Fleuve Saint-Laurent - Des poissons drogués au Prozac

Les poissons qui barbotent dans le Saint-Laurent autour de la métropole sont drogués aux antidépresseurs et cela a des conséquences sur leur activité cérébrale, d'après des chercheurs de l'Université de Montréal.

L'équipe de scientifiques dirigée par le professeur Sébastien Sauvé, du Département de chimie, a trouvé des traces de médicaments dans le foie et le cerveau de truites exposées à l'eau du fleuve.

Les chercheurs ont aussi noté une réduction de l'activité cérébrale des truites mises en contact avec de l'eau contaminée aux antidépresseurs. On ignore encore quel effet cela aura sur leur santé à long terme.

«Nous savons que les antidépresseurs ont des effets secondaires nocifs sur les humains, mais nous ne savons pas exactement comment ces produits chimiques ont un impact sur les poissons, non plus que sur l'écosystème du Saint-Laurent», a expliqué hier le professeur Sauvé.

Le chimiste se veut toutefois rassurant en ce qui concerne les humains. La concentration de médicaments dans l'eau est trop faible pour nuire à la santé d'une personne. Selon M. Sauvé, elle équivaut en effet à un grain de sel dans une piscine olympique. «Boire deux litres d'eau par jour pendant 70 ans nous permettrait d'accumuler une dose équivalant à un comprimé», a-t-il expliqué.

On estime qu'environ un quart des Montréalais prend des antidépresseurs, comme le Prozac. Or le système de traitement des eaux comme ceux de la Ville ne permettent pas de les éliminer.

Les conclusions de la recherche devraient susciter de l'intérêt à l'échelle internationale, puisque la plupart des grandes villes disposent de systèmes de traitement des eaux semblables à celui de Montréal.

Les chercheurs de l'Université de Montréal entendent poursuivre leurs travaux, notamment pour évaluer les effets subtils des antidépresseurs sur les poissons.

Les résultats de leur recherche ont été publiés au début du mois dans le site Internet Chemosphere.
9 commentaires
  • Ginette Bertrand - Inscrite 22 janvier 2011 06 h 30

    Titre accrocheur et demi-vérité

    Il aurait été tout aussi accrocheur et beaucoup plus près de la vérité de mettre en titre :

    Deux litres d'eau par jour pendant 70 ans = 1 comprimé

  • Pastello - Inscrit 22 janvier 2011 08 h 54

    Qui boit directement l'eau du Fleuve?

    Le journaliste laisse entendre qu'il est sans danger de boire l'eau du fleuve même si celle-ci est contaminée aux antidépresseurs (entre autres). Hors l'eau puisée dans le fleuve subit un traitement complexe de filtration, d'ozonation et de désinfection qui enlève une grande partie des contaminants avant d'être distribuée aux consommateurs.

  • Marilyne Léveillé - Inscrite 22 janvier 2011 11 h 48

    Mais...?

    D'où vient ce Prozac dans le fleuve?
    Et 1/4 des Montréalais prennent des antidépresseurs... c'est ÉNORME!
    Il serait temps d'axer les solutions aux problèmes psychologiques vers la thérapie = plus long, mais la solution est plus durable, et moins invasif (et destructeur) au niveau du corps humain et de l'environnement.

  • Miguel Tremblay - Abonné 22 janvier 2011 12 h 04

    Un quart des Montréalais prend des antidépresseurs

    Pourrait-on avoir la source qui permet d'affirmer qu'un quart des Montréalais prend des antidépresseurs?

    Avec un population de 1,8 millions d'habitants sur l'île, ça fait plus de 450 000 personnes sur les antidépresseurs... Je suis très sceptique devant une telle proportion.

  • Alexie Doucet - Inscrit 22 janvier 2011 12 h 50

    Antidépresseurs, shampoings et

    En effet, si on recensait ce qu'on trouve sous tous les éviers de cuisine (produits de nettoyage), et dans toutes les salles de bain (soins du corps et médicaments) des ménages de Montréal, on comprendrait l'horreur de ce qu'on rejette dans nos égouts et qui ressort des robinets de nos voisins en aval. Reste à espérer que ceux qui sont en amont soient plus verts que nous. Permettez-moi d'en douter!