Environnement: une dizaine de groupes menacés de fermeture

Photo: Facebook

Plusieurs groupes environnementaux québécois risquent de disparaître d’ici quelques mois si le gouvernement Couillard continue de refuser de renouveler l’aide financière qui leur est garantie depuis des années.

 

Depuis 2006, le ministère de l’Environnement verse un soutien qui permet aux organismes de réaliser leur mission, un financement qui découle d’ententes issues de la politique gouvernementale sur l’action communautaire. Mais depuis le mois d’avril, 10 groupes n’ont pas reçu de financement de Québec en vertu de ces ententes, qui n’ont pas été renouvelées.

 

Une situation qui les pousse rapidement vers la fermeture pure et simple, selon Jérôme Normand, d’Environnement Jeunesse. Cet organisme, qui mène des activités d’éducation dans les écoles du Québec, toucherait normalement 70 000 $. Un montant qui lui sert à lever du financement pour toute l’année. « Mais depuis avril, on vit sur notre marge de crédit et on pense à fermer nos portes », a-t-il déploré mercredi en point de presse avec d’autres groupes menacés.

 

Même sentiment d’extrême précarité chez Cyclo Nord-Sud, qui récupère ici des vélos pour ensuite les expédier dans des pays défavorisés du Sud. L’incertitude quant au financement de Québec menace le développement de projets, mais aussi tout le volet d’expédition de vélos, selon son porte-parole, Glenn Rubenstein.

 

Selon les quelques informations obtenues par les groupes environnementaux auprès de Québec, le Conseil du trésor pourrait prolonger le financement prévu jusqu’à ce que la révision des programmes opérée dans le cadre des politiques d’austérité soit complétée. Mais pour le moment, les fonds se font toujours attendre. À tel point qu’un organisme comme Environnement Jeunesse, qui existe depuis 35 ans, pourrait être forcé de cesser ses activités en mars prochain.

 

« Le gouvernement ne fera pas d’économies ici, a pourtant insisté mercredi Martine Chatelain, de la Coalition Eau Secours. Au contraire, c’est en protégeant l’environnement qu’on fait des épargnes, par exemple en réduisant la pollution et le gaspillage énergétique. Nous faisons partie de la solution, mais le gouvernement n’en tient pas compte. Il préfère subventionner des minières et des pétrolières. »

 

Les montants en jeu pour l’ensemble des groupes qui ne reçoivent plus de financement avoisinent les 450 000 $. Le gouvernement s’est engagé à investir 250 fois cette somme dans les travaux d’exploration pétrolière sur Anticosti.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 4 décembre 2014 07 h 43

    si on doit se battre

    pour chaque sujet d'intérèt commun de la société québécoise...on n'a pas fini de monter aux barricades...
    Je suggère plutôt d'émettre une motion de non confiance en ce gouvernement qui se
    traîne les pieds ...volontairement.
    Y'a-t-il d'autres suggestions?

  • Marie-Claude Delisle - Inscrit 4 décembre 2014 08 h 23

    Ce gouvernement dirige seul, seul, seul

    Or, comme un gouvernement devrait être nous, électeurs, et qu'il se comporte en despote, il me semble que non seulement nous devrons contester, se rebeller, refuser qu'il nous musèle, mais on pourrait même penser à le démettre.

  • Jacques Prescott - Inscrit 4 décembre 2014 09 h 21

    Il faut investir dans l'éducation environnementale

    Les groupes environnementaux jouent un rôle éducatif et mobilisateur essentiel auprès de la population et des entreprises. Ils nous rappellent que le développement économique et le progrès social doivent s’appuyer sur un environnement sain et des services écologiques en bon état. Le gouvernement fait fausse route en leur retirant son aide financière. Le nombre d’espèces en péril augmente, les insectes pollinisateurs disparaissent, la pollution de l’eau et de l’air s’accroît, les changements climatiques menacent nos milieux de vie. N’est-il pas temps d’investir dans l’éducation environnementale?
    Jacques Prescott, professeur associé, chaire en éco-conseil de l'UQAC

  • Henri Gazeau - Inscrit 4 décembre 2014 09 h 37

    État et Citoyen tombent dans l'eau, qu'est-ce qui reste?

    Moins d'État, moins de participation citoyenne. «Résignez-vous à n'être que des consommateurs!» La grosse industrie va s'occuper de tout. Je te vois entrer en transe, Canada : le marché totalement libre est enfin à ta portée.

    Une dictature qui ne dit pas son nom – «Hé! Franchement, t'exagères! C'est juste un gouvernement qui se tient debout, quoi...»

    Effectivement, on en disait autant de Benito et d'Adolf.

  • Jacques Prescott - Inscrit 4 décembre 2014 10 h 26

    Il faut investir dans l'éducation environnementale

    Les groupes environnementaux jouent un rôle éducatif et mobilisateur essentiel auprès de la population, des entreprises et des élus. Ils nous rappellent que le développement économique et le progrès social doivent s’appuyer sur un environnement sain et des services écologiques en bon état. Le gouvernement ferait fausse route en leur retirant son aide financière.
    Le nombre d’espèces en péril augmente, les insectes pollinisateurs disparaissent, la pollution de l’eau et de l’air s’accroît, les changements climatiques menacent nos milieux de vie. En attaquant ces problèmes de front, on consolide les bases du développement économique et social. Par leur action, les groupes environnementaux et leurs partenaires démontrent clairement qu’investir dans l’éducation environnementale est un gage de développement durable.
    Le Québec moderne, soucieux de la qualité de son environnement, pionnier du développement durable, s’est bâti en bonne partie grâce aux efforts des groupes environnementaux. Ce serait une grave erreur de leur couper les vivres.

    Jacques Prescott, professeur associé, chaire en éco-conseil de l'UQAC