Québec veut moderniser le système de consigne des contenants

Un milliard de bouteilles de plastiques sont consommées chaque année dans la province. Une bonne partie est jetée à la poubelle.
Photo: Guillermo Legaria Agence France-Presse Un milliard de bouteilles de plastiques sont consommées chaque année dans la province. Une bonne partie est jetée à la poubelle.

Le gouvernement Couillard promet de moderniser le système de consigne des contenants, qui n’a pas été modifié depuis plus de 30 ans au Québec.

Cette réforme attendue d’ici quelques mois pourrait d’ailleurs toucher le milliard de bouteilles de plastique consommées chaque année dans la province, dont une bonne partie est carrément jetée à la poubelle.

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a confirmé mardi la mise sur pied d’un « groupe de travail » qui devra étudier la délicate question de la consigne, mais aussi l’enjeu de la collecte sélective, dans le but de « présenter des solutions concrètes au gouvernement dès l’automne ».

Selon ce qu’a précisé son cabinet, Québec a bel et bien l’intention de parvenir à une « modernisation » du système de consigne. Le comité pourra ainsi évaluer différents scénarios, dont une hausse du montant de la consigne, ou encore un élargissement des types de contenants visés par la consigne. « Toutes les options sont sur la table », a indiqué le bureau du ministre Heurtel.

Pour le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Karel Ménard, « il faut un meilleur système de recyclage des bouteilles de plastique. Actuellement, le taux de recyclage est très faible, parce que ces bouteilles ne sont pas consommées à la maison et qu’elles finissent très souvent à la poubelle ».

M. Ménard estime toutefois que toutes les bouteilles de plastique doivent aussi impérativement être consignées. Il rappelle que les Québécois consomment de plus en plus de ces bouteilles, soit environ un milliard de bouteilles chaque année. Cela signifie que l’industrie de l’eau embouteillée consomme annuellement plus de 225 000 barils de pétrole, et ce, uniquement pour satisfaire les besoins du marché québécois.

Bouteilles de vin

L’imposition d’une consigne sur les bouteilles de verre, dont les bouteilles de vin vendues à la Société des alcools du Québec (SAQ), serait également nécessaire, selon le directeur général du FCQGED. Pour le moment, la majorité du verre se retrouve dans des sites d’enfouissement, où il peut être utilisé comme matériau de recouvrement. Avec la consigne, il serait toutefois possible de recycler une très grande part de ces bouteilles, comme cela se fait déjà pour la bière.

Des villes comme Montréal plaident d’ailleurs pour l’imposition d’une consigne sur les bouteilles de vin de la SAQ, en faisant notamment valoir que le Québec est la seule province, avec le Manitoba, où les bouteilles ne sont pas consignées.

Un porte-parole de la SAQ, Renaud Dugas, a rappelé mardi que la Société d’État finance déjà la collecte sélective, une option qui lui coûterait environ 15 millions chaque année.

La SAQ refuse de dire si elle serait favorable à une consigne. « C’est au gouvernement de prendre une décision. Nous allons nous ajuster. »

Nouveaux équipements

Pour tenter d’améliorer le recyclage du verre au Québec, le gouvernement Couillard a par ailleurs annoncé mardi que « de nouveaux équipements novateurs » de traitement seront mis en service dans cinq centres de tri de la province. Il s’agit d’un projet mené conjointement par Éco Entreprises Québec et Recyc-Québec qui vise à évaluer la possibilité de recycler cette matière, mais aussi les débouchés pour ces produits issus de la collecte sélective.

« Dans ce dossier, le statu quo n’est pas une option, et nous devons avancer tous ensemble, a fait valoir mardi le ministre Heurtel, au moment d’inaugurer de tels équipements à Joliette. La mobilisation à laquelle nous assistons aujourd’hui est historique, et nous souhaitons qu’elle puisse porter ses fruits, afin de permettre à nos enfants de vivre dans un Québec plus vert et prospère. »

9 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 20 juin 2017 22 h 53

    La consigne est devenue inutile.

    La récupération dans les bacs de recyclage fonctionne très bien.
    La consigne est contre-productive par rapport à la récupération dans les bacs. Elle demande trop de manutention par rapport aux bénéfices et est un véhicule pour la propagation des parasites.

    • Hélène Paulette - Abonnée 21 juin 2017 09 h 29

      Le recyclage a ses failles, quand il y a des surplus, on évacue vers les sites d'enfouissements et le verre, qui est mal récupéré, se brise et pollue d'autres matiéres recyclables. C'est loin d'être idéal mais ça déculpabilise, comme on dit!

    • Jean-Yves Arès - Abonné 22 juin 2017 13 h 11

      Tout a fait Mme. Paulette.

      Et la chose est connue depuis fort longtemps.

      Comment donc a t'on pu continuer a faire si mal les choses pendant tout ce temps sinon qu'en ayant bien peu de considération pour un véritable recyclage?

  • Denis Blaquière - Abonné 21 juin 2017 08 h 58

    La consigne, c'est LA solution !

    Rien ne bat un système de consigne pour la qualité et la quantité des matières récupérées. Toutes les études le prouvent. Sortir le plus de verre possible de nos bacs va aussi régler le problème de la contamination par les éclats de verre du papier et du plastique que nous trions à grands frais. Depuis que l'Ontario a une consigne sur ses bouteilles de vin, les contribuables ontariens épargnent 40 millions de dollars par année et près de 90% de leur verre est recyclé. La fonderie Owens-Illinois de Montréal doit même importer du verre de l'Ontario tant celui du Québec est contaminé. Dire que la consigne est devenue inutile, c'est croire le mensonge que martèle le richissime lobby anti-consigne depuis des années.

    • Jean Richard - Abonné 21 juin 2017 10 h 57

      Toutes les études le prouvent ? Absolument pas !

      La consigne est un système désuet, et si Québec y tient et surtout, si Québec tient à augmenter le montant de la consigne, c'est fort simple : ce sont des revenus. La consigne ne fonctionne pas à 100 % et le montant versé pour une bouteille ou une canette qui ira soit à la poubelle, soit dans le bac vert, est assez important. Cet argent sert à alimenter le système de recyclage. Si la consigne devait fonctionner à 100 %, Recyc-Québec se retrouverait devant un manque à gagner majeur.

      Il y a aussi des commerçants qui se livrent à des manœuvres trop honnêtes. Dans une épicerie appartenant à une grande chaîne, je me suis retrouvé avec une facture sur laquelle apparaissait une consigne de 0,30 $ sur chaque bouteille de bière artisanale de 0,5 litre. Visite sur le site Web de Recyc-Québec : la consigne sur les bouteilles de bière non réutilisables de plus de 450 ml est de 0,20 $ et non 0,30 $, et ce ne sont pas toutes les brasseries artisanales qui participent au programme. Celles que j'avais achetées venaient d'une brasserie non participante.

      S'il y a un problème avec le recyclage du verre au Québec, c'est qu'en bien des endroits, dont Montréal, on ne fait plus de cueillette sélective. Tout tombe pêle-mêle dans un camion à ordures. C'est évident que les bouteilles vont s'y fracasser et qu'elles contamineront les reste des matières récupérées, en devenant pourtant irrécupérables.

      Ceux qui veulent la consigne, ce sont les villes (qui ont tout fait pour rendre le verre irrécupérable et contaminant, dans l'espoir de ne pas se voir obligées de le récupérer), Recyc-Québec, qui y voit une source de revenus importante, et les pauvres gens qui passent quelques minutes avant le gros camion et qui éventrent les sacs ou bouleversent le contenu des bacs, à la recherche de quelques canettes consignées oubliées. :)

      Ne soyons pas naïfs et n'inventons pas de lobbies qui n'existent pas.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 22 juin 2017 13 h 24

      En plus M. Blaquière un minimum d'effort dans les maisons permet de séparer les couleurs de verre, et rendu là le produit du recyclage retourne au début de la chaine de refonte pour en faire de nouveaux contenants.

      Dans le cas du vin la SAQ en importe beaucoup en vrac, avec la consigne elle pourrait donc s'en tenir a deux trois formats et faire de la réutilisation direct des bouteilles pour ses produits en vrac. Ses complainte de manque de place pour cette consigne est faible comme argument. Leurs camions livreurs aux succursales auraient juste en reprendre les bouteilles vides en échange de celle livrées pleines. L’espace ainsi requis est vraiment minime.

  • Sylvain Auclair - Abonné 21 juin 2017 12 h 20

    Verre recyclé, comme les bouteilles de bière?

    Je croyais que les bouteilles de bière étaient réutilisées et n'étaient recyclées qu'en fin de cycle de vie, après plusieurs réutilisations?

  • François Bélanger Boisclair - Abonné 22 juin 2017 07 h 52

    Moderniser ou mettre fin à la consigne?

    Il ne faut pas se le cacher. La consigne est une forme de taxation déguisé comme les éco-frais.

    La consigne est une forme de vol pour le consommateur. Car un consommateur qui dispose de sa canette dans un bac à recyclage revoit-il ses sous? Non! C'est justement là que l'escroquerie existe. Le système se base sur le fait que les gens ne vont pas les retourner systématiquement.

    Il est temps de mettre fin à ces deux programmes et penser à une autre méthode qui est à coût nul pour le consommateur.

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 juin 2017 18 h 45

      Justement, je reçois mes sous, parce que je rapporte mes cannettes au magasin.