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Les étudiants en grève veulent aussi rencontrer le ministre Fournier

Guillaume Bourgault-Côté   28 février 2005  Éducation
Après la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), c'est maintenant au tour de la Coalition de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante élargie (CASSEE) de demander une rencontre avec le nouveau ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, cette fois pour négocier une entente susceptible de mettre fin à la grève générale illimitée des étudiants, déclenchée la semaine dernière par quelque 40 000 d'entre eux en protestation contre la conversion de 103 millions de dollars de bourses en prêts.

Réunies hier à Limoilou, les 30 associations étudiantes rassemblées sous le chapeau de la CASSEE pour la durée de la grève ont lancé un ultimatum au gouvernement, en plus d'adopter un plan d'action commun. Les militants demandent à Québec «d'annuler la réforme de l'aide financière» en plus de réinvestir immédiatement les 103 millions transformés. Sept manifestations sont prévues au cours des deux prochaines semaines pour faire passer ce message.

Parallèlement, une équipe représentant les étudiants en grève a été mise sur pied pour aller négocier avec le ministre Fournier. Émanant de l'ASSE (à la base de la CASSEE), cette démarche est plutôt inhabituelle: l'association plus radicale critique en effet régulièrement la FEUQ pour son penchant aux solutions négociées, qui sont perçues par Xavier Lafrance, secrétaire général de l'ASSE, comme des «ententes au rabais» où le gouvernement «fixe ses conditions».

La semaine dernière, la FEUQ et la FECQ, interlocuteurs habituels du gouvernement — et qui ne sont pas en grève actuellement—, ont d'ailleurs obtenu une rencontre avec le remplaçant de Pierre Reid pour lui demander de reconvertir les prêts en bourses. La rencontre s'est déroulée au moment même où les autres étudiants entraient en grève.

L'initiative de la CASSEE est donc particulière, mais Xavier Lafrance croit que le rapport de force est assez bon pour «espérer négocier d'égal à égal avec le gouvernement». «C'est la CASSEE qui mène le mouvement de grève actuellement, dit-il. Nous sommes ouverts à ce que des associations membres de la FEUQ ou de la FECQ embarquent dans la grève, mais ça va se faire selon une règle absolue: celle de la démocratie directe. Nous sommes redevables envers les associations qui sont en grève, et celles-ci seront consultées» si une entente survient, promet-il.

Il a été impossible de joindre le bureau du ministre Fournier, hier, pour connaître ses intentions envers la demande de la CASSEE.

De son côté, la FEUQ ne veut pas faire de «guerre de drapeau», selon les mots de son président Pier-André Bouchard, joint hier après le congrès de la Fédération en Abitibi-Témiscamingue. La FEUQ encourage plutôt ses «associations à se voter des mandats de grève. C'est un moyen d'action qui doit se concrétiser». Car si la rencontre avec le ministre Fournier a été jugée «encourageante», elle «n'a pour l'instant rien apporté de concret», dit M. Bouchard.

En attendant, la FEUQ entend continuer à faire monter la pression. Elle le fera notamment au moyen d'une publicité télévisée, qui entrera en ondes aujourd'hui. Ayant coûté quelque 66 000 $, elle a été conçue «pour montrer aux Québécois pourquoi on est rendu là et quels impacts auront les compressions de 103 millions».






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