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Vie académique - En pleine évolution

Martine Letarte   26 novembre 2005  Éducation
L'Université du Québec à Montréal (UQAM) vit une période de grands changements. Le campus s'étend, la Télé-université (TELUQ) s'est installée dans son pavillon institutionnel, et le Coeur des sciences ouvrira bientôt ses portes au grand public. La vice-rectrice à la vie académique et vice-rectrice exécutive de l'UQAM, Danielle Laberge, fait le point sur ce qu'est devenue l'institution et sur les prochains défis qui l'attendent.

Depuis l'année où elle a accueilli ses premiers étudiants, en 1969, l'UQAM a fait beaucoup de chemin. Avec ses six facultés et son école des sciences de la gestion, l'université accueille maintenant plus de 40 000 étudiants. «Comme dans toutes les universités, nos étudiants sont majoritairement au premier cycle. Tout de même, le nombre d'étudiants de deuxième et de troisième cycle est en croissance depuis quelques années», affirme la vice-rectrice à la vie académique et vice-rectrice exécutive de l'UQAM, Danielle Laberge.

Pour offrir un meilleur encadrement à ses étudiants, Mme Laberge croit que l'UQAM doit améliorer son ratio professeurs/étudiants. Avec seulement 1000 professeurs, l'UQAM se retrouve désavantagée par rapport aux autres universités de la province. En guise de comparaison, l'Université de Montréal compte 2400 professeurs pour près de 55 000 étudiants. «Nous devons faire du rattrapage à ce niveau-là. Nous avons beaucoup de chargés de cours très compétents et très impliqués, mais leur statut demeure précaire. Pour l'encadrement à long terme, les étudiants doivent pouvoir se référer à des professeurs tout au long de leur cheminement à l'université», explique-t-elle.

Pour remédier à la situation, l'UQAM compte offrir des postes de professeur à des chargés de cours qui respecteront certaines conditions. L'université nommera également des chargés de cours annuels qui auront une charge de travail réduite pour leur permettre de se consacrer davantage à l'encadrement des étudiants.

Le rattachement

de la TELUQ

Avec le récent rattachement de la TELUQ à l'UQAM, les étudiants pourront éventuellement bénéficier d'un plus grand choix de programmes de formation à distance. «Nous évaluons les secteurs stratégiques où il serait intéressant de développer de nouveaux programmes pour la Télé-université ayant un intérêt académique et une pertinence sociale», soutient Mme Laberge, en précisant que l'UQAM tente ainsi de mieux tenir compte des besoins de souplesse de ses étudiants.

Avec l'installation de la TELUQ dans son pavillon institutionnel, l'UQAM souhaite également augmenter son rayonnement à l'extérieur des frontières du Québec. «Nous voulons développer des programmes qui seront pertinents ailleurs dans le monde, en tourisme notamment. Nous essayerons ainsi de rejoindre les gens de la francophonie qui ne sont généralement pas très bien servis par Internet, où l'anglais domine», explique Mme Laberge.

Voisine du nouveau CHUM

Avec l'arrivée prochaine du nouveau CHUM, l'UQAM entrevoit beaucoup de possibilités de collaboration de recherche dans le domaine de la santé. Même si la Loi sur l'Université du Québec adoptée en 1968 pour permettre à l'UQAM de voir le jour lui interdit de former des médecins, l'institution a développé une expertise dans le domaine de la santé grâce, entre autres, à son Institut Santé Société.

«Nous intervenons en parallèle avec le personnel médical. Lorsqu'il y a violence conjugale ou violence envers les enfants, le problème va au-delà de la blessure physique. Les médecins et les infirmières ont besoin de soutien. À ce niveau-là, l'UQAM est très active et compte l'être encore plus avec l'arrivée du nouveau CHUM», affirme Mme Laberge. Elle souhaite également que l'UQAM offre davantage de formation continue dans ses champs d'expertise, notamment en travail social et en psychologie, au personnel du CHUM.

Vitrine sur la science

Prochainement, l'UQAM inaugurera officiellement le Coeur des sciences, un lieu de diffusion et de vulgarisation scientifiques. Construit dans le tout nouveau Complexe des sciences, il aura pour mission de contribuer au développement de la culture scientifique du grand public et d'encourager les étudiants du deuxième cycle du secondaire et du collégial à poursuivre leurs études en sciences. Les gens pourront visiter ce centre de diffusion des savoirs pour prendre connaissance des grandes actualités dans le domaine des sciences, pour discuter des retombées des nouvelles avancées et pour débattre des grands enjeux scientifiques du moment.

Le Coeur des sciences sera, selon Mme Laberge, le reflet de ce qu'est l'UQAM. «C'est une université ouverte, près des gens. Les professeurs sont très présents dans les médias puisqu'à l'UQAM, le lien entre la pensée, la recherche et la société est très important. Ce nouveau lieu de vulgarisation va dans le même sens.»

L'UQAM a choisi de construire le Complexe des sciences en utilisant les bâtiments de la vieille forge, la chaufferie et l'aile Kimberly rattachées à l'ancienne École technique de Montréal. C'est à l'agora qu'auront lieu les débats, les expositions temporaires et la présentation de reportages d'actualité dans le domaine des sciences et des technologies. Les congrès et les grandes conférences scientifiques se tiendront dans l'amphithéâtre de 350 places qui vient tout juste d'être achevé. La médiathèque, accessible par Internet, regroupera un ensemble de documents multimédias traitant des sciences et des technologies. Le Complexe des sciences, situé au nord de la Place des Arts, accueillera aussi la bibliothèque des sciences de l'UQAM.

Mme Laberge est convaincue que le Coeur des sciences aidera la population à mieux saisir les enjeux scientifiques déterminants pour le développement de l'humanité, la survie de la planète et la paix sociale. «Souvent, les gens sont démunis par rapport à ces grands débats puisqu'ils ne comprennent pas la base des problématiques. Le Coeur des sciences viendra répondre à leurs questions tout en favorisant l'échange des idées», conclut-elle.

Collaboratrice du Devoir






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