Manifeste contre un État pétrolier québécois

Les signataires de ce nouveau manifeste rappellent qu'au Québec, les droits d’exploration ont été cédés au secteur privé.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les signataires de ce nouveau manifeste rappellent qu'au Québec, les droits d’exploration ont été cédés au secteur privé.

Contrairement à ce qu’affirment les signataires du récent manifeste en faveur de l’exploitation pétrolière au Québec, nous n’avons aucun avantage à devenir un « État pétrolier ». C’est ce que soutiennent les scientifiques, les écologistes et les politiciens qui signent le Manifeste pour sortir de la dépendance au pétrole. Le document publié lundi et dont Le Devoir a obtenu copie, réclame aussi une évaluation environnementale de la filière.

« Nos choix économiques doivent prendre en considération l’incontestable réalité des changements climatiques et l’impact économique et social des limites de nos ressources. Le Québec ne peut s’enliser davantage dans la voie du pétrole. Notre responsabilité collective est de diminuer notre consommation d’énergie et de favoriser l’utilisation des solutions de remplacement aux énergies fossiles. Sur cette question, il y a réellement urgence », soulignent les auteurs de ce manifeste.

 

En tout, 28 personnes appuient cette réplique au texte pro-pétrole signé récemment par des personnalités publiques comme Bernard Landry, Monique Jérôme-Forget et Joseph Facal. On y retrouve notamment des écologistes et des représentants autochtones, mais aussi des personnalités politiques comme Pierre Curzi, Lisette Lapointe et le président de Québec solidaire, Andres Fontecilla. L’ancien commissaire au développement durable du Québec Harvey Mead y figure également, de même que Richard Desjardins et le metteur en scène Dominic Champagne.

 

Consultante en développement régional et coauteure du manifeste, Kim Cornelissen juge que Québec est beaucoup trop prompt à vouloir lancer le Québec sur la voie des énergies fossiles. « Nous sommes en train de devenir un État pétrolier, tout le gouvernement semble d’accord avec cela, mais il n’y a eu aucun référendum et aucune consultation. Et je suis convaincue qu’au Québec, nous voulons autre chose que ce qu’avance le manifeste des pro-pétrole, qui a été écrit pour soutenir le gouvernement, qui veut avancer dans le pétrole », fait-elle valoir dans une entrevue au Devoir.

 

Potentiel hypothétique

 

Le manifeste « pour tirer profit collectivement de notre pétrole », publié au début du mois, presse en fait le gouvernement d’autoriser l’exploitation d’éventuels gisements de pétrole. Selon les signataires, il serait « irresponsable » de fermer la porte à ce scénario, qui permettrait de réduire les importations d’énergie fossile et de générer des revenus pour l’État, comme le fait la Norvège.

 

Le plaidoyer contre l’exploitation d’or noir au Québec réplique que s’il est vrai que l’importation de pétrole coûte cher, il est « irresponsable » de prétendre que d’éventuels gisements québécois permettraient de réduire ce déficit commercial. « Le potentiel pétrolier du Québec est souvent surestimé, écrivent-ils. Les ressources en pétrole du Québec, même selon les estimations hypothétiques que font circuler les promoteurs de son exploitation, ne pourraient remplacer qu’une très faible partie de ce qui est actuellement importé. »

 

Pour le moment, le secteur de Haldimand, à Gaspé, est celui qui serait le plus près d’une exploitation. Le sous-sol du secteur, contrôlé par Pétrolia, renfermerait 7,7 millions de barils de pétrole. Cela équivaut à 23 jours de consommation au Québec. Quant aux autres régions ciblées par les pétrolières, « aucun gisement n’a encore été découvert », malgré des décennies d’exploration, affirme Andres Fontecilla dans un entretien.

 

« Le déficit engendré par nos importations de pétrole, il faut l’attaquer un milliard à la fois : nous pouvons prendre dès maintenant les moyens pour devenir autosuffisants en remplaçant notre consommation de carburant fossile par des énergies de sources renouvelables dont regorge déjà le Québec », font donc valoir les auteurs du manifeste.

 

Selon Kim Cornelissen, le fait de lancer le Québec dans le pétrole risque au contraire d’accroître notre dépendance à l’or noir. « Un principe économique simple veut que plus on augmente l’offre, plus la demande risque d’augmenter. On se tire dans le pied en voulant augmenter l’offre. » La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, estime plutôt qu’il est possible de réduire notre consommation tout en produisant ici et en recevant du pétrole de l’Ouest par pipelines. L’objectif de Québec est de réduire notre dépendance aux hydrocarbures de 30 % d’ici six ans.

 

Le modèle norvégien

 

Il serait par ailleurs totalement « illusoire » d’espérer reproduire au Québec le modèle de la Norvège, où l’exploitation pétrolière a permis de générer des centaines de milliards de dollars en revenus pour l’État. Les signataires rappellent ainsi que dans ce pays, c’est le gouvernement qui contrôle la majorité de l’actionnariat de l’entreprise Statoil, fondée il y a déjà plus de quarante ans. Au Québec, tous les droits d’exploration ont plutôt été cédés au secteur privé. Et selon Mme Cornelissen, « le Québec n’est pas reconnu pour sa bonne gestion de la question des redevances. Nous n’avons qu’à regarder le secteur minier pour comprendre ».

 

À l’instar de M. Landry, les signataires du nouveau manifeste insistent sur la nécessité de mener un débat « scientifique » sur la question pétrolière. Selon eux, il est impératif que le gouvernement « lance une étude environnementale stratégique sur l’ensemble de la filière des hydrocarbures qui couvrirait tous les impacts sociaux, environnementaux et économiques liés à l’utilisation du pétrole et aux conséquences dans le fonctionnement de notre société ». La première ministre Pauline Marois a déjà fermé la porte à cette possibilité.

 

Ils estiment en outre que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement devrait être mandaté pour étudier chacun des projets d’exploration prévus. Québec devrait aussi adopter « un moratoire permanent sur toute forme de fracturation hydraulique, et ce, sur l’ensemble du territoire ». Les compagnies pétrolières prévoient procéder à des opérations de fracturation sur l’île d’Anticosti pour déterminer le potentiel pétrolier. De tels travaux pourraient avoir lieu dès l’été prochain.

  • LAURENT PRADIES - Inscrit 20 janvier 2014 02 h 08

    restons englués dans le passé !

    Le pétrole, c'est dépassé, pour ne pas être hors-jeu, il faut envisager les énergies et technologies de substitution pour éviter d'être dans la dépendance d'autres producteurs ...aussi le manque de recul et de perspective d'avenir de ce gouvernement est une faute commise envers ses administrés ... mais des individus du passé, formatés dans un temps révolu, les années 1960 ... peuvent-ils remettre en cause tout ce dans quoi ils ont vécu ...ont-ils assez d'imagination pour se remettre en cause ....comment peut-on penser que l'avenir soit dans des choix qui étaient novateurs vers 1880-1890 ? Il nous faut des esprits capables d'imagination au pouvoir ....

    • Luc Gallo - Inscrit 20 janvier 2014 07 h 35

      Je ne comprend pas!Si trop d,électricité aux Québec,c'est la lecture
      écrite depuis quelques dans les journaux.Bon! Si l'on prend l'argent que l'on doit investir dans le petrole,et a la place on investi dans les autos electriques,c'est-a-dire rendre le prix a l'achat des voitures électriques
      abordables!Disons pour les 5 prochaines années,ensuite on évalue la situation.Pas mal moins polluant,et un bel exemple pour la planète.

    • Gaston Langlais - Inscrit 20 janvier 2014 07 h 49

      Bonjour,

      Je pense que vous ignorez tout des produits dérivés: Outillage, médicaments, équipements chirurgicaux, équipements électroniques, matériaux de construction pour n'en citer que quelques uns. Par quoi allez-vous remplacer les plastiques? Par des patates peut-être!

      Gaston Langlais - Gaspé.

    • Charles F. Labrecque - Inscrit 20 janvier 2014 07 h 58

      Ne croyez vous pas que vous rêvez en couleur, Il est vrai que le pétrole devra un jour être remplacé mais ce jour est encore très loin. Je ne crois pas que les québécois ont les moyens de remplacer tout les automobiles dans un avenir rapproché, ce qui veut dire que nous sommes encore loin de ce changement. Comme vous devez savoir multiples sous-produites proviennent du pétrole, tel les savons, les plastiques les polymères et combien d'autres qui devront être remplacés. Or n'allez pas croire que la population serait d'accord à retourner à l'age de pierre pour rendre heureux les environnementalistes. Il faut aussi comprendre que la nature a sue s'adapter aux changements survenues depuis des millions d'années et continuera à le faire sans que nous ayons le nécessité d'intervenir.

    • Francis Renaud - Inscrit 20 janvier 2014 08 h 47

      M.Langlais,
      Aujourd'hui il existe bon nombre de matériaux pour remplacer ces plastiques dont vous parlez, tous plus respectueux de la nature et économiquement rentable que ceux dérivés du pétrole. Pourquoi ils ne sont pas sur le marché ou peu utilisés? Vous savez très bien pourquoi, j'imagine. À force de défendre le pétrole gaspésien avec des arguments creux, vous allez vous tirez dans le pieds. Attendez la prochaine hausse et vendez vos actions tandis qu'il en est encore temps.

    • Jean Richard - Abonné 20 janvier 2014 09 h 42

      @ M. Gallo – L'auto électrique est une fausse bonne solution. Actuellement, elle est aussi polluante, sinon plus que la voiture conventionnelle au pétrole. Et investir dans l'auto électrique individuelle en en subventionnant généreusement l'achat et en lui donnant congé de taxes routières, c'est bien plus une politique électoraliste qu'une vision éclairée.

      Avec la technologie actuellement disponible (et non les mirages électriques), on peut en peu de temps réduire la consommation de pétrole de façon sensible. Pour savoir comment faire, il suffit de remonter de quelques années quand une crise du pétrole a obligé les dirigeants des pays affectés à réagir. Qui se souvient des normes CAFE américaines ? Au lendemain de l'adoption de ces normes, GM orientait sa publicité non pas vers les gros VUS ou grosses camionnettes, mais vers les Geo Metro à petit moteur de trois cylindres.

      Des normes CAFE remises à jour pourraient amener des résultats sensibles en peu de temps. La technologie et l'industrie sont capables d'y répondre. L'ennui ? Ça doit se faire au niveau fédéral...

      @M. Labrecque – Retourner à l'âge de pierre ? Il y a des pierres qui, avec l'intervention humaine, ont traversé les temps. On ne peut pas en dire autant du plastique. Dans cent ans, des gens regarderont peut-être derrière et ne voyant du plastique que des montagnes de détritus, diront peut-être : n'allez pas croire que la population soit d'accord à retourner à l'âge du plastique.

      @M. Pradlès – Ce n'est pas le pétrole qui est dépassé mais simplement le tout-au-pétrole, celle qui mène à la dépendance. Sortir de la dépendance implique une diversité de sources et non le remplacement d'une par l'autre. Par exemple, passer du tout-pétrole au tout-électrique ne ferait que substituer une dépendance à une autre, ce qui ne nous avance pas d'un poil. Ce n'est pas le pétrole qui est le nœud du problème, mais la dépendance.

    • François Beaulé - Abonné 20 janvier 2014 09 h 57

      C'est justement parce que le pétrole a des applications multiples qu'il faut cesser de le gaspiller en le brûlant. L'humanité est actuellement engagée dans une course au gaspillage du pétrole. La combustion du pétrole, du charbon et du gaz est la première responsable des émissions de GES qui perturberont gravement le climat. Augmenter la production de pétrole n'est pas la solution. Il faut utiliser le pétrole à bon escient, ce qui commande de cesser de le brûler.

    • Jacques Patenaude - Abonné 20 janvier 2014 09 h 57

      À lire ces commentaires et l'ensemble de ceux qui suivent, il nous reste à espérer que cette fois-ci le gouvernement saura organiser une véritable consultation publique digne de ce nom. Les foires d’empoigne populistes comme on en vit présentement avec la « charte » ou les commissions parlementaires bidons comme pour Enbridge ne peuvent que nous enfoncer dans un cul de sac. Le PQ dans ses autres passages au pouvoir nous avait habituer à des sommets regroupant la société civile dans un processus structuré. Il faut revenir à cela. Il nous faut un débat qui engloberait l'ensemble de la question énergétique incluant la pétrochimie. La « démocratie directe » sauce Drainville c'est aller toujours de l'avant vers le fond du cul-de-sac. Souhaitons que le PQ redevienne ce parti qui nous a offert des gouvernements compétents et responsables qui savait mobiliser la population dans des projets collectif.C'est en étudiant l'ensemble de la question énergétique que nous trouverons la place que doit occupé le pétrole québécois dans notre économie.

    • Jean Francois - Inscrit 20 janvier 2014 10 h 34

      @ Gaston Langlais , je crois que vous ignorez que la premiere voiture de m. Ford étais fait en chanvre, et que le chanvre peu faire tout choses en plastic que nous consomons a tout les jours, a moindre cout de production et environementaux. Alors la question est pourquoi on ne le fait pas ?

      Disons-que si j'avais investis des milliers de milliards de dollars pour sécurisé mes ressources de pétrole sur la planete je ne voudrais pas voir le plastique de chanvre apparaitre sur le marché ... et surtout je ne voudrais pas que la population sachent que c'est possible.

      Allez voir tout les possibilités que le chanvre nous offres et vous allez tomber en bas de votre chaise.

    • Benoît Landry - Abonné 20 janvier 2014 12 h 01

      @ M. Langlais, le pétrole est un maudit beau produit qui nous permet de fabriquer beaucoup d'élements qui nous servent dans notre vie courante, il est vrai. Le problème est que beaucoup plus de la moitié, j'ai déjà lu jusqu'à 80 % du pétrole extrait actuellement sert de combustible pour nos transports. Alors si nous utilisions seulement le pétrole pour les produits que l'on dit aujourd'hui dérivés, il n'y aurait probablement pas de problèmes et ce serait une bien plus noble façon d'utiliser ce produit non-renouvelable que de simplement le brûler

    • Patrick Lépine - Inscrit 20 janvier 2014 12 h 28

      @Monsieur Richard, les voitures électriques permettraient au moins de réduire de manière importante le poids de celles-ci en regard de ce qui se fait présentement.

      Moins de poids, c'est moins d'énergie nécessaire à la fois pour accélérer le véhicule, et le freiner.

      De plus les moteurs-roues ont prouvés qu'ils fournissent autant sinon plus de puissance que les motorisations au pétrole. Donc les utiliser en guise de motorisation est la meilleure solution. On peut par la suite demander et optimiser des moteurs thermiques pour des fins de production d'énergie qui sera bien mieux rentabilisée, pour des fins de diversification des resssources comme vous le dites.

      De plus, GM a déjà produite des véhicules électriques, qu'elle a retirée de la circulation sans donner d'explications, contredisant vos propos au sujet du tout-électrique.(ceci dit je ne connais pas les sources de production électriques de la Californie)

    • Alain Paquet - Inscrit 20 janvier 2014 12 h 43

      @ M. Langlais
      Diminuer notre dépendance c'est avant tout prendre conscience de notre consommation (produits dérivés inclus).

      À titre d'exemple, environs 8% de la production mondiale de pétrole sert à la fabrication de plastique ayant le code de récupération #1 ou #2. Avec un peut de volonté, nous pourrions diminuer notre consommation d'eau embouteillée ou même l'interdire (cela à très bien fonctionné avec les sacs d'épiceries). Cela aurait un impact significatif.
      *Je ne m'adresse pas ici à ceux qui prennent de l'eau embouteillée par obligation.

      Il ne faut pas confondre prise de conscience et ignorance.

    • Michel Grégoire - Inscrit 20 janvier 2014 21 h 22

      Ce qu'il faut comprendre avec le pétrole, c'est que le pire usage qu'on doit en faire c'est de le brûler. L'industrie pétrochimique produit effectivement des biens de grande utilité. Brûler ce pétrole est un non sens, et un cul de sac.

      J'appuie le manifeste contre un état pétrolier Québécois sans hésiter.

      Félicitation aux auteurs pour sa clarté et son efficacité.

    • Francis Renaud - Inscrit 20 janvier 2014 23 h 59

      @M.Pradiès
      Absolument d'accord avec votre réflection. Vous savez même en ces temps révolus, il y avait autre chose que le pétrole.

      @M.Richard
      En 1899, une voiture électrique française, La Jamais-Contente (1898), pulvérisait les 100 km/h atteignant 106 km/h. Où en serions-nous aujourd'hui si nous avions continué dans cette voie?

    • LAURENT PRADIES - Inscrit 21 janvier 2014 02 h 11

      A Mr Langlais ...EXACTEMENT ; informez-vous cher monsieur; mais cela fait longtemps que l'industrie sait remplacer les molécules issues des hydrocarbures par celles issues du végétal ...je suis effaré de votre ignorance !!!

    • LAURENT PRADIES - Inscrit 21 janvier 2014 02 h 16

      A Charles F. Labrecque....cher monsieur, face à l'ignorance il faut s'informer...tout ce que vous dites ne correspond à aucune réalité...tous les ans les Québécois achètent des milliers de véhicule, il suffit de mettre une eco-taxe sur les véhicules les plus polluants et favoriser l'achat de véhicules à gaible consommation, année après année il y aura une baisse de la consommation globale ...d'autre part tous les produits dont vous parlez ont depuis longtemps des équivalents industriels issus de la transformation du végétal...informez-vous sur les innovations industrielles, informations accessibles à tous sur le web ...

  • Albert Labranche - Inscrit 20 janvier 2014 02 h 44

    Restons quêteux

    Lequel des signataires n'est pas branché sur la mamelle de l'état.
    Ceux qui ne veulent même pas explorer c'est comme dire, Je ne prend pas de chances d'envoyer les enfants a l'école ils peuvent devenir des cancres. C'est completement ridicule.
    S.V.P. faire parvenir la nouvelle dans le ROC, ils nous mettrons dehors au plus vite. Comme ca les quêteux et faiseux seron heureux.
    Je suis pour un Québec digne sans péréquation.

    • Francis Renaud - Inscrit 20 janvier 2014 07 h 57

      Mais de quelles mamelles parlez-vous? Celle de la culture, Celle de la science, de l'économie, de la politique...

      Je ne prendrais aucune chances d'envoyer mes enfants à votre école et d'en faire de futurs quêteux, quêtant pour réparer ce que la soif du pétrole leur aura laissé. Et le Rest of Canada vont se mordre les doigts dans un avenir rapproché, je crois, quand le reste de l'humanité les pointeront du doigt comme grandement responsable des bouleversements climatiques à venir et leur réclameront réparation.

      Mais de quelle dignité parlez-vous? Nous payons déjà chèrement la péréquation?

      Nos déboires ne sont pas beaucoup attribuables à la surévaluation de notre dollar pour favoriser les exploiteurs pétroliers étrangers des sables bitumineux, notamment les "Américains" pour certains ou "États-Uniens" pour d'autres comme il vous plaira.

      Je suis pour un Québec digne devant ses petits-enfants.

    • Benoît Landry - Abonné 20 janvier 2014 09 h 46

      Quand je vois la quantité de subventions, de crédits d'impôts et d'octrois de droits d'exploitation accordés pour des pinottes, que reçoivent les pétrolières, les minières et autres exploiteurs de nos ressources naturelles, tout en payant trop peu de redevances et en nous laissant la restauration des sites après leur départ, je me demande bien qui vit le plus en tétant les mamelles de l'État ?

    • Jean Francois - Inscrit 20 janvier 2014 10 h 37

      Et les Albertains vont queter leurs voisins de la Colombie-Britanique pour la pèche, l'eau potable ... de plus mis a part Banff le tourisme est pratiquement au point mort, à l'image de leurs écosystèmes.

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 janvier 2014 20 h 46

      Monsieur Labranche,
      je vous invite à lire Un gouvernement de trop, de Stéphane Gobeil. Nous ne sommes pas si quêteux que cela.

      De toute manière, exploiter le pétrole, c'est quêter notre niveau niveau à nos arrière-petits-enfants...

    • Michel Grégoire - Inscrit 20 janvier 2014 21 h 24

      Des commentaires comme le vôtre n'apportent rien au débât, ce n'est qu'ennuyant à lire.

  • Guy Vanier - Inscrit 20 janvier 2014 04 h 06

    Ça c'est la bonne réponse!

    Oui la bonne réponse à ces vendeurs de pollution à la solde de......
    Voilà des gens crédibles avec des visées sur l'avenir et l'avancement de notre société, nos jeunes et notre santé à tous.
    Un débat est nécessaire et une consultation des Québécois est obligatoire avant d'allez plus en avant.
    Tout le monde debout et ça presse.

  • Mario Leroux - Inscrit 20 janvier 2014 04 h 15

    Le pétrole

    Le contenu de ce manifeste devrait,je l°espère,convaincre Mme Marois et son Gouvernement de la pertinence de mener,comme le mentionne l°article,un débat scientifique sur la question pétrolière.Cependant,il faudrait se donner un peu plus de temps pour espérer réduire de 30% notre dépendance aux hydrocarbures;six ans c°est un peu court même que c°est illusoire!

    • Patrick Lépine - Inscrit 20 janvier 2014 12 h 32

      Avec l'aide des bonnes volontés ce n'est pas si court. Et je vous dirais qu'avec les projections sur les changements climatiques, c'est nécessaire.

  • Francis Renaud - Inscrit 20 janvier 2014 06 h 17

    Sonner le glas de l'ère pétrolière

    Il est indéniable que l'ère pétrolière est sur ses derniers milles.
    Si ce n'est pas nous qui y mettons fin tous ensemble, c'est elle qui aura notre peau.
    Pas la nôtre, nous en sommes pas encore rendu là mais bien celles des générations qui nous suivront. Comme nous avons réglé le problème des pluies acides des années '80, par exemple, il faut prendre celui-ci à bras le corps et changé tout notre système de valeurs actuelles. Il n'y a pas de solutions magiques, seulement de "l'huile de coudes" et de la bonne volonté.

    Bien que les inquiétudes soulevées par le "Manifeste pour tirer profit collectivement de notre pétrole", soit fondées: dette, vieillissement, etc...le pétrole est bien, quoiqu'ils en pensent, une solution magique et non profitable collectivement. Il faudra beaucoup de courage à la classe politique pour faire les changements qui s'imposent mais nous sommes là, "le peuple", et savons que c'est pour notre bien et non pour les poches de quelques uns. Je suis certain que les QuébécoisEs, toutes partisaneries confondues, vous appuieront.

    Les Signataires du "Manifeste pour tirer profit collectivement de notre pétrole" ont osé prendre en exemple les Artisans de la Révolution Tranquille pour appuyer leur point de vue, quelle honte!
    Les vrais héritiers de la Révolution Tranquille seront ceux qui oseront être les Artisans de la Révolution Tranquille post-pétrolière et lègueront un avenir plus que payant et durable aux QuébécoisEs.

    Merci aux signataires de ce Nouveau Manifeste, c'est de vous que l'on se souviendra quand viendra le temps de faire référence aux Révolutionnaires Tranquilles de notre époque et non des Signataires du "Manifeste pour tirer profit collectivement de notre pétrole".

    Salut!

    P.S.: Je n'ai pas lu ce "Contre Manifeste" mais j'ai une confiance aveugle envers les signataires, mentionnés ci-haut. Ils signent pour le bien commun et celui des générations futures.

    • Guy Pelletier - Inscrit 20 janvier 2014 13 h 18

      Contrairement à vous, j'ai lu ce manifeste, justement parce que je n'ai aucune confiance dans ces signataires. Certe, le fond de leurs idées est parfois juste, mais leurs arguments sont rarement convaiquants et surtout manquent presque toujours de réalisme. Que proposent-ils à court ou moyen terme qui peut vraiment être appliqué?

    • Stéphane McKenzie - Inscrit 20 janvier 2014 13 h 34

      Le Bien commun... j'adore ce terme et surtout ceux qui s'auto-proclament le défendre! Dans mon esprit, avoir confiance aveugle, c'est comme croire en Dieu. On croit sans se poser de question.

      Le Bien commun, c'est quoi? Comment on le mesure? Quels sont les critères pour juger si on a affaire au droit commun? Qui fait l'arbitrage? J'ai souvent lu des trucs du sublime metteur en scène Dominic Champagne concernant le Bien Commun. Il utiliuse cet argument pour s'opposer aux mines par exemple.

      Mais au fait, est-ce que M. Champagne a des connaissances scientifiques en environnement? En génie minier? En géologie? En économique? Comment fait-il pour juger que l'exploitation éventuelle du pétrole au Québec ne servirait pas le Bien commun? A-t-il utilisé un modèle coûts-bénéfices où il aurait internalisé les coûts environnementaux de l'exploitations du pétrole québécois en opposition à continuer comme on fait actuellemet, c'est à dire importer massivement notre pétrole? As-t-il comparé les risques pour le golf de faire passer des pétroliers provenant d'Algérie comparativement à forer dans le Golf? Personnellement, je ne suis pas convaincu du tout que ça serait une bonne chose de forer dans le St-Laurent. Mais avant de dire oui ou non, j'aimerai avoir des réponces provenant de sources scientifiques rigoureuses. Messieurs Desjardins et Champagne sont de très grands artistes. Sont-ils des scientifiques qui doivent démonter leurs théorie devant des comités de scientifiques comme le fait toute science dite rigoureuse?

      P.S. Je suis à 200 % pour qu'on réduise notre dépendance aux énergies fossiles. Sauf qu'aux dernières nouvelles, on continue l'étalement urbain, on utilise de plus en plus de cuisinières et de foyers au gaz naturel, les 4 X 4 sont toujours à la mode...

    • Yves Corbeil - Inscrit 20 janvier 2014 14 h 11

      100% d'accord avec vous M.Renaud,

      Imaginons nous la fin de notre monde d'aujourd'hui comme dans les films catastrophes qui nous sont presente depuis des decennies mais sans que ce soit arrive. On le rebatirait comment notre nouveau monde avec tout ce que nous savons, bien differement j'espere.

      Donc pourquoi nous au Quebec on commencerait pas le chantier de ce nouveau monde. On a le territoire, les ressources naturelles et humaines pour le faire, ca prends juste quelqu'un qui se leve et qui nous menent vers ce nouvel horizon idealiste mais surtout pas irrealiste.

      Je suis sur que nous avons ces leaders au Quebec.

    • Michaël Lessard - Abonné 20 janvier 2014 14 h 45

      Merci M. Francis Renaud

      Une bonne manière de commencer et de cesser de subventionner à coup de milliards l'industrie pétrolière. On finance 15 fois plus le pétrole que les autres énergies: on doit plutôt donner notre argent public à des ingénieur-es avant-gardistes qui pourraient moderniser nos manières de faire ici et ailleurs.

    • Francis Renaud - Inscrit 21 janvier 2014 00 h 13

      @ M.McKenzie
      "L'homme est l'espèce la plus insensée, il vénère un Dieu invisible et massacre une Nature visible! Sans savoir que cette Nature qu'il massacre est ce Dieu invisible qu'il vénère." Hubert Reeves

      Pour moi le "Bien Commun", c'est le bien de tous et on le mesure quand c'est payants pour tous les QuébécoisEs et pas seulement pour quelques actionnaires privés.

      M.Champagne, en connaît beaucoup sur le sujet depuis temps qu'il s'implique, il a même visité les sables bitumineux question de se faire sa propre idée. Je dois souligner qu'il n'est le seul signataire et qu'il se trouve plusieurs scientifiques parmis eux.

      Je suis d'accord avec vous on doit changer nos valeurs et je ne m'attends pas à ce que cela se fasse du jour au lendemain. Mais il est impératif d'avoir ce débat maintenant avant d'aller plus loin dans nos considérations pétrolières.

    • Stéphane McKenzie - Inscrit 22 janvier 2014 14 h 32

      @ M. Renaud. Très belle citation de M. Reeves.

      Pour en revenir au Bien Commun, je suis en accord avec le principe que lorsqu'on le mesure, c'est que c'est payant pour l'ensemble des québécois. Mais là, où nous semblons diverger, c'est sur ce qui entre dans son calcul. En vous lisant, j'ai l'impression que vous ne regardez que l'espect profits bruts des investisseurs. Or, dans la définition d'une retombées économique, on mesure l'ensembles des profits ET des salaires générés par une activité économique sur un territoire donné. Donc, même si une certaine partie des profits semblent nous échapper (nous sommes peut-être actionnaires par nos placements en passant), il demeure que les salaires qui seraient payés à d'éventuels travailleurs de cette nouvelle industrie, ainsi que dans la chaine des fournisseurs (effets indirects) et des emplois créés par les dépenses de consommations de tous ceux précédemment nommés seraient une plus value pour le Québec. Cette nouvelle masse monétaire générerait également des retombées fiscales supplémentaires au Québec. Ceci dit, cela ne signifie pas que nous devons nous lancer tête première dans cette industrie, il se pourrait fort bien que la ressource ne soit tout simplement pas exploitable et ils faut aussi tenir compte du risque environnemental. Mais avant de dire oui ou non, serions-nous capable comme société de faire l'effort d'y réfléchir de manière rigoureuse ?

    • Stéphane McKenzie - Inscrit 22 janvier 2014 14 h 46

      Pour ce qui est de M. Champagne. Il faut davantage d'un voyage en Alberta pour se déclarer spécialiste Je ne pense pas que nos Conservatoires d'art dramatique donnent des cours en modélisation économique, en géologie, en chimie, etc.

      Ceci dit, s'il était revenu de l'Alberta avec une spécialité en environnement du pétrole, il serait spécialisé en sable bitumineux. Ce qui n'est pas du tout le même type de formation géologique que celles que nous retrouvons dans le Golf du St-Laurent. De plus, en Alberta, il ne travaillent pas dans la mer. Enfin, puisqu'il s'agit de formation géologiques différentes, les procédés d'extraction et de transformation sont à des années lumières. Donc, un spécialiste des sables bitumineux n'est pas un spécialiste du pétrole conventionnel ou de shale. Donc, avec tout le respect que j'ai pour le metteur en scène de génie qu'il est ainsi que sur le fait qu'il est un excellent orateur, je ne peux lui accorder beaucoup de crédibilité scientifique sur un sujet aussi complexe que l'exploitation du pétrole, autant que sur son analyse de la fiscalité. Mais il a totalement le droit de s'exprimer. Et je réitère mon premier souhait, arrêtons de mettre la faute sur les gouvernement et les compagnies si nous ne sommes pas capables, individuellement, à commencer par donner l'exemple.

    • Francis Renaud - Inscrit 23 janvier 2014 05 h 21

      M.McKenzie,
      Merci moi aussi je trouvais que c'était une belle citation de M.Reeves sur Dieu.

      Sur Anticosti lors des dernières explorations (sismiques de Junex), les gros salaires ont été payés à des étrangers car nous n'avons pas "encore" l'expertise dans le domaine pétrolier. Même les hélicoptères venait de l'ouest parce que nous Québécois sommes inaptes dans ce domaine. Si vous considérez que les salaires seront gages d'un avenir ensoleillé, c'est bien, mais encore se seront les travailleurs qui paieront la plus large part de ces nouveaux gains, pas l'industrie. Je suis un peu blasé d'entendre que les emplois sont des redevances. Je ne suis pas actionnaires et qui paiera pour la remise en état d'Anticosti? Vous et moi pas l'industrie, les règles sont ainsi à l'heure actuelle. Le Québec en entier doit être actionnaire ou bien les compagnies doivent assumer 100% de la responsabilité. Anticosti a fourni au trésor québécois 500 millions depuis la création de SÉPAQ-Anticosti, vous me direz bien peu depuis un peu plus de 30 ans mais comme c'est durable elle continuera pour longtemps si on a une véritable envie qu'elle le fasse et qu'on lui en donne les moyens.
      L'explorer et l'exploiter de façon pétrolière met un terme définitif à cette entrée de fonds durables. N'oubliez pas que c'est le plein emploi sur Anticosti, en ce moment, même si les temps sont durs à cause de la surévaluation de notre bon dollars canadiens. Et qui favorise cette surévaluation?

      Pour ce qui est de M.Champagne, je crois qu'il s'implique purement et simplement en tant que citoyen et oui vous avez raison ce n'est pas un expert. Pourquoi on le pointe du doigt continuellement, sais pas? Vous, vous le savez surement? Parce qu'on n'aime pas ces "show"?

      Donc je vous invite à investiguer le pedigree de chaque signataire et peut-être trouverez-vous les auteurEs véritables de ce manifeste et pourrez alors dénigrer les vrais coupables.

    • Stéphane McKenzie - Inscrit 23 janvier 2014 15 h 46

      M. Renaud
      Je tiens tout d'abord à signaler que j'apprécie cet échange. Bien que nous ayons des avis divergeants, nous pouvons en débattre de manière civilisée. Mon souhait serait que l'on soit capable de discuter ainsi des débats importants à tenir au Québec pour assurer à nos enfants un avenir le meilleur qu'il soit.

      Vous avez probablement raison sur le fait qu'à Anticosti, il devait y avoir pas mal de main-d'oeuvre étrangère. Dans toute nouvelle industrie, c'est ce qui arrive car la connaissance et l'expertise locales n'existent pas. Donc, les retombées devaient en effet être relativement faibles. Dans les premières mines en Abitibi par exemple. Les premières équipes devaient provenir de l'immigration. Aujourd'hui, l'Abitibi-Témiscamingue exporte son savoir-faire partout dans le monde avec des maillages avec l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, le Cégep et bons nombres de petites firmes de fournisseurs.

      Pour les notions de redevances et de création d'emploi, tout comme vous, je ne considère pas qu'il s'agisse de la même chose. Les redevances sont un ponction des profils de l'entreprise alors que les salaires sont versés aux travailleurs. Il s'agit de deux concepts, mais une chose les lie, ils sont tous les deux générateurs de richesse collective. Dans le sens que ces nouvelles sommes génèrent de l'activité (comme la consoimmation de produits culturels par exemple) et qu'elles constituent de nouvelles sources de revenus pour les divers palliers de gouvernement qui peuvent servire à financer l'éducation supérieure, par exemple. Et ce, sans même qu'un sous de revevance ait été versé à l'État. La publicité du PQ était tirée par les cheveux car elle laissait croire qu'il n'y avait que les redevances qui comptaient. Je vis dans des communautés minières depuis 1997 et je peux vous dire que sans les mines, ces communautés seraient mal en point. MAIS, il faut mesurer les +...mais aussi les - avec la même rigueur.