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La FECQ s'impatiente - 60 000 autres cégépiens devraient être en grève d'ici la mi-mars

Avec déjà plus de 50 000 étudiants en grève, majoritairement sous la bannière de la CASSEE, la grogne étudiante a le vent en poupe au Québec. Cette colère généralisée ne pourra que gagner en légitimité aujourd'hui avec la décision de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) d'appeler officiellement ses 60 000 membres à se joindre au mouvement de grève.

Lassée d'attendre une invitation à négocier qui ne vient pas, la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Julie Bouchard, invitera ce matin, à Montréal, toutes ses associations affiliées à faire le nécessaire pour décrocher des mandats de grève fermes, selon ce qu'a appris Le Devoir.

Sur le terrain, trois associations affiliées à la FECQ avaient déjà obtenu de tels mandats effectifs aujourd'hui, soient celles de Baie-Comeau, d'Édouard-Montpetit et de Rosemont. Symptôme de la colère des étudiants, ces trois cégeps, forts de 10 000 étudiants, ne sont pas des établissements reconnus pour prendre part traditionnellement à de tels mouvements.

En butte à la conversion de 103 millions de dollars de bourses en prêts par le PLQ, les associations étudiantes, toutes allégeances confondues, semblent en effet être de plus en plus nombreuses à favoriser la grève pour forcer le nouveau ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, à sortir de son mutisme.

Même si on ne veut présumer de rien, on estime dans les couloirs de la FECQ que les mandats de grève seront décrochés massivement par ses associations collégiales. Selon nos informations, on peut vraisemblablement s'attendre à ce que la quasi-totalité des 60 000 étudiants affiliés à la FECQ soient en grève d'ici le 16 mars.

Un plan d'action sur six semaines sera d'ailleurs dévoilé ce matin par Mme Bouchard afin d'arrimer les efforts de chaque association. Outre des actions politiques, la FECQ envisage d'établir un campement permanent à Montréal le 7 mars. Une campagne d'entartage de 103 étudiants sous les fenêtres des bureaux de Jean Charest et un méchoui seront également au menu cette semaine-là.

Loin d'être en reste, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) continuait elle aussi à engranger des mandats de grève hier. «On commence à trouver que ça prend du temps. Le ministre Fournier a eu le temps de regarder ses dossiers, de consulter ses fonctionnaires. Le ministre Séguin avait dit que l'argent était là, ça devrait pourtant être simple à régler», a dit son président, Pier-André Bouchard-St-Amant.

Fortes d'un total de 230 000 membres, la FEUQ et la FECQ se retrouveront le 16 mars pour une manifestation nationale d'envergure. D'ici là, les étudiants ont bien l'intention de poursuivre leurs moyens de pression, peu importe leurs allégeances.

Aujourd'hui par exemple, la CASSEE organise à Sherbrooke une grande manifestation devant les bureaux de Jean Charest. Elle invite également les Québécois à épingler un carré rouge à leur poitrine en signe de solidarité avec le mouvement étudiant.

Toutes les associations exigent du gouvernement Charest qu'il revienne sur sa décision de retrancher 103 millions à l'aide financière. En avril dernier, le prêt étudiant était passé de 2400 $ à 4700 $ tandis que le montant de la bourse fondait comme peau de chagrin, passant de 2600 $ à 300 $. Résultat: la FEUQ estime que l'endettement d'un étudiant au baccalauréat est alors passé de 13 000 $ à 21 500 $.

Appui de la population

Les étudiants ne seront pas seuls au front. Accueilli comme un véritable baume hier, un sondage mené la semaine dernière par la firme Léger Marketing pour le compte de la FEUQ montre en effet que le mouvement étudiant peut compter sur le soutien de la population québécoise dans sa quête des 103 millions perdus.

Dans le document dont Le Devoir a obtenu copie, pas moins de 71 % des Québécois se disent défavorables à la décision du gouvernement Charest de réduire de 103 millions la somme allouée aux bourses des étudiants pour les transformer en prêts. Cet appui grimpe à 76 % chez ceux qui ont des enfants de moins de 18 ans et ceux qui ont une formation universitaire.

Chez les 18 à 24 ans, c'est à 83 % que les sondés se sont dits en désaccord avec cette politique alors que c'est dans une proportion de 88 % que les étudiants ont rabroué cette décision. À l'inverse, seuls 34 % des plus de 65 ans et 32 % des retraités jugent que la décision du gouvernement était judicieuse.

Pour le président de la FEUQ, c'est un signe de plus que le gouvernement Charest ne pourra pas ignorer, lui qui a déjà fait volte-face sous la pression du public dans des dossiers comme ceux du Suroît et des écoles privées juives. «Quand les trois quarts des Québécois disent qu'une décision est irresponsable, le gouvernement n'a pas le choix de prendre en compte ce que pensent les Québécois, surtout s'il veut se faire réélire», a commenté Pier-André Bouchard-St-Amant.

Ce sondage a été réalisé auprès de 1000 Québécois âgés de plus de 18 ans au moyen d'entrevues téléphoniques réalisées du 23 au 27 février 2005. La marge d'erreur est de 3,4 %, et ce, 19 fois sur 20.






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Vos réactions

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  • David Duchemin
    Inscrit
    jeudi 3 mars 2005 11h24
    Incompréhensibe
    « Dans une société ou l'information coule à flot, il est du devoir des journalistes de faire preuve de pédagogie et de rigueur. C'est malheureusement rarement le cas. L'utilisation à tort et à travers des statistiques en est un bon exemple, et ce n'est pas l'incompréhensibilité de la dernière phrase de cet article qui va arranger les choses ! »

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