Le projet de Val-Jalbert divise la région

Selon les modalités actuelles du projet, les promoteurs pourront presque assécher la rivière sur près d’un kilomètre, de même que la chute en aval, en dehors des périodes d’ouverture du site.
Photo: Amélie Daoust-Boisvert Le Devoir Selon les modalités actuelles du projet, les promoteurs pourront presque assécher la rivière sur près d’un kilomètre, de même que la chute en aval, en dehors des périodes d’ouverture du site.

Si le gouvernement Marois est pour la construction d’une centrale hydroélectrique à Val-Jalbert, ce n’est pas le cas de l’ensemble de la région qui doit accueillir le controversé projet. C’est ce qui ressort d’un nouveau sondage Léger Marketing obtenu par Le Devoir.

En effet, 51 % des citoyens consultés à Roberval, à Chambord, à Saint-Prime et à Mashteuiatsh s’opposent au controversé projet de construction sur la rivière Ouiatchouan, qui traverse le site historique de Val-Jalbert. Et parmi eux, 37 % se disent « très défavorables ».


En contrepartie, 40 % des répondants appuient cette idée défendue par le Parti québécois malgré la mise à mort récente du programme de petites centrales. Quelque 10 % des personnes contactées par Léger Marketing ont refusé de se prononcer.


Une plus grande proportion des sondés, soit 61 %, souhaite que les travaux de construction de la centrale de Val-Jalbert soient « annulés » (34 %) ou alors « suspendus en attendant une consultation publique » (27 %). Une majorité de répondants partagent l’une ou l’autre de ces options dans chacune des municipalités où a été mené le sondage. Un peu plus du tiers de tous les répondants, soit 36 %, croient au contraire que les promoteurs doivent aller de l’avant avec ce projet qui modifiera significativement l’aspect de la chute qui coule au coeur de ce site touristique du Lac-Saint-Jean.


Impact sur le tourisme


Près de la moitié des sondés sont convaincus que la construction de cette centrale de 16 mégawatts « aura un impact négatif sur le tourisme dans la région ». Le tiers estime que cela n’aura aucun impact. Selon les modalités actuelles du projet, les promoteurs pourront pour ainsi dire assécher la rivière sur près d’un kilomètre, de même que la chute en aval, en dehors des périodes d’ouverture du site aux visiteurs. Ce constat a été repris dans un avis du Conseil du patrimoine culturel, mais Québec n’en a pas tenu compte dans sa décision d’autoriser le projet.


Enfin, une majorité des citoyens interpellés par les sondeurs ont dit croire que le harnachement de la rivière Ouiatchouan aura un impact « négatif » sur l’environnement. Le quart juge que ce projet n’aura aucun impact. L’étude a été menée auprès de 507 personnes les 15 et 16 février derniers. La marge d’erreur est de 4,4 %, 19 fois sur 20.


Selon un sondage paru fin janvier dans le journal Le Quotidien, 53 % de la population de la région s’oppose au projet de centrale porté par la Société de l’énergie communautaire du Lac-Saint-Jean, qui regroupe les MRC du Domaine-du-Roy et de Maria-Chapdelaine, mais aussi le Conseil des Montagnais du Lac-Saint-Jean. Bernard Généreux, préfet de la MRC du Domaine-du-Roy et candidat péquiste défait aux dernières élections, défend le projet.


La Fondation Rivières évalue que l’électricité produite sera vendue à 8 ¢ le kilowattheure, sans compter les coûts de transport. Tout cela dans un contexte de surplus et alors qu’Hydro-Québec vend son électricité aux États-Unis à un prix se situant entre 5 et 6 ¢ le kilowattheure.

18 commentaires
  • Michel Bédard - Inscrit 21 février 2013 07 h 59

    Le pays qu'on veut nous faire ?

    Nos gouvernements passés ont permis l'arnachement de rivières, l'assèchement de majestueux cours d'eau qui passaient au coeur de villes et villages (Alma, Shawinigan, etc). Ces régions sont devenues d'une désolante tristesse, d'une honteuse laideur. Pas surprenant que les citoyens d'Alma aient un faible sentiment d'identification et d'appartenance à leur milieu de vie. En sera-t-il ainsi pour Val Jalbert ? Est-ce le genre de pays que le PQ veut nous faire ? Non merci.

  • Éric Cyr - Inscrit 21 février 2013 08 h 29

    Ailleurs!

    Faites la ailleurs votre centrale Mme Marois. Y'a plein de place, le Québec est immensément immense!

    • Richard Laroche - Inscrit 21 février 2013 09 h 48

      Ce dont les journalistes n'expliquent jamais, c'est les motivations de ceux qui sont en faveur du projet.

      Il y a dans certaines régions une forte volonté d'indépendance. Hydro-Québec est une grosse bibitte têtue contrôlée par une obscure oligarchie syndicalo-corporative et les régions se retrouvent soumises à toute sortes de caprices, d'exigences et d'innefficacités.

      Avec leur propre centrale, les régions trouvent de la flexibilité locale pour encourager certaines industries comme ils le veulent. Il s'agit de diminuer le contrôle de l'oligarchie Hydro-Québec sur le développement de la région.

      Malheureusement, leur structure locale n'apporte rien de réellement mieux: ils vont inconsciemment créer leur propre micro-oligarchie. Échelle différente, même problème. C'est une petite clique locale qui va s'en mettre plein les poches. Il vaudrait mieux mettre de l'effort à assainir, "démocratiser" et rendre plus transparents les processus décisionnels chez HQ.

    • Patrick Boulanger - Abonné 21 février 2013 10 h 38

      « Faites la [sic] ailleurs votre centrale Mme Marois. Y'a plein de place, le Québec est immensément immense! (M. Cyr) » ?

      Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de la construire ailleurs la centrale vu que Hydro-Québec a des surplus qui nous coûtent cher présentement (voir article: « Hydro-Québec - 1,5 milliard pour des surplus d’électricité imposés par les libéraux »).

    • Éric Cyr - Inscrit 21 février 2013 20 h 23

      @Patrick Boulanger
      Qu'attend-on pour électrifier les transports avec ces surplus.
      Et ces surplus sont temporaires. L'avenir DOIT être sans hydrocarbures, il y va peut-être de notre survie. Alors soyons prêt à fournir à une demande continentale accrue.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 22 février 2013 06 h 19

      «Avec leur propre centrale, les régions trouvent de la flexibilité locale pour encourager certaines industries comme ils le veulent»

      Y a t'y quelqu'un qui a entendu parlé qu'un industrie voulais s'établir à Val-Jalbert ? C'est bien beau d'avoir une génératrice, mais si t'as rien a «ploguer» après, tu fais quoi avec ? À part de la regarder virer ?

  • Jean Bédard - Inscrit 21 février 2013 09 h 25

    Pas qu'à Val Jalbert...

    Avec ses projets énergétiques à l'aveuglette, la région de Chaudière-Appalaches est aussi déchirée depuis 2008, et le gouvernement ne fait rien pour rassurer les communautés sur les projets de mégaparcs éoliens en milieux habités, IMPOSÉS littéralement à la population. Changement de gouvernement, rien n'y fait. On continue à déchirer le tissu social à St-Julien en écartant les citoyens de leur peu de droits à un référendum. Produire de l'électricité à 10 cents et la revendre à 4 cents aux Américains morts de rire. Mme Marois, y voit "une opportunité". Celle de gaspiller. Et on dit qu'on n'a plus d'argent pour rien. Cette gabegie coûtera plus de 4 milliards jusqu'en 2023. Au secours!

  • Gilles Théberge - Abonné 21 février 2013 16 h 47

    Qu'est-ce qu'ils attendent?

    Pour faire marche arrière dans ce projet loufoque!

    • Marie-M Vallée - Inscrite 22 février 2013 07 h 39

      Il faudrait demander à Bernard Généreux, candidat défait du PQ dans Blainville et président de la Fédération des municipalités du Québec.

  • André Lefebvre - Inscrit 22 février 2013 05 h 38

    51 + 10 = 61%

    Devant ces chiffres, on doit admettre que nous avons une drôle de démocratie.

    André Lefebvre