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La réforme scolaire enfin décodée

Une trentaine d'éducateurs traduisent simplement les explications des fonctionnaires

Des éducateurs ont produit «un petit guide simple et sans prétention qui s’adresse aux parents et aux citoyens qui se posent des questions sur cette fameuse réforme de l’éducation».
Photo : Jacques Grenier
Des éducateurs ont produit «un petit guide simple et sans prétention qui s’adresse aux parents et aux citoyens qui se posent des questions sur cette fameuse réforme de l’éducation».
Signe incontestable que la réforme de l'éducation n'a pas réussi le pari d'être à la fois compréhensible et comprise, un groupe de férus d'éducation vient de lancer un site Internet qui raconte... la réforme pour les nuls!

La réforme est en route depuis 2000, mais il semble que rares sont ceux qui la comprennent. Voilà en tout cas ce que suppose le directeur de l'Institut Saint-Joseph, Mario Asselin, un passionné des causes de l'éducation, qui a décidé, avec une trentaine d'éducateurs, de prendre la réforme par les cornes et d'en détailler l'obscur contenu dans un langage limpide.

Les compétences transversales, les bulletins, les devoirs et les leçons, les résistances à la réforme — est-ce qu'on arrête ou on continue? —, l'enthousiasme des enseignants, tout y passe, sur ce jasonsreforme.qc.ca, le carnet Web collectif animé par M. Asselin.

C'est «La réforme pour les nuls» ou «L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur la réforme des programmes scolaires qui est en cours au Québec... en onze questions et onze réponses»! Comme le titre l'annonce, le site créé par des blogueurs abonnés au carnet Web du directeur de l'Institut Saint-Joseph présente une dizaine de questions et tente d'y répondre d'une manière concise, à l'abri du jargon hermétique souventes fois reproché au ministère de l'Éducation depuis l'avènement de sa réforme.

«Un petit guide simple et sans prétention qui s'adresse aux parents et aux citoyens qui se posent des questions sur cette fameuse réforme de l'éducation», y indique-t-on d'emblée. Le cri du coeur lancé par les enseignants il y a quelques semaines — et qui demandait le report de l'entrée en vigueur de la réforme au secondaire — a donné naissance au mouvement.

«Sur mon carnet, nous avons commencé à discuter de manière informelle, jusqu'à ce que quelqu'un nous demande d'expliquer simplement les tenants et aboutissants de la réforme», relate M. Asselin.

«Honnêtement, j'aimerais bien que quelqu'un m'explique clairement et simplement, en un paragraphe (deux à la rigueur), sans langue de bois, mais sans me prendre pour un imbécile non plus, et en évitant soigneusement l'expression "compétence transversale", l'ostensoir de réforme», écrivait un des commentateurs. Et l'idée de «La réforme pour les nuls» était lancée!

D'où vient l'idée de la réforme? Des États généraux sur l'éducation. C'est quoi, le but? Que l'école mène au succès un plus grand nombre d'élèves. Comment savoir si la réforme est ancrée dans une école? Un indice: les profs ont changé leur méthode de telle sorte qu'ils insistent davantage sur ce que les élèves ont appris, comment ils l'ont appris et ce qu'ils font avec ce qu'ils ont appris, plutôt que de se préoccuper davantage de ce qu'ils enseignent.

Qui est l'enseignant adepte de la réforme? Celui qui veut devenir un coach et ne croit plus que «l'enfant est comme un vase vide à remplir»... Et les devoirs, les leçons? Ça existe encore, «mais ça ne se passe pas nécessairement comme avant», menant plutôt à des enquêtes, des recherches et des discussions liées au sens des choses apprises pendant la journée. Et les fameuses «compétences transversales»? Des «savoir-agir» qui n'appartiennent pas à une matière en particulier, mais qui se développent partout, comme exercer son jugement, qui ne s'apprend pas exclusivement en français ou en maths.

«Le texte n'est pas parfait, indique Clément Laberge, un éducateur qui a participé à la création de ce site collectif. Des nuances y seront sans doute apportées puisque tout le monde a la possibilité d'y contribuer. Mais voilà un texte qui sort du jargon habituel du monde de l'éducation.»

Depuis que la réforme a pris son envol, nombreuses ont été les critiques qui en ont fait un concept obscur, pour ne pas dire incompréhensible. Le programme a même été entièrement réécrit pour le clarifier tant les récriminations étaient grandes.

«Ce qu'on souhaite en lançant ce document, c'est que les résistances s'expriment, que les solitudes se parlent, qu'il y ait un dialogue», explique Mario Asselin, qui ajoute que la trentaine de personnes ayant conçu ce guide l'ont fait par l'entremise du blogue, sans jamais se rencontrer.

La question numéro 11, un peu plus coquine, a donné plus de fil à retordre aux auteurs. «Pourquoi y a-t-il des gens qui militent pour repousser l'entrée en vigueur de la réforme au secondaire?», demande-t-on. Parce qu'il y a «absence de dialogue», présence de difficultés, de confusions (la réforme ne se limite pas à la pédagogie par projet!), que quelques récalcitrants plus conformistes s'y opposent et que le ministère de l'Éducation exerce un «faible leadership», une attitude qu'il devra changer.
 
 
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  • Francois Lavallée - Abonné
    10 octobre 2007 12 h 29
    Décrochage
    Le décrochage est en hausse au Québec et ce, dès le plus jeune âge. D'après la réforme en est pour la grande partie responsable.
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