Niveau record de concentration de CO2 dans l'atmosphère au mois de mars

Les données de la NOAA montrent que le taux moyen d’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère a été de 2,25 ppm par an de 2012 à 2014.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les données de la NOAA montrent que le taux moyen d’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère a été de 2,25 ppm par an de 2012 à 2014.

Washington — La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint un niveau record au mois de mars, un signe évident du réchauffement climatique, selon l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) mercredi.

En mars, la concentration mondiale moyenne mensuelle de CO2 dans l’atmosphère a ainsi dépassé pour la première fois le seuil des 400 parties par million (ppm).

« Ce n’était qu’une question de temps », a souligné Pieter Tans, le principal scientifique chargé de la surveillance des gaz à effets de serre à la NOAA. Celui-ci a précisé que les stations de mesure de l’agence avaient déjà mesuré des seuils supérieurs aux 400 ppm dans l’Arctique au printemps 2012, et à Hawaï en 2013.

« Atteindre le seuil des 400 ppm en moyenne dans l’ensemble du monde est significatif », a estimé ce scientifique.

Jusqu’à la révolution industrielle et le recours massif aux énergies fossiles, ce taux n’avait pas dépassé les 300 ppm durant au moins 800 000 ans, selon des prélèvements effectués dans les carottes de glace polaire.

« Cela montre que la combustion du charbon et du pétrole a entraîné une augmentation de plus de 120 ppm des concentrations de CO2 depuis l’ère préindustrielle, dont la moitié depuis 1980 », a insisté Pieter Tans.

L’Agence internationale de l’énergie a annoncé le 13 mars que l’augmentation des émissions mondiales de C02 provenant de la combustion des énergies fossiles s’était arrêtée en 2014 pour se stabiliser au même niveau qu’en 2013.

Mais stabiliser le taux des émissions des gaz à effet de serre n’est pas suffisant pour empêcher le changement climatique, a souligné M. Tans.

En outre, les données de la NOAA montrent que le taux moyen d’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère a été de 2,25 ppm par an de 2012 à 2014, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré au cours de trois années consécutives.

Signe que la tendance est toujours à la hausse, l’observatoire hawaïen de la NOAA, à Mauna Loa, a continué à mesurer un taux supérieur aux 400 ppm en avril. L’observatoire de Mauna Loa, qui date de 1958 et est la plus ancienne station de mesure du monde, a constaté un taux de 401,3 ppm, alors qu’en 2013, le cap des 400 ppm n’avait été franchi que durant deux jours.

Les concentrations moyennes mensuelles sont calculées à partir de mesures continues. Il existe environ 130 stations de mesure du CO2 réparties sur la planète.

4 commentaires
  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 6 mai 2015 14 h 53

    La machine infernale...

    Encore une fois, les scientifiques tirent sur la sonnette d'alarme, mais la tempête n'est pas encore visible et chacun s'en retourne à sa consommation effrénée d'énergie fossile. Que faire? Crier dans le désert? Ce soir, je vais participer à une consultation portant sur ces enjeux. Elle est organisée par "un regroupement de 60 universitaires canadiens (Dialogues pour un Canada vert), afin d’amorcer la transition du Canada vers une société à faibles émissions de gaz à effet de serre". Encore une fois, je risque d'avoir la fâcheuse impression de me retrouver sur le siège arrière de l'auto de mon père en train de jouer avec un volant jouet comme quand j'avais 3 ans. Désespérant! La solution pourtant est bien décrite par une jeune fille de 17 ans dans cette petite bd qu'elle a rédigée: https://www.dropbox.com/s/5577irdp8iqfv2u/Qui.pdf?dl=0

  • Sylvain Auclair - Abonné 6 mai 2015 15 h 10

    Rien de surprenant

    Tous les jours, on ajoute du CO₂ dans le cycle biologique du carbone. Il ne faut pas s'étonner qu'il y en ait toujours davantage.

  • Serge Olivier - Abonné 6 mai 2015 16 h 05

    Pour quand le réveil

    Comme d'habitude nous allons attendre que la catastrophe arrive avant de réagir. Ce que les dirigeants des pays oublient c'est que la catastrophe risque d'être planétaire et avec des dommages irréparable. Je comprends bien que les multinationaux qui polluent ne changeront rien, car c'est eux qui contrôle le monde et mettent les $$$$$$ dans les caisses électorales. Peut-être que le peuple devra lui se réveiller et commencer à boycotter les fautifs

    Serge

  • André Chevalier - Abonné 6 mai 2015 22 h 03

    Un énoncé faux


    « La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint un niveau record au mois de mars, un signe évident du réchauffement climatique»

    Ou bien c'est un texte mal traduit de l'anglais ou l'auteur du texte original ne connait rien du sujet dont il traite!

    Cette phrase indique que l'augmentation de CO2 de l'atmosphère est une conséquence du réchauffement climatique alors que c'est l'inverse.