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Éducation internationale - Un diplôme à valeur universelle

Les examens pour l'obtention du Baccalauréat international sont conçus et corrigés à l'étranger

Alec Castonguay   28 septembre 2002  Éducation
Le programme de Baccalauréat international (BI) dispensé par certains cégeps, tant privés que publics, semble préparer efficacement les élèves à la vie universitaire. Tellement que la plupart des étudiants atteignent le deuxième cycle sans trop de difficulté. Une joie pour les universités, qui n'hésitent pas à majorer la fameuse cote R des postulants.

Ne cherchez pas le titre de Programme d'éducation internationale dans les registres des différents cégeps. Au niveau collégial, ce type de formation prend le titre légèrement pompeux de Baccalauréat international (BI), conformément à son appellation mondiale et à ses origines. Car ce programme d'excellence, mis en place par l'Organisation du Baccalauréat international (d'où son nom) après la Seconde Guerre mondiale, a vu le jour des dizaines d'années avant ses semblables du primaire et du secondaire.

Il a non seulement pour but de préparer solidement l'élève pour l'université, mais aussi de mettre un sérieux coup d'accélérateur sur les exigences, de façon à voir le diplôme reconnu partout dans le monde. La grande différence entre les programmes d'éducation internationale au primaire et au secondaire versus le BI, c'est que ce dernier comprend des examens identiques sur toute la planète. Préparés au Pays-de-Galles pour l'hémisphère nord, les tests sont aussi corrigés à l'étranger. Il est ainsi possible d'avoir un standard mondial.

Reconnaissance internationale

Pour les jeunes qui veulent poursuivre leur formation dans un autre pays, il n'y a pas mieux, selon Louis Bouchard, directeur général de la Société des écoles d'éducation internationale du Québec (SEEI), une coopérative qui regroupe les établissements qui prodiguent cet enseignement. «Partout dans le monde, les universités reconnaissent la valeur du BI, soutient-il. Pour les institutions, c'est facile de comparer les notes et ça assure que la formation est de qualité.»

Mais il n'y a pas que les universités étrangères qui apprécient les détenteurs d'un BI. Les institutions québécoises sont loin de lever le nez sur ces candidats aguerris. «Souvent, les élèves qui ont suivi cet enseignement continuent plus loin que le premier cycle universitaire, soutient Patrick Milo, directeur du Petit Séminaire de Québec, campus Outaouais, un cégep privé qui enseigne seulement le BI depuis 1996. Et comme leurs notes sont habituellement plus fortes, ils ont plus de chances d'obtenir des bourses en sortant.»

Dans le but de reconnaître leurs efforts, les universités font d'ailleurs entrer un paramètre supplémentaire dans le calcul de la cote R des étudiants du BI, ce qui leur donne un léger avantage. «Ce n'est pas énorme, dit Pierre Vachon, coordonnateur du Baccalauréat international au cégep François-Xavier-Garneau, à Québec. D'après les chiffres de la Crépuq, 42 % des étudiants au BI qui appliquent dans un programme contingenté à l'université sont acceptés, contre 29 % au régulier. Et rien ne dit que c'est le paramètre supplémentaire dans la cote R qui fait la différence. Aux jeunes qui se demandent si c'est une voie pour entrer plus facilement en médecine, la réponse est non.»

Plus d'efforts

Mais pour avoir cet avantage, autant pour la cote R que pour la préparation générale, l'étudiant passera des heures et des heures le nez dans ses livres. «C'est un minimum de 10 % d'efforts supplémentaires, commente Patrick Milo. Au cégep régulier, les élèves font un sprint chaque session et passent des examens aux quatre mois. Au BI, c'est un marathon. L'étudiant se prépare surtout pour la dernière série d'examens qui retrace les deux années au complet. L'approche est différente.» Par contre, ces examens ne sont pas du «par coeur», mais de l'application de la théorie à la vie courante. En mathématique ou en physique par exemple, les formules sont transmises à l'étudiant.

Tania Trottier-Pérusse n'aura pas connu ces tests. Étudiante au programme d'éducation internationale au secondaire, elle a voulu poursuivre dans la même veine au collégial. Mais après un an d'études au cégep François-Xavier-Garneau, elle a fait le saut au régulier. «Même dans les profils de sciences humaines, il fallait faire tous nos cours de mathématiques, raconte-t-elle. Je savais que je n'en aurais pas besoin plus tard et en plus, je détestais ça.» Pierre Vachon concède ce point. «Il faut aimer les mathématiques, la philosophie et les langues, dit-il. C'est un programme complet qui vise à développer l'étudiant dans plusieurs domaines. Alors on touche à tout et à un niveau avancé chaque fois.»

Et lorsque le BI tire à sa fin, les élèves doivent se mettre au travail et rédiger un mémoire, rien de moins. «C'est pas loin d'être de qualité universitaire, soutient Patrick Milo. Disons que, rendus à l'université, ils ne seront pas surpris de la charge de travail exigée.»

Nouveaux profils

Tania Trottier-Pérusse, aujourd'hui en Relations publiques à l'Université du Québec à Montréal, regrette un peu de ne pas avoir persévéré, malgré son aversion pour les mathématiques. «J'aurais aimé le terminer, dit-elle. Surtout que depuis deux ans, des profils se sont ajoutés. Ça l'air plus intéressant encore.» Pierre Vachon avoue qu'il n'a pas le choix d'élargir l'offre. «Nous avons de la difficulté à inciter les jeunes qui sortent d'un programme d'éducation internationale au secondaire à poursuivre cette formation au cégep, souligne-t-il. La plupart des jeunes disent avoir assez travaillé depuis cinq ans et veulent relaxer. Pourtant, seulement 40 % des élèves au collégial terminent leur scolarité en quatre sessions. Le collégial n'est pas facile, autant mettre un peu plus d'efforts et avoir une meilleure formation.» Au cégep François-Xavier-Garneau, 150 étudiants font leur BI sur un total de 6000 élèves.

Selon Patrick Milo, il faut tout de même faire une sélection pour s'assurer que chaque élève pourra suivre le rythme. Car en plus du mémoire de dernière année, s'ajoutent les obligations habituelles des programmes internationaux: musique, littérature avancée (lecture de quatre livres par session), langues, philosophie, mathématiques à profusion et le bénévolat dans la communauté. «L'idéal serait de passer chaque élève en entrevue, parce que les notes ne disent pas tout. Certains ont été très bons au secondaire, mais n'ont pas l'attitude requise pour suivre le programme. Ils trouvent alors la marche trop haute et laissent tomber.»

Pour les étudiants qui sont dans un dilemme et se demandent s'ils doivent opter pour le BI ou le cégep régulier, Patrick Milo a une question toute prête. «Veux-tu mettre un peu plus d'efforts et de temps dans tes études maintenant pour réussir plus tard?» Même son de cloche chez Pierre Vachon. «Sur le marché du travail, un employeur n'a rien à faire que tu sois allé au BI ou non, soutient-il. Il veut des employés compétents et dynamiques. Le BI offre un programme complet qui développe un jeune globalement. Ce n'est pas juste des notes.»
 
 
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