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La relance des négociations avec les enseignants s'annonce difficile - La proposition syndicale est jugée catastrophique

Marie-Andrée Chouinard   15 novembre 2005  Éducation
Le gouvernement et les commissions scolaires ne manquaient pas d'épithètes atterrantes hier pour qualifier la nouvelle proposition déposée par les enseignants afin de relancer la négociation: «apocalyptique», «scénario catastrophe» et «cauchemar» colorent cette base de relance, qui signe un recul de plus de 18 mois dans les échanges.

Habituellement moins expéditive dans ses réactions, la partie patronale a bondi hier devant le dépôt «volumineux» effectué en avant-midi par les représentants de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ). «C'est encore pire que le pire scénario apocalyptique que nous aurions pu envisager», a réagi hier le porte-parole du comité patronal de négociation des commissions scolaires francophones, Jean-Pierre Saint-Gelais. «C'est un scénario catastrophe, on se demande comment on pourra relancer la négociation avec une proposition d'une aussi mauvaise foi.»

Après avoir quitté la table des négociations à la mi-octobre, le syndicat de 80 000 enseignants avait réussi à faire adopter la semaine dernière les nouvelles bases d'une relance, qu'on associait déjà à un durcissement de ton. La baisse de ratios en troisième année du primaire et en première année du secondaire, des dispositions concernant les classes d'accueil, et de nouvelles demandes d'embauches d'enseignants ont fait leur apparition dans cette relance, au dire de la partie patronale. Certains de ces éléments étaient toutefois connus depuis quelques jours.

«On nous parle de proposition qui concilie les travaux effectués précédemment à la table de négociation avec une relance. C'est un leurre inacceptable!», tonnait Jean-Pierre Saint-Gelais hier. Selon des évaluations sommaires, le gouvernement estime que cette nouvelle demande coûte «quelques centaines de millions de plus en embauche d'enseignants uniquement» et elle évacue les catégories de professionnels et d'employés de soutien, qui faisait pourtant partie des derniers travaux. «Un véritable cauchemar», affirme M. Saint-Gelais.

«Qu'ils prennent le temps de faire de vrais calculs», répliquait hier le porte-parole de la FSE, Jean Laporte. «Ils parlent de centaines de millions, mais ça n'a rien à voir.»

Le gouvernement estime aussi que la demande recule de plus de 18 mois dans le temps et évacue une portion des travaux déjà effectués à la table. Le boycottage des activités culturelles, le maintien du système d'arbitrage actuellement en cours de même qu'une nouvelle proposition sur les élèves en difficulté d'apprentissage y figurent.

«Ils sont déçus, mais ils ne devraient pas être trop surpris», a ajouté Jean Laporte, de la FSE. «Quand on a 95 % de membres qui disent non à la dernière offre, il ne faut pas s'attendre à trouver les mêmes éléments dans notre nouvelle proposition.»
 
 
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