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Négociations - Les parents en ont assez du «picossage» des enseignants

Marie-Andrée Chouinard   30 août 2005  Éducation
Tandis que la rentrée dans les cégeps était retardée et que celle dans les écoles était perturbée par les employés de soutien, la Fédération des comités de parents a appelé hier les enseignants à plus de retenue dans l’exercice des moyens
Photo : Jacques Nadeau
Tandis que la rentrée dans les cégeps était retardée et que celle dans les écoles était perturbée par les employés de soutien, la Fédération des comités de parents a appelé hier les enseignants à plus de retenue dans l’exercice des moyens
Le ministre et les commissions scolaires prient pour une rentrée scolaire sans trop de heurts, les syndicats d'enseignants reprennent le bal des négociations stoppé au printemps, mais les parents, eux, en ont assez que leurs enfants paient pour les chicanes des grands et demandent un retour au calme.

Sympathiques à la cause mais opposés aux moyens: les parents ont profité d'une tribune offerte hier par le ministre de l'Éducation pour déplorer le «picossage des enseignants» dont les conséquences sur la famille sont trop souvent minimalisées. «Les parents en ont assez!»

La présidente de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), Diane Miron, a ainsi exprimé son «ras-le-bol» devant les moyens de pression orchestrés par les enseignants du primaire et du secondaire. Le «grand dérangement» organisé par les profs s'enclenche cette semaine, mais ce sont plutôt les moyens de pression des employés de soutien qui ont forcé pour plusieurs le report de la rentrée d'une journée ou deux.

Lors d'une conférence de presse orchestrée par le cabinet du ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, c'est donc la voix des parents qui s'est faite la plus percutante aux côtés d'une invitation au calme plutôt douce formulée tant par le ministre que par le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron.

Alors que la négociation interrompue abruptement en juin a repris la semaine dernière entre le syndicat d'enseignants et le gouvernement, M. Fournier a indiqué que, lors des premiers jours d'école, «on ne devrait pas être face à des signaux de confrontation». «Je souhaite que les négos se fassent à la table et que les cours se donnent dans les classes», a indiqué M. Fournier, qui n'avait clairement pas l'intention de jeter de l'huile sur le feu, comme en font foi les nombreuses fleurs lancées à l'endroit du travail des enseignants. «Il y a un endroit pour chaque chose.»

Le ministre a en outre réitéré les limites financières de son gouvernement, rappelé qu'il n'y aurait pas d'ajout aux trois milliards déposés sur la table, mais a ouvert la porte à certains nouveaux «aménagements» à l'intérieur de cette enveloppe.

Moins coulante que ses voisins de table, la présidente de la Fédération des comités de parents a exposé le profond ennui des familles devant les moyens de pression enclenchés cette semaine dans les écoles, ce qu'elle a appelé le «picossage des enseignants depuis six mois».

«Nous étions d'accord avec le discours des enseignants, mais pas avec les moyens de pression», a expliqué Mme Miron, précisant ensuite qu'elle «ne voulait pas se mêler de la négociation» et «prendre parti». À la demande du ministre Jean-Marc Fournier, la présidente a toutefois décidé, épaulée par son conseil d'administration, d'aller exposer son opinion aux côtés du ministre.

«Je ne savais pas trop si je devais acquiescer à la demande du ministre de l'accompagner [hier] matin, je ne voulais surtout pas que ça soit perçu comme un appui au gouvernement», a-t-elle expliqué plus tard lors d'un entretien téléphonique. «Mais on a décidé d'y aller, c'était une tribune intéressante. Les parents en ont ras-le-bol de ces petits moyens de pression qui se cumulent et qui dérangent les enfants et les parents. Ils en ont assez surtout qu'on minimise les effets sur les familles.»

Les parents affirment en outre que leur exaspération a atteint son comble lorsqu'ils ont constaté que la négociation s'interrompait au printemps sur une question salariale, alors que les discussions entourant le normatif laissaient poindre une enveloppe de 100 millions de dollars pour l'ajout de 2000 ressources professionnelles de plus, le tout tant destiné aux élèves en difficulté.

Les syndiqués

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) comprend «l'impatience des parents», mais leur rappelle qu'ils partagent les mêmes objectifs. «Qu'ils se montrent impatients, soit, mais tant et aussi longtemps que nous n'aurons pas des moyens de pression un peu plus durs, nous n'avancerons pas», a réagi hier la présidente de la FSE, Johanne Fortier.

Le syndicat a déjà eu une rencontre avec la table «politique» de négociation la semaine dernière, en compte d'ailleurs une autre aujourd'hui, et s'attend à un rythme «accéléré» d'échanges qui démarreraient le 5 septembre et pourraient se conclure dans un laps de temps de cinq à dix jours.

En plus de l'ajout de ressources, les enseignants ont remis au jeu une de leurs anciennes demandes, soit la diminution du nombre d'élèves dans les classes. Ils estiment que les 100 millions destinés aux élèves en difficulté sont toujours sur la table, et que l'évolution des discussions du printemps n'est donc pas entièrement perdue.

«On sait qu'il y a encore de l'argent, les sommes sont probablement toujours là, mais est-ce qu'on peut craindre qu'une partie de l'enveloppe passe au salarial? On ne sait pas», a indiqué Mme Fortier.

Par ailleurs, une rencontre récente avec les représentants du ministère sur la question de la réforme — désormais appelée «renouveau pédagogique» par le ministre — a mis une pause sur le plan de résistance des profs, qui visait à bloquer l'implantation de la réforme au secondaire. «Nous avons eu certaines réponses à nos questionnements, et nous devons en faire état à notre conseil cette semaine», a affirmé Mme Fortier. D'ici là, l'envol de la réforme n'est donc pas compromis par les moyens de pression.






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  • Paul Paradis
    Inscrit
    mardi 30 août 2005 07h39
    Il faut donner un signal fort aux syndicats
    « C'est assez, les syndicats de la fonction publique ont besoin d'une correction. Le PQ, même étant de gauche et soutenu par les syndicats, en a donné l'exemple dans le passé: decret de retour au travail et grosses pénalités aux syndicats et aux profs individuellement pour chaque jour de débrayage illégal. Il faut soutenir le gouvernement, sans partisanneries stériles, afin qu'il puisse agir vigoureusement contre ce fléau de la société québecoise.

    Claudia Paradis, Montréal »

  • Benoît Bélanger
    Inscrit
    mardi 30 août 2005 08h26
    Intervention
    « On peut comprendre l'agacement des parents devant les tactiques tout à fait légitimes des centrales syndicales. Mais de là à s'afficher aux côtés du Ministre pour faire connaître leur ras-le-bol, il y a un énorme pas qu'ils n'auraient jamais dû franchir.

    Négocier suppose une VOLONTÉ DE PART ET D'AUTRE d'accepter de mettre de l'eau dans son vin. Or tel n'est pas le cas du gouvernement qui affirme de la façon la plus arrogante qui soit qu'il n'a rien à offrir en contre-partie!

    L'exemple que les parents offrent à leurs enfants c'est un égoïsme caractéristique de leur génération: "Arrangez-vous donc les syndicats pour que nous n'ayions rien à souffrir de vos déboires avec le gouvernement". Ce n'est pas sérieux et on devrait conclure de cet épisode que le parti libéral a réussi à infiltrer l'association des parents suffisamment pour en prendre le contrôle. Une telle attitude de la part du gouvernement et de la part du parti libéral nous rappelle douloureusement l'époque duplessiste.
    En tant que citoyen contribuable, je déplore le geste du porte-parole des parents qui aurait mieux fait de s'abstenir de piccorer sur le dos de syndiqués privés d'un contrat de travail depuis plus de deux ans et d'offir aux enfants du Québec l'exemple d'une objectivité nécessaire dans ce conflit. »

  • Jean-Philippe Delorme
    Abonné
    jeudi 1 septembre 2005 12h23
    Acte 1; prise 2
    « Vous avez raison d'être à l'affût des éventuels abus des groupes de pression. Évitons toutefois de sombrer dans un anti-syndicalisme primaire et simpliste. Relisez l'article et peut-être comprendrez-vous que la Fédération des comités de parents était complètement à côté de la plaque tant au niveau du fond que de la forme. C'est un peu comme si vous punissiez votre plus jeune pour les bétises de son ainé...

    P.S. Je ne suis pas syndiqué; je suis patron...

    Bien à vous!

    Jean-Philippe Delorme »

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