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Des croyants veulent faire annuler la condamnation à mort de... Jésus

29 août 2007  Éthique et religion
Nairobi — Un groupuscule religieux du Kenya, Les Amis de Jésus (Friends of Jesus, FOJ), a demandé lundi à la Haute Cour de Nairobi de déclarer «nulle et non avenue» la condamnation à mort de Jésus-Christ et «illégale» sa crucifixion, a-t-on appris de source judiciaire.

La requête soulève nombre de questions, et d'abord celles de la compétence du tribunal, de la prescription, de l'identification des parties lésées, de la recevabilité des plaintes... Elles seront examinées aujourd'hui par la Commission constitutionnelle du tribunal, qui décidera de désigner ou non un juge pour appeler l'affaire en audience, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la cour, Dola Indindis.

Les plaignants «pourraient avoir droit à un procès, si on considère que l'affaire touche aux droits de l'homme et que la Haute Cour a pleins pouvoirs en cette matière», a commenté M. Indindis, lui-même juriste.

Les FOJ veulent obtenir de la cour qu'elle déclare le procès de Jésus nul et non avenu «parce que le tribunal qui l'a condamné n'était pas correctement constitué, que les accusateurs ont violé la loi de l'époque et que le procès était truqué», a-t-il expliqué.

«Le procès de Jésus, "roi des Juifs", accusé d'avoir "blasphémé le Saint Esprit", puis sa condamnation et sa crucifixion ont violé les lois de l'époque et doivent être corrigés par la loi moderne», a confirmé à l'AFP l'avocat des plaignants, Me Humprey Odanga.

«Selon la loi de Moïse, rapportée par la Bible dans les livres de l'Exode, du Lévitique et du Deutéronome, si un homme blasphème contre le Saint Esprit, il doit être lapidé à mort [...], et il en va de même selon la Torah, la Loi juive», a-t-il précisé.

La crucifixion était prévue, dans la loi romaine en vigueur à l'époque, pour les crimes de vol, de trahison, de viol et d'outrage à l'empereur, a-t-il souligné.

Selon la Bible et des historiens de la religion, la juridiction suprême juive qui a condamné Jésus-Christ à mort, le Grand Sanhédrin, l'avait bien accusé de blasphème, mais Hérode, le roi de Judée vassal de Rome, l'avait acquitté. Ponce-Pilate, procurateur de Judée et donc fonctionnaire romain devant qui ses accusateurs l'avaient conduit ensuite, l'avait renvoyé au Sanhédrin après s'être «lavé les mains».

«En vertu de quelle loi Jésus a-t-il été condamné? Les Romains ne l'ont estimé coupable d'aucun crime ou délit, et le Grand Sanhédrin n'avait pas compétence à le faire crucifier», a conclu Me Odanga.

Des juristes kenyans qui se sont penchés sur le dossier ont conclu à la légitimité de la plainte des FOJ, sans pour autant reconnaître la compétence des tribunaux du pays. «Et même s'ils étaient compétents, il y a prescription», a tranché l'un d'entre eux, Me Albert Kuloba.

Me Odanga persiste et signe: les tribunaux kenyans sont bien compétents, selon lui, car le système judiciaire du pays est basé sur la Bible, ou le Coran, les livres sacrés devant lesquels les témoins prêtent serment.

«Si vous êtes cité aujourd'hui devant n'importe quel tribunal du Kenya, vous devez soulever la bible et jurer de dire la vérité "avec l'aide de Dieu". Si l'appareil judiciaire au Kenya repose sur la Bible, c'est qu'on croit tout ce qui y est écrit, et il y a automatiquement compétence», a-t-il affirmé. «Même le président kenyan et ses ministres doivent jurer sur la Bible quand ils prêtent serment en prenant leurs fonctions», a-t-il insisté.

Si les FOJ n'obtiennent pas satisfaction devant les tribunaux kenyans, ils envisagent de recourir à la Cour internationale de justice, a enfin annoncé leur avocat.
 
 
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