École et industrie - À l'échelle industrielle
Polynov est unique en Amérique du Nord dans le milieu de la recherche universitaire
Le 8 février dernier, l'École polytechnique de Montréal inaugurait un nouveau laboratoire spécialisé dans la recherche sur les polymères. Polynov, situé dans le parc industriel d'Anjou, propose «une autre façon de penser la recherche» en permettant aux chercheurs de tester leurs produits à l'échelle industrielle.
«C'est un projet assez unique, explique le professeur Pierre Carreau, directeur du Centre de recherche en plasturgie et composites (CREPEC) et responsable du laboratoire Polynov. Nos recherches sortent du cadre des recherches universitaires classiques. On part du labo et des éprouvettes et on s'en va vers le marché du travail, l'industrie.»
Le laboratoire est en effet unique en Amérique du Nord, dans le milieu de la recherche universitaire, avec ses équipements à la fine pointe de la technologie. Il permettra aux chercheurs de tester de nouveaux produits et concepts directement à l'échelle industrielle. Ainsi, selon M. Carreau, «l'avantage énorme, c'est qu'on se rend presque au produit final, donc l'utilisateur pourra voir rapidement si son produit est conforme à ce qu'on cherche» et ainsi éviter les risques que pourrait occasionner un changement d'échelle en passant du laboratoire à la production industrielle.
Polynov assurera aussi la formation d'étudiants, à la maîtrise et au doctorat, qui pourront faire de la recherche sur ces produits et tester de nouveaux concepts.
Pour Pierre Carreau, ce sont de «beaux défis. C'est une autre façon de penser la recherche. Ça nous permet de sortir de notre tour d'ivoire et d'aller voir les industries».
Budget de 10 millions
Le laboratoire Polynov est financé en grande partie par la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) et le ministère de l'Éducation du Québec. Des partenaires privés s'ajoutent aux investisseurs, dont Crompton Davis-Standard, le principal fournisseur de l'équipement, et le groupe Lavergne, qui prête le lieu accueillant le laboratoire, pour un budget total de 10 millions.
Polynov est la première unité à l'échelle industrielle du CREPEC, un regroupement de plusieurs centres de recherche universitaires et institutionnels québécois spécialisés dans la recherche sur les polymères et composites, créé en novembre dernier.
«Avec ce qu'on fait comme recherche dans le domaine de la plasturgie et des composites, on est sûrement dans les meilleures équipes du monde, on réussit très bien, explique Pierre Carreau. Peu à peu, on aura de plus en plus de visibilité, tant sur le plan local qu'international. [...] Notre but est de devenir des chefs de file dans le domaine à travers le monde.»
De nombreuses utilisations
Polynov compte sur son concept unique, qui lui permet de faire un lien direct entre la recherche et la production industrielle, pour attirer de nombreuses entreprises. Selon M. Carreau, plusieurs PME, et même des entreprises plus importantes, n'ont pas toujours les machines dont elles ont besoin pour tester les produits à leur disposition. Ces dernières sont souvent mal adaptées aux études à effectuer, ou encore trop utilisées et donc rarement disponibles pour tester de nouveaux produits. «Ces entreprises peuvent donc venir chez nous, faire le développement de leur produit et voir si leur concept fonctionne», explique-t-il. À condition de pouvoir y mettre le prix car, selon le professeur, les coûts d'opération des machines sont importants et «la recherche coûte cher».
Les polymères, sur lesquels porteront les recherches du laboratoire, peuvent être utilisés à plusieurs fins: pour la confection de vêtements, par exemple, ou dans la fabrication de divers matériaux d'isolation. «Par exemple, explique M. Carreau, on cherche à fabriquer des polymères qui auront des propriétés telles que de laisser passer la vapeur d'eau tout en étant imperméables à l'eau liquide, pour l'industrie de la construction, notamment.»
Déjà, les chercheurs ont investi les locaux du laboratoire Polynov, et un contrat avec un groupe industriel a été réalisé avec succès.
«On a cru en notre concept et, dans les prochaines années, il faudra montrer que ce concept-là valait le coup. Et je pense que oui, je pense que c'est un atout pour le Québec», croit Pierre Carreau.
Nouvelle chaire à Polytechnique
Le domaine des composites recevait récemment une autre bonne nouvelle. Dès le 1er avril, la nouvelle Chaire de recherche industrielle CRSNG/GM Canada de Polytechnique, dirigée par François Trochu, débutera ses travaux sur la fabrication à bas prix de composites.
Financée par General Motors du Canada (GM) et le Conseil de recherche en sciences naturelles et génie (CRSNG), la chaire a pour mission d'élargir les champs d'application des composites structuraux au domaine automobile. Elle est étroitement associée au Centre de recherche appliquée sur les polymères (CRASP). Les composites à haute performance sont utilisés dans de nombreux secteurs industriels, notamment en aéronautique pour alléger le poids des aéronefs.
«C'est un projet assez unique, explique le professeur Pierre Carreau, directeur du Centre de recherche en plasturgie et composites (CREPEC) et responsable du laboratoire Polynov. Nos recherches sortent du cadre des recherches universitaires classiques. On part du labo et des éprouvettes et on s'en va vers le marché du travail, l'industrie.»
Le laboratoire est en effet unique en Amérique du Nord, dans le milieu de la recherche universitaire, avec ses équipements à la fine pointe de la technologie. Il permettra aux chercheurs de tester de nouveaux produits et concepts directement à l'échelle industrielle. Ainsi, selon M. Carreau, «l'avantage énorme, c'est qu'on se rend presque au produit final, donc l'utilisateur pourra voir rapidement si son produit est conforme à ce qu'on cherche» et ainsi éviter les risques que pourrait occasionner un changement d'échelle en passant du laboratoire à la production industrielle.
Polynov assurera aussi la formation d'étudiants, à la maîtrise et au doctorat, qui pourront faire de la recherche sur ces produits et tester de nouveaux concepts.
Pour Pierre Carreau, ce sont de «beaux défis. C'est une autre façon de penser la recherche. Ça nous permet de sortir de notre tour d'ivoire et d'aller voir les industries».
Budget de 10 millions
Le laboratoire Polynov est financé en grande partie par la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) et le ministère de l'Éducation du Québec. Des partenaires privés s'ajoutent aux investisseurs, dont Crompton Davis-Standard, le principal fournisseur de l'équipement, et le groupe Lavergne, qui prête le lieu accueillant le laboratoire, pour un budget total de 10 millions.
Polynov est la première unité à l'échelle industrielle du CREPEC, un regroupement de plusieurs centres de recherche universitaires et institutionnels québécois spécialisés dans la recherche sur les polymères et composites, créé en novembre dernier.
«Avec ce qu'on fait comme recherche dans le domaine de la plasturgie et des composites, on est sûrement dans les meilleures équipes du monde, on réussit très bien, explique Pierre Carreau. Peu à peu, on aura de plus en plus de visibilité, tant sur le plan local qu'international. [...] Notre but est de devenir des chefs de file dans le domaine à travers le monde.»
De nombreuses utilisations
Polynov compte sur son concept unique, qui lui permet de faire un lien direct entre la recherche et la production industrielle, pour attirer de nombreuses entreprises. Selon M. Carreau, plusieurs PME, et même des entreprises plus importantes, n'ont pas toujours les machines dont elles ont besoin pour tester les produits à leur disposition. Ces dernières sont souvent mal adaptées aux études à effectuer, ou encore trop utilisées et donc rarement disponibles pour tester de nouveaux produits. «Ces entreprises peuvent donc venir chez nous, faire le développement de leur produit et voir si leur concept fonctionne», explique-t-il. À condition de pouvoir y mettre le prix car, selon le professeur, les coûts d'opération des machines sont importants et «la recherche coûte cher».
Les polymères, sur lesquels porteront les recherches du laboratoire, peuvent être utilisés à plusieurs fins: pour la confection de vêtements, par exemple, ou dans la fabrication de divers matériaux d'isolation. «Par exemple, explique M. Carreau, on cherche à fabriquer des polymères qui auront des propriétés telles que de laisser passer la vapeur d'eau tout en étant imperméables à l'eau liquide, pour l'industrie de la construction, notamment.»
Déjà, les chercheurs ont investi les locaux du laboratoire Polynov, et un contrat avec un groupe industriel a été réalisé avec succès.
«On a cru en notre concept et, dans les prochaines années, il faudra montrer que ce concept-là valait le coup. Et je pense que oui, je pense que c'est un atout pour le Québec», croit Pierre Carreau.
Nouvelle chaire à Polytechnique
Le domaine des composites recevait récemment une autre bonne nouvelle. Dès le 1er avril, la nouvelle Chaire de recherche industrielle CRSNG/GM Canada de Polytechnique, dirigée par François Trochu, débutera ses travaux sur la fabrication à bas prix de composites.
Financée par General Motors du Canada (GM) et le Conseil de recherche en sciences naturelles et génie (CRSNG), la chaire a pour mission d'élargir les champs d'application des composites structuraux au domaine automobile. Elle est étroitement associée au Centre de recherche appliquée sur les polymères (CRASP). Les composites à haute performance sont utilisés dans de nombreux secteurs industriels, notamment en aéronautique pour alléger le poids des aéronefs.
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