Commission Bouchard-Taylor - Les accommodements raisonnables suscitent des craintes même à Rimouski
Rimouski — Plusieurs Québécois craignent qu'on accorde trop d'accommodements raisonnables aux nouveaux venus.
«Nous devons dire non à certaines factions religieuses qui privent leurs malades d'un accès à nos services de santé, qui empêchent leurs enfants d'aller à la piscine. Accorder des privilèges est une injustice pour ceux qui ont décidé de respecter nos coutumes», a déclaré hier soir un citoyen de Rimouski, Antoine Deschesnes, devant la commission Bouchard-Taylor qui étudie le dossier des accommodements raisonnables.
Devant plus de 200 personnes réunies au Centre des congrès de Rimouski, plusieurs citoyens ont manifesté des craintes. Denis Lévesque, un responsable diocésain de l'Église catholique, a rappelé que les Québécois ont des traditions religieuses qu'ils veulent conserver.
Mario Julien, de Matane, a soutenu que le patrimoine du Québec comporte une multitude de noms religieux, comme les noms de villages ou de rues. Il ne faudrait pas céder en cette matière, croit-il.
Un étudiant, Jean-François Adam, a bien fait rigoler la foule en racontant les accommodements auxquels il en arrive avec son colocataire de religion musulmane. Ce dernier ne mange pas de porc, mais cela ne l'empêche pas de réussir son intégration au milieu scolaire rimouskois, a raconté Adam.
Un professeur de l'Institut maritime de Rimouski, Medhat Atallah, a raconté avoir fui son pays d'origine, l'Égypte, à cause de la montée de l'intégrisme religieux. Il est fier de s'être installé au Québec et souhaite que s'y maintienne le respect des libertés.
Quelques intervenants, dont Réjean Fournier, de Baie-Comeau, ont déploré la tendance des médias de monter en épingle le débat sur les accommodements raisonnables. Le débat demeure serein, mais les médias utilisent un ton alarmiste, a dit M. Fournier.
Un Rimouskois, Pierre Jobin, a invité les commissaires à ne pas imposer des valeurs fondamentales dans leur rapport. Ces valeurs changent à toutes les générations, comme le démontre l'histoire des femmes au Québec.
Un député fédéral de passage dans la région, le bloquiste Raymond Gravel, député de Repentigny et lui-même prêtre, a soutenu que le problème n'est pas la religion, mais l'intégrisme. «C'est l'intégrisme qui pose problème, qu'il soit catholique ou musulman», a dit M. Gravel.
1% d'immigrants
Naturellement, dans le Bas-Saint-Laurent, le problème des accommodements raisonnables ne se pose pas avec la même acuité qu'à Montréal. Il n'y avait dans la région, au recensement de 2001, que 1200 immigrants sur plus de 200 000 habitants. Ils représentaient moins de 1 % de la population. Beaucoup d'entre eux se présentent d'ailleurs comme des Québécois, et non des immigrants.
La séance de la commission se poursuit aujourd'hui à Rimouski . Le maire de Rimouski et ancien candidat libéral défait aux élections québécoises en 2003, Éric Forest, présentera son mémoire. Témoigneront aussi plusieurs enseignants de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), de l'Institut de marine et du cégep «local».
Demain, les commissaires se dirigeront à Bonaventure, dans la Baie des Chaleurs, où se tiendront les audiences publiques pour la région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
«Nous devons dire non à certaines factions religieuses qui privent leurs malades d'un accès à nos services de santé, qui empêchent leurs enfants d'aller à la piscine. Accorder des privilèges est une injustice pour ceux qui ont décidé de respecter nos coutumes», a déclaré hier soir un citoyen de Rimouski, Antoine Deschesnes, devant la commission Bouchard-Taylor qui étudie le dossier des accommodements raisonnables.
Devant plus de 200 personnes réunies au Centre des congrès de Rimouski, plusieurs citoyens ont manifesté des craintes. Denis Lévesque, un responsable diocésain de l'Église catholique, a rappelé que les Québécois ont des traditions religieuses qu'ils veulent conserver.
Mario Julien, de Matane, a soutenu que le patrimoine du Québec comporte une multitude de noms religieux, comme les noms de villages ou de rues. Il ne faudrait pas céder en cette matière, croit-il.
Un étudiant, Jean-François Adam, a bien fait rigoler la foule en racontant les accommodements auxquels il en arrive avec son colocataire de religion musulmane. Ce dernier ne mange pas de porc, mais cela ne l'empêche pas de réussir son intégration au milieu scolaire rimouskois, a raconté Adam.
Un professeur de l'Institut maritime de Rimouski, Medhat Atallah, a raconté avoir fui son pays d'origine, l'Égypte, à cause de la montée de l'intégrisme religieux. Il est fier de s'être installé au Québec et souhaite que s'y maintienne le respect des libertés.
Quelques intervenants, dont Réjean Fournier, de Baie-Comeau, ont déploré la tendance des médias de monter en épingle le débat sur les accommodements raisonnables. Le débat demeure serein, mais les médias utilisent un ton alarmiste, a dit M. Fournier.
Un Rimouskois, Pierre Jobin, a invité les commissaires à ne pas imposer des valeurs fondamentales dans leur rapport. Ces valeurs changent à toutes les générations, comme le démontre l'histoire des femmes au Québec.
Un député fédéral de passage dans la région, le bloquiste Raymond Gravel, député de Repentigny et lui-même prêtre, a soutenu que le problème n'est pas la religion, mais l'intégrisme. «C'est l'intégrisme qui pose problème, qu'il soit catholique ou musulman», a dit M. Gravel.
1% d'immigrants
Naturellement, dans le Bas-Saint-Laurent, le problème des accommodements raisonnables ne se pose pas avec la même acuité qu'à Montréal. Il n'y avait dans la région, au recensement de 2001, que 1200 immigrants sur plus de 200 000 habitants. Ils représentaient moins de 1 % de la population. Beaucoup d'entre eux se présentent d'ailleurs comme des Québécois, et non des immigrants.
La séance de la commission se poursuit aujourd'hui à Rimouski . Le maire de Rimouski et ancien candidat libéral défait aux élections québécoises en 2003, Éric Forest, présentera son mémoire. Témoigneront aussi plusieurs enseignants de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), de l'Institut de marine et du cégep «local».
Demain, les commissaires se dirigeront à Bonaventure, dans la Baie des Chaleurs, où se tiendront les audiences publiques pour la région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
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