Québec mènera des consultations publiques, finalement

À moins d’un mois de leur début, le gouvernement Couillard annonce la tenue des consultations publiques sur les évaluations environnementales stratégiques (EES) menées sur tout le dossier des énergies fossiles au Québec. Ces évaluations, prélude à l’exploitationde pétrole et de gaz, ont été menées par un comité présidé par deux sous-ministres.

 

Au moment d’annoncer les détails de ces évaluations environnementales stratégiques, le gouvernement n’avait pas prévu de mener des consultations publiques formelles. Seule une consultation « en ligne » devait être tenue. Mais Québec est revenu sur sa décision et tiendra finalement des consultations dans sept villes en novembre.

 

« En mai 2014, je m’étais engagé à ce que notre gouvernement agisse avec prudence, transparence et de façon ordonnée en matière d’hydrocarbures, dans l’intérêt de la population québécoise. Aujourd’hui, je respecte cet engagement de consulter la population et d’engager un dialogue ouvert et constructif sur la question des hydrocarbures […] », a fait valoir le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, dans un communiqué publié vendredi après-midi.

 

Les groupes et les citoyens qui souhaitent participer aux consultations pourront avoir accès le 27 octobre au document de consultation, aux rapports préliminaires des EES ainsi qu’aux 64 études complémentaires commandées par le gouvernement. Ils auront alors moins de trois semaines pour consulter la documentation avant les consultations.

 

Dossier complexe

 

Ces EES ratissent très large. Elles traitent de la question de l’exploitation du pétrole et du gaznaturel dans toutes les régions du Québec, y compris dans la vallée du Saint-Laurent, où on retrouve un potentiel en gaz de schiste. Ces EES ont notamment la tâche d’étudier les projets pétroliers en Gaspésie, dont deux sont très avancés.

 

Les EES doivent aussi permettre d’évaluer toute la question du transport d’énergies fossiles sur le territoire, que ce soit par pipelines, par trains ou par navires. Le projet de transport de pétrole par trains vers Belledune fait partie de ces EES, a assuré le gouvernement.

 

Tous ces dossiers complexes et controversés ont été étudiés de front, et ce, sur une période d’un peu plus d’une année. À titre de comparaison, une EES commandée par le gouvernement Charest uniquement pour le golfe du Saint-Laurent a nécessité plus de trois ans de travaux.

 

En raison des délais serrés pour la réalisation des EES en cours, celle portant sur l’exploitation pétrolière sur Anticosti ne tiendra pas compte des forages avec fracturation puisque ceux-ci seront menés l’an prochain, donc une fois l’EES terminée.

 

Par ailleurs, plusieurs études commandées par le gouvernement dans le cadre des EES en cours indiquent clairement que le gouvernement a l’intention d’ouvrir toute grande la porte à l’exploitation pétrolière et gazière. « Le gouvernement est favorable au développement de la filière des hydrocarbures », a dit le ministre Arcand.

4 commentaires
  • Michel Fortier - Abonné 16 octobre 2015 18 h 55

    Oximoron

    Un ministre de l'environnement pro hydrocarbures, n'est-ce pas un bel exemble d'oximoron?

  • Jacques Lapointe - Abonné 16 octobre 2015 23 h 44

    Consultations publiques ou show pour mieux nous faire avaler la pilule

    La volonté gouvernementale de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Il y a de meilleurs moyens si c'est bien ça le but. Vous devriez allez voir ( www.enerzine.com )si vous manqué d'inspiration pour voir ou ils sont rendu en Europe et ailleurs dans le monde. Il n'y a pas seulement du pétrole comme énergie dans le sol, le coeur de la terre est en fusion et ce n'est pas près de s'arrêter.
    L'électrification des transports, il y a longtemps que l'on entend parler, mais je n'ai jamais vu de demandes de soumissions, je crois que ce sont des paroles en l'air et qu'il n'y a aucune volonté politique. On a changer de siècle et on s'attend que nos politiciens en fassent autant. Jacques Lapointe abonné

    • Jean Richard - Abonné 17 octobre 2015 09 h 49

      Il n'y a pas de volonté gouvernementale de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Ce qu'on veut, c'est AUGMENTER la consommation d'électricité, d'une part parce qu'Hydro-Québec a des surplus qu'on n'arrive pas à exporter, et d'autre part parce qu'il y a des méga-chantiers à confier à l'entreprise privée ainsi que des éoliennes, elles aussi l'affaire du privé.

      L'électrification des transports à la sauce québécoise, puisque vous en parlez, est un bel exemple de politique de manœuvre politique douteuse, qui sous parure de vertu environnementale n'est rien d'autre qu'un détournement de ressources vers des intérêts privés. Si le gouvernement du Québec voulait vraiment réduire les émissions de GES, c'est clair qu'il adopterait une autre voie que celle envisagée. Plutôt que de vouloir AJOUTER 100 000 voitures individuelles subventionnées d'ici 2020, il pourrait en enlever 100 000, pour une fraction du coût et bien sûr, un diminution appréciable des émissions de GES à toutes les étapes de production. Mis ensemble, les transports collectifs au Québec assurent jusqu'à 2 millions de déplacements par jour. La voiture individuelle ne transporte que 1,2 personne à la fois pour 3 ou 4 déplacements par jour. Aussi, en développant un peu mieux les transports collectifs et en revoyant les politiques d'utilisation de la voiture individuelle en milieu urbain, on sait déjà qu'enlever 100 000 voitures de sur les routes est facile, très facile, et ce serait sain pour l'économie québécoise. Mais ce n'est pas ce que nos gouvernements libéraux et péquistes ont derrière la tête. On veut stimuler notre économie en misant sur les ressources énergétiques, et pour cette raison, il faut mettre en place des infrastructures qui permettent l'augmentation de la consommation d'énergie, que ce soit celle des rivières, du vent, du gaz ou du pétrole.

    • Jean Richard - Abonné 17 octobre 2015 09 h 49

      Il n'y a pas de volonté gouvernementale de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Ce qu'on veut, c'est AUGMENTER la consommation d'électricité, d'une part parce qu'Hydro-Québec a des surplus qu'on n'arrive pas à exporter, et d'autre part parce qu'il y a des méga-chantiers à confier à l'entreprise privée ainsi que des éoliennes, elles aussi l'affaire du privé.

      L'électrification des transports à la sauce québécoise, puisque vous en parlez, est un bel exemple de politique de manœuvre politique douteuse, qui sous parure de vertu environnementale n'est rien d'autre qu'un détournement de ressources vers des intérêts privés. Si le gouvernement du Québec voulait vraiment réduire les émissions de GES, c'est clair qu'il adopterait une autre voie que celle envisagée. Plutôt que de vouloir AJOUTER 100 000 voitures individuelles subventionnées d'ici 2020, il pourrait en enlever 100 000, pour une fraction du coût et bien sûr, un diminution appréciable des émissions de GES à toutes les étapes de production. Mis ensemble, les transports collectifs au Québec assurent jusqu'à 2 millions de déplacements par jour. La voiture individuelle ne transporte que 1,2 personne à la fois pour 3 ou 4 déplacements par jour. Aussi, en développant un peu mieux les transports collectifs et en revoyant les politiques d'utilisation de la voiture individuelle en milieu urbain, on sait déjà qu'enlever 100 000 voitures de sur les routes est facile, très facile, et ce serait sain pour l'économie québécoise. Mais ce n'est pas ce que nos gouvernements libéraux et péquistes ont derrière la tête. On veut stimuler notre économie en misant sur les ressources énergétiques, et pour cette raison, il faut mettre en place des infrastructures qui permettent l'augmentation de la consommation d'énergie, que ce soit celle des rivières, du vent, du gaz ou du pétrole.