pays, parlant autant de langues. «Je suis fier de vivre parmi eux.»
Il a ensuite proposé une lecture générationnelle de la situation conflictuelle actuelle. «L’inquiétude exprimée par rapport aux accommodements, surtout par la génération qui me précède, j’aimerais y répondre en disant: votre combat est fait. Maintenant, nous, on va s’occuper de l’intégration. On a une façon de faire qui est accommodante, justement. Je demande donc à la commission d’accorder un plus grand poids à notre génération. Aux autres, accommodez-vous du temps qui vous reste!»
Sa déclaration a été reçue par les plus chauds applaudissements de la soirée. Plus de 180 personnes étaient inscrites à l’exercice public. Yolande James, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec, était du nombre. Elle a fait une courte apparition et n’a cependant pas pris la parole. Amir Khadir, de Québec solidaire a vibré un vibrant hommage à la tolérance et à la générosité de sa société.
Sibel Atogul, née en Turkie, a aussi chauffé positivement et humoristiquement la salle en rappelant son premier contact avec la société québécoise, dans un parc où jouaient d’autres enfants. «Ils m’ont demandé si je parlais français et j’ai dit non. Ils m’ont demandé si je parlais anglais et j’ai dit non. Alors, on a commencé à jouer ensemble.»
La jeune avocate a ensuite tenu à parler identité. «On veut nous imposer une loi d’identité québécoise, comme si l’identité pouvait s’imposer par une mesure législative. L’identité varie d’un groupe à l’autre, d’une classe à l’autre. L’identité québécoise ne m’a pas été imposée par la force. J’invite nos politiciens à avoir confiance en nous.»
Quelques participants s’exprimaient en anglais. Un petit groupe a organisé une manifestation en faveur des réfugiés avant et après les travaux.
Les critiques sévères de la société d’accueil ont été assez rares et concentrées au début du forum. Elles portaient notamment sur l’inégalité des chances par rapport à l’emploi, mais rarement sur les manifestations d’intolérance. Après tout, Côte-des-Neiges donne l’exemple d’une vie en commun paisible et pacifique.
«Je n’ai jamais lapidé ma femme», a ironisé en français Abdul Muttalib, originaire du Bangladesh en faisant rire la salle. Il a ensuite plaidé pour la liberté de porter le hidjab, la kippa ou le kirpan, à l’école ou dans les activités sportives. Il a également recommandé l’apprentissage du français par les immigrants. «Dix millions de baby-boomers vont mourir bientôt, nous allons devoir les remplacer par des immigrants de toutes les races et couleurs, peu importe.»
La rencontre d’hier soir a été ajoutée in extremis au programme de la commission, le gros des travaux montréalais devant se faire dans les deux prochaines semaines. Ce soir, demain et vendredi, les présidents reçoivent à Sherbrooke.
Alain Berger habite le quartier. «Je suis entouré de gens dont j’admire les valeurs», a dit le jeune homme en parlant de son coin du monde où vivent des dizaines de milliers de personnes venues d’une centaine de pays, parlant autant de langues. «Je suis fier de vivre parmi eux.»
Il a ensuite proposé une lecture générationnelle de la situation conflictuelle actuelle. «L’inquiétude exprimée par rapport aux accommodements, surtout par la génération qui me précède, j’aimerais y répondre en disant: votre combat est fait. Maintenant, nous, on va s’occuper de l’intégration. On a une façon de faire qui est accommodante, justement. Je demande donc à la commission d’accorder un plus grand poids à notre génération. Aux autres, accommodez-vous du temps qui vous reste!»
Sa déclaration a été reçue par les plus chauds applaudissements de la soirée. Plus de 180 personnes étaient inscrites à l’exercice public. Yolande James, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec, était du nombre. Elle a fait une courte apparition et n’a cependant pas pris la parole. Amir Khadir, de Québec solidaire a vibré un vibrant hommage à la tolérance et à la générosité de sa société.
Sibel Atogul, née en Turkie, a aussi chauffé positivement et humoristiquement la salle en rappelant son premier contact avec la société québécoise, dans un parc où jouaient d’autres enfants. «Ils m’ont demandé si je parlais français et j’ai dit non. Ils m’ont demandé si je parlais anglais et j’ai dit non. Alors, on a commencé à jouer ensemble.»
La jeune avocate a ensuite tenu à parler identité. «On veut nous imposer une loi d’identité québécoise, comme si l’identité pouvait s’imposer par une mesure législative. L’identité varie d’un groupe à l’autre, d’une classe à l’autre. L’identité québécoise ne m’a pas été imposée par la force. J’invite nos politiciens à avoir confiance en nous.»
Quelques participants s’exprimaient en anglais. Un petit groupe a organisé une manifestation en faveur des réfugiés avant et après les travaux.
Les critiques sévères de la société d’accueil ont été assez rares et concentrées au début du forum. Elles portaient notamment sur l’inégalité des chances par rapport à l’emploi, mais rarement sur les manifestations d’intolérance. Après tout, Côte-des-Neiges donne l’exemple d’une vie en commun paisible et pacifique.
«Je n’ai jamais lapidé ma femme», a ironisé en français Abdul Muttalib, originaire du Bangladesh en faisant rire la salle. Il a ensuite plaidé pour la liberté de porter le hidjab, la kippa ou le kirpan, à l’école ou dans les activités sportives. Il a également recommandé l’apprentissage du français par les immigrants. «Dix millions de baby-boomers vont mourir bientôt, nous allons devoir les remplacer par des immigrants de toutes les races et couleurs, peu importe.»
La rencontre d’hier soir a été ajoutée in extremis au programme de la commission, le gros des travaux montréalais devant se faire dans les deux prochaines semaines. Ce soir, demain et vendredi, les présidents reçoivent à Sherbrooke.
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