Québec est persuadé d’atteindre 100 000 véhicules électriques en 2020

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a souligné l’objectif de doter chaque station-service d’une borne de recharge d’ici 2020.
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a souligné l’objectif de doter chaque station-service d’une borne de recharge d’ici 2020.

Même si l’objectif de Québec d’atteindre 100 000 véhicules électriques sur les routes d’ici 2020 est encore très loin du compte, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand demeure certain de la réussite de ce volet majeur de la politique énergétique du gouvernement Couillard.

 

Un peu plus de 11 600 véhicules électriques roulent actuellement sur les routes de la province. Une nette progression par rapport aux données de 2012, alors que seulement 1200 véhicules de ce type étaient immatriculés au Québec.

Ce chiffre de 11 600 représente toutefois à peine 12 % de l’objectif de 100 000 véhicules en 2020 fixé par le gouvernement. Sera-t-il possible de l’atteindre ? « Il reste quatre ans », a d’abord répondu M. Arcand lundi matin, dans le cadre d’une conférence de presse portant sur un projet de station « multicarburants ».

 

« Il y a actuellement des projets extrêmement intéressants », a ajouté le ministre, en soulignant « la demande très forte » pour certains modèles de voitures, dont la Volt ou la Tesla. « Il est clair également qu’il va y avoir de plus en plus de voitures hybrides rechargeables sur le marché », a-t-il également fait valoir.

 

Projet pilote

 

Globalement, donc, le ministre Arcand estime que l’objectif demeure atteignable. « Je pense que, lorsqu’on regarde la situation, je suis plus optimiste que vous », a-t-il répondu à la question du Devoir. M. Arcand a du même coup souligné que l’objectif de doter chaque station-service d’une borne de recharge d’ici 2020 demeure.

 

Qui plus est, le gouvernement a décidé de s’associer à des entreprises comme Gaz Métro, La Coop fédérée et Hydro-Québec pour développer un « projet pilote » de station « multicarburants » qui offrira de l’hydrogène, du propane ou du gaz naturel dans la même station-service. Une première station de ce type doit être implantée en 2018.

 

Les émissions du secteur des transports représentent 43 % de toutes les émissions de la province. Un virage vers une « économie faible en carbone » suppose donc un changement de mentalité chez les Québécois. « Les consommateurs doivent faire les bons choix, et il faut les aider à faire les bons choix », disait d’ailleurs le premier ministre Philippe Couillard au moment de dévoiler la politique énergétique 2030 en avril dernier, en mentionnant l’idée de bonifier l’offre de transport en commun, dont les trains.

 

Le parc automobile du Québec devrait croître de plus de 300 000 véhicules d’ici 2020, et ainsi avoisiner le cap des cinq millions. Dans ce contexte, les voitures électriques continueront de représenter une faible part du total. Pendant ce temps, on assiste à une croissance de la vente de véhicules utilitaires sport.


11 600
véhicules électriques roulent actuellement sur les routes du Québec.
27 commentaires
  • J-Paul Thivierge - Abonné 3 octobre 2016 12 h 45

    des distributeus de multicarburants ??? c'est garder notre dépendance envers les produits fossiles polluants

    Le GNL et le propane pour des besoins industriels.
    Le Propane, le gaz naturel et l'hydrogène pour les besoins privés
    c'est un non sens technologique, c'est une perte d'efficacité, c'est perte de temps
    et c'est du gaspillage de ressources financières
    c'est demeurer dépendant des fournisseurs de produits fossiles
    ça confirme l'obstination du PLQ de la pas modifier sa politique énergétique des hydrocarbure
    dans la seconde partie du projet de loi 106 , art 55
    qui accorde des pouvoirs abusifs aux promoteurs exploitants pétroliers ou gaziers.

    Y-a-t-il quelqu'un qui connait la SCIENCE dans ce ministère ?

    • André Bastien - Abonné 3 octobre 2016 22 h 42

      Comme vous dites, la loi 106 veut nous libérer de notre dépendance du pétrole en donnant le doit aux pétrolières d'exproprier n'importe qui, n'importe où pour exploiter du pétrole et du gaz de schiste...

      Comment appelle-t-on l'art de dire quelques choses et de faire le contraire? De camoufler un mauvais coup sous des apparences de bonnes intentions.

    • René Pigeon - Abonné 4 octobre 2016 10 h 48

      Le seul mérite de réunir différents carburants dans une station est de faire connaitre les carburants que l’usager ne consomme pas, gardant à l’esprit que le véhicule construit pour le gaz naturel ne peut pas essayer le propane.

      Quel est l’avenir de ces carburants, incluant les variantes comprimé et liquéfié du gaz naturel ? Très divergents. Les GNC, GNL et propane peuvent attirer des consommateurs de grand volume dont les trajets passeront près des futures stations. Mais très peu de consommateurs réguliers auront avantage à payer le surcout d’un véhicule construit pour utiliser un de ces carburants mais pas l’essence ou le diésel, disponibles partout et dont le cout ne s’écartera pas grandement de celui de ces 3 carburants même quand le prix du pétrole remontera. Il y a d’autres mesures beaucoup plus utiles que promouvoir des carburants que leurs fournisseurs savent promouvoir à leurs frais sans les gouvernements. Sauf pour le PLQ qui veut paraitre actif sur le front climatique – tout en faisant moins que le minimum dans le transport collectif à Montréal et à Québec. Cependant, la mesure qui s’avère un pur gaspillage est l’hydrogène.
      L’hydrogène est le carburant le plus difficile à stocker et transporter de tous : il nécessite une pression ou température très couteuse à produire dans les stations et dans les véhicules, qui doivent être tous deux en nombre très élevé pour se rentabiliser mutuellement sur les plans économique et environnemental. Le Québec peut envisager faire mieux que les territoires où l’électricité, nécessaire à la production d’hydrogène, ne polluera pas le climat, mais le reste Amérique du Nord et outremer peuvent rarement produire de l’électricité et de l’hydrogène sans polluer le climat. Donc ces marchés ne seront pas justifiés d’investir dans une masse critique de stations et véhicules à hydrogène.

      En tout temps, l’hydrogène est un mauvais choix de carburant pour remplacer l’essence ou le diésel pétroliers.

    • René Pigeon - Abonné 4 octobre 2016 10 h 50

      Au ministre des Ressources naturelles : coupez la portion hydrogène de votre station multicarburants avant que le Conseil du trésor ne vous demande de justifier votre choix :

      Quand l’industrie se plaint d’une pénurie de main-d’œuvre et que les élèves en difficulté d’apprentissage manquent d’aide, le gouvernement ne devrait pas détourner les ingénieurs et scientifiques qui pourraient innover de façon beaucoup plus avantageuse pour le climat, l’économie et la création d’emplois.

      Quand on veut convaincre la population d’accepter des mesures d’austérité pour verser des réductions d’impôt, la meilleure chose que le ministre des Ressources naturelles peut faire est de couper la portion hydrogène de sa station multicarburants avant que le Conseil du trésor ne lui demande de justifier son choix.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 4 octobre 2016 14 h 52

      Propane et gaz naturel sont de source fossile mais offrent une moindre émission de GES que le diesel. Ces carburants sont dédiés aux transports lourd en en remplacement du pétrole, et non pas pour les voitures qui par leur taille et poids plus petit ont des options énergétiques a plus faible émission de GES.

      En clair, si c'est stations n'offrent pas de gaz naturel ils devront offrir du diesel...

  • Francois Cossette - Inscrit 3 octobre 2016 12 h 56

    Direction ... le mur !!!!

    Et puis pour compenser un va faire passer un pipeline pour du petrole polluant, question de nous retourner en arriere.

    Ce gouvernement est vraiment incapable d'avoir une vision coherente sur quoique ce soit.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 3 octobre 2016 15 h 11

      On a vraiment l'impression qu'il y a eu dissection au cerveau dans ce gouvernement PLQ
      certain comme le neuro chirurgien P Couillard prônent le respect de l'environnement des accords de Paris
      pendant que d'autre part les ministres du PLQ facilitent l'utilisation des produits polluants émettant des GES
      maintenant la dépendance en produits fossiles
      et de plus ne confirmant jamais le refus de laisser passer
      - Énergie EST et l'exportation de 400 millions de barils par année
      - les convois citernes de 220 wagons de CTI pour exportation à Belledune
      il serait temps de dire que c'est désormais le temps d'accélérer la transition énergétique et la réduction de production et d'exportation de sale bitumineux pour sauver la vie sur terre .

    • Brigitte Garneau - Abonnée 3 octobre 2016 18 h 26

      Cherchez l'erreur! Diminuer nos émissions de GES (voitures électriques) d'un côté et de l'autre, augmenter considérablement la production de pétrole sale (pipelines). Le Québec, avec toutes ces belles intentions, pourra se vanter d'être la province la plus polluante du Canada! Nos bons gouvernements nous font une très belle démonstration que, pour eux, l'économie est tellement plus importante que la vie...Je crois, Monsieur Cossette, que les mots: vision, cohérence, logique, jugement et respect, ne font pas partie du vocabulaire de ceux qui nous dirigent.

    • Jean Richard - Abonné 4 octobre 2016 09 h 12

      L'ennui, c'est que les divines voitures électriques, ces objets de culte, sont construites dans des pays où domine le charbon pas si propre que ça, et les divines et lourdes batteries qu'elles transportent sont aussi fabriqués de matériaux pas si propres que ça – les paysages créés par les mines de lithium n'ont rien de très touristique.

      Quand elles arrivent dans la cour de ses parents d'adoption, la voiture à batterie a déjà contribué à émettre dans l'atmosphère beaucoup plus de GES que sa vis-à-vis à pétrole. Elle part avec un handicap et il faudra plusieurs milliers de kilomètres à rouler avec l'énergie divine avant que l'équilibre soit rétabli.

      Ça, les chantres de la voiture individuelle électrique se gardent bien d'en parler.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 4 octobre 2016 09 h 21

      @ Jean Richard ... Ce que vous décrivez n'est pas la réalité actuelle.
      En 2016, on est plus écolo on produit plus propre et on recycle à 97 %

    • Jean Santerre - Abonné 4 octobre 2016 10 h 09

      @Jean Richard
      Il faut utiliser les informations les plus récentes aussi!
      Hier au téléjournal RDI on établissait la décrépitude du charbon autant dans sa production que dans son utilisation, du moins dans les pays occidentaux du G7.
      On indiquait une baisse constante de son utilisation, environ 20% de moins qu'il y a quinze ans.
      Peabody, une entreprise spécialisée dans la production du charbon est sous la protection du chapitre 11 (faillite) depuis plus de 6 mois.
      Ne soyons pas pessimistes, les choses vont dans le bon sens, lentement mais surement.
      Et cette tendance va en s'accélérant et cela rend une solution avantageuse encore plus attrayante pour plus d'endroits dans le monde.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 4 octobre 2016 15 h 10

      @ Jean Richard, si l'on vous suit bien il nous restera que les mocasinns et les sabots de bois qui seraient des solutions accaptables!

      Toutes les fabrications matériels ont leurs parts d'effets sur l'environnement, autobus de transport en commun inclus...

  • François Dugal - Inscrit 3 octobre 2016 13 h 50

    Parole de ministre

    Si c'est monsieur le ministre Pierre Arcand qui le dit, cela ne doit pas être vrai.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 3 octobre 2016 17 h 10

    Un leurre

    Le gouvernement se fixe des objectifs à propos desquels il n'a à peu près pas de pouvoir. Un leurre pour nous faire oublier son indéfectible appui à l'industrie pétrolière.

  • André Bastien - Abonné 3 octobre 2016 18 h 06

    Plus d'hydrocarbures pour réduire notre consommation de produits pétroliers?

    Il faudrait nous expliquer comment le fait de vendre plus d'hydrocarbures va réduire notre consommation de produits pétroliers!!!

    Sans compter que l'hydrogène est produit à partir du gaz naturel et que ce prosesus génère du CO2, du gaz à effet de serre.

    Pour les amateurs de chimie du secondaire: on mélange du gaz naturel (méthane, CH4) avec de la vapeur d'eau (H2O) et il se produit la réaction globale suivante:

    CH4 + 2 H2O > CO2 + 4 H2 ... du CO2 et de l'hydrogène.

    En plus, une station de ravitaillement en hydrogène coute entre 2 et 3 millions$ contre 70 000$ pour une borne de recharge électrique rapide à 400 volts. Pour le prix d'une seule station à hydrogène, on se paye 36 bornes électriques rapides.

    Finalement, le Québec a des surplus de capacités de production d'électricité gigantesques qui permettraient d'alimenter les 5 millions de véhicules à essence actuels du Québec avec la capacité actuelle de Hydro-Québec et celle actuellement en construction. Mais nous ne produisons pas de gaz naturel.

    Pourquoi investir au Québec (et au Canada d'ailleurs) dans des véhicules à hydrogène qui ne réduiront pas nos émissions de Gaz à effet de serre? Cherchez l'erreur!