Interdiction de forage - Québec reconnaît le règlement de Gaspé

Pétrolia a déjà réalisé deux forages dans un secteur de Gaspé nommé Haldimand et s’apprêtait à en commencer un nouveau.
Photo: Source Pétrolia Pétrolia a déjà réalisé deux forages dans un secteur de Gaspé nommé Haldimand et s’apprêtait à en commencer un nouveau.

Québec a reconnu jeudi la validité du règlement adopté par Gaspé qui a pour effet d’interdire les forages pétroliers sur son territoire. Une décision annoncée après une rencontre avec la Ville et qui survient à la veille d’une autre rencontre, prévue celle-là avec l’entreprise Pétrolia.


« Le ministre reconnaît la validité du règlement municipal de la Ville de Gaspé. Bien entendu, il reconnaît sa validité tant qu’une autorité compétente ne l’invalidera pas », a fait valoir au Devoir une porte-parole du ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet. Le ministre n’a pas souhaité commenter davantage cette affaire en raison de la rencontre prévue vendredi entre la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et la direction de Pétrolia.


Mardi, Mme Ouellet a dit qu’elle attendait l’avis de « plusieurs ministères » concernant le règlement avant de décider si Québec permettra à Gaspé de le maintenir. La Ville l’a adopté en décembre afin de protéger ses sources d’eau potable contre la contamination qui pourrait résulter des travaux de forage que Pétrolia souhaite mener sur le territoire de la municipalité. Lors des forages, les pétrolières utilisent depuis des années un mélange contenant de l’acide chlorhydrique pour stimuler leurs puits. Pour chacun, on peut injecter des dizaines de milliers de litres de ce mélange. Aucune étude n’a été menée sur les risques environnementaux des forages au Québec.


Pétrolia estime toutefois que ses travaux ne posent pas de risques particuliers pour l’environnement. En conférence de presse mercredi, la direction de l’entreprise a dénoncé la décision de la Ville de Gaspé, qui a pour effet de bloquer son projet. Son président, André Proulx, a même menacé de quitter la région si Québec ne l’autorise pas à procéder, malgré la décision du conseil municipal.

 

Un nouveau forage


Pétrolia s’apprêtait à commencer cette semaine un nouveau forage, Haldimand #4. Celui-ci devait atteindre une profondeur totale d’environ 1000 mètres. À partir de 500 mètres, il devait être dévié progressivement pour atteindre une trajectoire presque horizontale. La longueur totale du puits était de 2650 mètres. L’objectif était de vérifier si le gisement qui se trouverait sous Gaspé peut être exploité. Une firme indépendante l’a déjà évalué à 7,7 millions de barils de pétrole. La valeur de cette ressource pourrait atteindre un milliard de dollars, au prix actuel de l’or noir. Le permis d’exploration de la pétrolière lui coûte 11 971,50 $ par année.


Pétrolia a déjà réalisé deux forages dans un secteur de Gaspé nommé Haldimand. La pétrolière a aussi extrait des centaines de barils de pétrole au fil des ans, dans le cadre de ses travaux. Ce pétrole léger a été vendu à la raffinerie d’Ultramar. La pétrolière n’a pas eu à verser de redevances. En 2011, elle a acquis un terrain dans le port dans le but de stocker du pétrole.

22 commentaires
  • Patrick Labelle - Inscrit 18 janvier 2013 07 h 30

    Menace de quitter

    Petrolia menace de quitter le québec si gaspé n'autorise pas le forage petrolier ... Et bien qu'il quittent !

  • Claude Lachance - Inscrite 18 janvier 2013 08 h 10

    Qu'a-t-on à perdre?

    Pétrolia menace de quitter... pour le peu de redevances... Peut-être que la Gaspésie a plus à gagner dans le respect de l'environnement que de satisfaire, pour quelques misérables "peanuts", l'avidité et l'inconséquence des vautours.

  • Éric Cyr - Inscrit 18 janvier 2013 09 h 01

    Un beau cocktail!

    Voici juste une partie de ce qui peut être injecté, dont plusieurs cancérigènes:
    Dérivé de sulphonate de benzène, Dipropylène glycol, Acide benzènesulphonique derivés alkylés C10-16-, Nitrilotriacétate de sodium monohydrate,Persulfate de sodium, Hypochlorite de sodium, Méthanol, Isopropanol, Alcool éthoxylé ramifié, Persulfate de sodium, Triéthanolamine, Diéthanolamine, Dibromo-3-nitrilopropionamide, Carbonate de potassium, Hypochlorite de sodium >7% de chlore, Chlore, Hydroxide de sodium, Isopropanol, Triméthylbenzene, Formaldéhyde,Naphthalène, Alcool propargylique, Éthyl octynol, Alkylphenols Oxyalkylatés, naphtha, Acide acétique, Polymère de thiourée, Triméthylbenzène, Alcool éthoxylé, Propanol, Propanediaminium-2-substitué, hexaalkyl, alogénure...

    pétrolia qui appartient à des étrangers veut quitter? Bon débarras! Moins il y aura de pétrole extrait et mieux la terre se portera, ainsi que nous ses habitants.

    Richesse mon oeil! "La pétrolière n’a pas eu à verser de redevances."

  • Raphaël Arsenault - Inscrit 18 janvier 2013 09 h 34

    Quittez!

    Vite, du balai!

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 18 janvier 2013 10 h 07

    Gaspé n’est pas seul…

    La démarche de Gaspé est «tout à fait légitime», estime Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités du Québec (FQM). D’autre part, Éric Forest, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) croit que si les forages des firmes d’exploration représentent une menace à l’eau potable d’une municipalité, c’est le devoir de la dite municipalité d’adopter un règlement à cet effet.

    De son côté, le professeur de droit municipal à l’Université de Sherbrooke, Guillaume Rousseau, donne également raison à la municipalité de Gaspé en ajoutant que cette loi fut adoptée en vertu de la Loi sur les compétences municipales permettant de protéger l’environnement dans les limites de la ville.

    Nul doute que Petrolia ira jusqu’en Cour Suprême afin de renverser cette situation et affirmer la primauté de la Loi des mines. Québec doit prendre de vitesse Petrolia et apporter rapidement une nécessaire modification à cette Loi désuète.

    Notons enfin que Petrolia n’est pas comme semble le penser nombre de gens une compagnie essentiellement québécoise. Si le président et vice-présidente, André Proulx et sa fille Isabelle, sont bien d’ici, les principaux actionnaires sont bien d’ailleurs. À Commencer par Pilatus Energy (siège sociel en Suisse, seul actionnaire et président, Al Yousef Abbas Ibrahim Yousef, un riche entrepreneur des Émirats Arabes Unis très présent en Afrique de l’ouest), Investcan Energy (filiale de SCDM Énergie, basée à Paris, deux seuls actionnaires les frères Martin et Olivier Bouygues) et depuis 2011, CD Private Equity Natural Resources Fund, propriété de CD Capital (société britannique de type hedge found).

    Tout ce beau monde a spéculé, spécule et entend encore spéculer sur les marchés mondiaux. Ils ne s’encombrent ni ne s’encombreront certes pas des dégâts et des saletés laissés dans l’environnement québécois en autant qu’ils empocheront de très gros profits.