TransCanada tient à sa traversée

Les berges du fleuve Saint-Laurent près de Saint-Augustin-de-Desmaures
Photo: Claude Samson Les berges du fleuve Saint-Laurent près de Saint-Augustin-de-Desmaures

Même si la municipalité s’y oppose et que le site choisi est en plein coeur d’une réserve naturelle reconnue, TransCanada maintient que son pipeline traversera le fleuve Saint-Laurent à partir de Saint-Augustin-de-Desmaures.

 

Le porte-parole de la pétrolière albertaine, Tim Duboyce, a confirmé mardi au Devoir que le point de traversée désigné par TransCanada est « le seul site prévu pour traverser le fleuve ».

 

C’est donc à cet endroit que le pipeline d’un mètre de diamètre doit parcourir 3,5 km, de la rive nord à la rive sud du Saint-Laurent. Une étude réalisée pour TransCanada par la firme Entec, spécialisée dans les pipelines, concluait pourtant l’an dernier qu’un tel projet de traversée serait non seulement très risqué, mais qu’il n’a jamais été tenté.

 

Au-delà des défis techniques liés à l’implantation d’une telle infrastructure d’exportation de pétrole, le site choisi par la pétrolière est contesté par la municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures. La Ville a d’ailleurs adopté dès juin 2014 une résolution d’opposition au projet, tant que celui-ci n’aura pas fait l’objet d’une évaluation environnementale.

 

La résolution en question souligne notamment « le manque d’information sur l’incidence du projet de construction de l’oléoduc sur des enjeux aussi importants qu’environnementaux, économiques et de sécurité civile ».

 

Contrairement au gouvernement Couillard, la municipalité mentionne aussi les impacts climatiques liés à l’exploitation du pétrole des sables bitumineux qui coulera dans le pipeline.

 

Réserve menacée

 

Saint-Augustin-de-Desmaures souligne par ailleurs que le tuyau traversera « une aire naturelle protégée reconnue et que ce type d’installation est incompatible avec sa vocation de protection des écosystèmes uniques et sensibles dont la municipalité assure la promotion et la pérennité avec ses partenaires du milieu ».

 

La Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel, dont la principale mission est la conservation de la réserve des Battures-de-Saint-Augustin-de-Desmaures, s’oppose aussi au passage du pipeline. Fait à noter, son site Web mentionne que le ministère de l’Environnement du Québec est un « partenaire » dans la protection de cette réserve naturelle.

 

Quoi qu’il en soit, le gouvernement Couillard a autorisé TransCanada à réaliser des relevés sismiques dans ce secteur, en plein coeur du fleuve Saint-Laurent. La pétrolière a aussi obtenu le droit de mener des relevés à l’aide d’explosifs, et ce, dans un milieu humide situé à la limite de la réserve naturelle.

 

Une décision jugée aberrante par des groupes environnementaux et citoyens. Dans une sortie commune mardi, ils ont rappelé que la pétrolière a toujours refusé de déposer un avis de projet en vue de la construction de plus de 700 kilomètres de pipeline au Québec.

 

Normalement, un tel projet aurait dû faire l’objet d’une étude d’impact avant la tenue d’un BAPE. Mais comme TransCanada a refusé de suivre cette procédure, le ministre David Heurtel a mandaté le BAPE, mais sans avoir en main d’étude d’impact. On ignore donc la nature des impacts de ce pipeline qui traversera 641 cours d’eau au Québec, mais aussi des municipalités et des zones agricoles.

 

TransCanada a 28 lobbyistes inscrits au registre québécois.

8 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 4 novembre 2015 09 h 03

    TransCanada a 28 lobbyistes inscrits au registre québécois.

    Nous les citoyens avec tout ce que l'on payent au Québec, on peux-tu s'en payé 50 lobbyistes pour nous représenté dans le dossier du St-Laurent.

  • Diane Leclerc - Abonnée 4 novembre 2015 10 h 02

    Aux berges, tout le monde !

    Vivement que nous soit donné un mot d'ordre pour que nous allions manifester notre opposition à ce projet fou sur les rives de notre beau fleuve.

    Si nous nous levons tous, notre pouvoir sera plus fort que celui des «oil-ligarques».

    • Simon Pelchat - Abonné 4 novembre 2015 14 h 42

      Je suis d'accord avec vous. Comme nos libéraux du gouvernement Couiilard nous abandonnent face aux toutes puissantes prétrolières et plient l'échine devant le Fédéral dominateur, il nous reste que la mobilisation citoyenne. J'y suis.

    • Gilles Théberge - Abonné 4 novembre 2015 20 h 50

      Oui nous y serons!

      NON le pipeline ne passera pas!

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 4 novembre 2015 18 h 19

    C est payant d élire

    des sans-genie pour décider de telles énormités .Un jour il rebroussera chemin et se proclamera le Sauveur des eaux et meme marchera dessus sur nos tetes pour se faire réélire et les innocents seront heureux. J-P.Grisé

  • Gilles Gagné - Abonné 4 novembre 2015 20 h 29

    Transcanada vient de dire qu'elle "respecte la décision" du président américain concernant en rapport avec Keystone, ici au Québec on se permet de jouer au cowboy devant un gouvernement libéral médusé. Nous sommes plus que jamais en danger puisque "nos" représentants sont à la botte des conquérants.

  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné 5 novembre 2015 10 h 48

    Vive la sécession Québec du pétro-Canada !

    Pareille aberrante impuissance du Québec à protéger son territoire et à le gérer au mieux de ses intérêts est un argument supplémentaire à sa sécession du pétro-Canada et à la création du pays du Québec.