dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 12h20
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Nouvelle géographie et... détours scolaires

Normand Thériault   29 janvier 2005  Éducation
Dans le monde universitaire, la morosité n'est plus de mise. Ô combien longtemps fut-il habituel pour les porte-parole du secteur de réclamer à grands cris des divers ordres gouvernementaux l'annonce et l'établissement d'une politique réelle d'investissement! À voir les nouvelles configurations qui dessinent les divers campus, il faut conclure que les efforts passés semblent avoir porté leurs fruits.

On se souvient d'une époque, fort brève, marquée par l'annonce pour les finances publiques québécoises de surplus budgétaires. Au même moment, le monde de la construction n'avait presque rien à se mettre sous le marteau piqueur, ou en chantier. Il fut donc décidé d'investir dans le secteur immobilier public. D'où une manne soudaine qui mit fin à une longue période de récriminations.

Un bonheur ne venant jamais seul, les campagnes de souscription menées par les diverses fondations universitaires ont alors connu, comme c'est encore le cas, des résultats spectaculaires: l'université de Montréal ne déposait-elle pas l'an dernier un bilan où les collectes, combinées aux contreparties gouvernementales, permettaient d'ajouter au fonds général des sommes avoisinant le demi-milliard de dollars?

Nouveaux campus

Un nouveau Montréal universitaire se met en place. Êtes-vous sur la rue Sherbrooke que, continuellement, le parcours automobile se rétrécit à une seule voie, les bétonnières étant à l'oeuvre dans le secteur de la rue Saint-Urbain (où l'UQAM met en place une résidence universitaire et son carrefour des sciences) ou à l'entrée du campus de McGill (où l'on construit notamment un nouveau pavillon pour la faculté de musique).

Plus à l'ouest, on regarde Concordia ajouter d'autres bâtiments à proximité de l'édifice Sir George Williams. Et qui s'aventure sur le flanc nord du mont Royal constate qu'à proximité des nouveaux pavillons Bombardier et Coutu, pour ne nommer que ceux-là, s'érige aussi une nouvelle école polytechnique. Et dire qu'une telle énumération ne tient pas compte des anciennes maisons mères dont le réaménagement est prévu, que ce soit celle des Soeurs-grises par Concordia ou celle du Saint-Nom-de-Jésus-et-de-Marie par l'UdeM!

Boom immobilier universitaire, et qui ne vient pas seul: il faut aussi avoir en mémoire les investissements nombreux opérés dans le monde de la recherche. Si le secteur des sciences humaines n'est pas sans rappeler que les sous tombent bien lentement dans sa tirelire, en contrepartie, il fallait entendre, cette semaine encore, le président de Génome Québec, Paul L'Archevêque, affirmer que le Québec, avec le nouveau centre de recherche établi sur le campus de McGill, se retrouvait ainsi dans le peloton de tête en ce qui a trait à la génomique et à la protéomique.

Situations régionales

Le secteur universitaire rayonne donc. De joie et... d'ambitions territoriales. Si les universités en région se trouvent souvent dans l'obligation de se définir des vocations pour garantir le maintien de leur clientèle, celles des grands centres sont en compétition les unes contre les autres, la grande région de Montréal voyant ainsi les universités Laval et de Sherbrooke s'y installer quand l'université de la montagne, elle qui a déjà une antenne à Trois-Rivières, projette l'ouverture d'un nouveau campus dans la ville de Laval!

De tels mouvements tombent sous le sens quand on sait que le monde universitaire compte maintenant au Québec 250 000 étudiants, soit 30 000 de plus que ceux qui se retrouvent dans le secteur collégial où, là, on semble finalement sortir de la tourmente.

Il y a un an, c'était le grand questionnement imposé par les remises en question du ministre de l'Éducation. Il semble maintenant qu'il faille oublier cette refonte générale, enclenchée sous le prétexte de sauver les cégeps mis en difficulté par les baisses de clientèle, et voulue dans une volonté d'«américaniser» — ou de «canadianiser» — le système collégial, tout en permettant de garder le plus longtemps possible les jeunes à l'école (l'accord du droit de passage au collégial sans avoir en poche un diplôme secondaire est une mesure qui témoigne de cette volonté).

Il ne restera plus, bientôt, qu'à régler le problème causé par une nouvelle politique gouvernementale de prêts et bourses pour que le réseau retourne à son état premier et retrouve ainsi sa vitesse de croisière. Il deviendra alors possible de finaliser le dossier du CHUM, d'implanter (sans toutefois rien modifier dans les modes traditionnels de fonctionnement) les nouvelles mesures imposées par un régime de partenariat public-privé (le PPP néolibéral) pour que tout soit comme avant et qu'il soit ainsi permis au monde de l'éducation de se lancer dans de nouvelles campagnes, cette fois à contenu pédagogique.

Alors, il sera possible de comprendre que l'enseignement supérieur est plus qu'une simple affaire de nouveaux bâtiments et de réorganisation des structures en place. L'université et le cégep, ce sont d'abord des lieux où un professeur enseigne à des étudiants.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012