Pétrole: Québec lorgne une zone fragile du golfe

Le banc des Américains est situé tout juste à l’est de la pointe de la Gaspésie. La zone maritime est d’une superficie de 1050 km2.
Photo: D'après une carte de Pêches et Océans Canada Le banc des Américains est situé tout juste à l’est de la pointe de la Gaspésie. La zone maritime est d’une superficie de 1050 km2.

Peu avant le début du congé des Fêtes, le gouvernement du Québec a lancé un appel d’offres afin d’évaluer le « potentiel économique » des énergies fossiles du banc des Américains, une vaste zone maritime située tout juste à l’est de la pointe de la Gaspésie. Or, Ottawa envisage d’établir une aire marine protégée pour tout ce secteur réputé pour sa grande biodiversité et la fragilité des espèces qu’on y retrouve.

Le document de l’appel d’offres indique que le gouvernement Marois souhaite obtenir une « étude indépendante sur le potentiel économique des hydrocarbures en milieu marin ». Celle-ci est commandée par le ministère des Ressources naturelles (MRN) et concerne précisément la structure Old Harry et le banc des Américains. Ces deux zones pourraient très bien présenter un intérêt pour l’exploitation pétrolière et gazière, selon Québec.

 

« Le faible niveau de connaissance de ces deux secteurs représente un défi de taille pour en déterminer le réel potentiel, entre autres parce qu’aucun forage exploratoire n’a été réalisé directement à l’intérieur des structures géologiques de ces deux secteurs et qu’aucune analyse des données spécifiquement détenues par le gouvernement du Québec n’a été faite », souligne toutefois le gouvernement.

 

L’entreprise qui sera retenue devra donc analyser les données des relevés sismiques déjà réalisés « au début des années 1970 ainsi qu’en 1998 et en 2002 » et qui lui seront fournies par le MRN. « Des rapports techniques sur des puits d’exploration pétroliers et gaziers, forés en périphérie de ces zones, seront aussi transmis au prestataire de services. » Le MRN a décidé de clore l’appel d’offres le 21 janvier, et les conclusions devront être remises au plus tard le 15 avril. Il s’agit d’un contrat évalué, pour le moment, entre 200 000 $ et 300 000 $.

 

S’il était prévisible que Québec cherche à en connaître davantage en ce qui a trait à la structure Old Harry, le secteur du banc des Américains n’a jamais été évoqué auparavant, selon Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs.

 

Cette zone maritime est située tout juste à l’est de la pointe de la Gaspésie. Elle est d’une superficie de 1050 km2. La limite sud-ouest du secteur se situe juste à côté du parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé. La limite nord-ouest se trouve tout près du parc national Forillon.


Zone de protection marine?

 

Le lancement de cet appel d’offres est d’autant plus étonnant que le gouvernement fédéral étudie présentement la possibilité de faire du banc des Américains une zone de protection marine en vertu de la Loi sur les océans.

 

Ottawa s’est en fait fixé comme objectif de désigner 10 % des eaux canadiennes comme aires marines protégées d’ici 2020. Au Québec, seuls deux sites sont dans la mire du fédéral, soit une zone qui entoure les îles de la Madeleine et le banc des Américains.

 

« Ce site est caractérisé par la diversité de ses habitats, par la présence permanente ou saisonnière de nombreuses espèces à valeur commerciale et de baleines, par la présence d’espèces en péril et par une grande diversité de mollusques et crustacés, précise d’ailleurs Pêches et Océans Canada. Ce site a aussi un grand potentiel comme aire d’alimentation pour différentes espèces de poissons et de mammifères marins et comme refuge pour les populations de poissons de fond actuellement en déclin, incluant le stock de morues du sud du golfe. Historiquement, ce secteur était très convoité pour la pêche. »

 

« La mise en place d’une zone de protection marine dans ce secteur favoriserait la productivité et la diversité des espèces dont plusieurs à valeur commerciale et le rétablissement des espèces en péril qui fréquentent ce site particulier », ajoute Pêches et Océans Canada sur son site Web.

 

Pour Sylvain Archambault, la décision de Québec d’évaluer le potentiel économique des énergies fossiles qui pourraient se trouver au fond du golfe du Saint-Laurent est donc insensée. « Cet appel d’offres pour une étude de potentiel pétrolier sur un projet d’aire marine protégée est d’autant plus révoltant que le Québec n’a présentement aucun milieu marin protégé dans le golfe », insiste-t-il.


Oui aux hydrocarbures

 

Québec n’a jamais caché son préjugé favorable envers l’exploration et l’exploitation des ressources fossiles en milieu marin. La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a d’ailleurs promis en septembre d’étudier davantage le « volet économique » lié à l’exploitation d’éventuelles ressources pétrolières et gazières.

 

Le rapport d’évaluation environnementale stratégique commandé par le gouvernement a cependant mis en lumière le fait que Québec connaît mal le golfe du Saint-Laurent et serait inapte à répondre à un déversement pétrolier qui surviendrait en raison de l’exploitation d’énergie fossile en milieu marin.

 

Ce document de plus de 800 pages souligne qu’il demeure « plusieurs lacunes » dans l’état actuel des connaissances sur le golfe. Les carences concernent les technologies d’exploration et d’exploitation, les composantes des milieux physique, biologique et humain, ainsi que les « effets environnementaux potentiels des activités d’exploration et d’exploitation, ainsi que des déversements accidentels ».

 

On ignore par exemple comment récupérer du pétrole « lorsqu’il y a présence de glace ». On connaît relativement peu de chose des « courants et de l’évolution de ceux-ci en fonction des changements climatiques ». Et dans le contexte actuel, marqué par de vives inquiétudes, les auteurs du rapport estiment en outre que « l’acceptabilité sociale d’une éventuelle exploration et exploitation des hydrocarbures en milieu marin n’est pas acquise ». Le Québec n’a par ailleurs pas de loi concernant l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures. Un projet de loi pourrait être présenté cet hiver.

 

La ministre Martine Ouellet n’était pas disponible mardi pour discuter avec Le Devoir de l’appel d’offres lancé par le gouvernement.

57 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 janvier 2014 00 h 31

    De bonne guerre

    Bravo au gouvernement Marois.

    Il crée une monnaie d'échange sur ses juridictions.

    • Nicole Bernier - Inscrite 8 janvier 2014 06 h 36

      Une vision de la politique totalement ridicule... M. Francoeur, vous pensez qu'il va aller chercher des votes auprès des gens comme moi qui se préoccupent de la protection de l'environnement... Juste pour cette stupidité, j'espère que les 50,000 personnes qui ont manifesté pour mettre en priorité la protection de notre environnement, de notre santé et de notre survie voteront contre le PQ au printemps et contre Harper et ses projets d'hydrocarbures...

      Dans le processus de négociation, il est possible de collaborer sur un projet avec le fédéral et de lui demander un renvoi d'ascenseur sur un autre dossier sans dépenser plein d'argent pour s'attaquer à l'équilibre marin d'un secteur important... Les deux paliers de gouvernement peuvent avoir intérêt à travailler ensemble pour le bien commun des citoyens.

      D'ailleurs, j'aime beaucoup le commentaire qui suit de M. Brullemans.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 janvier 2014 09 h 11

      ce ne sera plus un jupon qui dépasse madame bernier ...mais une robe
      de bal avec traîne...

    • Normand Carrier - Abonné 8 janvier 2014 11 h 20

      C'est curieux de constater que des libéraux ultra fédéralistes deviennent tout a coup des champions écologistes et de grands défenseurs de l'environnement ..... Pour éviter toute partisannerie , j'ajouterais que si le PQ ne s'en occupe pas , les libéraux et la CAQ se feront un plaisir de promouvoir toutes formes d'exploitation de pétrole et de gaz de schiste et avec beaucoup moins de précaution et d'études du BAPE ....
      A voir comment le PLQ sous Jean Charest a précipité l'exploitation des gaz de schiste , on devrait s'inquièter de la possibilité qu'ils reprennent le pouvoir ....
      Tant qu'a la CAQ leur seul intérêt est l'économie sans restriction .....

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 janvier 2014 14 h 04

      Mme Bernier,

      Croyez-vous vraiment que Harper s'occupe de l'environement ? Il faut être aveugle pour ne pas voir une autre manoeuvre pour bloquer le Québec. D'ailleurs, comment se fait-il que Harper choisisse le Banc des Américains alors que Terre-Neuve lorgne Old Harry, et ce, sans réaction d'Ottawa ?

    • LAURENT PRADIES - Inscrit 9 janvier 2014 04 h 31

      Expliquez-vous Mr Francoeur... je veux bien que vous cherchiez à soutenir le plus loin possible l'iniatitive du PQ, moi je n'y vois que du perdant-perdant, quelle serait selon vous la nature du "deal" ?

    • Nicole Bernier - Inscrite 9 janvier 2014 04 h 33

      M.. Francoeur, où avez-vous vu que je défends Harper? Voyons donc, qu'est-ce que cela veut dire quand j'écris de voter "contre le PQ au printemps et contre Harper et ses projets d'hydrocarbures"

      Je ne laisserai pas manipuler mon vote parce qu'il va faire un petit effort, d'ailleurs, je n'ai jamais voté pour lui... mais, je suis bien heureuse, quand un politicien, et peu importe qui, propose un petit geste pour essayer de calmer le jeu des pressions sur son gouvernement. Si le gouvernement fédéral essaie de calmer les activistes, en accordant un air marin protégé, cela ne fait pas qu'Harper est devenu un défenseur de l'environnement, mais cela permet d'avoir un espace où la nature sera protégée... Et, pour moi, cela est très important.

    • Nicole Bernier - Inscrite 9 janvier 2014 04 h 36

      M" Francoeur, quand vous dites que je suis aveugle, est-ce parce que vous vous imaginez que si on vote contre le PQ, on est incapable d'être critique du fédéral... Votre partisannerie limite-t-elle votre imagination par rapport aux stratégies politiques de ceux qui ne reproduisent pas le discours idéologique de votre groupe?

      Finalement, qui est aveugle? Peut-être que, vous, vous êtes incapable de voir le jeu du PQ? Moi, je ne me fais pas manipuler ni au provincial ni au fédéral.... Vous?

  • Marc Brullemans - Abonné 8 janvier 2014 01 h 02

    L'enfermement...

    Au-delà du fait que le ministère des ressources naturelles du Québec semble d'abord entiché des seules ressources pétrolières, au détriment de celles que garantissent des écosystèmes naturels en santé - et dont le banc des Américains pourrait constituer un bel exemple -, ce sont les messages que nous adressent les politiques qu'il nous faut saisir. Au lieu de favoriser un rapport harmonieux avec la nature, par une saine connaissance du milieu, c'est "une évaluation économique de la mise en valeur des hydrocarbures en milieu marin pour les secteurs de Old Harry et du Banc des américains" qui est commandée. Le rapport final comprendra donc un "inventaire complet de la ressource incluant les volumes d’hydrocarbures en place (possible et probable) et récupérable et la nature de ceux-ci, le tout sur la base de scénarios probabilistes", est-il indiqué.

    Cet appel d'offres, et dont l'une des exigences est que le responsable doit "posséder un minimum de dix ans d’expérience pertinente à titre de chargé de projet dans le domaine gazier et pétrolier" laisse aussi à penser que les ressources humaines compétentes travaillant au gouvernement ne font pas légion. Pourquoi faire encore appel à l'entreprise privée? Pourquoi aussi choisir ce moment ? Y-a-t-il urgence?...

    Au lieu d'une politique ouverte, capable d'écoute, immense comme le Golfe, on préfère le saucisson de l'efficiente étude. Non pas que cette dernière soit dénuée d'intérêt, c'est plutôt qu'elle se trouve en porte à faux avec une plus vaste qu'il aurait déjà fallu entamer, laquelle aurait été précédée d'une véritable réflexion.

  • Albert Labranche - Inscrit 8 janvier 2014 04 h 31

    Drole de coincidence

    C'est tout de meme bizarre que le gouvernement federal a laissé le monde entier volé le poissons et maintenant veut protéger.
    Bizarrement dans les deux endroits ou c'est peut etre un avantage économique pour le Québec.

    • Nicole Bernier - Inscrite 8 janvier 2014 06 h 46

      Bizarre que cette région intéresse tout à coup le gouvernement québécois... Je comprends beaucoup mieux Harper qui cherche à redorrer sa position environementale, que celle du PQ.... Les groupes écologistes revendiquent depuis longtemps la protection du fleuve, une concession mineure, je le reconnais, du fédéral après avoir tout fait pour discréditer les revendications écologistes... les élections approches.

      S'il n'y avait pas eu d'étude sur ce secteur du fleuve, on ne peut pas prétendre que le Fédéral agit pour bloquer le développement économique du Québec...

      M. Labranche, votre affirmation aurait du sens, seulement si des études avaient démontré la présence de ce foutu pétrole. D'ailleurs, je trouve que le raisonnement de M. Francoeur est davantage pertinent. Il a bien vu qui réagissait à qui..

      Beaucoup des commentaires sont tellement ancrés dans la défense d'une idéologie partisane que cela déforme totalement la qualité des raisonnements...

    • Yves Perron - Inscrit 8 janvier 2014 07 h 37

      Et le gouvernement fédéral abandonne l'écologie partout où il y a une richesse à exploiter...Sauf au Québec? Ben voyons donc.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 8 janvier 2014 08 h 08

      Harper déteint sur Marois!

      Le terrain électoral se réchauffe, aussi bien au Fédéral qu'au Qc...

      Le dossier économique étant la faiblesse et la vulnérabilité du gouvernement Marois, celui-ci oublie ses grands cris du coeur écologiques et environnementaux et met le cap -urgemment- sur l'exploration pétrolière.

      Le dossier environnemental étant la faiblesse du gouvernement Harper, ce dernier commence à donner des grands coups de cape et de chapeau démonstrativement protecteurs de l'environnement...

      Le cas spécifique du banc des américains, juste au moment oû Harper veut le protéger et Marois l'exploiter pourrait constituer une manoeuvre de plus pour chercher chicane...et montrer une fois de plus qu'on ne peut rien décider chez NOUS..

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 janvier 2014 09 h 15

      @ mme bernier
      je crois que m. Labranche a soulevé un point très important...

    • Gaston Fiset - Inscrit 8 janvier 2014 10 h 08

      la protection des ptit namis Albertain et leur pétrole pour Harper

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 9 janvier 2014 06 h 15

      D'accord! M. Fiset...Cela aussi est révoltant...M. Harper n'a pas l'approbation, et de loin, de la majorité canadienne...Aucun gouvernement ne devrait travailler que pour sa base...Malheureusement, ils le font tous..inclus le gouvernement Marois!

  • André Chevalier - Abonné 8 janvier 2014 04 h 56

    Hypocrisie des politiciens!

    Ça fait des années que Québec se pette les bretelles pour son bilan dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il lance des projets pour électrifier les transports, réduire le chauffage au mazout, etc...

    Puis,soudain, ne voilà-t-il pas que se présente la perspective d'exploiter les combustibles fo$$ile$ sur notre propre sol. Là nos dirigeants politiques se mettent à saliver de convoitise à l'idée de l'essor économique que ça représente pour le Québec (...surtout les entreprises privées) en cherchant à nous vendre l'idée que ça prend absolument ça pour nous payer des services publics (...et se faire réélire) et atteindre l'indépendance économique (...et politique).

    Sommes-nous tant que ça dans la misère actuellement qu'il faille dévaster notre territoire pour assurer notre confort? On essaye de nous rentrer dans le crâne que la classe moyenne dont je fais partie est prise à la gorge par les taxes, fait démenti par nos habitudes de consommations... que les riches vont s'en aller ou travailler moins fort si on les taxe davantage... que les usines vont fermer, etc... Chantage!

    Rien ne presse pour exploiter ce pétrole... Dans le sol, il garde toujours sa valeur. Il faut dire aussi que pour combattre le réchauffement climatique, on devrait laisser dans le sol plus de 80% des réserves connues des carburants fossiles.

    • John Plaice - Inscrit 8 janvier 2014 05 h 47

      Malgré une augmentation importante des émissions de CO₂ dans l'atmosphère depuis 17 ans, il n'y a pas eu d'augmentation de température.

    • André Chevalier - Abonné 8 janvier 2014 06 h 24

      @ John Plaice

      «... il n'y a pas eu d'augmentation de température.»

      Alors, à quoi sont dues l'élévation du niveau de la mer, la fonte du pergélisol, la réduction de la banquise polaire et le recul des glaciers?

    • Benoît Landry - Abonné 8 janvier 2014 06 h 32

      @ M Plaice, voici un petit vidéo de quelques secondes préparés par la NASA qui démontre le réchauffement de l'atmosphère depuis plus de 100 ans
      youtube.com/watch?v=EoOrtvYTKeE

      et je vous fait remarquer que de s'occuper de la pollution ce n'est pas seulement se préoccuper des émissions des GES.

      Je termine en me disant bien d'accord avec M. Chevalier, nos politiciens sont d'une hypocrisie crasse et là-dessus le PQ rejoint les conservateurs d'Ottawa. Faut le faire selon cette nouvelle, nous pourrions assister à un affrontement où Ottawa va se faire du capital politique en environnement devant un PQ qui perd son voile "ostentatoire" d'écologiste....

    • Albert Labranche - Inscrit 8 janvier 2014 06 h 53

      M. Chevalier.
      C'est bien de vouloir ecouter le vent, regarder les nuages. Du gaz et du pétrole nous en consommerons pour des decennies, alors pourquoi pas le notre au lieu d'augmenter la dette a enrichir les autres?
      Dans le futur lorsque la richesse ne vaudra plus rien nous serons encore plus pauvres a manger du foin.
      Les pays riches viendront et prendront ce qu'ils veulent.
      Heureusement je ne serai plus de ce monde, mais j'ai de descencants.

    • Benoît Landry - Abonné 8 janvier 2014 10 h 39

      @ M . Labranche, si vous avez des descendants, il serait bon pour eux de vous préoccuper des déficits et dettes environnementales que nous leur laisseront. Au pire économiquement , nous pourrons faire faillite et repartir sous un autre nom, mais écologiquement c'est impossible d'effacer des faillites

    • Jean Santerre - Abonné 8 janvier 2014 10 h 43

      M.Chevalier.
      Votre raisonnement serait parfait s'il n'y avait pas un problème de taille.
      Le "nôtre" n'a jamais existé, n'existe pas et n'existera jamais tant et aussi longtemps que le Canada ne sera pas souverain en matière de ressource naturelle.
      Je parle bien du Canada, pour le Québec personne n'y songe depuis longtemps.
      Aucune entreprise pétrolière indigène ici, le seul pays du G20 qui n'en possède pas.
      S'enrichir dites-vous? Qui voulez-vous enrichir lorsque vous êtes sous-fifre?

  • Pierre Desautels - Abonné 8 janvier 2014 06 h 48

    Honte au PQ.

    Le PQ a fait campagne au centre-gauche, avec en plus une saveur verte. Un fois au pouvoir, il tourne au centre-droit et renie ses propres principes et son propre programme environnemental. Maintenant, c'est la marionnette du lobby du pétrole. Honteux!

    • Claude Saint-Jarre - Inscrit 8 janvier 2014 08 h 41

      L'utilisation du pétrole n'est pas nécessaire; on a des alternatives. Servons-nous de notre intelligence propre. C'est le PQ qui est fossile, dinosaure s'entend.

    • Serge Clement - Inscrit 8 janvier 2014 10 h 30

      Je suis plutôt du genre écolo dans ma vie mais malgré cela, je ne pense pas que nous soyons prêts, dans un avenir rapproché, à nous passer de pétrole.
      http://www.centreforenergy.com/Documents/TeachingR
      En plus de l'utilisation plus ou moins quotidienne de tous ces biens, il y a aussi leur production. Là non plus nous ne sommes pas prêts à arrêter cette malheureuse exploitation car imaginez-vous l'augmentation du % de chômage, au Qc et ailleurs. Vous et moi, travailleurs déjà surchargés par les taxes devront nous résoudre à l'être davantage.
      Bernard Landry parlait ce matin à Radio-Canada d'une exploitation responsable, où le gouvernement serait un acteur "actif", engagé, soucieux de concilier réalité et idéalisme.
      Comme le dit M. Perron plus bas, ne soyons pas naïf et pour que les loups hurlent moins fort, il faut de toute façon se joindre à eux. Aussi bien combattre de l'intérieur que de continuer à encercler les remparts de l'impératif économique, ce qui, à date, a donné peu de résultats.
      Tout cela en organisant une transition consciente, structurée et stratégique, mais également et surtout réaliste des besoins auxquels le pétrole répond actuellement. Qui de vous possède son Ipod?

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 8 janvier 2014 16 h 13

      M.. Clément,

      Pour l'environnement, il vaut mieux, de loin, de continuer à importer du pétrole conventionnel de gisements déjà exploités, plutôt que d'ouvrir des environnements fragiles à l'exploration. Tout en concentrant nos efforts pour faire la transition vers d'autres formes d'énergie.

      Si l'on investit des milliards comme société pour construire une infrastructure d'exploitation pétrolière (investissements publics ou privés, cela importe peu), et si notre gouvernement dépend de ces revenus, nous n'aurons plus AUCUNE motivation pour faire les changements technologiques qui s'imposent, et nous serons ENCORE PLUS embourbés dans une dépendance au pétrole que nous ne le sommes actuellement.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 8 janvier 2014 19 h 33

      Présentement, notre consommation de pétrole provenant d'ailleurs crée de la richesse ailleurs. Et ce n'est pas demain la veille où nous cesserons d'en consommer.

      Si notre sous-sol possède un potentiel pétrolier susceptible de créer ici de la richesse , et ce, en tout respect des principes du développement durable, pourquoi ne le ferions-nous pas ?

      Cela ne nous empêche absolument pas d'explorer les autres avenues de consommation énergétique, y compris les plus innovantes. Nous avons la chance d'avoir un éventail de choix. Nous serions stupides de ne pas en profiter, prudemment et intelligemment.

    • Monique Proulx Désy - Abonnée 8 janvier 2014 22 h 07

      Merci à Jean-Pierre Marcoux. Pourquoi ne pas agir intelligemment? C'est l'essentiel, dans tout, me semble-t-il.

      Et pour agir intelligemment, il faut connaître la réalité. Le potentiel économique d'un secteur, ça fait partie de la réalité.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 9 janvier 2014 07 h 10

      D'où l'intérêt de nous affairer à réduire notre consommation de pétrole. Pas de la cesser complètement du jour au lendemain. De la réduire graduellement, réduisant ainsi les importations.

      Si l'on fait le choix, en tant que société, d'investir dans l'exploitation du pétrole et de dépendre de ses revenus pour financer notre gouvernement, on fait aussi le choix conscient d'AUGMENTER notre dépendance au pétrole.

      Pas seulement de la réduire graduellement, mais de l'augmenter. Et dans ce cas, vous avez tout à fait raison, c'est pas demain la veille qu'on s'en passera.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 9 janvier 2014 07 h 19

      «Cela ne nous empêche absolument pas d'explorer les autres avenues de consommation énergétique, y compris les plus innovantes.»
      - Jean-Pierre Marcoux

      En fait, concrètement, oui, cela nous empêche catégoriquement d'explorer d'autres avenues, puisque cela reviendrait à amputer les revenus du gouvernement et des sociétés ayant investi dans l'exploitation pétrolière. Si l'on se rend dépendant des revenus du pétrole, on a aucune motivation à diminuer ces revenus.

      Même la Norvège, souvent citée en exemple, fait beaucoup moins que ce qu'elle s'était fixé en termes d'objectifs de transition vers une économie non-pétrolière. Pourquoi? Parce-que sa dépendance financière à l'égard du pétrole fait qu'elle ne veut pas réduire sa source de revenu:

      http://www.economist.com/node/12970769

    • Serge Clement - Inscrit 9 janvier 2014 13 h 18

      M. Leblond,
      Je reviens à mon propos. Sommes-nous prêts, concrètement et structurellement à laisser aller le pétrole pour nous tourner vers une (des) autres ressources. Il va de soi que non, nous en sommes loin. L'hyperlien que j'ai joint à mon premier commentaire (plus avant) démontre que, de part la diversification des produits du pétrole et l'utilité quotidienne indéniable de sess sous-produits, nous ne sommes pas prêts. Le pétrole n'est pas que du carburant.
      Je conviens que la Norvège semble être tombée dans un piège. Pourquoi pas se servir de cet exemple pour exiger, comme citoyen, que soit explorées, en parallèle, d'autres avenues pour ultimement mettre en place de meilleures stratégies. Ne pas faire comme le moteur roue électrique qu'un employé d'Hydro-Québec avait développé, le mettre sur les tablettes.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 9 janvier 2014 15 h 20

      M.Leblond,

      La lecture de l'article du Economist tend à me donner raison.
      J'espère que vous l'avez lu jusqu'au bout.

      Règle générale, vos affirmations bénéficieraient d'un peu plus de recherche et de nuance.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 9 janvier 2014 18 h 17

      M. Clément,

      Parce-que lorsqu'une ressource comme le pétrole est en jeu, la démocratie mange une claque. C'est exactement se qui se passe avec le Canada depuis qu'il nage dans le pétrole. Les joueurs contrôlent des milliards, et les citoyens, face à cela, ne font pas le poids. Exigez comme vous voulez, mais face aux pétrolières nous ne ferons pas le poids.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 9 janvier 2014 19 h 28

      M. Marcoux, je vous rappelle mon argumentaire: que même en Norvège, qui est pourtant un cas absolument exceptionnel, une dépendance s'est installée, qui fait que le pays a pris beaucoup de retard par rapport aux vertueuses intentions qu'elle énonce. Cet article dit exactement cela, du début à la fin. D'une part que la Norvège est en retard sur ses objectifs, d'autre part qu'elle augmente sa production pour l'exportation et enfin que l'opinion publique tourne le dos aux objectifs écologiques en faveur d'un mode de vie polluant et énergivore favorisé par le pétrole.

      Ce que cet article n'aborde même pas, c'est les investissements de Statoil (compagnie d'Etat norvégienne) dans des projets extrêmement polluants à l'extérieur du pays, comme dans les sables bitumineux en Alberta et le pétrole de schiste au Dakota du Nord.

      Oui, même la Norvège, pays aux institutions démocratiques et aux normes civiques parmi les plus fortes du monde, est contrôlée par sa ressource pétrolière, ayant cru pouvoir la contrôler.

      Qu'en serait-il au Québec, où il y a tout le contraire d'une intention de nationaliser la ressource, et où l'industrie pétrolière privée a déjà placé ses pions pour influencer le gouvernement (Lucien Bouchard et André Boisclair entre autres).

      Mon jugement n'est pas assez nuancé à votre goût. Le vôtre est trop utopique au mien.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 9 janvier 2014 21 h 01

      Au fait, M. Clément, votre hyperlien renvoie à un document produit par un organisme fondé par l'Association canadienne des producteurs de pétrole.

      Êtes-cous vous-même impliqué dans l'industrie pétrolière? Croyez-vous que la documentation qu'elle produit fournit une information impartiale?