Équiterre veut donner l’heure juste sur le projet d’oléoduc Enbridge

Le directeur général adjoint d'Équiterre, Steven Guilbeault
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le directeur général adjoint d'Équiterre, Steven Guilbeault

L’organisme Équiterre organise trois séances d’informations pour dénoncer le projet de la société pétrolière Enbridge visant à inverser le flux d’un oléoduc entre le Québec et l’Ontario dans le but d’acheminer du pétrole albertain à Montréal.

La première rencontre se tiendra mardi à Mascouche. Les suivantes auront lieu mercredi à Montréal et lundi prochain à Saint-Césaire, en Montérégie.


Équiterre est ouvertement contre le projet, soulignant qu’il permettra à la pétrolière d’acheminer du pétrole issu des sables bitumineux dans l’est du pays.


Son directeur général adjoint, Steven Guilbeault, a souligné dimanche que l’oléoduc en question, qui passe au nord de Montréal, est vieux d’une quarantaine d’années. Utilisé pour transporter du pétrole « léger », il ne serait pas adapté à l’expédition de pétrole lourd, un combustible plus corrosif. « Il faut plus de pression pour le transporter, a-t-il expliqué. Ça augmente de beaucoup les risques de fuite, de déversement. Il faut aussi comprendre qu’Enbridge a une feuille de route lamentable en matière de sécurité. Cette compagnie-là est responsable en moyenne d’un accident par semaine depuis dix ans. »


M. Guilbeault a ajouté que le projet est contraire aux orientations du Parti québécois qui, en campagne électorale, souhaitait que le Québec se détourne progressivement de sa dépendance au pétrole.


« On semble ouvrir la porte au pétrole en Gaspésie, sur l’île d’Anticosti, on ne sait pas trop ce qui se passe avec Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent, Mme Marois crée un comité de travail avec l’Alberta pour l’arrivée des sables bitumineux au Québec… C’est très décevant », a déploré M. Guilbeault, regrettant dans la foulée la dernière sortie de l’ancien premier ministre Bernard Landry. Sur les ondes de la première chaîne de Radio-Canada samedi à l’émission Faut pas croire tout ce qu’on dit, M. Landry a dit souhaiter que le Québec devienne un jour un pays exportateur de pétrole.


En attente d’une décision


Le projet d’Enbridge doit maintenant recevoir l’aval de l’Office national de l’énergie afin d’inverser le flux de son oléoduc reliant la métropole québécoise à la ville de Westover, en Ontario. Cette conduite est mieux connue sous le nom de « pipeline no 9 ».


Selon M. Guilbeault, la pétrolière n’a tenu que deux discrètes séances d’informations à ce sujet, à Montréal-Est et près de Mirabel. Seules 50 personnes se seraient déplacées pour y assister.


Vendredi, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, s’est dit favorable en principe à l’initiative, de même qu’à celle de TransCanada visant à transformer un gazoduc sous-utilisé en oléoduc afin d’acheminer du pétrole albertain jusqu’au Nouveau-Brunswick.

20 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 4 février 2013 07 h 31

    Une autre voie maritime

    Nous avons contribuer à la construction de la voie maritime du St-Laurent. Sans rien exiger en retour.
    Cette voie maritime a permis le développement industriel de Toronto et Hamilton. Notre minerai, chargé à Sept-Îles, nous passe au nez et est transformé en Ontario.
    Ce pipeline sera en tous points similaires: le pétrole des sables bitumineux, la plus grande quantité du moins, se rendra dans un port du Nouveau-Brunswick pour être expédié sur la côte est américaine. Plus de cent millions de personnes entre New York et Washington. Voilà le vrai marché visé par les pétrolières.
    Serons-nous, encore une fois, les dindons de la farce?

    • François Ricard - Inscrit 4 février 2013 12 h 43

      Surtout que le Vermont vient de refuser de façon fort catégorique la construction d'un oléoduc sur leur territoire. De là l'importance de traverser le Québec.

  • André Michaud - Inscrit 4 février 2013 09 h 07

    Gérer les risques

    Dont tout développement il faut gérer les risques, pas ne rien faire pour éviter des risques.

    Pendant la construction de la route 20 , un déversement d'huile a contaminé définitivement le puit de la famille de Mario Dumont. Est-ce que l'on aurait dû ne pas construire d'autoroute au cas ou? Les avantages ont largement dépassés les désavantages. La vie c'est apprendre à gérer des risques. Ceux qui ne prennent jamais de risques sont ceux qui ne font rien.

    • Mario Campanozzi - Inscrit 4 février 2013 11 h 34

      Vous avez tout faux M. Michaud. Nous sommes en 2013, pas en 1960. Il faut dénoncer ces projets destructeurs. Il faut développer les énergies de demain et non perpétuer les énergies sales et dépassées. Ayez un peu de vision SVP.

    • Patrick Boulanger - Abonné 4 février 2013 20 h 58

      Avant de penser à « gérer les risques », il faudrait, à mon sens, se demander si nous voulons encourager l'exploitation et l'exportation du pétrole issu des sables bitumineux !

  • Claude Kamps - Inscrit 4 février 2013 11 h 00

    Qui paye le salaire et les frais de représentation?

    Malheureusement pour moi, ces organisations qui sont contre tout, sans apporter de solutions de rechange« viables» me laisse perplexe sur la façon dont ces gens sont financés et quelle occulte mécène les soutient...
    Quand dans notre monde on veut tout nier et renier, je suis perplexe!

    • François Ricard - Inscrit 4 février 2013 12 h 35

      Pourquoi ne prendrait-on une fraction des profits faramineux de ces pétrolières pour chercher des énergies plus propres?
      Les pétrloières ne son t pas intéressées par cette recherche qui leur fait concurrence. C'est au gouvernement à agir.
      Par exemple depuis plus de quarante ans, le gouvernement canadien subventionne les pétrolières.
      Depuis huit ans, c'est 2,5 milliards annuellement que le gouvernement leur remet. Pourquoi?
      Pourquoi ne pas investir cet argent dans la recherche de d'autres sources d'énergies plus propres?
      C'est, en fait, ce que les verts demandent au gouvernement de faire. mais le gouvernement continue à faire la sourde oreille.
      Pourquoi la population se ferme-t-elle les yeux et les oreilles devant tout cela?
      Est-ce que la population est biuen renseignée? Les verts, dans nos médias, sont souvent présentés comme des pariahs plutôt que des gens préoccupés par leur environnement.

    • Patrick Boulanger - Abonné 4 février 2013 21 h 34

      « Malheureusement pour moi, ces organisations qui sont contre tout [...] » ?

      Équiterre n'est pas contre tout M. Kamps ! Cet organisme accorde juste BEAUCOUP plus d'importance à la qualité de notre environnement qu'au développement économique (contrairement à nos chambres de commerce). C'est une question de valeurs. Par ailleurs, en ce qui a trait à son financement, elle reçoit possiblement de l'argent du gouvernement en plus des cotisations de ses membres et des dons des particuliers.

      Patrick Boulanger

      P.-S.: avez-vous une opinion sur la compagnie Enbridge ?

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 4 février 2013 11 h 08

    Bonjour,

    Depuis un certain temps nous lisons que cet oléoduc est « vieux »; les oléoducs se calculent pour une vie de 80 ans à plein régime!

    On lit que ce pétrole est « très abrasif »; avant d’entrer dans l’oléoduc le pétrole repose dans des réservoirs pour au moins 3 jours. Ce délai assure la précipitation des solides, la séparation de l’eau du pétrole ainsi que sa dégazification.

    Voila la science au service du public et de l’industrie. Qui dit mieux?

    Merci.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 4 février 2013 13 h 06

      Elle était où la science lors de l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique ? Et on ne parle pas des autres catastrophes, comme l'Exon Valdez...

    • Djosef Bouteu - Inscrit 4 février 2013 16 h 16

      Je dis mieux, du concret : Enbridge est d'une incompétence spectaculaire en termes de sécurité.

      Le Québec n'a pas grand intérêt à ce qu'Enbridge vienne chez nous démontrer sa pleine incompétence chronique en répendant des produits toxiques dans la vallée du Saint-Laurent.

  • Jean Deslauriers - Inscrit 4 février 2013 15 h 21

    Bien oui

    À lire vos commentaires hypocrites comme si nous serions en mesure de modifier la consommation ou une source d'énergie différente demain matin! Pendant ce temps nous sommes pris avec du pétrole d'Arabie plus cher qui a voyagé et dont les risques sont un millard de fois plus dangereux pour l'environnement. Tant qu'à continuer dans vos logiques, arrêter de boire votre jus d'orange le matin et le riz le soir, ça ne pousse pas au Québec et vous avez contrinuer au réchauffemment par son transport. Le pétrole de l'Alberta est un produit local et du pétrole c'est par définition sale et ça va le rester. On en a pour au moins 60 ans encore avant de réussir à modifier nos sources d'énergies alors en attendant arrêter de jouer les autruches.

    • Paul Michaud - Abonné 4 février 2013 18 h 47

      Le problème c'est qu'il y a les ''pour' et les 'contre'. Personne ne nous fournit le bilan globale, non, ce sont des décisions à la pièce: Gentilly, Anticosti, éolien, oléoduc, etc. Si t'es pour, t'es un sale capitaliste, si t'es contre, t'es un écologiste-brainwashe.
      D'où vient le pétrole actuel? D'Arabie, du Soudan, d'Ouganda? Sait pas. De toute façon, ils sont loin, leur pollution ce ne devrait pas être notre problème.
      Le rôle du gouvernement c'est d'être l'arbitre des possibilités, puis de proposer une vision d'avenir.
      Wow, on est loin du compte.

    • Éric Cyr - Inscrit 4 février 2013 19 h 09

      "On en a pour au moins 60 ans encore avant de réussir à modifier nos sources d'énergies"
      Surtout avec une mentalité figée comme dans votre commentaire. c'est en refusant les énergies sales et en investissant dès maintenant dans le solaire et l'éolien qu'on va se débarasser de la pauvreté, de la pollution et de notre dépendance.

      Le train suspendu Trens-Québec serait un excellent début. Il n'y a que pour le transport que nous dépendons du pétrole. La fée électricité pourrait le remplacer avantageusement.

    • François Ricard - Inscrit 4 février 2013 19 h 56

      Non. Rien ne sera fait du jour au lendemain. Mais il faut commencer maintenant.
      Nous sommes à changer la planète en poubelle.
      De plus en plus de nos lacs sont peuplés d"algues bleues.
      Non-traités, ces lacs meurent tout simplement et leur eau ne peut plus servir.
      Pour les trateir, il en coûte beraucoup. ne serait-il pas temps de nous donner des règlements pour enrayer la prolifération de ces algues?
      De même, pour le pétrole. Investissons dans la recherche pour le remplacer plutôt que de subventionner ces pétrolières qui font déjà des profits faramineux.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 février 2013 20 h 10

      Et, concrètement, qu'est-ce qu'on fait pour arriver un jour à se passer du pétrole? Rien du tout.

    • Patrick Boulanger - Abonné 4 février 2013 22 h 09

      « Le pétrole de l'Alberta est un produit local et du pétrole c'est par définition sale et ça va le rester. (M. Deslauriers) ?

      C'est vrai, mais l'extraction du pétrole albertain (issu des sables bitumineux) génère beaucoup plus de GES que l'extraction du pétrole conventionnel. En outre, notre pétrole albertain « local » est l'une des principales sources d'émission de GES au Canada et l'une des principales raisons de leur hausse au pays.

    • Patrick Boulanger - Abonné 5 février 2013 08 h 52

      Réponse à M. Auclair

      « Et, concrètement, qu'est-ce qu'on fait pour arriver un jour à se passer du pétrole? Rien du tout. (M. Auclair) » ?

      Il y a - notamment ? - nos véhicules qui commencent à s'électrifier (véhicules hybrides et véhicules électriques).