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Institut des sciences de l'environnement - Rencontres départementales

«Prendre en charge la mission environnementale»

Jean-Guillaume Dumont   26 novembre 2005  Éducation
Afin de répondre correctement aux problématiques environnementales, l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM accueille sous un même toit de multiples disciplines. Leurs travaux suscitent tant d'intérêt que les diplômés issus de cet institut n'ont aucun mal à trouver un emploi.

L'Institut des sciences de l'environnement (ISE) de l'UQAM rassemble des professeurs, des chercheurs et des étudiants de diverses disciplines pour comprendre, gérer et prévenir les problèmes environnementaux. Cette interdisciplinarité fait la force de l'Institut, mais pose également un problème.

La difficulté vient du fait que l'étude de la problématique environnementale implique des programmes transversaux qui recouvrent plusieurs domaines. Or, les structures des universités, des organismes de financement et des groupes de recherche ont tendance à dissocier les diverses disciplines et à les aborder séparément.

«Je pense que Pierre Dansereau avait fondamentalement raison lorsqu'il disait que, dans les universités, les cloisons entre les départements et les facultés sont plus solides que les murs extérieurs», dit Jean-Pierre Revéret, professeur à l'ISE et premier directeur de l'Institut de 1990 à 1992.

L'Institut tente d'abattre ces cloisons pour mettre de l'avant l'interdisciplinarité ou la transdisciplinarité nécessaires aux sciences de l'environnement. «C'est un énorme enjeu, chez nous comme ailleurs», admet Jean-Pierre Revéret.

L'ISE fait bonne figure en matière d'interdisciplinarité, estime Jean-Pierre Revéret. Les 114 professeurs qui travaillent à l'Institut proviennent d'au moins 13 départements différents, dont ceux de sexologie, de sciences religieuses, de kinanthropologie, d'éducation et de pédagogie, pour ne nommer que les plus inattendus. De plus, environ le tiers des étudiants ne sont pas issus des sciences de l'environnement traditionnelles, mais de domaines complémentaires.

La pluralité de ces points de vue constitue un atout majeur pour le programme. «Je pense qu'actuellement, et pour encore un bon nombre d'années, l'avancement de la compréhension des enjeux environnementaux est plus riche, si on ne balise pas les sciences de l'environnement en définissant de façon trop stricte cette discipline», estime l'ancien directeur de l'ISE.

Sous un même toit

Avant la fondation de l'ISE en 1990, aucun département ne s'était approprié les sciences de l'environnement. Les environnementalistes de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) souffraient donc d'un manque d'appartenance, faute d'avoir une institution bien à eux.

Les étudiants ont joué un rôle très important dans l'émergence de l'idée d'un institut, un type d'organisation qui n'existait pas encore à cette époque à l'UQAM. Cette structure plus souple permet de regrouper sous un même toit des professeurs de divers départements, de fédérer plusieurs chaires et groupes de recherche et de créer un meilleur sentiment d'appartenance.

Malheureusement, l'Institut n'a pas la capacité de recruter des professeurs, comme peut le faire un département normal. «C'est un handicap pour sa croissance, puisqu'il n'a pas le pouvoir de se développer lui-même», déplore Jean-Pierre Revéret.

Bientôt, l'ISE franchira une nouvelle étape avec l'inauguration très attendue du Complexe des sciences de l'UQAM. Les nouveaux édifices centraliseront la plupart des activités de l'Institut dans un même lieu, soit le quadrilatère formé par les rues Saint-Urbain, Président-Kennedy, Jeanne-Mance et Sherbrooke. Le département de biologie, par exemple, ne sera plus isolé sur la rue Saint-Alexandre. «Le fait d'avoir un même campus va donner une dynamique différente. Le contact direct et la possibilité d'échanger sans avoir à convoquer une réunion facilitent énormément l'échange d'idées», affirme M. Revéret.

En demande

Le Complexe des sciences de l'UQAM arrive à point nommé pour l'ISE, car les sciences de l'environnement suscitent, plus que jamais, beaucoup d'intérêt. Ce secteur connaît même une pénurie de main-d'oeuvre, selon une enquête des Éditions Jobboom et du Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'environnement (CSMOE), un organisme qui fait le pont entre les besoins des employeurs et les programmes de formation.

«Le milieu se développe au fur et à mesure que la conscience environnementale grandit dans les populations et que les gouvernements imposent des normes aux industries et aux municipalités, a affirmé par voie de communiqué le directeur général du CSMOE, Robert Ouellet. Cela se répercute sur l'emploi, car il faut des travailleurs pour prendre en charge la mission environnementale dans les organisations.»

Ainsi, au niveau collégial, les données montrent l'ampleur des besoins. Le CSMOE rapporte, par exemple, jusqu'à 145 offres d'emploi pour 15 diplômés en protection et exploitation des territoires fauniques. Quant à ceux qui ont complété la formation professionnelle de conduite de procédés de traitement de l'eau, ils ont un taux de placement de 100 %. Du côté de l'ISE, la dernière enquête de relance date de 1995 et elle révélait un taux de placement de 90 % pour les diplômés du programme de maîtrise de 1991-1994. Depuis 1973, l'UQAM a remis 1118 diplômes en sciences de l'environnement.

Aujourd'hui, l'ISE compte 258 étudiants, 111 au doctorat et 147 en maîtrise. Tous font plusieurs stages dans des entreprises, des organismes gouvernementaux ou des organisations non gouvernementales. Souvent, ce premier contact sert de porte d'entrée sur le marché du travail pour les nouveaux diplômés.

Nouveaux besoins

L'augmentation de la demande en diplômés des sciences de l'environnement s'explique par l'apparition de nouveaux besoins. Aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises s'intéressent aux coûts, aux économies et aux gains liés aux projets de dépollution. Certaines désirent se doter d'une norme ISO 14 000 pour minimiser l'impact de leur production sur la nature. D'autres veulent simplement réaliser leur portrait environnemental.

De plus, tous les ordres de gouvernement, tant fédéral, provincial que municipal, ont maintenant un volet environnemental. «Même les prisons canadiennes sont en train de se doter d'une politique environnementale! Si bien qu'on a régulièrement des stagiaires au ministère de la Justice», explique Jean-Pierre Revéret, qui supervise également une partie des stages des étudiants de l'ISE.

«La question environnementale n'est plus un effet de mode, poursuit-il. Elle a acquis une assez forte légitimité et elle a pris sa place dans un ensemble d'institutions.»

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