dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 12h20
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Patrimoine - Définir le vrai visage de Montréal

«Comprendre pourquoi les Montréalais sont bien dans leur ville»

Jean-Guillaume Dumont   26 février 2005  Éducation
La définition, la protection et la valorisation du patrimoine de Montréal représentent un défi de taille. Des chercheurs de l'UQAM le relèvent pour que le patrimoine de la ville ne soit pas un frein à son développement.

Qu'est ce qui fait l'originalité de Montréal? Pour répondre à cette question, une équipe de chercheurs de l'UQAM tente de déterminer les caractéristiques propres à la métropole. Les résultats de cette recherche permettront ensuite de valoriser le patrimoine urbain de la ville sans en entraver le développement futur.

Ce projet est intitulé «Les paysages de la métropolisation [sic]: montréalité [sic] et projet urbain à l'aube du XXIe siècle». Il rassemble six chercheurs de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, sous la direction de Lucie K. Morisset, professeure au département d'études urbaines et touristiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture leur a accordé une subvention de 330 000 $ pour quatre ans.

La ville et son image

Pour leurs travaux, les chercheurs utilisent une méthode d'analyse distinguant le paysage urbain de Montréal de la représentation imaginaire de la ville. Une distinction importante que l'artiste René Magritte avait illustrée en écrivant, sous une pipe peinte dans son tableau La Trahison des images (1928-1929), «ceci n'est pas une pipe».

Les chercheurs ont donc constaté que l'image de Montréal dépend moins du paysage urbain de la ville que des représentations de la métropole dans l'esprit de la population. Ainsi le Plateau Mont-Royal représente aujourd'hui davantage un mode de vie qu'un quartier. C'est ce qui explique que son territoire évolue et diverge selon les perceptions et les interprétations des résidants alors que, officiellement, cet arrondissement a des limites bien définies.

Si les Montréalais reconnaissent facilement le Plateau Mont-Royal, ce n'est pas nécessairement le cas des visiteurs étrangers, qui ont d'autres références culturelles. «Or, cet environnement urbain ne peut pas exister seulement dans la tête des Montréalais; il faut l'ancrer dans les objets, le caractériser pour montrer ce qui fait l'originalité de Montréal par rapport à d'autres villes dans le monde», explique Mme Morisset.

Pour caractériser un quartier et comprendre l'impact de son paysage urbain sur la qualité de vie de ses habitants, les chercheurs doivent aller au-delà des stéréotypes. En effet, les types de couronnements, de maçonneries et de saillies des façades montréalaises existent aussi dans d'autres villes. «Les gens du Plateau sont persuadés que ce qu'il y a de plus typique, ce sont ces fameux escaliers extérieurs. Or, de ce point de vue-là, il n'y a rien qui ressemble plus à Montréal que Boston», rappelle-t-elle.

Le charme de la métropole québécoise réside surtout dans ses citadins. «Quand les gens viennent à Montréal, ce qu'ils apprécient, ce n'est pas le cadre bâti, ce sont les Montréalais, constate le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, Luc Noppen. Alors nous essayons de comprendre pourquoi les Montréalais sont bien dans leur ville.» Le maire, Gérald Tremblay, l'explique en affirmant que «la qualité de vie, la convivialité et l'attrait de Montréal sont, en grande partie, tributaires de son patrimoine».

Un patrimoine pour l'avenir

La Ville de Montréal estime que 30 % de son territoire possède un intérêt patrimonial en raison de sa valeur historique, architecturale ou contextuelle. Un projet de politique du patrimoine a d'ailleurs été déposé à l'hôtel de ville en novembre 2004. Il vise très largement «tout objet ou ensemble, naturel ou culturel, matériel ou immatériel, qu'une collectivité reconnaît pour ses valeurs de témoignage et de mémoire historiques».

Les chercheurs craignent toutefois que cette politique soit mal appliquée. «Ce qui se passe, c'est qu'on utilise la patrimonialisation [sic] en tant qu'outil de muséification [resic] du présent», explique Lucie K. Morisset. Par exemple, l'idée de classer le boulevard Saint-Laurent en tant que site patrimonial conserverait la représentation imaginaire de cet axe urbain, véritable stratification historique de l'immigration montréalaise. Mais ce projet contraindrait son développement urbain en fonction de cette image, qui risque d'être désuète dans l'avenir.

Vouloir préserver l'image de Montréal dans son état actuel, c'est aller contre l'évolution naturelle de l'urbanisation de la métropole. «Il faut faire attention pour ne pas que les représentations urbaines, comme celle du Plateau, deviennent des musées, un peu comme la Place-Royale à Québec», prévient Simon Harel, professeur au département d'études littéraires de l'UQAM. Ainsi, Québec a fait le choix de conserver l'architecture de style Nouvelle-France dans la vieille ville, un quartier très populaire auprès des touristes, mais déserté par les jeunes et les artistes.

Montréal, contrairement à Québec, ne devrait pas imposer un style trop contraignant aux futures constructions, croit Luc Noppen, récemment nommé directeur de l'Institut du patrimoine de l'UQAM. «À Montréal, on a un peu de délinquance, c'est-à-dire une juxtaposition de styles différents. C'est ce qui contribue à l'animation de la ville.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012