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Éducation - Fournier rompt le dialogue avec la CASSEE

La semaine dernière, des étudiants avaient marché sur Sherbrooke, le comté de Jean Charest, afin de manifester leur volonté de faire reculer le gouvernement sur les compressions imposées au régime de prêts et bourses.
Photo : Pascal Ratthé
La semaine dernière, des étudiants avaient marché sur Sherbrooke, le comté de Jean Charest, afin de manifester leur volonté de faire reculer le gouvernement sur les compressions imposées au régime de prêts et bourses.
Québec — Le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, rompt le dialogue avec la Coalition de l'association pour une solidarité syndicale étudiante élargie (CASSEE), dont 47 000 étudiants affiliés sont en grève, puisque celle-ci refuse de condamner les «agissements violents» survenus hier dans ses bureaux de la circonscription de Châteauguay.

Au terme de sa rencontre avec les représentants de la CASSEE, à Québec hier soir, le ministre a affirmé qu'il ne leur adressera plus la parole aussi longtemps que ceux-ci n'auront pas lancer un appel au calme et clamer «haut et fort» qu'il sont contre toute forme de violence.

«Je ne peux pas discuter avec des gens qui ont des factions proviolence dans leur groupe. C'est inacceptable. Ça n'a pas de bon sens», a-t-il lancé. Jean-Marc Fournier a ajouté que les «agissements violents ferment la porte à un règlement».

À la sortie de la rencontre, le porte-parole de la CASSEE, Jérôme Charaouï, a indiqué que son groupe «ne condamne pas» les actes violents, ajoutant du même souffle que la CASSEE «n'appelle pas à la violence». Ces actes traduisent selon lui l'exaspération des étudiants. M. Charaouï s'est dit «très déçu» de la rencontre parce que le ministre a refusé de présenter des pistes de solution. «On a constaté une grande fermeture», a-t-il dit.

Par ailleurs, une douzaine d'étudiants ont été arrêtés hier alors qu'ils manifestaient au bureau de comté du ministre de l'Éducation à Châteauguay, en Montérégie. L'escouade tactique de la Sûreté du Québec est intervenue pour mettre fin à l'occupation des bureaux de Jean-Marc Fournier.

Une dizaine de jeunes occupaient le bureau du ministre pendant qu'une trentaine d'autres manifestaient à l'extérieur. Deux manifestants ont été arrêtés pour entrave au travail de policiers alors que les dix autres doivent être accusés de méfait pour avoir dessiné des graffitis et endommagé le mobilier.

Non contente de réclamer, à l'instar de la FEUQ et de la FECQ, le retour des 103 millions à titre de bourses, la CASSEE souhaite aussi voir l'abolition de la réforme de l'aide financière, l'arrêt de la décentralisation du réseau collégial, l'éradication de l'endettement et la gratuité scolaire, la «seule solution viable et durable au problème du sous-financement de l'éducation au Québec».

D'autres grévistes

L'appel à la grève a été entendu: au moins 45 000 nouveaux étudiants ont choisi hier en assemblée générale, à Concordia et à l'Université du Québec à Trois-Rivières, de sécher leurs cours pour protester contre la transformation de bourses de 103 millions en prêts par le gouvernement Charest.

Ralliées à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui appelait mardi ses 170 000 membres à la grève, ces deux associations ont toutefois voté pour des interruptions de cours limitées dans le temps: la Concordia Student Union (CSU) et ses 30 000 membres ont décidé d'une grève de 24 heures le 16 mars et doivent se prononcer de nouveau sur la poursuite de l'action à la mi-mars.

Les quelque 13 000 étudiants de l'UQTR ont quant à eux opté pour une grève de trois jours, mais à renouveler. Une grande quantité d'associations étudiantes fonctionnent d'ailleurs de cette façon et se prononcent invariablement sur la poursuite de la grève au bout de quelques jours, histoire de sonder leurs membres sur la pertinence de continuer ou non.

À l'Assemblée nationale, les échanges entre le ministre Fournier et la députée de l'opposition Pauline Marois ont de nouveau porté sur la Fondation canadienne des bourses du millénaire, dont les 70 millions destinés aux étudiants du Québec sont retenus en vertu d'un bris de contrat causé par la transformation des bourses en prêts.

Jean-Marc Fournier a qualifié d'«inacceptable» le type d'entente signée en 1999 par le gouvernement du Parti québécois avec la Fondation des bourses du millénaire pour permettre l'octroi des 70 millions aux étudiants québécois. «Ce n'est pas la Fondation des bourses du millénaire qui va être le ministre de l'Éducation», a affirmé le ministre Fournier. «C'était peut-être comme cela dans votre temps, ce ne sera pas comme ça dans notre temps.»

Cette entente stipule notamment qu'une partie de l'enveloppe est liée à la promesse de réduire de 25 % le plafond des prêts octroyés aux étudiants. On sait que la mesure annoncée au budget de l'an dernier a pour effet de hausser considérablement l'ensemble des plafonds d'endettement.

«L'entente peut être renégociée, mais on n'a jamais eu de nouvelles de personne», affirmait mardi Jean Lapierre, directeur des communications à la Fondation canadienne des bourses du millénaire. «Mais qu'une chose soit claire: Québec parle souvent de cet argent comme du sien. L'argent que nous conservons pour fins de distribution appartient aux étudiants du Québec, pas à Québec.»

Le ministre Fournier ne semble pas adhérer à cette interprétation des choses. «Nous n'avons pas l'intention de laisser l'argent des étudiants du Québec à Ottawa, il va revenir au Québec», a-t-il répondu en Chambre à Mme Marois. «Des ententes comme [celles que Mme Marois] se glorifie d'avoir signées, où nous serions sous des conditions comme celles-là d'Ottawa, je trouve ça inacceptable.»

Avec la Presse canadienne






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