Environnement: un «rebranding» s’impose pour le Canada, dit Couillard

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, étaient invités par Canada2020 pour parler d’environnement, vendredi à Ottawa.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, étaient invités par Canada2020 pour parler d’environnement, vendredi à Ottawa.

Le Canada doit procéder à un « rebranding » de son image environnementale sur la scène internationale, a plaidé Philippe Couillard à l’approche de la conférence de Paris sur le climat.

 

Le premier ministre québécois estime que trop de réalisations du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques sont passées sous silence, ou à tout le moins pas suffisamment soulignées.

 

L’événement international qui s’ouvrira à la fin novembre dans la capitale française sera le moment idéal pour redonner au Canada ses lettres de noblesse et faire oublier les années où il a été perçu comme un cancre environnemental, a-t-il soutenu.

 

« Cela devrait être notre message à Paris […], le fait que le Canada est un important producteur de pétrole, mais également un leader en matière d’énergies renouvelables », a affirmé M. Couillard dans une allocution livrée à Ottawa, vendredi matin.

 

À ce chapitre, « le Québec est quatrième au monde et le Canada est troisième au monde, mais qui sait cela dans le monde ? Pourquoi cela n’est-il pas universellement reconnu et envié ? Alors manifestement, un exercice de rebranding s’impose », a-t-il insisté.

 

L’exercice commence à la maison et s’opère par un changement de perception, croit le premier ministre du Québec : « Commençons à nous percevoir comme des compétiteurs de la Norvège plutôt que de l’Arabie saoudite. »

 

Mais au-delà de l’image, il y a les enjeux. Et sur celui des changements climatiques, les États qui se réuniront à Paris ont une obligation de réussite, a fait valoir M. Couillard, disant sentir que le nouveau gouvernement libéral semble vouloir s’engager dans la bonne direction.

 

Il sera question de la conférence sur le climat lors de la première rencontre entre le nouveau premier ministre Justin Trudeau et ses homologues provinciaux et territoriaux, lundi, à Ottawa.

 

La ministre fédérale de l’Environnement et des Changements climatiques, Catherine McKenna, a réaffirmé vendredi matin que les cibles de réduction de gaz à effet de serre fixées par le précédent gouvernement seraient probablement revues de manière à ce qu’elles soient plus ambitieuses.

 

« Nous avons déjà indiqué clairement que les engagements existants du Canada » représentent uniquement « un plancher » pour nos ambitions « et non un plafond », a-t-elle expliqué lors d’un discours livré à l’invitation de Canada2020, un centre d’études et de recherches progressiste. « Les cibles que nous allons établir et les mesures que nous allons prendre pour atteindre ces cibles [seront] déterminantes », a signalé la ministre McKenna.

 

À l’écoute des provinces

 

Le premier ministre Couillard invite Ottawa à s’inspirer de la déclaration de Québec, à laquelle ont adhéré l’ensemble des premiers ministres des provinces et territoires — sauf ceux de l’Alberta et de l’Île-du-Prince-Édouard, qui n’avaient pu prendre part au Sommet de Québec en raison du déclenchement d’élections dans leur province respective.

 

« Il faut résister à la tentation de tout revoir à partir de zéro, et construire à partir de ce qui existe », a-t-il déclaré.

 

La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, qui était l’autre invitée du panel sur l’environnement auquel participait son homologue québécois, considère que le fédéral doit être à l’écoute de ses partenaires plutôt que de leur imposer un modèle afin d’atteindre les cibles.

 

« Nous n’attendons pas du gouvernement fédéral l’imposition unilatérale d’un modèle standardisé. Ce que nous espérons, c’est un soutien pour les initiatives que nous prenons, province par province, territoire par territoire », a-t-elle fait valoir en point de presse à l’issue du panel.

 

Car les provinces et les territoires ont un rôle primordial à jouer dans la lutte contre les changements climatiques, a souligné Mme Wynne, se réjouissant du travail effectué en partenariat avec le Québec à ce chapitre.

 

« Nous avons fait beaucoup de progrès en travaillant ensemble. Je suis ravie d’avoir travaillé avec le Québec pour l’instauration de notre système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre », a-t-elle lancé.

 

Mais l’arrivée d’un nouveau gouvernement qui semble vouloir travailler dans le même sens que les provinces ne signifie pas que celles-ci peuvent « se la couler douce et laisser le fédéral faire tout le travail difficile, au contraire », a prévenu Mme Wynne.

 

De toute façon, « la majorité des leviers se trouvent au niveauprovincial » pour agir sur le plan environnemental, a complété Philippe Couillard.

138 chefs d’État confirment leur présence à Paris pour la COP21

New York — Les récents attentats ont perturbé les préparatifs de la conférence climatique de Paris, mais les dirigeants mondiaux sont toujours déterminés à obtenir un accord historique, a estimé vendredi un responsable de l’ONU.

« L’un après l’autre, les dirigeants mondiaux reconfirment qu’ils vont à Paris, parce qu’ils pensent que c’est un événement important », a souligné devant la presse le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé du changement climatique, Janos Pasztor.

Les présidents américain, chinois et russe font partie des quelque 138 dirigeants attendus à Paris pour l’ouverture de la COP21, le 30 novembre. Ce sommet de l’ONU sur le climat doit se dérouler jusqu’au 11 décembre au Bourget, près de Paris, et s’ouvrir par un sommet des chefs d’État et de gouvernement.

La sécurité a été renforcée et des marches pour le climat ont été annulées après les attentats qui ont fait 130 morts vendredi dernier.

M. Pasztor s’est dit optimiste quant à un accord, mais a souligné qu’il restait beaucoup de travail à faire pour obtenir un accord « universel et significatif ».

Il a rejeté l’idée que la menace terroriste pourrait éclipser les discussions climatiques.
6 commentaires
  • Pierre Fortin - Abonné 21 novembre 2015 10 h 18

    Pensée magique


    Changer l'image ne changera pas la réalité. Tout au plus cela confirmera la nature de faussaire de notre gouvernement mercantile et sa volonté de ne rien faire ou si peu en matière de protection de l'environnement.

    La superbe libérale se révèle en pleine lumière quand le chef préconise qu'on travaille sur l'image plutôt que sur le fond des choses. La politique libérale en matière d'environnement ne vaut guère mieux que sa politique d'austérité qui ne sert qu'à démembrer l'état en nous menant nulle part tout en nous privant de moyens effectifs pour faire plus et mieux afin de redresser le climat.

    L'opinion publique est bien au fait du dossier environnemental et le plus beau maquillage ne sera jamais qu'un maquillage qui ne servira qu'à révéler encore une fois l'ineptie de ce gouvernement qui rapportera toujours tout au commerce, au trafic et au gain.

    Ne nous faisons pas d'illusion. Ce gouvernement n'a aucun plan d'action crédible à présenter à Paris la semaine prochaine sinon une pensée magique tournée dans un bel emballage cadeau.

  • Yves Corbeil - Inscrit 21 novembre 2015 10 h 54

    Un rebranding et la photo

    J'ai arrêté là. On devrait l'expédier tout de suite par Fedex en Saskatchewan ou en Alberta son choix avec Fournier.

  • Line Marcheterre - Abonnée 21 novembre 2015 11 h 16

    Rebranding???

    Notre premier ministre ne s'illustre pas toujours par son appui à la langue française mais là, franchement , c'est navrant. Serait-ce pour être à la mode ou pour bien paraître devant sa nouvelle alliée dans la fédération canadienne, Madame Wynne?
    Qu'est ce que ça peut bien vouloir dire rebranding? Pourriez-vous svp M. Couillard parler en français, comme un premier Ministre du Québec devrait le faire?

  • Benoit Thibault - Abonné 21 novembre 2015 11 h 20

    Rebranding = mauvaise pub environnementale

    C'est bien beau de voir que l'on est 3e au monde pour les énergies renouvellables, mais quand on sait que c'est en grande partie par l'hydroélectricité, on ne peut que constater que le peu d'avancement concret des 10 dernières années.

    De plus sur cette planète si petite, cela sert à quoi d'être les 3e en énergies renouvellables si du même souffle on en efface tous les gains en produisant +et + de sable bitumineux.

    Dans le documentaire Fort Mcmoney, on a pu yvoir comment de gros fonds d'investissements norvégiens ont investis dans les sables bitumineux.

    Ce n'est pas d'un rebranding accrocheur que l'on a besoin mais d'une réel courage de la cohérence et de la vision du tout.

    Non au pipeline, gardons le robinet des sables bitumineux le plus fermé possible. C'est cela la vrai base d'un rebranding!

  • Daniel Grant - Abonné 21 novembre 2015 14 h 17

    if I understand well, Mr. Couillard

    Rêve
    Il est temps qu'on sépare l'état des pétrolières, comme on l'a fait pour l'église.
    Qu'on laisse les pétrolières se défendrent elles-même et qu'on cesse de les subventionner à coup de $10 millions /minute ($5300 Milliards/année. FMI) pour quelles suivent les mêmes règles du marché que les autres industries.

    Si l'état avait mis autant d'argent dans les énergies propres ça ferait longtemps qu'on aurait notre transport électrique ou même encore plus avancé dans une économie propre et avec beaucoup plus d'emplois qui font appel à la matière grise.

    Cauchemar
    Re-branding dans le domaine du pétrole ressemble plus à l'application d'une belle couche de miel sur un étron.