Pensionnaire en 2002 - La plus belle année d'une vie
«L'année dernière a été la plus belle année de ma vie.» Ainsi s'exprime Mathieu Bourget, étudiant en deuxième année du collégial et, soulignons-le, pensionnaire au Collège Jean-de-Brébeuf. Cela a de quoi surprendre tous ceux et celles qui croyaient le pensionnat une chose du passé ou qui entretenaient à son sujet une vision folklorique où les élèves étaient tous abandonnés par des familles insoucieuses et nourris au gruau insipide. Les temps ont changé et le pensionnat aussi.
«On ne choisit pas le pensionnat pour les mêmes raisons qu'auparavant, explique Carole Martel, directrice des services étudiants au Collège Jean-de-Brébeuf. Autrefois, en optant pour le pensionnat, les parents confiaient à l'école l'entière responsabilité éducative des jeunes. Aujourd'hui, ce sont plutôt des raisons plus pragmatiques, tel l'éloignement, qui motivent ce choix.» Mais on aurait tort de croire que ce sont uniquement les gens des régions les plus éloignées du Québec qui envoient leurs enfants au pensionnat. La plupart des pensionnaires habitent souvent en périphérie des grands centres, comme la rive sud ou la rive nord de Montréal. Par exemple, Mathieu Bourget est un résidant de Sorel. «En choisissant d'étudier au Collège Jean-de-Brébeuf, dit-il, cela impliquait automatiquement de vivre en résidence. Une simple question de gain de temps matin et soir.»
Autre changement considérable: le pensionnat sept jours par semaine n'existe plus à toutes fins pratiques au Québec, les étudiants retournant chez eux la fin de semaine. Il y a quelques rares exceptions, par exemple lorsque l'étudiant se trouve dans l'impossibilité d'effectuer un tel retour, ce qui est le cas pour un étudiant étranger. Et encore. Le Collège Bourget de Rigaud, qui accueille une trentaine de ces étudiants, a plutôt choisi la formule de la famille d'accueil pour ses étudiants étrangers. «De cette façon, ils s'intègrent davantage, avance Mme Marie Lachapelle, directrice des services éducatifs au Collège Bourget. C'est seulement la rareté des familles d'accueil qui pourrait nous faire rouvrir la résidence en fin de semaine.»
Vivre en chambre
Les grands dortoirs ont aussi disparu. Les étudiants logent maintenant dans des chambres et la vie au pensionnat ressemble davantage à la vie en résidence. «Évidemment, nous fournissons un encadrement qui varie selon l'âge de l'étudiant, poursuit Mme Lachapelle. Mais nous favorisons aussi l'autonomie et le sens de la responsabilité. Les pensionnaires doivent apprendre à fonctionner sans leurs parents.»
Selon le répertoire des établissements membres de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), on dénombre 32 établissements qui offrent un service de résidence aux niveaux primaire, secondaire et collégial. Aucun chiffre par contre n'est disponible quant au nombre d'étudiants inscrits en résidence. À titre d'exemple, le Collège Jean-de-Brébeuf a environ 150 pensionnaires pour une population de 1500 étudiants. À Rigaud, on compte 270 pensionnaires sur une population de 1175 étudiants. Dans les établissements mixtes, les pensionnaires se divisent à peu près également entre garçons et filles.
Vie estudiantine
En règle générale, les étudiants du primaire et du secondaire logent à deux par chambre. Au niveau collégial, on peut choisir une chambre simple, si elle est disponible. Les étudiants mangent leurs trois repas quotidiens à la cafétéria de l'école mais la possibilité de cuisiner existe dans certains établissements, qui mettent alors une cuisine à la disposition des étudiants les plus vieux. «On se ramasse donc entre amis pour faire notre propre bouffe», nous apprend Mathieu Bourget.
Les garçons et les filles habitent des résidences séparées, sur deux étages à Jean-de-Brébeuf, et dans des bâtiments distincts au Collège Bourget, lequel jouit d'un campus plus étendu à flanc de montagne. Chaque résidence possède des salons qui permettent aux étudiants de se réunir pour jaser, regarder la télévision ou visionner un film. En général, aucune des chambres n'est munie d'un téléviseur. Si les chambres sont inaccessibles au sexe opposé, les salons eux sont mixtes, ce qui permet aux garçons et aux filles de se fréquenter en soirée.
La journée scolaire du pensionnaire est exactement la même que celle des étudiants à l'externe. C'est en fin d'après-midi et en soirée que les choses diffèrent. D'abord, il y a les heures d'étude obligatoire et les étudiants doivent se conformer à un couvre-feu. Dans les deux cas, ces règlements varient selon l'âge de l'étudiant. Autre fait à noter, les pensionnaires, contrairement aux autres étudiants, n'occupent pas d'emploi à temps partiel. «Il y a parfois des petits boulots qu'on nous confie à l'interne, explique Mathieu Bourget, mais la plupart de notre temps est consacré à nos études.»
Si le couvre-feu le permet
Côté loisirs, ce sont les sports qui occupent principalement les étudiants. Le gymnase, les terrains de jeu, sont mis à la disposition des pensionnaires. La salle d'ordinateur est aussi un lieu prisé des jeunes. La plupart des collèges organisent une foule de sorties à caractère culturel ou ludique auxquelles sont conviés les résidants. Cela va de la visite à la cabane à sucre à une partie de baseball. Certaines de ces activités s'adressent parfois à l'ensemble de la population étudiante, favorisant ainsi l'intégration des pensionnaires. Il est aussi possible pour les pensionnaires d'organiser leurs propres loisirs, une sortie au cinéma par exemple, dans la mesure où les règlements, le couvre-feu entre autres, sont respectés.
Selon Mathieu Bourget, un des avantages d'être pensionnaire, c'est qu'on a l'occasion de côtoyer des étudiants de tous les niveaux, ce qui permet de profiter de l'expérience des plus vieux. De plus, les pensionnaires sont encadrés par des surveillants qui deviennent au fil du temps «un peu nos grands frères».
Mais s'y ennuie-t-on? Janny Charron est pensionnaire au Collège Bourget en secondaire III. Sa réponse ne se fait pas tarder. «Pas du tout. Au début, on doit s'ajuster, mais rapidement la vie de pensionnaire est une excellente occasion de nouer de véritables amitiés. Le pensionnat devient comme une grande famille.» Ce sentiment d'appartenance à une famille et à une tradition est une valeur qui ressort de façon régulière lorsqu'on interroge les pensionnaires, présents et anciens. «Les liens qu'on tisse au pensionnat durent souvent toute une vie, précise Marie Lachapelle. La réunion de nos anciens en est la preuve.»
Et Janny Charron de conclure: «Je n'hésiterais pas une seconde à recommander le pensionnat à tous les jeunes.»
«On ne choisit pas le pensionnat pour les mêmes raisons qu'auparavant, explique Carole Martel, directrice des services étudiants au Collège Jean-de-Brébeuf. Autrefois, en optant pour le pensionnat, les parents confiaient à l'école l'entière responsabilité éducative des jeunes. Aujourd'hui, ce sont plutôt des raisons plus pragmatiques, tel l'éloignement, qui motivent ce choix.» Mais on aurait tort de croire que ce sont uniquement les gens des régions les plus éloignées du Québec qui envoient leurs enfants au pensionnat. La plupart des pensionnaires habitent souvent en périphérie des grands centres, comme la rive sud ou la rive nord de Montréal. Par exemple, Mathieu Bourget est un résidant de Sorel. «En choisissant d'étudier au Collège Jean-de-Brébeuf, dit-il, cela impliquait automatiquement de vivre en résidence. Une simple question de gain de temps matin et soir.»
Autre changement considérable: le pensionnat sept jours par semaine n'existe plus à toutes fins pratiques au Québec, les étudiants retournant chez eux la fin de semaine. Il y a quelques rares exceptions, par exemple lorsque l'étudiant se trouve dans l'impossibilité d'effectuer un tel retour, ce qui est le cas pour un étudiant étranger. Et encore. Le Collège Bourget de Rigaud, qui accueille une trentaine de ces étudiants, a plutôt choisi la formule de la famille d'accueil pour ses étudiants étrangers. «De cette façon, ils s'intègrent davantage, avance Mme Marie Lachapelle, directrice des services éducatifs au Collège Bourget. C'est seulement la rareté des familles d'accueil qui pourrait nous faire rouvrir la résidence en fin de semaine.»
Vivre en chambre
Les grands dortoirs ont aussi disparu. Les étudiants logent maintenant dans des chambres et la vie au pensionnat ressemble davantage à la vie en résidence. «Évidemment, nous fournissons un encadrement qui varie selon l'âge de l'étudiant, poursuit Mme Lachapelle. Mais nous favorisons aussi l'autonomie et le sens de la responsabilité. Les pensionnaires doivent apprendre à fonctionner sans leurs parents.»
Selon le répertoire des établissements membres de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), on dénombre 32 établissements qui offrent un service de résidence aux niveaux primaire, secondaire et collégial. Aucun chiffre par contre n'est disponible quant au nombre d'étudiants inscrits en résidence. À titre d'exemple, le Collège Jean-de-Brébeuf a environ 150 pensionnaires pour une population de 1500 étudiants. À Rigaud, on compte 270 pensionnaires sur une population de 1175 étudiants. Dans les établissements mixtes, les pensionnaires se divisent à peu près également entre garçons et filles.
Vie estudiantine
En règle générale, les étudiants du primaire et du secondaire logent à deux par chambre. Au niveau collégial, on peut choisir une chambre simple, si elle est disponible. Les étudiants mangent leurs trois repas quotidiens à la cafétéria de l'école mais la possibilité de cuisiner existe dans certains établissements, qui mettent alors une cuisine à la disposition des étudiants les plus vieux. «On se ramasse donc entre amis pour faire notre propre bouffe», nous apprend Mathieu Bourget.
Les garçons et les filles habitent des résidences séparées, sur deux étages à Jean-de-Brébeuf, et dans des bâtiments distincts au Collège Bourget, lequel jouit d'un campus plus étendu à flanc de montagne. Chaque résidence possède des salons qui permettent aux étudiants de se réunir pour jaser, regarder la télévision ou visionner un film. En général, aucune des chambres n'est munie d'un téléviseur. Si les chambres sont inaccessibles au sexe opposé, les salons eux sont mixtes, ce qui permet aux garçons et aux filles de se fréquenter en soirée.
La journée scolaire du pensionnaire est exactement la même que celle des étudiants à l'externe. C'est en fin d'après-midi et en soirée que les choses diffèrent. D'abord, il y a les heures d'étude obligatoire et les étudiants doivent se conformer à un couvre-feu. Dans les deux cas, ces règlements varient selon l'âge de l'étudiant. Autre fait à noter, les pensionnaires, contrairement aux autres étudiants, n'occupent pas d'emploi à temps partiel. «Il y a parfois des petits boulots qu'on nous confie à l'interne, explique Mathieu Bourget, mais la plupart de notre temps est consacré à nos études.»
Si le couvre-feu le permet
Côté loisirs, ce sont les sports qui occupent principalement les étudiants. Le gymnase, les terrains de jeu, sont mis à la disposition des pensionnaires. La salle d'ordinateur est aussi un lieu prisé des jeunes. La plupart des collèges organisent une foule de sorties à caractère culturel ou ludique auxquelles sont conviés les résidants. Cela va de la visite à la cabane à sucre à une partie de baseball. Certaines de ces activités s'adressent parfois à l'ensemble de la population étudiante, favorisant ainsi l'intégration des pensionnaires. Il est aussi possible pour les pensionnaires d'organiser leurs propres loisirs, une sortie au cinéma par exemple, dans la mesure où les règlements, le couvre-feu entre autres, sont respectés.
Selon Mathieu Bourget, un des avantages d'être pensionnaire, c'est qu'on a l'occasion de côtoyer des étudiants de tous les niveaux, ce qui permet de profiter de l'expérience des plus vieux. De plus, les pensionnaires sont encadrés par des surveillants qui deviennent au fil du temps «un peu nos grands frères».
Mais s'y ennuie-t-on? Janny Charron est pensionnaire au Collège Bourget en secondaire III. Sa réponse ne se fait pas tarder. «Pas du tout. Au début, on doit s'ajuster, mais rapidement la vie de pensionnaire est une excellente occasion de nouer de véritables amitiés. Le pensionnat devient comme une grande famille.» Ce sentiment d'appartenance à une famille et à une tradition est une valeur qui ressort de façon régulière lorsqu'on interroge les pensionnaires, présents et anciens. «Les liens qu'on tisse au pensionnat durent souvent toute une vie, précise Marie Lachapelle. La réunion de nos anciens en est la preuve.»
Et Janny Charron de conclure: «Je n'hésiterais pas une seconde à recommander le pensionnat à tous les jeunes.»
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