Transformer les villes en puits de carbone

Photo: C.F Moller

Depuis des lustres, la folie des hauteurs n’a cessé d’inspirer les architectes. Mais au cours de la dernière décennie, cet appel du zénith a atteint des proportions démentes, donnant vie à des monstres de verre et de glace totalement incompatibles avec l’atteinte d’un monde carboneutre. C’est pourquoi certains architectes voient dans la construction de gratte-ciel et d’immeubles de moyenne hauteur en bois la solution d’avenir à l’explosion de la demande de logements qu’entraînera l’urbanisation massive au cours des prochaines décennies. Michael Green, architecte vancouvérois visionnaire, fait partie de ceux qui croient depuis plusieurs années que le bois, une matière ligneuse renouvelable générée par le soleil, doit dominer les nouveaux procédés de construction. L’industrie du béton et de l’acier, forts émetteurs de GES, ajoute au lourd poids que fait peser le secteur de la construction dans le bilan carbone mondial. Le bois, exploité de façon durable, agit au contraire comme un puits de carbone, affirme Michael Green, qui a érigé un centre d’innovation en architecture de sept étages fait de bois stratifié à Vancouver. Il n’est pas le seul à rêver de gratte-ciel nouveau genre. À Stockholm, l’agence de coopératives d’habitation de la ville a confié à la firme C.F. Moller le mandat de réaliser un gratte-ciel de bois de 34 étages, alimenté par l’énergie solaire. La peau de cette nouvelle icône architecturale écologique sera faite de panneaux de bois et de verre et sera appelée à dominer l’horizon de la capitale suédoise.