Plan Nord - Québec paiera la grosse part d'une route pour une mine de diamants

Les actionnaires de Stornoway Diamond Corporation, par exemple, ont de quoi se réjouir de l'annonce du prolongement de la route 167, qui ouvre la voie à l'exploitation de la première mine de diamants au Québec.
Photo: Source Stornoway Diamond Corporation Les actionnaires de Stornoway Diamond Corporation, par exemple, ont de quoi se réjouir de l'annonce du prolongement de la route 167, qui ouvre la voie à l'exploitation de la première mine de diamants au Québec.
Selon les prévisions budgétaires rendues publiques hier, la construction de cette route de 243 kilomètres coûtera 331,6 millions de dollars, soit 1,4 million du kilomètre. Le gouvernement assumera la majeure partie de la facture en investissant pas moins de 287,6 millions de dollars dans le projet, soit 8 millions de plus que ce qui était inscrit dans le document présentant les investissements en infrastructures dans le cadre du Plan Nord.

De son côté, la minière Stornoway Diamond Corporation s'engage à injecter 44 millions dans le projet sur une période de 10 ans, et ce, à partir de juillet 2015. L'entreprise de Vancouver a aussi accepté d'«effectuer une contribution maximale de 5000 $ le kilomètre, soit 1,2 million par année, pour l'entretien de la route pendant son utilisation». Selon ce qu'a dit hier le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, Stornoway paiera la totalité des coûts d'entretien de cette route gravelée pendant 10 ans. Impossible, pour le moment, de savoir à qui cette responsabilité incombera par la suite.

Mais la minière — qui a trois lobbyistes inscrits dont le mandat comprend le dossier du prolongement de la route 167 — a aussi posé ses conditions. Dans le communiqué qu'elle a diffusé hier, elle précise que la «contribution» de 44 millions de Stornoway «sera notamment conditionnelle à la construction de la route dans les délais prévus, à l'obtention de toutes les approbations des organismes de réglementation pour la construction du projet diamantifère Renard et à l'obtention du financement pour le projet Renard».

Québec négocie

Même si cette entente fait en sorte que le trésor public assume, pour le moment, la plus grosse partie de la facture, le ministre MacMillan s'est voulu rassurant. Le gouvernement souhaiterait, au final, récupérer environ 50 % des coûts. Pour le moment, 85 % de la facture devra être payée à même les fonds publics. Mais selon ce qu'a fait valoir le ministre, Québec négocie avec deux autres sociétés minières qui souhaitent développer des projets dans la même région que le projet diamantifère, situé à 350 kilomètres au nord de Chibougamau. Ces entreprises pourraient éventuellement débourser une partie des coûts, mais rien n'a jusqu'ici été précisé. Et le gouvernement compte lancer les travaux cet automne, pour les compléter d'ici 2015.

Le premier ministre Jean Charest a également vanté l'entente négociée par Québec. «Il s'agit d'une première dans le cadre du Plan Nord. Cette participation du secteur privé à la mise en place d'infrastructures publiques de transport au profit d'un projet de développement économique concrétise de belle façon notre vision du développement durable du Québec nordique. En plus de donner accès à un territoire difficilement accessible auparavant et de permettre un partage des coûts d'implantation et d'entretien de cette infrastructure, l'entente signée aujourd'hui pour le prolongement de la route 167 ouvre la voie au développement d'autres projets, tant dans le domaine minier que dans les domaines forestier, faunique, énergétique ou récréotouristique», a-t-il dit au cours d'un point de presse à Chibougamau. L'annonce a d'ailleurs été bien accueillie dans la région.

En tout, le gouvernement Charest compte investir 1,2 milliard d'ici 2016 dans le développement des infrastructures dans le cadre du Plan Nord, que le premier ministre Jean Charest a qualifié de «chantier d'une génération». Ces investissements devraient atteindre 33 milliards d'ici 25 ans. Difficile toutefois de savoir quelle sera la part payée par les entreprises. Chose certaine, ces investissements profiteront largement au secteur minier, qui s'intéresse à plusieurs gisements majeurs dans le nord québécois.

Les actionnaires de Stornoway Diamond Corporation, par exemple, ont de quoi se réjouir de l'annonce du prolongement de la route 167, qui ouvre la voie à l'exploitation de la première mine de diamants au Québec. Selon ce qu'a indiqué hier son président et chef de la direction, Matt Manson, l'entreprise pourrait en tirer plus de 30 millions de carats sur une période de 25 ans. À une valeur moyenne de 180 $ le carat, on parle d'une valeur brute de plus de 5,4 milliards de dollars.

Dans ses prévisions financières, Québec prévoit que le Plan Nord générera des revenus de 14 milliards sur 25 ans, soit 560 millions par année. Plusieurs projets miniers d'envergure sont en effet en développement. Par exemple, dans le cas du projet aurifère de l'entreprise Goldcorp, situé près de la baie James, on prévoit extraire près de quatre millions d'onces d'or en 15 ans. Au prix actuel, soit 1500 $ l'once, on parle donc d'une valeur brute de près de 6 milliards de dollars. L'entreprise a d'ailleurs une douzaine de lobbyistes à son service. Ceux-ci ont notamment pour mandat de plaider pour un «soutien financier gouvernemental» au développement de la mine.
53 commentaires
  • Andre Vallee - Abonné 2 août 2011 04 h 41

    Le plan “nard”

    Nous sommes habitués aux enflures verbales de John James. Il n'y a aucun doute qu'il y a des richesses minières dans le Nord, tout le monde le sait depuis longtemps.
    Nous sommes aussi habitués aux négociations du gouvernement de John James avec l'entreprise privée. C'est toujours inquiétant pour les intérêts des Québécois et de leurs descendants.
    Que les spécialistes indépendants, financiers et miniers, s'expriment. Les richesses minières ne se sauveront pas et elles prennent de la valeur. Prenons donc le temps de nous assurer du bien commun à moyen et long terme... pas seulement pour la prochaine élection.

  • ClarkeCity - Inscrit 2 août 2011 05 h 06

    Notre gouvernement œuvre pour l’industrie minière


    Notre gouvernement ne cesse d’être proactif pour l’industrie minière. En quête de regagner le premier rang du classement mondial comme territoire le plus attrayant pour l'investissement minier ( http://bit.ly/jFzBSc ), le gouvernement veut en faire plus pour cette industrie.

    D'une part, Bachand refuse d’augmenter les montants dérisoires des redevances pour cette industrie ( http://bit.ly/kMiLs0 ) pendant que les minières sont plus riches que jamais ( http://bit.ly/iii2MH ) Un exemple de profit du compagnie de minerai de fer est mentionné à ( http://bit.ly/iii2MH ).

    Le fameux Plan Nord permettra aux québécois à financer pour quelques milliards même les infrastructures et financer l’électricité dispendieuse dans cette région nordique pour les compagnies minières.

    Les québécois financeront aussi la cartographie des formations géologiques au sud du réservoir Manicouagan afin de localiser des cibles intéressantes pour les prospecteurs miniers ( http://bit.ly/ogw6WG ).

    J'aimerais mieux si John James Charest travaillerait pour la cinquième nation la plus endettée dans le monde industrialisé ( http://bit.ly/l7bQtf ). Peut-on légalement déloger ces ministres qui ont prêté serment de servir le Québec ?

    N’hésitons pas à dénoncer ce gouvernement œuvrant pour l’industrie minière.

    Serge Marchand, Sept-Îles

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 2 août 2011 07 h 21

    44 millions pour 5 milliards

    La société Stornoway va donc mettre un gros 44 millions sur la route de 320 millions pour mettre la main sur 5 milliards de diamants!
    Québécor peuvent aller se r'habiller avec leur p'tit Colisée...

  • Jean Peupu - Inscrit 2 août 2011 07 h 22

    notre grand defenseur nous prend pour des matelas

    Notre illustre premier sinistre fait le cadeau d une route aux investisseur$ qui vont encore faire de l argent sur notre dos pendant que les pauvres payeurs de taxes vont payer la route drôle de système d utilisateur payeur ya comme un os dans le baloné .je me demande ?si on fouillait un peu pourrait -on retrouver de la famille des amis propriétaire d actions de cette Compagnie minière?????

  • alen - Inscrit 2 août 2011 07 h 24

    Nonobstant...

    Nonobstant ce qu'on peut en dire au plan des redevances minières et de la dilapidation de nos ressources, la route annoncée, les ententes avec les communautés autochtones et l'exploration minière générée constituent des preuves manifestes et plus que nécessaires que nous occupons notre nord. à elle seule cette raison justifie le projet de route... Il serait souhaitable cependant que notre gouvernement la rentabilise par des retombées appropriées des projets à venir!