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École de technologie supérieure - La science au service de l'industrie

Claude Lafleur   8 octobre 2005  Éducation
Depuis 30 ans, l'École de technologie supérieure forme des ingénieurs spécialisés en travaux pratiques grâce à un enseignement très concret du génie. Au dire du directeur général de l'ETS, l'établissement universitaire offre une voie royale aux étudiants du secondaire qui désirent faire carrière en technologie et qui caressent peut-être même l'espoir de devenir ingénieurs.

L'ETS se distingue des autres grandes écoles de génie en raison du fait que, pour y accéder, tout étudiant doit posséder un diplôme d'études collégiales en technologie, et non pas un DEC en sciences de la nature. C'est d'ailleurs la seule université au Québec qui permette aux détenteurs d'un diplôme d'études collégiales en techniques physiques ou informatiques d'obtenir un baccalauréat en génie. D'autre part, tous les cours qu'on donne à l'ETS sont axés sur les travaux pratiques alors que, en plus, les étudiants passent le tiers de leur formation en stages pratiques en entreprise.

Créée en 1974, l'École de technologie supérieure est la constituante de l'Université du Québec qui se consacre à l'enseignement du génie appliqué à l'industrie. Ses programmes sont d'ailleurs conçus en fonction des besoins de celle-ci, alors que l'École compte sur la participation du milieu industriel en ce qui a trait à sa direction et à ses orientations.

«À mon conseil d'administration, confirme Yves Beauchamp, directeur général de l'ETS, la moitié des membres sont des industriels alors qu'à la commission des études — l'organe qui gère les programmes —, ils sont environ le tiers. Voilà une pratique qu'on ne retrouve nulle part ailleurs et qui démontre clairement qu'à l'ETS, tout est toujours orienté vers les besoins de l'industrie.»

De surcroît, l'enseignement qu'on y prodigue est dit coopératif, c'est-à-dire que, à chaque année, tout étudiant réalise un stage de formation en entreprise. Ces stages rémunérés constituent une condition pour l'obtention du baccalauréat. Chaque stage dure de quatre à huit mois, de sorte qu'à l'obtention de son diplôme, le finissant possède déjà de 12 à 18 mois d'expérience pratique.

«Pour les stages, nous faisons affaire chaque année avec plus de 900 entreprises», précise M. Beauchamp. L'École place ainsi quelque 2250 étudiants en stage. «C'est l'équivalent de 25 millions de dollars que les entreprises investissent dans la formation de nos étudiants, précise-t-il encore, puisqu'un stage moyen paie de 10 000 $ à 11 000 $.»

Une filière sans risque

«On observe de plus en plus que, dès le secondaire, les étudiants décident de devenir ingénieurs en suivant notre filière technologique, relate avec satisfaction M. Beauchamp. Or, cette filière présente pour eux deux grands avantages.»

D'une part, un étudiant muni d'un DEC en technologie a déjà accès, au sortir du cégep, à de très bonnes possibilités d'emploi en tant que technicien. Toutefois, s'il décide d'entreprendre des études universitaires à l'ETS et que, en cours de route, il s'aperçoit que ce n'est pas sa voie, l'étudiant peut toujours revenir sur le marché du travail. «Un tel parcours n'est pas possible pour un étudiant qui entreprend une formation d'ingénieur à partir d'un DEC en sciences de la nature», fait valoir M. Beauchamp.

D'autre part, le fait que les étudiants de l'ETS suivent des stages rémunérés leur assure un revenu de plus de 30 000 $ au cours des trois années de baccalauréat. «Bien entendu, de telles sommes constituent pour tout étudiant un revenu appréciable... qui réduit d'autant son taux d'endettement», relate M. Beauchamp.

Cette voie progressive vers le génie intéresse d'ailleurs beaucoup les jeunes provenant de toutes les couches sociales. «Beaucoup de jeunes qui étudient chez nous sont des universitaires de première génération, rapporte fièrement le directeur, c'est-à-dire que leurs parents ne sont pas allés à l'université.»

Par ailleurs, le dixième des étudiants de l'École sont des filles. «Et vous savez quelle est la discipline la plus fréquentée par les filles?, lance-t-il. Le génie de la construction!»

Parce que la pédagogie appliquée à l'ETS s'appuie fortement sur l'expérimentation, les travaux pratiques et la réalisation de projets, les nouveaux étudiants ont nécessairement besoin de la formation technique acquise au cégep. «Cent pour cent de nos cours comportent des travaux pratiques et des laboratoires, explique M. Beauchamp. Nous poursuivons donc le même mode d'apprentissage que celui fourni au niveau collégial.»

Par exemple, un étudiant qui s'inscrit au baccalauréat en génie électrique n'apprendra pas comment utiliser un oscilloscope ou à concevoir des circuits électriques puisque ces notions ont été enseignées au cégep. «Toutes nos formations étant bâties de cette façon, poursuit M. Beauchamp, on ne pourrait admettre quelqu'un provenant des sciences de la nature, puisque celui-ci serait incapable de réaliser les laboratoires et travaux pratiques qui sont essentiels à sa formation.»

Idéal pour le travail en entreprise

«Nous formons des ingénieurs avec la même obligation d'applications immédiates que possèdent les techniciens formés au collégial», résume le directeur. D'ailleurs, les diplômés de l'ETS étant à la base des techniciens, ils sont des ingénieurs dits d'application, donc plus proches du travail en entreprise.

«Nous estimons qu'il s'agit là d'ingénieurs tout à fait idéaux pour la petite et moyenne entreprise, énonce Yves Beauchamp. En effet, il arrive souvent que ce type d'ingénieur soit le seul présent dans une entreprise. Par conséquent, le fait qu'il soit capable de descendre sur le plancher pour actionner les machines ou pour discuter avec ses collègues techniciens est pour lui, et pour son employeur, un grand avantage.»

D'ailleurs, dès le premier stage réalisé en entreprise, l'étudiant est véritablement productif puisqu'il est avant tout un technicien qualifié. «Ce n'est pas pour rien que près de 40 % de nos étudiants se trouvent un emploi là où ils ont fait leur stage», note fièrement M. Beauchamp.

De surcroît, insiste-t-il, l'ETS n'est pas uniquement une école qui forme des ingénieurs, mais une université qui offre neuf programmes de maîtrise et un programme de doctorat.

«On compte près de 600 étudiants aux cycles supérieurs, relate le directeur. Nous formons ainsi des chercheurs qui réaliseront pour les entreprises les travaux appliqués de recherche et de développement nécessaires à leur progrès.»

Collaborateur du Devoir






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