Opération de sauvetage pour un béluga du Saint-Laurent en cavale au Nouveau-Brunswick

Une telle opération n’a jamais été tentée pour un béluga du Saint-Laurent.
Photo: GREMM Une telle opération n’a jamais été tentée pour un béluga du Saint-Laurent.

Une opération pour le moins délicate se prépare pour tenter de sauver un béluga du Saint-Laurent en cavale qui s’est retrouvé pris au piège dans une rivière du Nouveau-Brunswick. Les scientifiques évaluent même la possibilité de le ramener dans le Saint-Laurent, selon ce qu’a appris Le Devoir, ce qui serait une première.

 

Le béluga en question a visiblement quitté l’estuaire, pour se rendre ensuite dans la baie des Chaleurs, avant de finalement remonter une partie de la rivière Nepisiguit, près de Bathurst, au Nouveau-Brunswick. L’animal, qui semble en bonne santé et nage librement dans la rivière, serait toutefois prisonnier de sa fâcheuse position, en raison de la baisse du niveau du cours d’eau.

 

Sans une intervention humaine, cet animal très probablement originaire de la population du Saint-Laurent serait condamné, souligne Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

 

Sauvetage

 

Il a donc été décidé de tenter, au cours de prochains jours, de capturer ce béluga pour le relocaliser. Une telle opération est en soi complexe, souligne M. Michaud. Des experts de Pêches et Océans Canada seront d’ailleurs mobilisés pour l’occasion, mais aussi du personnel de l’Aquarium de Vancouver, du Shedd Aquarium de Chicago, du GREMM et du Marine Animal Response Society, l’organisme responsable des interventions pour les mammifères marins échoués ou en difficulté pour les provinces maritimes.

 

 

Le cétacé pourrait ensuite être relâché dans la baie des Chaleurs. Le point délicat, c’est que les bélugas solitaires ont tendance à développer des comportements sociaux problématiques, notamment en fraternisant avec des embarcations, ce qui pose des risques pour leur survie. Et les chances qu’ils reviennent de lui-même au Québec sont très faibles.

 

Les experts évaluent donc la possibilité de le rapatrier dans l’estuaire du Saint-Laurent, qui est son habitat naturel. « Il n’y aura pas de décision définitive qui sera prise avant d’avoir pu évaluer l’animal, précise Robert Michaud. Mais c’est envisagé comme une option sérieuse. »

 

Une telle opération n’a jamais été tentée pour un béluga du Saint-Laurent. L’été dernier, un béluga naissant retrouvé échoué avait certes été relocalisé, mais l’animal s’était échoué près de Rivière-du-Loup. Il avait simplement été remis à l’eau après une opération, délicate elle aussi.

 

Opération risquée

 

Or, cette fois, on parle de capturer un plus gros béluga, de le transporter jusqu’au Québec, puis de le relâcher dans le Saint-Laurent. « Tout le monde s’entend pour dire que cette opération est risquée, mais nous avons une volonté de trouver des outils pour améliorer la situation de la population. Et cet animal nous offre la possibilité d’évaluer ce type de situation », explique M. Michaud, qui étudie ces mammifères depuis plus de 30 ans.

 

Il rappelle ainsi que cet animal provient d’une population « en déclin », qui est par ailleurs considérée comme étant « en voie de disparition », selon la Loi canadienne sur les espèces en péril. Dans ce contexte, chaque béluga compte, puisqu’ils seraient désormais moins de 900 au Québec.

 

« Puisque nous intervenons, on se demande si on ne pourrait pas ramener cet animal jusque dans le Saint-Laurent, fait valoir le directeur scientifique du GREMM. C’est une situation qui est examinée dans la perspective d’une expérience scientifique qui pourrait éclairer des décisions futures. C’est une belle occasion d’évaluer la faisabilité d’une telle opération. »

5 commentaires
  • Linda Dauphinais - Inscrit 9 juin 2017 17 h 55

    Intervention... questionnement

    Bonjour, Je me demande si ce béluga n'avait pas une raison de quitter le St-Laurent... avec tous les paquebots, les BIG croisières de 10 000 personnes, les cigarettes boat, les zodiak, les voiliers... alouette... Peut-être que ce béluga était à la recherche d'un endroit dans lequel il pourrait vivre, manger, respirer, nager, faire l'amour, dormir de façon plus saine, plus respectueuse de sa nature... Car il y a dans tous les règnes animaux, des spécimens qui osent aller voir ailleurs pour voir si c'est plus tranquille, plus adéquat à une qualité de vie... Je les comprends tellement... j'en serais... mais malheureusement, je sais que la mondialisation, la surconsommation a tout fait déraper de façon exponentielle... et que le pire est à venir... , l'usage encore et toujours du pétrole et de ses sbires alors que nous avions le moteur roue, alors que nous avons l'énergie solaire... désolé, aucune raison pour laquelle nous ne changeons... aucune valable... car l'argent est une bien pietre compagne lorsqu'on n'a plus de qualité de vie car on la détruit depuis des années cette qualité de vie que nous avions avant le grand free for all... M'enfin...

    • Yves Côté - Abonné 11 juin 2017 10 h 10

      Une Dauphinais qui comprend un béluga !
      Rien de plus noble et normal...

      Mes amitiés républicaines, Madame.

  • Pierre Fortin - Abonné 9 juin 2017 19 h 47

    Si pour une fois ...

    ... qui n'est pas coutume, on ne basait pas la décision d'une telle opération sur les retombées économiques qu'elle pourrait entraîner ni sur la visibilité politique que pourrait espérer en tirer nos bons élus, mais simplement sur ce que notre responsabilité nous commande en matière de préservation de notre milieu de vie.

    Je crois qu'on s'en porterait mieux.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 11 juin 2017 15 h 13

      Essayons donc de PRÉVENIR au lieu d'essayer de guérir sans savoir comment!

  • Yves Côté - Abonné 11 juin 2017 10 h 08

    C'est comme rien...

    Un béluga en New-Brunswick !?
    C'est comme rien, il a dû entendre parler de ce qui l'attend s'il reste entre Cacouna et Tadoussac...

    Tourlou !