Sciences humaines - Nouvelles priorités
Pour Québec, «de plus en plus, les programmes de recherche sont multidisciplinaires»
Si Québec insiste sur un programme de subventions qui privilégie la recherche par domaine, Ottawa maintient que «la formation et la recherche individuelle demeurent les piliers sur lesquels on peut construire». Deux organismes de soutien à la recherche en sciences humaines et une double approche: présentation du Fonds québécois de recherche sur la société et la culture et du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.
La recherche en sciences humaines est vaste et étendue. Elle va de la littérature à la philosophie en passant par la sociologie, la psychologie et l'économie, pour ne nommer que quelques-unes des disciplines qu'englobent les sciences humaines.
Les chercheurs en sciences humaines trouvent le financement pour leurs projets de recherche essentiellement auprès de deux sources. Au Québec, ils peuvent s'adresser au Fonds québécois de recherche sur la société et la culture. Du côté canadien, ils peuvent faire leurs demandes auprès du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH).
Millions québécois
Créé en 2001, le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture est doté présentement d'un budget annuel de 43 millions de dollars, que lui accorde chaque année l'Assemblée nationale. «Pour l'instant, notre budget a toujours été stable, explique Louise Dandurand, présidente et directrice générale du Fonds. Nous attendons le prochain budget pour voir si cela va se maintenir.»
Selon Mme Dandurand, cette stabilité financière est capitale. En fait, elle souhaiterait même qu'on investisse davantage dans le domaine de la recherche en sciences humaines. «La communauté des sciences humaines est très dynamique et la recherche est en forte progression. Aujourd'hui, les jeunes professeurs font aussi une carrière de chercheur», précise-t-elle. Sans compter que la qualité de la recherche effectuée au Québec est au rendez-vous. «Ce qui nous distingue au Québec, c'est la qualité de l'enseignement supérieur et de la recherche.»
Multidisciplinarité oblige!
Dès sa création, le Fonds québécois pour la recherche sur la société et la culture a fait preuve d'innovation en choisissant de soutenir la recherche, non pas par discipline, comme c'est la coutume, mais plutôt par domaine ou axe de recherche. «Nous avons choisi de fonctionner ainsi parce que, de plus en plus, les programmes de recherche sont multidisciplinaires.»
Par exemple, un projet de recherche sur la pauvreté et la réussite scolaire pourra réunir en son sein des pédagogues, des sociologues, des économistes et des psychologues. Au Fonds, on a établi 13 axes de recherche qui vont de la création littéraire et artistique à l'économie, l'emploi et les marchés.
Le Fonds dispose de trois programmes de soutien financier: un programme de bourses à l'intention des étudiants à la maîtrise, au doctorat et aux études postdoctorales; un programme de subventions à plusieurs volets qui comprend un soutien à la relève scientifique et un soutien à l'innovation et à la structuration; et un programme des actions concertées qui vise à répondre à des besoins de recherche émanant d'organismes gouvernementaux ou communautaires.
«Derrière ces trois programmes, on trouve deux grandes orientations, souligne Mme Dandurand. Il y a la relève et la structuration. Dans un premier temps, nous cherchons à assurer la relève et à aider les jeunes chercheurs à démarrer leur carrière. Avec la structuration, nous soutenons les équipes de recherche en place, mais nous cherchons aussi à favoriser le regroupement stratégique entre les disciplines et les universités.»
Recherche appliquée
La valorisation de la recherche scientifique est aussi une des préoccupations du Fonds, tout comme l'est le rapprochement entre les chercheurs et les milieux. Selon Mme Dandurand, il est faux de croire que les chercheurs en sciences humaines vivent dans une tour d'ivoire. «C'est un mythe! De plus en plus d'organismes, qu'ils soient publics ou parapublics, se rendent compte qu'il est possible de faire appel aux chercheurs. Les recherches en sciences humaines représentent une source inestimable de connaissances pouvant aider à la prise de décisions politiques, économiques et sociales.»
C'est la raison pour laquelle Mme Dandurand croit que le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture se doit d'innover en appuyant les nouvelles recherches, mais aussi en soutenant ce qu'elle nomme la mobilisation du savoir. «Il ne faut pas seulement produire du savoir, il faut aussi se l'approprier. Ce savoir est une valeur ajoutée pour les décideurs.»
D'Ottawa vers le Québec
Créé en 1977, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) est doté d'un budget annuel de 240 millions de dollars, ce qui en fait le premier organisme subventionneur en sciences humaines au Canada.
Le CRSH offre aux chercheurs canadiens une panoplie de programmes de soutien financier couvrant 30 disciplines scientifiques différentes. En 2003-04, le CRSH a reçu 7643 demandes d'aide et octroyé 2728 nouvelles subventions ou bourses à des chercheurs canadiens, dont environ 30 % étaient des chercheurs québécois.
Selon Christian Sylvain, porte-parole du CRSH, tous les programmes de soutien financier du CRSH peuvent se regrouper en quatre axes principaux. «Il y a en premier le soutien à la recherche de base et l'appui à la formation, explique-t-il. Ensuite, il y a le soutien aux recherches stratégiques, et aussi un programme qui vise à créer la capacité, c'est-à-dire la diffusion et la communication des résultats des recherches.»
Un modèle torontois
Même si le CRSH fonctionne toujours selon les différentes disciplines, ici aussi la multidisciplinarité a fait son apparition. Par exemple, le CRSH vient d'investir un million de dollars dans un vaste programme de recherche sur le développement urbain à Toronto. Réunissant 30 partenaires, chercheurs, résidants et groupes communautaires, ce programme se penchera sur le sort réservé aux vieux quartiers situés près du centre-ville. Les résultats de cette recherche serviront à élaborer des politiques de développement urbain, non seulement pour Toronto, mais aussi pour les autres grandes villes canadiennes qui, comme Vancouver et Montréal, sont aux prises avec des problèmes similaires.
«La multidisciplinarité est un fait que l'on doit reconnaître puisque ce sont les chercheurs eux-mêmes qui évoluent dans ce sens.» Bien que la multidisciplinarité gagne en popularité, M. Sylvain maintient que le CRSH doit continuer à soutenir la recherche individuelle et la formation des chercheurs. «La formation et la recherche individuelle demeurent les piliers sur lesquels on peut construire.»
Christian Sylvain croit que les chercheurs en sciences humaines doivent redoubler d'efforts afin d'expliquer l'importance de la recherche en sciences humaines. «À ce sujet, nous accusons un retard si l'on se compare aux sciences naturelles ou médicales, avance-t-il. La recherche en sciences humaines doit être en mesure d'élargir les horizons politiques, mais elle doit aussi être capable d'expliquer à monsieur et madame Tout-le-monde comment fonctionne le monde dans lequel ils vivent.»
La recherche en sciences humaines est vaste et étendue. Elle va de la littérature à la philosophie en passant par la sociologie, la psychologie et l'économie, pour ne nommer que quelques-unes des disciplines qu'englobent les sciences humaines.
Les chercheurs en sciences humaines trouvent le financement pour leurs projets de recherche essentiellement auprès de deux sources. Au Québec, ils peuvent s'adresser au Fonds québécois de recherche sur la société et la culture. Du côté canadien, ils peuvent faire leurs demandes auprès du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH).
Millions québécois
Créé en 2001, le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture est doté présentement d'un budget annuel de 43 millions de dollars, que lui accorde chaque année l'Assemblée nationale. «Pour l'instant, notre budget a toujours été stable, explique Louise Dandurand, présidente et directrice générale du Fonds. Nous attendons le prochain budget pour voir si cela va se maintenir.»
Selon Mme Dandurand, cette stabilité financière est capitale. En fait, elle souhaiterait même qu'on investisse davantage dans le domaine de la recherche en sciences humaines. «La communauté des sciences humaines est très dynamique et la recherche est en forte progression. Aujourd'hui, les jeunes professeurs font aussi une carrière de chercheur», précise-t-elle. Sans compter que la qualité de la recherche effectuée au Québec est au rendez-vous. «Ce qui nous distingue au Québec, c'est la qualité de l'enseignement supérieur et de la recherche.»
Multidisciplinarité oblige!
Dès sa création, le Fonds québécois pour la recherche sur la société et la culture a fait preuve d'innovation en choisissant de soutenir la recherche, non pas par discipline, comme c'est la coutume, mais plutôt par domaine ou axe de recherche. «Nous avons choisi de fonctionner ainsi parce que, de plus en plus, les programmes de recherche sont multidisciplinaires.»
Par exemple, un projet de recherche sur la pauvreté et la réussite scolaire pourra réunir en son sein des pédagogues, des sociologues, des économistes et des psychologues. Au Fonds, on a établi 13 axes de recherche qui vont de la création littéraire et artistique à l'économie, l'emploi et les marchés.
Le Fonds dispose de trois programmes de soutien financier: un programme de bourses à l'intention des étudiants à la maîtrise, au doctorat et aux études postdoctorales; un programme de subventions à plusieurs volets qui comprend un soutien à la relève scientifique et un soutien à l'innovation et à la structuration; et un programme des actions concertées qui vise à répondre à des besoins de recherche émanant d'organismes gouvernementaux ou communautaires.
«Derrière ces trois programmes, on trouve deux grandes orientations, souligne Mme Dandurand. Il y a la relève et la structuration. Dans un premier temps, nous cherchons à assurer la relève et à aider les jeunes chercheurs à démarrer leur carrière. Avec la structuration, nous soutenons les équipes de recherche en place, mais nous cherchons aussi à favoriser le regroupement stratégique entre les disciplines et les universités.»
Recherche appliquée
La valorisation de la recherche scientifique est aussi une des préoccupations du Fonds, tout comme l'est le rapprochement entre les chercheurs et les milieux. Selon Mme Dandurand, il est faux de croire que les chercheurs en sciences humaines vivent dans une tour d'ivoire. «C'est un mythe! De plus en plus d'organismes, qu'ils soient publics ou parapublics, se rendent compte qu'il est possible de faire appel aux chercheurs. Les recherches en sciences humaines représentent une source inestimable de connaissances pouvant aider à la prise de décisions politiques, économiques et sociales.»
C'est la raison pour laquelle Mme Dandurand croit que le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture se doit d'innover en appuyant les nouvelles recherches, mais aussi en soutenant ce qu'elle nomme la mobilisation du savoir. «Il ne faut pas seulement produire du savoir, il faut aussi se l'approprier. Ce savoir est une valeur ajoutée pour les décideurs.»
D'Ottawa vers le Québec
Créé en 1977, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) est doté d'un budget annuel de 240 millions de dollars, ce qui en fait le premier organisme subventionneur en sciences humaines au Canada.
Le CRSH offre aux chercheurs canadiens une panoplie de programmes de soutien financier couvrant 30 disciplines scientifiques différentes. En 2003-04, le CRSH a reçu 7643 demandes d'aide et octroyé 2728 nouvelles subventions ou bourses à des chercheurs canadiens, dont environ 30 % étaient des chercheurs québécois.
Selon Christian Sylvain, porte-parole du CRSH, tous les programmes de soutien financier du CRSH peuvent se regrouper en quatre axes principaux. «Il y a en premier le soutien à la recherche de base et l'appui à la formation, explique-t-il. Ensuite, il y a le soutien aux recherches stratégiques, et aussi un programme qui vise à créer la capacité, c'est-à-dire la diffusion et la communication des résultats des recherches.»
Un modèle torontois
Même si le CRSH fonctionne toujours selon les différentes disciplines, ici aussi la multidisciplinarité a fait son apparition. Par exemple, le CRSH vient d'investir un million de dollars dans un vaste programme de recherche sur le développement urbain à Toronto. Réunissant 30 partenaires, chercheurs, résidants et groupes communautaires, ce programme se penchera sur le sort réservé aux vieux quartiers situés près du centre-ville. Les résultats de cette recherche serviront à élaborer des politiques de développement urbain, non seulement pour Toronto, mais aussi pour les autres grandes villes canadiennes qui, comme Vancouver et Montréal, sont aux prises avec des problèmes similaires.
«La multidisciplinarité est un fait que l'on doit reconnaître puisque ce sont les chercheurs eux-mêmes qui évoluent dans ce sens.» Bien que la multidisciplinarité gagne en popularité, M. Sylvain maintient que le CRSH doit continuer à soutenir la recherche individuelle et la formation des chercheurs. «La formation et la recherche individuelle demeurent les piliers sur lesquels on peut construire.»
Christian Sylvain croit que les chercheurs en sciences humaines doivent redoubler d'efforts afin d'expliquer l'importance de la recherche en sciences humaines. «À ce sujet, nous accusons un retard si l'on se compare aux sciences naturelles ou médicales, avance-t-il. La recherche en sciences humaines doit être en mesure d'élargir les horizons politiques, mais elle doit aussi être capable d'expliquer à monsieur et madame Tout-le-monde comment fonctionne le monde dans lequel ils vivent.»
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