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Dans les jardins de la science

Normand Thériault   26 novembre 2005  Éducation
source uqam
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C'est un quartier dans la ville. Qui pénétrera dans le quadrilatère enclos par Sherbrooke, Président-Kennedy, Jeanne-Mance et Saint-Urbain découvrira avec plaisir une petite ville avec ses rues, ses arbres, ses jardins, ses multiples points de vue, enclos par des constructions en succession qui détonnent, chacune d'entre elles, par une architecture multiple de visage et variée de fonction. Il y a là des pavillons universitaires, des résidences étudiantes, une bibliothèque, des zones de service, des espaces réservés aux entreprises et, bientôt, un auditorium et une salle d'exposition qui seront tous deux accessibles au grand public.

C'est un carrefour scientifique dans une structure universitaire. Les mathématiciens, les biologistes et les chimistes, pour ne nommer que ceux et celles-là, trouvent ici leur point d'ancrage. À ce groupe se greffent aussi des spécialistes de secteurs aussi divers pour qui, dans un cas, l'environnement est le champ d'étude, et dont la spécialisation, pour d'autres, recouvre ce qui s'appelait autrefois les «arts appliqués». Et quand la TELUQ, le télévision universitaire du réseau de l'UQ, fonctionnera à pleine puissance, ce sera en fait la plus grande université bimodale de la francophonie qui aura ici établi son siège.

C'est aussi en raccourci une histoire récente de l'architecture québécoise. Il y a là le pavillon classique d'Ernest Cormier, qui abrita longtemps cette École du meuble (où un Paul-Émile Borduas initia à l'art les futurs automatistes), auquel pavillon répond en correspondance sur la même rue l'architecture de verre d'un Mario Saia. Et derrière cette double façade, qu'une rue ici piétonne entrecoupe, se succèdent des bâtiments dont la brique renvoie au «jaune scolaire» des institutions québécoises ou dont la structure, dans le cas du pavillon Kennedy, est une reprise de la forme de l'immeuble résidentiel Le Colisée, situé une rue plus au nord.

Double trame

Le Complexe des sciences Pierre-Dansereau est la dernière grande réalisation de l'Université du Québec à Montréal. Si le site a plus d'une référence historique (c'est ici que furent érigées les «maisons» d'un Melvin Charney, que le maire Drapeau fit démolir au temps des Jeux olympiques de 1976, dans ce qui est devenu l'«affaire Corridart»), il permet aussi de combler un vide, ce hiatus entre le Complexe Desjardins, la Place des Arts et le secteur résidentiel et hospitalier de cette zone urbaine.

Ce complexe démontre aussi une nouvelle orientation universitaire. Au contraire des premiers pavillons «fermés» de l'UQAM, le Judith-Jasmin et l'Hubert-Aquin, ici tout est fait pour que le chaland y trouve accueil. Et surtout pour que le public y plonge: au printemps prochain, le projet pédagogique du futur Coeur des sciences sera rendu public et, alors, la vulgarisation scientifique aura trouvé sa place au centre-ville montréalais.

Avec cet ensemble, l'institution issue de la Révolution tranquille affirme sa volonté de faire du secteur scientifique un de ses pôles de développement. Elle qui aura sur le côté sud un futur centre hospitalier universitaire en guise de porte d'entrée et qui rejoint presque dans sa partie ouest le campus de McGill, cette nouvelle UQAM donc, scientifique, s'accole aux quartiers des arts, des spectacles et des affaires.

Aujourd'hui, Le Devoir se retrouve même doublement — par l'écrit et sa localisation — à sa porte.






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