Sprint de négociations avec les enseignants
Le ministère de l'Éducation a obtenu les mandats qu'il espérait pour poursuivre la négociation sur les conditions de travail des enseignants, qui reprennent aujourd'hui à Montréal. Les deux parties ont confirmé hier qu'elles enclenchaient ce matin ce qu'elles espèrent être le sprint final.
«[Ce] matin, il y a un droit qui se poursuit», a indiqué hier le négociateur en chef du gouvernement du Québec, Jean-François Munn. S'agira-t-il du dernier droit? «Tout le monde a intérêt à arriver à une entente, et nous sommes rendus là», a-t-il indiqué.
Un peu plus tôt à la sortie du conseil des ministres, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, avait aussi pointé ce «moment charnière» de la négociation, où les parties sont rendues au volet sectoriel de la négociation, c'est-à-dire la portion des échanges qui concerne les conditions de travail. «Nous sentons l'urgence d'arriver à une entente de part et d'autre» sur le volet sectoriel, a-t-elle indiqué, ajoutant qu'elle «n'avait pas de nouvelles offres» salariales à présenter.
Si le règlement global — volets sectoriel et salarial combinés, ce qui donne une convention collective paraphée en bonne et due forme par les deux parties — est l'objectif final des deux parties, la portion du sprint auquel nous assistons porte actuellement sur l'échange sectoriel.
Le Devoir rapportait en effet hier que le gouvernement et certains syndicats d'employés étaient près d'une entente sectorielle sans pour autant que la partie salariale soit gagnée. Nous indiquions que du côté notamment de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et ses 80 000 syndiqués, le travail allait bon train, le syndicat étant hier en attente d'une réponse du gouvernement pour entamer ce qui pourrait être le sprint final de cette portion des échanges.
«J'ai de bonnes raisons de croire que les choses pourraient débloquer, en effet», a expliqué hier Réjean Parent, président de la CSQ, en faisant allusion aux conditions de travail. Quant à la portion salariale, «il y a eu un recul de la part du gouvernement», a indiqué le chef syndical, affirmant que «l'appétit des membres sur le sectoriel était très grand, c'est vrai, mais la question de la protection du pouvoir d'achat est essentielle aussi».
Aujourd'hui et demain seront donc des journées de négociation intensive et pourraient mener à une entente de principe à présenter au conseil fédéral de la FSE lundi matin, dans un hôtel de Laval. Certains syndicats préviennent toutefois que la partie n'est pas gagnée.
«Je suis étonné d'apprendre qu'on est près d'une entente», a expliqué Pierre Saint-Germain, président de l'Alliance des professeurs de Montréal, le syndicat le plus important de la FSE. «Un règlement doit compter non seulement des services aux élèves en difficulté mais aussi des morceaux sur la précarité, la formation professionnelle, l'éducation aux adultes, les classes multiniveaux. En juin, il n'y avait pas l'ombre d'une offre là-dessus.»
Le syndicat, comme la majorité des membres de la FSE, avait rejeté l'option de la grève de cinq jours en mai dernier, au moment où les négociations s'intensifiaient pour une première fois. Certains croient qu'en réglant les conditions de travail d'abord avec les enseignants, le gouvernement fait le pari de ne pas les retrouver ensuite dans la rue lorsque les conditions salariales feront l'objet de débats.
«Je n'ai pas de boule de cristal», a expliqué Réjean Parent, de la CSQ, impuissant à prédire les ardeurs futures de ses troupes. «Négocier, en soi, est un risque. [...] Sur le terrain, les gens nous disent qu'ils tiennent au salarial et que leurs demandes sont raisonnables.»
La stratégie gouvernementale, comme nous le rapportions hier, consistait de même à régler avec une masse d'employés la plus imposante possible de façon à limiter le chaos des moyens de pression pour l'automne. Les espoirs de règlement seraient aussi intéressants du côté du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ainsi que du côté du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).
Celui-ci a toutefois nié avec véhémence hier se rapprocher d'une conclusion. Furieuse, la présidente du SPGQ, Carole Roberge, a voulu corriger l'impression laissée par l'imminence d'une entente. «Il n'y a aucune perspective de règlement à l'heure où on se parle», a-t-elle précisé. «Nous attendons toujours des offres gouvernementales, on n'a même pas de dépôt, alors nous sommes loin du règlement.»
Sur cette intention du gouvernement de faire d'une pierre deux coups, le négociateur en chef Jean-François Munn a indiqué que «plus on a d'ententes, mieux on se porte».
«[Ce] matin, il y a un droit qui se poursuit», a indiqué hier le négociateur en chef du gouvernement du Québec, Jean-François Munn. S'agira-t-il du dernier droit? «Tout le monde a intérêt à arriver à une entente, et nous sommes rendus là», a-t-il indiqué.
Un peu plus tôt à la sortie du conseil des ministres, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, avait aussi pointé ce «moment charnière» de la négociation, où les parties sont rendues au volet sectoriel de la négociation, c'est-à-dire la portion des échanges qui concerne les conditions de travail. «Nous sentons l'urgence d'arriver à une entente de part et d'autre» sur le volet sectoriel, a-t-elle indiqué, ajoutant qu'elle «n'avait pas de nouvelles offres» salariales à présenter.
Si le règlement global — volets sectoriel et salarial combinés, ce qui donne une convention collective paraphée en bonne et due forme par les deux parties — est l'objectif final des deux parties, la portion du sprint auquel nous assistons porte actuellement sur l'échange sectoriel.
Le Devoir rapportait en effet hier que le gouvernement et certains syndicats d'employés étaient près d'une entente sectorielle sans pour autant que la partie salariale soit gagnée. Nous indiquions que du côté notamment de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et ses 80 000 syndiqués, le travail allait bon train, le syndicat étant hier en attente d'une réponse du gouvernement pour entamer ce qui pourrait être le sprint final de cette portion des échanges.
«J'ai de bonnes raisons de croire que les choses pourraient débloquer, en effet», a expliqué hier Réjean Parent, président de la CSQ, en faisant allusion aux conditions de travail. Quant à la portion salariale, «il y a eu un recul de la part du gouvernement», a indiqué le chef syndical, affirmant que «l'appétit des membres sur le sectoriel était très grand, c'est vrai, mais la question de la protection du pouvoir d'achat est essentielle aussi».
Aujourd'hui et demain seront donc des journées de négociation intensive et pourraient mener à une entente de principe à présenter au conseil fédéral de la FSE lundi matin, dans un hôtel de Laval. Certains syndicats préviennent toutefois que la partie n'est pas gagnée.
«Je suis étonné d'apprendre qu'on est près d'une entente», a expliqué Pierre Saint-Germain, président de l'Alliance des professeurs de Montréal, le syndicat le plus important de la FSE. «Un règlement doit compter non seulement des services aux élèves en difficulté mais aussi des morceaux sur la précarité, la formation professionnelle, l'éducation aux adultes, les classes multiniveaux. En juin, il n'y avait pas l'ombre d'une offre là-dessus.»
Le syndicat, comme la majorité des membres de la FSE, avait rejeté l'option de la grève de cinq jours en mai dernier, au moment où les négociations s'intensifiaient pour une première fois. Certains croient qu'en réglant les conditions de travail d'abord avec les enseignants, le gouvernement fait le pari de ne pas les retrouver ensuite dans la rue lorsque les conditions salariales feront l'objet de débats.
«Je n'ai pas de boule de cristal», a expliqué Réjean Parent, de la CSQ, impuissant à prédire les ardeurs futures de ses troupes. «Négocier, en soi, est un risque. [...] Sur le terrain, les gens nous disent qu'ils tiennent au salarial et que leurs demandes sont raisonnables.»
La stratégie gouvernementale, comme nous le rapportions hier, consistait de même à régler avec une masse d'employés la plus imposante possible de façon à limiter le chaos des moyens de pression pour l'automne. Les espoirs de règlement seraient aussi intéressants du côté du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ainsi que du côté du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).
Celui-ci a toutefois nié avec véhémence hier se rapprocher d'une conclusion. Furieuse, la présidente du SPGQ, Carole Roberge, a voulu corriger l'impression laissée par l'imminence d'une entente. «Il n'y a aucune perspective de règlement à l'heure où on se parle», a-t-elle précisé. «Nous attendons toujours des offres gouvernementales, on n'a même pas de dépôt, alors nous sommes loin du règlement.»
Sur cette intention du gouvernement de faire d'une pierre deux coups, le négociateur en chef Jean-François Munn a indiqué que «plus on a d'ententes, mieux on se porte».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

