Raccrocher
Le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, injectera 125 millions de dollars au cours des cinq prochaines années afin de prévenir le décrochage des jeunes. Il y a urgence, en effet, et le mot n'est pas trop fort. Malheureusement, il y a déjà un bon moment que l'égalité des chances pour tous n'émeut plus personne en haut lieu. Se pourrait-il que le sort des décrocheurs, véritable drame de société, redevienne à nouveau une vraie priorité?
Le taux de décrochage des jeunes est alarmant: 27,2 % d'entre eux quittent le secondaire sans diplôme. Mais cette moyenne cache des réalités plus sombres encore puisque le taux de décrochage en milieu défavorisé frôle 40 %. Cela ne surprendra personne, les conditions socio-économiques étant souvent étroitement liées à la réussite. Le gouvernement concentre donc ses actions sur les jeunes qui composent le gros de ce 40 %, répartis dans 200 écoles. Ce faisant, il renonce au saupoudrage érigé en système pendant trop longtemps, système qui faisait taire les mécontents mais qui équivalait à rien de moins que du gaspillage. Une certaine masse critique est indispensable pour avoir un impact. La durée est également déterminante et là encore, on applaudit à l'idée d'un projet étalé sur cinq ans.
L'aide aux écoles en milieu défavorisé n'est pas une idée nouvelle. Dès 1972, le Conseil scolaire de l'île de Montréal s'était mis à la tâche d'élaborer une première carte de la «défavorisation». En 25 ans, les zones de pauvreté montréalaise se sont considérablement étendues, de sorte qu'il allait de soi que les écoles montréalaises récoltent près de 10 des 25 millions disponibles. Et encore, si le MEQ n'avait pas laissé de côté le critère du revenu familial (il n'a utilisé que deux critères dans la détermination des élèves défavorisés, soit la scolarité de la mère et le niveau d'activité des parents), la région montréalaise aurait recueilli encore plus d'argent.
La stratégie du ministre Simard s'inspire d'un projet pilote mis en place cette année dans six écoles secondaires, qui peuvent compter sur 7,2 millions sur trois ans. Les divers projets mis en place soulèvent déjà un grand enthousiasme, d'où l'idée d'annoncer l'expansion du projet. Malheureusement, bien que le montant qui sera attribué à chaque école ne soit pas encore déterminé, aucune ne bénéficiera d'une somme aussi importante que les 400 000 $ annuels sur lesquels peuvent compter les écoles du projet pilote. Si l'on veut assurer le succès de l'entreprise, il va peut-être falloir augmenter le budget de lutte contre le décrochage.
Dans un premier temps, il sera important de choisir les bonnes mesures d'aide. Or les six écoles pilotes sont pour l'instant d'un secours limité car elles n'ont pas complété leur propre évaluation, elles qui doivent servir d'inspiration. Mais le ministre était pressé. Il reste que certaines mesures ont déjà fait leurs preuves, comme le resserrement de l'encadrement. De façon plus précise, le titulariat connaît un regain de popularité tout à fait justifié, l'élève ayant besoin d'une relation suivie avec au moins un adulte dans l'école.
Dans le passé, beaucoup d'argent fut dépensé pour aider les écoles de milieux défavorisés, surtout au niveau primaire. D'année en année, des fonds et des expériences furent reconduits sans que personne ne se rende compte de leur inutilité. Espérons que ce temps soit révolu. Il est primordial que les projets choisis répondent à des diagnostics préalablement posés et qu'ils fassent l'objet d'une évaluation rigoureuse.
Beaucoup d'interrogations demeurent relativement à la «stratégie» annoncée hier. Mais cette invitation à la mobilisation, de manière à reprendre contact avec les jeunes, est un pas dans la bonne direction.
Paule des Rivières
Le taux de décrochage des jeunes est alarmant: 27,2 % d'entre eux quittent le secondaire sans diplôme. Mais cette moyenne cache des réalités plus sombres encore puisque le taux de décrochage en milieu défavorisé frôle 40 %. Cela ne surprendra personne, les conditions socio-économiques étant souvent étroitement liées à la réussite. Le gouvernement concentre donc ses actions sur les jeunes qui composent le gros de ce 40 %, répartis dans 200 écoles. Ce faisant, il renonce au saupoudrage érigé en système pendant trop longtemps, système qui faisait taire les mécontents mais qui équivalait à rien de moins que du gaspillage. Une certaine masse critique est indispensable pour avoir un impact. La durée est également déterminante et là encore, on applaudit à l'idée d'un projet étalé sur cinq ans.
L'aide aux écoles en milieu défavorisé n'est pas une idée nouvelle. Dès 1972, le Conseil scolaire de l'île de Montréal s'était mis à la tâche d'élaborer une première carte de la «défavorisation». En 25 ans, les zones de pauvreté montréalaise se sont considérablement étendues, de sorte qu'il allait de soi que les écoles montréalaises récoltent près de 10 des 25 millions disponibles. Et encore, si le MEQ n'avait pas laissé de côté le critère du revenu familial (il n'a utilisé que deux critères dans la détermination des élèves défavorisés, soit la scolarité de la mère et le niveau d'activité des parents), la région montréalaise aurait recueilli encore plus d'argent.
La stratégie du ministre Simard s'inspire d'un projet pilote mis en place cette année dans six écoles secondaires, qui peuvent compter sur 7,2 millions sur trois ans. Les divers projets mis en place soulèvent déjà un grand enthousiasme, d'où l'idée d'annoncer l'expansion du projet. Malheureusement, bien que le montant qui sera attribué à chaque école ne soit pas encore déterminé, aucune ne bénéficiera d'une somme aussi importante que les 400 000 $ annuels sur lesquels peuvent compter les écoles du projet pilote. Si l'on veut assurer le succès de l'entreprise, il va peut-être falloir augmenter le budget de lutte contre le décrochage.
Dans un premier temps, il sera important de choisir les bonnes mesures d'aide. Or les six écoles pilotes sont pour l'instant d'un secours limité car elles n'ont pas complété leur propre évaluation, elles qui doivent servir d'inspiration. Mais le ministre était pressé. Il reste que certaines mesures ont déjà fait leurs preuves, comme le resserrement de l'encadrement. De façon plus précise, le titulariat connaît un regain de popularité tout à fait justifié, l'élève ayant besoin d'une relation suivie avec au moins un adulte dans l'école.
Dans le passé, beaucoup d'argent fut dépensé pour aider les écoles de milieux défavorisés, surtout au niveau primaire. D'année en année, des fonds et des expériences furent reconduits sans que personne ne se rende compte de leur inutilité. Espérons que ce temps soit révolu. Il est primordial que les projets choisis répondent à des diagnostics préalablement posés et qu'ils fassent l'objet d'une évaluation rigoureuse.
Beaucoup d'interrogations demeurent relativement à la «stratégie» annoncée hier. Mais cette invitation à la mobilisation, de manière à reprendre contact avec les jeunes, est un pas dans la bonne direction.
Paule des Rivières
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