L’imposant problème environnemental des téléphones intelligents

Une femme teste un nouveau modèle de téléphone intelligent, lors du lancement de celui-ci à New York.
Photo: Drew Angerer Agence France-Presse / Getty Images Une femme teste un nouveau modèle de téléphone intelligent, lors du lancement de celui-ci à New York.

Avec plus de sept milliards de téléphones intelligents vendus dans le monde depuis 10 ans, cette technologie est devenue un imposant problème environnemental, notamment en raison des ressources nécessaires pour fabriquer les appareils. C’est ce que démontre une analyse publiée lundi par l’Agence française de l’environnement et France Nature Environnement (FNE).

 

« Tout au long de son cycle de vie (de l’extraction des matières premières, en passant par sa fabrication, son transport, son utilisation et sa fin de vie), un téléphone intelligent a des impacts sur l’environnement, auxquels s’ajoutent des impacts sociaux et sanitaires », rappellent les organisations, à la veille de la sortie, mardi, des nouveaux modèles de iPhone.

 

L’ampleur des ressources accaparées par ces appareils est particulièrement révélatrice. Selon les calculs de l’Agence française de l’environnement, pas moins de 70 kilos de matières premières sont nécessaires pour produire, utiliser et éliminer un seul téléphone intelligent, « soit 600 fois le poids d’un téléphone ».

 

Les impacts environnementaux sont surtout concentrés au moment de la fabrication, en raison de l’extraction des ressources et de leur transformation. Même si le « secret industriel » qui entoure leur fabrication « limite » la connaissance précise des matériaux nécessaires pour fabriquer un téléphone, l’organisation écologiste FNE évalue que chaque appareil comporte environ 70 matériaux différents.

 

Ceux-ci sont essentiellement issus de matières premières non renouvelables. « Ces matériaux sont présents en petite quantité, et leur alliage parfois complexe rend nombre d’entre eux difficiles à recycler », précise l’organisme.

 

À titre d’exemple, pas moins d’une cinquantaine de métaux sont utilisés pour fabriquer un tel appareil, « soit deux fois plus que pour un téléphone portable ancienne génération ». Ces métaux comptent d’ailleurs pour 40 % à 60 % du poids de l’appareil. Et s’il s’agit majoritairement de cuivre, de zinc, d’aluminium, d’étain et de chrome, les téléphones contiennent également des métaux plus rares.

 

L’extraction de ces minerais, notamment en Chine, entraîne des conséquences environnementales importantes, selon FNE, qui souligne la « destruction d’écosystèmes » et « des pollutions diverses ».

 

L’organisation fait aussi état des impacts sociaux liés aux ressources convoitées dans certaines régions du monde, en plus des mauvaises conditions de travail qui prévalent dans plusieurs exploitations minières. France Nature Environnement site des cas en République démocratique du Congo, dans la région des grands lacs africains, mais aussi en Amérique centrale et au Myanmar.

 

 

Obsolescence

 

Les téléphones cellulaires sont par ailleurs des produits qui illustrent de façon particulièrement éloquente le phénomène de l’obsolescence. « Nous changeons de téléphone en moyenne tous les deux ans, alors que, dans 88 % des cas, il est encore en état de fonctionner. Lorsqu’un téléphone rencontre un problème, seuls 14 % des propriétaires essaient de le faire réparer », notent les deux organisations françaises, en se basant sur des données européennes.

 

Selon leur analyse, « des facteurs psychologiques et sociaux » peuvent expliquer ces changements fréquents, mais aussi le fait que, « dans la plupart des cas, les téléphones intelligents ne sont pas conçus pour être robustes et réparables, ni compatibles et évolutifs dans le temps » : batteries collées ou soudées, pièces de rechange indisponibles, etc.

 

FNE estime cependant qu’il est possible de réduire l’empreinte environnementale de cette technologie, notamment en optant pour un appareil qui peut être réparé et qui est plus « durable », mais aussi en prenant soin de celui-ci.

  • Louis Lapointe - Abonné 11 septembre 2017 18 h 03

    Papier ou téléphone? Récupérer ou polluer?

    Vaut-il mieux couper des arbres qui repoussent pour fabriquer du papier ou utiliser son téléphone pour économiser du papier?

    Les gouvernements, leurs agences comme Revenu Canada, Hydro-Québec, les banques nous encouragent à abandonner le papier et utiliser nos téléphones, tablettes et ordinateurs pour économiser une ressource renouvelable qui ne pollue pas pour la remplacer par une ressource non renouvelable qui pollue.

    À quand le retour de notre grand ami le papier dans les banques, les commerces et les gouvernements?

    Le papier sur lequel nous aimons écrire, lires nos livres, notre journal et avec lequel nous aimons transporter notre épicerie.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 11 septembre 2017 20 h 57

      Excellente question, Monsieur Lapointe!

  • Daniel Vézina - Abonné 11 septembre 2017 20 h 05

    Ce n'est que le début...

    Prenez la peine de regarder le film de Disney, Wall-E; c'est fou comme ce film est visionnaire...

  • Nancy Bouchard - Abonnée 12 septembre 2017 08 h 34

    La culture "I"

    L'histoire commence vraiment avec la sortie du iPhone en 2007. Le téléphone intelligent existait avant, mais je crois que c'est en 2007 qu'on a vu le début d'un réel engouement pour ce type d'appareil. Il y a eu le iPod, le iPad. À chaque fois qu'Apple lançait un produit, le "following" achetait, à quelques exceptions près. Apple a créé la culture du téléphone intelligent. Le iPhone est devenu un "identity statement". On travaillait son image en en possédant un. Les Samsung et cie ont toujours été en rattrapage. Je ne crois pas qu'ils y sont jamais arrivés. Ils n'ont pas un following; ils ont un produit semblable pour moins cher. Apple a carrément des fans. À la sortie de chaque nouvelle version on se l'achète ou on en rêve. On les collectionne comme des albums des Rolling Stones. On les "décore" à notre manière ou on les choisit d'une couleur qui nous représente (comme ceux qui n’ont pas un téléphone intelligent de marque Apple d'ailleurs). On maintient notre individualité grâce, parmi d'autres moyens, à son téléphone intelligent personnalisé. Les téléphones intelligents ont cette fonction additionnelle d'affirmer des identités. Il est sans doute difficile d'affirmer une identité qui détruit la planète. Peut-être qu'on se console d'une planète qu'on détruit en s'entourant de belles choses qui représentent mieux nos idéaux.

    • Daniel Bérubé - Abonné 13 septembre 2017 00 h 28

      Et le "i" de iPhone et iPad et autres... ne signifie-t-il pas "je" (Anglais: I )d'une certaine façon... le "je, me, moi" ! Source de l'individualisme...

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2017 06 h 51

      En fait, il signifie internet.

  • Pierre Samuel - Abonné 12 septembre 2017 08 h 59

    Et de l'extinction des dinosaures...

    Dans le monde dans lequel on vit, qui se pose cette question et avec quels résultats ? L' humanité court à sa perte... et tout le monde ou presque s'en fout... L'économie mondiale est effectivement basée sur cette tendance irréversible !

    Allez tenter d'expliquer le phénomène de surpopulation, de pollution, du consumérisme à outrance au citoyen lambda égorgé par le système et qui trouve ça tout à fait normal...

  • Denis Paquette - Abonné 12 septembre 2017 09 h 42

    une petite puce pour chaque individu

    Encore la, il s'agit de générations, il est évident que les téléphones intelligents vont exiger une thecnologie de plus en plus poussée,il y a quelques cannées, quatre micro bêtes exisgaient des chambres refrigérés, aujourd'hui des micros processeurs de la grosseur d'une tête d'aiguille font le meme travaille ,quatre K a suffit pour envoyer des astronomes sur la lune, aujourd'hui les téléphones intelligents se subtituts a toutes les autres thecnologies de communication et nous en sommes qu'au début il sera pas tart ou chaque individu aura sa petites puces d'implantée