Première fronde contre le nouveau recteur de l'UdeM
Les professeurs réclament le départ de Luc Vinet avant même son entrée en fonction
Sitôt désigné comme nouveau recteur de l'Université de Montréal, Luc Vinet est l'objet d'une démarche sans précédent par le syndicat des professeurs de l'établissement: dénonçant la manière dont le conseil d'administration a choisi son prétendant, le syndicat demande qu'on renonce à cette nomination, annoncée il y a quelques jours à peine.
«Il y a un clivage évident entre l'expression démocratique et une décision arbitraire», a expliqué hier le président du Syndicat général des professeurs de l'Université de Montréal (SGPUM), Louis Dumont. «Ce genre de matraquage est inacceptable.»
Les professeurs en ont contre le fait que le conseil de l'université a «choisi à l'unanimité» la candidature de Luc Vinet, jusque-là vice-principal aux affaires pédagogiques à l'université McGill, alors que le Comité de consultation pour la nomination d'un recteur ou d'une rectrice, actif depuis plus d'un an, avait plutôt indiqué il y a deux semaines qu'il recommandait la nomination de Suzanne Fortier, vice-rectrice aux études à l'université Queen's.
«C'est la première fois dans l'histoire de ce comité, qui est élu de façon démocratique et qui s'exerce de façon minutieuse, que le conseil de l'université bafoue sa recommandation», dénonce Louis Dumont.
Dans un bref communiqué publié le 11 mars dernier, la présidente du Comité de consultation, Irène Cinq-Mars, indiquait en effet qu'«au terme de ses consultations, à la lumière des témoignages entendus et de ses délibérations», le comité — composé de 11 personnes — penchait en faveur de Mme Fortier.
André Caillé, chancelier de l'UdeM et président du conseil d'administration, a immédiatement réagi en appuyant la légitimité du choix et de la démarche effectuée par son instance. «Nous avons scrupuleusement respecté le processus, et je m'en suis personnellement chargé», a expliqué hier le p.-d.g. d'Hydro-Québec, qui affirme que le vote secret pris par le conseil au terme de quelques heures de discussions a penché «de façon nettement majoritaire» en faveur de M. Vinet.
Après la tenue de ce vote, M. Caillé a affirmé avoir demandé que soit adoptée une résolution recommandant le «choix unanime» en faveur de M. Vinet, ce qui a été accepté.
«Oui, nous avons noté des différences entre les résultats des entrevues [faites par le conseil d'administration avec les trois candidats retenus en bout de processus] et les résultats du Comité de consultation», a toutefois reconnu M. Caillé, qui a affirmé que, dans certains cas, les «réponses des candidats étaient parfois complètement contraires» lors des deux démarches, ce qui pourrait à son avis expliquer en partie le clivage noté par le syndicat.
«Nous avons fonctionné avec des critères très sérieux», a expliqué le chancelier, affirmant observer son «devoir de faire respecter les statuts». «Je n'ai aucune base légale pour affirmer que le processus n'a pas été mené de façon correcte», a-t-il ajouté. L'UdeM, qui accueille aujourd'hui M. Vinet dans ses nouveaux bureaux pour une entrée en poste officielle le 1er juin, a confirmé que les statuts n'obligent pas le conseil d'administration à suivre la recommandation émise par le Comité de consultation, même si cela a toujours été le cas.
Jointe hier, Suzanne Fortier a confié avoir été «extrêmement déçue» par cette nouvelle, qu'elle a apprise samedi. «J'ai entendu la nouvelle, et puis, j'ai simplement demandé: "Pourquoi?"», a-t-elle confié. «Je n'ai pas eu de réponse car on m'a dit que c'était confidentiel.»
La surprise de Mme Fortier a été d'autant plus grande que non seulement le rapport émis il y a deux semaines par le Comité de consultation penchait en sa faveur mais que l'assemblée universitaire avait aussi voté pour elle en octobre, de même que le SGPUM un mois plus tard. «J'étais surprise, alors, très heureuse et très enthousiaste», a-t-elle expliqué, affirmant avoir vécu des «montagnes russes» depuis lors.
Mme Fortier a affirmé qu'elle ne participerait plus à un processus du genre. «J'espère que l'université va le remettre en question parce que c'est clair qu'il y a des questions qui se posent.»
«Il y a un clivage évident entre l'expression démocratique et une décision arbitraire», a expliqué hier le président du Syndicat général des professeurs de l'Université de Montréal (SGPUM), Louis Dumont. «Ce genre de matraquage est inacceptable.»
Les professeurs en ont contre le fait que le conseil de l'université a «choisi à l'unanimité» la candidature de Luc Vinet, jusque-là vice-principal aux affaires pédagogiques à l'université McGill, alors que le Comité de consultation pour la nomination d'un recteur ou d'une rectrice, actif depuis plus d'un an, avait plutôt indiqué il y a deux semaines qu'il recommandait la nomination de Suzanne Fortier, vice-rectrice aux études à l'université Queen's.
«C'est la première fois dans l'histoire de ce comité, qui est élu de façon démocratique et qui s'exerce de façon minutieuse, que le conseil de l'université bafoue sa recommandation», dénonce Louis Dumont.
Dans un bref communiqué publié le 11 mars dernier, la présidente du Comité de consultation, Irène Cinq-Mars, indiquait en effet qu'«au terme de ses consultations, à la lumière des témoignages entendus et de ses délibérations», le comité — composé de 11 personnes — penchait en faveur de Mme Fortier.
André Caillé, chancelier de l'UdeM et président du conseil d'administration, a immédiatement réagi en appuyant la légitimité du choix et de la démarche effectuée par son instance. «Nous avons scrupuleusement respecté le processus, et je m'en suis personnellement chargé», a expliqué hier le p.-d.g. d'Hydro-Québec, qui affirme que le vote secret pris par le conseil au terme de quelques heures de discussions a penché «de façon nettement majoritaire» en faveur de M. Vinet.
Après la tenue de ce vote, M. Caillé a affirmé avoir demandé que soit adoptée une résolution recommandant le «choix unanime» en faveur de M. Vinet, ce qui a été accepté.
«Oui, nous avons noté des différences entre les résultats des entrevues [faites par le conseil d'administration avec les trois candidats retenus en bout de processus] et les résultats du Comité de consultation», a toutefois reconnu M. Caillé, qui a affirmé que, dans certains cas, les «réponses des candidats étaient parfois complètement contraires» lors des deux démarches, ce qui pourrait à son avis expliquer en partie le clivage noté par le syndicat.
«Nous avons fonctionné avec des critères très sérieux», a expliqué le chancelier, affirmant observer son «devoir de faire respecter les statuts». «Je n'ai aucune base légale pour affirmer que le processus n'a pas été mené de façon correcte», a-t-il ajouté. L'UdeM, qui accueille aujourd'hui M. Vinet dans ses nouveaux bureaux pour une entrée en poste officielle le 1er juin, a confirmé que les statuts n'obligent pas le conseil d'administration à suivre la recommandation émise par le Comité de consultation, même si cela a toujours été le cas.
Jointe hier, Suzanne Fortier a confié avoir été «extrêmement déçue» par cette nouvelle, qu'elle a apprise samedi. «J'ai entendu la nouvelle, et puis, j'ai simplement demandé: "Pourquoi?"», a-t-elle confié. «Je n'ai pas eu de réponse car on m'a dit que c'était confidentiel.»
La surprise de Mme Fortier a été d'autant plus grande que non seulement le rapport émis il y a deux semaines par le Comité de consultation penchait en sa faveur mais que l'assemblée universitaire avait aussi voté pour elle en octobre, de même que le SGPUM un mois plus tard. «J'étais surprise, alors, très heureuse et très enthousiaste», a-t-elle expliqué, affirmant avoir vécu des «montagnes russes» depuis lors.
Mme Fortier a affirmé qu'elle ne participerait plus à un processus du genre. «J'espère que l'université va le remettre en question parce que c'est clair qu'il y a des questions qui se posent.»
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