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Négociations dans l'éducation - Les enseignants du collégial comptent accentuer leurs moyens de pression

François Desjardins   3 octobre 2005  Éducation
Se disant excédés par la lenteur des négociations visant à renouveler leur contrat de travail, les syndicats affiliés à la Fédération nationale des enseignants du collégial (FNEEQ-CSN) entendent mettre en oeuvre des moyens de pression de nature administrative pour «perturber le cours normal des choses» dans les établissements.

Parmi les moyens envisagés, les 12 500 membres de la FNEEQ, soit les deux tiers des enseignants du collégial, comptent notamment faire part de leurs attentes «dans toutes les instances, dans toutes les réunions» avec la direction. La tactique, qui risque d'alourdir le déroulement de ces rencontres, s'inscrit dans un crescendo stratégique pouvant même déboucher sur un «boycottage administratif», a averti lors d'une conférence de presse hier le président de la FNEEQ-CSN, Ronald Cameron.

«Les ordres du jour sont établis par la direction. On va les faire changer», a dit M. Cameron, accompagné de la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau. Ces moyens de pression, a-t-il cependant insisté, n'influeront pas sur les tâches liées à l'enseignement.

Si jamais la stratégie n'arrivait pas à faire débloquer ou progresser les négociations au goût de la FNEEQ, la prochaine étape serait celle des quatre jours de grève prévus dès le 10 novembre dans le plan d'action du front commun CSN-FTQ, a ajouté M. Cameron. Ces journées de grève, qui ne seraient pas consécutives, auraient lieu sur une base rotative par région et pourraient impliquer 200 000 employés du secteur public, a rappelé Mme Carbonneau. D'ici là, il faudrait toutefois tenir les assemblées syndicales afin d'obtenir un mandat de grève des membres, qui recevront à la fin octobre une mise à jour sur ces mandats et sur les négociations.

Outre les négociations au sujet de la charge de travail, rappelons que les employés du front commun CSN-FTQ demandent 13,5 % d'augmentation salariale sur cinq ans et demi, alors que Québec offre 8 % sur six ans.

La FNEEQ n'est pas la seule à exercer des tactiques de pression. «Depuis le printemps dernier, on a augmenté nos moyens de pression et on a même tenu trois jours et demi de grève, mais ça n'avance pas aux tables de négociations», a dit en entrevue Alain Perron, vice-président aux communications à la Fédération autonome du collégial (FAC). Celle-ci agit de concert avec la Fédération des enseignants de cégeps (FEC-CSQ). «On essaie de convaincre nos membres qu'il faut travailler uniquement en fonction de leur convention collective. Parce qu'on sait que, présentement, si les cégeps fonctionnent, c'est que les profs font beaucoup plus que ce pour quoi ils ont été engagés.»

Quant à la perspective d'une grève de quatre jours, M. Perron a dit qu'«on va se rendre jusque-là si le gouvernement ne comprend pas, mais pour l'instant il n'y a pas de vote de pris». Par ailleurs, il a fait état de discussions avec la FNEEQ «pour qu'on se réunisse et qu'on fasse un front élargi parce qu'au fond les moyens utilisés sont les mêmes pour tout le monde».

À la Fédération des cégeps, on ne s'émouvait pas outre mesure des moyens annoncés. «Dans la mesure où ça ne touche pas les services aux étudiants ou l'enseignement, c'est déjà un moindre mal», a dit le président-directeur général, Gaëtan Boucher, dont l'organisation représente 48 établissements. «Et dans la mesure où le dialogue aux plans local et national se poursuivent, je me dis que ça fait partie de la normalité des choses», a-t-il ajouté en estimant que le climat des négociations demeurait «excellent».






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