Religion - L'école privée pourrait réintégrer la préparation aux sacrements
Photo : Agence Reuters
L’école privée se soumettra au nouveau programme d’éthique et de culture religieuse, mais cela ne l’empêchera pas de continuer à offrir une formation confessionnelle.
Forcé lui aussi d'appliquer le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse, le réseau des écoles privées du Québec a lancé une imposante réflexion qui le mènera à remettre en question le projet éducatif à caractère confessionnel au regard des nouvelles exigences ministérielles.
Généralement bien accueilli par le réseau, le nouveau programme entraîne un imposant brasse-camarade du côté des écoles privées, qui pourraient maintenir l'enseignement religieux, mais en imaginant de nouvelles façons de le dispenser.
«Nous voulons inviter nos écoles à remettre en question leur projet éducatif au regard de cette nouvelle donnée», a expliqué cette semaine Guy Bouchard, coordonnateur des services à l'enseignement secondaire pour la Fédération des établissements d'enseignement privé (FEEP). À côté du maintien d'un cours d'enseignement religieux catholique, tel qu'on le connaît aujourd'hui, les avenues envisagées vont des activités parascolaires à caractère confessionnel, telle la pastorale, jusqu'à l'offre par l'école de l'initiation sacramentelle (préparation aux sacrements de l'Église: première communion et confirmation).
«À la condition que les diocèses et les paroisses soient ouverts à cette option, certains établissements pourraient choisir d'offrir cette initiation sacramentelle à l'intérieur de l'école», expose M. Bouchard, qui précise qu'une école le fait déjà. «Du côté du primaire, c'est sérieusement envisagé par certaines écoles.»
Depuis le milieu des années 80, il est de la responsabilité des paroisses de préparer les enfants aux différents sacrements associés à la foi catholique, alors que les écoles en avaient jadis la charge.
Contrairement à ce que certains croient, les écoles privées ont aussi l'obligation de se soustraire au nouveau régime prévu en septembre 2008. Lors d'un débat dirigé par la télévision de Radio-Canada la semaine dernière, le cardinal Marc Ouellet s'indignait du fait qu'une institution telle que l'École des ursulines de Québec, école privée à caractère confessionnel, doive abandonner les cours d'enseignement religieux catholique au profit de ce nouveau cours d'éthique et de culture religieuse.
«Cette déclaration nous a surpris parce que, même s'il est vrai que les écoles privées doivent aussi se soustraire à l'obligation de donner le nouveau programme, cela ne les empêchera pas d'ajouter un programme dit confessionnel», a expliqué Gérard Guimond, directeur des programmes au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).
Sur les 172 établissements privés primaires et secondaires que compte la FEEP, au-delà de 85 % «ont un projet éducatif chrétien catholique», expose M. Bouchard. «On comprend que ces écoles ne souhaitent pas abandonner ce caractère confessionnel qui est intimement lié à l'histoire de leur établissement, mais elles doivent réfléchir à la manière de le faire.»
Comment faire en effet pour offrir le cours d'éthique et de culture religieuse tout en maintenant une offre confessionnelle? «C'est une question d'organisation pédagogique, purement et simplement», explique M. Bouchard. La FEEP a mis en place un comité dont la mission est notamment de proposer des scénarios aux écoles.
La formation du personnel, dont le ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier se préoccupait hier en nos pages, a donné lieu à la création d'un second comité à la FEEP. On a établi que les 600 titulaires du primaire de même que 450 spécialistes au secondaire devront être formés pour dispenser le nouveau programme. «Nous pensons à une formation de base d'au moins six journées, sachant que cela ne serait nettement pas suffisant», poursuit Guy Bouchard. Un colloque de deux journées est également au menu pour l'automne 2008.
La preuve des besoins en formation, particulièrement pour le volet culture religieuse, est faite: un sondage effectué auprès des enseignants par la FEEP a démontré que, sur la question de la place des religions dans le monde ainsi que de leurs fondateurs — deux des aspects pointés par le programme au primaire —, plus de 50 % des profs ont affirmé que cela leur «posait un problème», confirmant le besoin de perfectionnement.
Un programme de formation élaboré de concert avec la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke fait également partie du plan prévu par la FEEP pour assurer une formation initiale ou continue du personnel.
Généralement bien accueilli par le réseau, le nouveau programme entraîne un imposant brasse-camarade du côté des écoles privées, qui pourraient maintenir l'enseignement religieux, mais en imaginant de nouvelles façons de le dispenser.
«Nous voulons inviter nos écoles à remettre en question leur projet éducatif au regard de cette nouvelle donnée», a expliqué cette semaine Guy Bouchard, coordonnateur des services à l'enseignement secondaire pour la Fédération des établissements d'enseignement privé (FEEP). À côté du maintien d'un cours d'enseignement religieux catholique, tel qu'on le connaît aujourd'hui, les avenues envisagées vont des activités parascolaires à caractère confessionnel, telle la pastorale, jusqu'à l'offre par l'école de l'initiation sacramentelle (préparation aux sacrements de l'Église: première communion et confirmation).
«À la condition que les diocèses et les paroisses soient ouverts à cette option, certains établissements pourraient choisir d'offrir cette initiation sacramentelle à l'intérieur de l'école», expose M. Bouchard, qui précise qu'une école le fait déjà. «Du côté du primaire, c'est sérieusement envisagé par certaines écoles.»
Depuis le milieu des années 80, il est de la responsabilité des paroisses de préparer les enfants aux différents sacrements associés à la foi catholique, alors que les écoles en avaient jadis la charge.
Contrairement à ce que certains croient, les écoles privées ont aussi l'obligation de se soustraire au nouveau régime prévu en septembre 2008. Lors d'un débat dirigé par la télévision de Radio-Canada la semaine dernière, le cardinal Marc Ouellet s'indignait du fait qu'une institution telle que l'École des ursulines de Québec, école privée à caractère confessionnel, doive abandonner les cours d'enseignement religieux catholique au profit de ce nouveau cours d'éthique et de culture religieuse.
«Cette déclaration nous a surpris parce que, même s'il est vrai que les écoles privées doivent aussi se soustraire à l'obligation de donner le nouveau programme, cela ne les empêchera pas d'ajouter un programme dit confessionnel», a expliqué Gérard Guimond, directeur des programmes au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).
Sur les 172 établissements privés primaires et secondaires que compte la FEEP, au-delà de 85 % «ont un projet éducatif chrétien catholique», expose M. Bouchard. «On comprend que ces écoles ne souhaitent pas abandonner ce caractère confessionnel qui est intimement lié à l'histoire de leur établissement, mais elles doivent réfléchir à la manière de le faire.»
Comment faire en effet pour offrir le cours d'éthique et de culture religieuse tout en maintenant une offre confessionnelle? «C'est une question d'organisation pédagogique, purement et simplement», explique M. Bouchard. La FEEP a mis en place un comité dont la mission est notamment de proposer des scénarios aux écoles.
La formation du personnel, dont le ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier se préoccupait hier en nos pages, a donné lieu à la création d'un second comité à la FEEP. On a établi que les 600 titulaires du primaire de même que 450 spécialistes au secondaire devront être formés pour dispenser le nouveau programme. «Nous pensons à une formation de base d'au moins six journées, sachant que cela ne serait nettement pas suffisant», poursuit Guy Bouchard. Un colloque de deux journées est également au menu pour l'automne 2008.
La preuve des besoins en formation, particulièrement pour le volet culture religieuse, est faite: un sondage effectué auprès des enseignants par la FEEP a démontré que, sur la question de la place des religions dans le monde ainsi que de leurs fondateurs — deux des aspects pointés par le programme au primaire —, plus de 50 % des profs ont affirmé que cela leur «posait un problème», confirmant le besoin de perfectionnement.
Un programme de formation élaboré de concert avec la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke fait également partie du plan prévu par la FEEP pour assurer une formation initiale ou continue du personnel.
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