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Alain Juppé répond à ses détracteurs

Marie-Andrée Chouinard   23 février 2005  Éducation
«Abasourdi» par le «tumulte» que provoque sa venue prochaine comme professeur invité à l'École nationale d'administration publique (ENAP), l'ancien premier ministre français Alain Juppé est sorti de son mutisme cette semaine sur son site personnel, condamnant les «horreurs et les mensonges» dont il est la cible au Québec.

«Je lis toutes sortes d'horreurs et de mensonges sur mon compte», a écrit Alain Juppé lundi sur son Bloc-Notes — un blogue —, sous la rubrique «Coup de coeur». Les dénonciations répétées de certains universitaires québécois concernant la décision de l'ENAP d'ouvrir sa porte cet été à M. Juppé, et ce malgré sa condamnation en décembre par les tribunaux français, dérangent le politicien français, qui suit ces soubresauts à travers la presse.

«Dans tel article de journal, on me reproche d'avoir "commis un acte criminel" — j'ai bien lu criminel — grave», écrit M. Juppé, qui se prononce aussi longuement pour une première fois depuis que cette histoire secoue la communauté universitaire. «Il est possible qu'en droit canadien, la distinction entre crimes et délits n'existe pas. Mais quand même! je n'avais pas conscience d'être un grand criminel. Un coup sur la tête supplémentaire... »

Rappelons que la Cour d'appel de Versailles a condamné M. Juppé en décembre dernier à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR. En faisant le choix de devenir professeur invité à l'ENAP à Montréal à la prochaine rentrée universitaire, «je pensais échapper à la pression médiatique qui pèse sur moi depuis tant d'années», poursuit l'ancien président de l'UMP (Union pour un mouvement populaire). «C'est raté!»

Le battage médiatique n'a pas cessé en effet depuis que l'ENAP et 80 % des membres de son assemblée professorale ont donné leur aval à la venue du politicien. Dans les pages du Devoir, des professeurs tels Gérard Bouchard, de l'Université du Québec à Chicoutimi, ou Guy Rocher, de l'Université de Montréal, ont participé entre autres à la cavale et dénoncé cette venue qu'ils jugent incompatible avec la condamnation dont M. Juppé est l'objet. D'autres, au contraire, appuient sans réserve cette invitation.

Alors que les quotidiens français font écho à la réaction de la communauté universitaire québécoise, M. Juppé s'ouvre aussi sur l'historique de sa décision de venir au Québec, un véritable choix qu'il aurait fait et non pas une option par dépit, comme l'auraient laissé entendre ceux qui racontent qu'il a «choisi le Québec par défaut, après avoir été rejeté par deux universités aux États-Unis».

«Les bras m'en tombent!», lance-t-il, avant de donner sa propre version des faits: il a «pris contact» avec une université new-yorkaise il y a plus d'un an; celle-ci s'est «déclarée intéressée», mais il n'a jamais donné suite à cet intérêt puisqu'il a «donné la préférence au Québec», question de sujets de recherche mais aussi de «proximité affective».

L'ensemble de ce débat, qui doit encore faire l'objet d'un vote de l'assemblée étudiante de l'ENAP demain, n'est pas affaire de raison mais de coeur, croit le politicien. «Je vois bien qu'il ne s'agit pas d'argumenter en raison. La passion — et la plus terrible de toutes les passions: la passion politique — s'y est mise.»

L'histoire, qui continue en effet de susciter les passions, comme en fait foi le nombre de lettres reçues au Devoir, désole le politicien, qui ne précise pas dans son envolée s'il maintient ou annule son passage au Québec. «J'avais pourtant le sentiment qu'à 59 ans, je pouvais encore échapper à la casse et servir, quelque part, ce qui a toujours été ma vocation: l'intérêt général, écrit M. Juppé. Peut-être me suis-je trompé et n'ai-je mérité qu'une forme d'opprobre universel?»






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  • Luc Rolland
    Inscrit
    mercredi 23 février 2005 06h33
    Question éthique
    « Ce cher monsieur Juppé se plaint de faire l'objet d'une campagne de dénigrement et qu'il est outré de faire l'objet de mensonges.

    Ce monsieur continue aisni à traiter la politique avec le mépris qui lui a toujours été caractéristique. Il semble qu'il a vite oublié qu'il été reconnu coupable de fraudes et qu'il est tout à fait inadmissible qu'une personne ayant été malhonnète avec le denier publique puisse enseigner à de futurs administrateurs du bien public.

    J'invite donc à l'ENAP à maintenir leur réputation et de ne jamais inviter des hommes poltiques ayant été malhonnètes. C'est simplement une question d'éthique. »

  • Arthur Talon
    Abonné
    mercredi 23 février 2005 12h17
    Dégringolade
    « Monsieur Juppé, reconnu coupable de "prise illégale d'intérêt", est passé de président de l'UMP et dauphin du président Chirac, à rien du tout... C'est pas facile la vie!

    Ton pote Jacques a évité l'enquête, grâce son immunité présidentielle. Heureusement que t'as des amis bien placés, parce que c'est 10 ans d'inégibilité que tu devais prendre. Même si ton ami Jacques te voyait comme légitime successeur, c'est Nicolas Sarkozy, le fils indigne aux dents longues, qui a pris ta place de successeur.

    Tu t'en tires pas trop mal, malgré tout... 14 mois avec sursis + 1 an d'inégibilité pour une fraude évaluée à 2.4 millions d'Euros.

    T'es scandalisé par des "mensonges"!!
    En voici un beau: "Je ne connaissais pas l'existence d'emplois fictifs au RPR".
    Tu sais, être chef c'est aussi être responsable de ses subalternes.

    Maintenant, tu veux donner des leçons dans une école d'administration publique? Essaye de pas TROP leur en montrer ;-) »

  • rene sens
    Inscrit
    jeudi 24 février 2005 14h35
    Juppé a eu l'accueil qu'il mérite !
    « Un autre politichien de Provence, UMP comme Juppé, mais de petit calibre, vient d'être condamné pour les mêmes délits que Juppé, à 10 ans d'inéligibilité !

    Ne vous laissez pas amuser par ce sinistre clown, renvoyez-le nous en France.

    Il ne va pas s'en tirer comme ça.

    René Sens (Paris) »

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