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Négociations dans le secteur public - Un autre congé forcé pour les élèves

Le front commun CSN-FTQ prévoit une autre journée de grève jeudi prochain

Marie-Andrée Chouinard   8 septembre 2005  Éducation
Les élèves de 45 commissions scolaires seront privés de cours jeudi prochain en raison de la grève des employés de soutien.
Photo : Pascal Ratthé
Les élèves de 45 commissions scolaires seront privés de cours jeudi prochain en raison de la grève des employés de soutien.
Alors que parents et élèves devront jongler avec une nouvelle journée de grève à la mi-septembre, le ministre de l'Éducation a désapprouvé cette contrariété additionnelle et invité les syndicats à «intensifier la négociation plutôt que d'intensifier les moyens de pression».

Depuis Val-d'Or, où il participait au caucus libéral, Jean-Marc Fournier a ainsi condamné ce débrayage additionnel, que les employés de soutien affiliés à la CSN et à la FTQ ont promis pour le 15 septembre, histoire de marquer leur impatience face à cette négociation qui, selon eux, piétine.

L'exaspération commande ce deuxième débrayage — d'une demi-journée pour les employés liés à la CSN et d'une journée pour les autres, affiliés à la FTQ —, ont expliqué hier les chefs syndicaux, qui accusent le gouvernement de mener la négociation droit au cul-de-sac.

«Avec notre premier débrayage, notre message a peut-être été entendu, mais il n'a pas été compris», a indiqué hier Ginette Guérin, présidente de la Fédération des employés de services publics de la CSN, qui, avec la FTQ, compte quelque 40 000 employés de soutien (éducateurs de services de garde, secrétaires, concierges, techniciens de laboratoire, etc.).

Dans les faits, ce sont donc 45 commissions scolaires et six établissements gouvernementaux qui seront paralysés par ce nouveau débrayage. Le mot d'ordre pourrait toutefois être retiré si une accélération des échanges se faisait sentir.

Les employés de soutien liés à la CSN ont adhéré à deux journées de grève, qu'ils ont demandé d'exercer à coups de demi-journées. «Il nous restera donc deux demi-journées que nous devrons peut-être utiliser d'ici la fin de septembre», a précisé Mme Guérin, consciente du casse-tête que cela causera aux parents.

Les syndicats accusent le gouvernement de tenir un double discours en invitant à un rythme soutenu de rencontres, comme l'ont fait hier tant le premier ministre que le ministre de l'Éducation, pendant que, dans les faits, «les rencontres ne sont que d'une par semaine, et on n'a rien de plus à nous dire», a ajouté Mme Guérin.

Le ministre Fournier trouve «déplorable» ce nouveau moyen de pression qui, à son avis, accentuera le «ras-le-bol» des parents, déjà clairement exprimé la semaine dernière à la veille d'une première de ces demi-journées de grève. «Il y a de la place pour intensifier les négociations. Nous, on est prêts», a indiqué le ministre, secondé quelques heures plus tard par le premier ministre Jean Charest. «Moi, ce que je dis, c'est: regardez vos agendas et retournez à la table.»

Le comité patronal de négociation a exprimé son désaccord avec cette nouvelle annonce qui, à son avis, n'atteint pas la bonne cible. «Le front commun sait pertinemment qu'il pénalisera directement les élèves et que certains employés seront payés même s'ils n'exercent pas le travail pour lequel on les rétribue habituellement», a expliqué par voie de communiqué Gilles Hébert, président du Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones.

Pendant que les employés de soutien multiplient les moyens de pression, les enseignants poursuivent cette ronde intensive de négociation, qui pourrait se clore par une entente de principe exactement au moment où les employés de soutien prévoient de paralyser les écoles. «C'est à se demander si le gouvernement nous entend», déplore d'ailleurs Ginette Guérin, de la CSN. «Nous, on est en grève, mais ce n'est pas grave. Pendant ce temps, les enseignants sont en blitz.»

À la Commission scolaire de Montréal, on annoncera aujourd'hui l'horaire de cette journée du 15 septembre. Les autorités doivent en effet décider d'annuler la totalité de la journée de classe, voire seulement l'après-midi, puisque le débrayage est prévu en après-midi uniquement. Lors des premiers jours de la rentrée, le premier épisode de grève avait été converti en journée pédagogique, les enfants étant invités à demeurer à la maison.

Avec la collaboration d'Antoine Robitaille
 
 
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